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Programme "Monnaie & Finance"

Comment financer les investissements stratégiques

30 janvier 2025

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Projet mené dans le cadre du programme "Monnaie & Finance" et en collaboration scientifique avec la Chaire Energie & Prospérité (Institut Louis Bachelier), avec le soutien de la Fondation Charles-Léopold Mayer et de la Fondation européenne pour le climat.

Publications et événements liés au projet

Membres du pôle "Monnaie & Finance"

Présentation

Les conflits et les crises géopolitiques viennent rappeler le besoin d’accélérer la transition énergétique pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles, mais le besoin d’investissements massifs en Europe concerne de nombreux autres domaines : réindustrialisation, adaptation climatique, défense, infrastructures, transports… Or de nombreux investissements considérés comme stratégiques ne sont pas assez rentables pour attirer spontanément les investisseurs privés ; pour combler l’écart, le rôle de la « finance à impact » reste limité et la réglementation bancaire et financière actuelle n’est pas conçue pour orienter les flux financiers.

Tous ces domaines requièrent donc une part variable mais importante de financements publics – ainsi le dernier rapport d’évaluation du programme France 2030 appelle encore à « un plan d’investissements public dans les infrastructures nécessaires à la transition vers une économie bas carbone » et aux mesures supplémentaires de soutien aux investissements des entreprises en faveur de la décarbonation des procédés industriels.

A l’échelle européenne, l’Union de l’épargne et de l’investissement promet de « débloquer » l’investissement privé par la titrisation et une meilleure intégration des marchés, sans prévoir d’instruments pour réduire l’écart entre utilité socio-économique et rentabilité financière, comme nous l’analysons dans notre note « Financer les objectifs stratégiques de l’Europe ».

Ce rôle revient donc aux subsides publics financés surtout par la dette. Or les marges de manœuvre des États comme la France sont de plus en plus limitées par le niveau d’endettement actuel et les règles du Pacte de stabilité. Quant aux montants redistribués au sein de l’économie via des outils comme le système ETS, la taxe carbone ou les certificats d’économie d’énergie, ils représentent une source de financement importante mais très insuffisante.

La nécessité de préparer l’avenir d’un côté, alertes sur la dette publique de l’autre ; l’équation financière est difficile et appelle à élargir le débat sur les outils et le coût du financement. Ce projet y contribue sur trois plans :

 Produire des propositions à destination des décideurs publics européens et nationaux — sur les réformes des outils financiers, des règles budgétaires et des dispositifs de gouvernance nécessaires à un financement réellement orienté vers les objectifs stratégiques.
 Organiser des espaces de débat réunissant chercheurs, décideurs publics et acteurs du financement, pour confronter les analyses et faire circuler les propositions entre les cercles académiques, institutionnels et politiques.
 Rendre ces enjeux accessibles à un public non spécialisé : journalistes, organisations de la société civile, citoyens engagés.

Les thèmes de travail

Le programme explore quatre axes complémentaires :

 Le coût du financement et les leviers pour orienter les flux vers les objectifs publics. De quels leviers la puissance publique dispose-t-elle pour orienter les flux — réglementation bancaire et financière, fiscalité, refinancement banque centrale, investisseurs institutionnels, banques publiques de développement ?

 L’efficacité des financements mixtes. Garanties publiques, prêts verts, obligations convertibles, participations : comment évaluer l’impact réel de ces outils ? Le partage des risques et des gains du « dérisquage » est-il équitable entre le public et le privé ? Comment augmenter les montants mobilisés tout en évitant que les bénéfices soient privatisés et les risques socialisés ? Voir notre note « Financer les investissements d’avenir, un défi politique pour l’Europe ».

 La titrisation comme levier d’investissement. La titrisation est au cœur de la SIU, mais aussi de la grande crise financière de 2007-2008. Est-elle nécessaire pour financer l’économie réelle ? Quels risques pour la stabilité financière ? La titrisation « verte », avec des conditionnalités sur l’usage des capacités de crédit libérées, offre-t-elle un modèle viable ?

 La réglementation prudentielle et le financement productif. Les exigences de fonds propres nuisent-elles réellement à la compétitivité bancaire et au financement des investissements productifs ? Ou des banques mieux capitalisées financent-elles en réalité de manière plus régulière et résiliente ? Nous avons contribué à ce débat dans notre réponse à la consultation de la Commission européenne sur la réglementation bancaire et la compétitivité du secteur bancaire de l’UE, ainsi que dans notre analyse de l’allègement des exigences de capital aux États-Unis.

L’ensemble des publications et événements liés au programme est disponible sur le site de l’Institut Veblen.

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