Chers Ministres du Climat et de l’Environnement de l’Union européenne,
Les voitures sont responsables de 14 % de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre en Europe, et la pollution atmosphérique est encore liée à plus de 182 000 décès par an dans l’UE, selon l’Agence européenne pour l’environnement, avec une forte exposition de la population européenne dans les zones urbaines. La solution aux dommages climatiques et à la pollution atmosphérique toxique est déjà disponible et est sur le point de devenir l’option privilégiée des consommateurs pour réduire leurs coûts de mobilité. Les véhicules électriques légers offrent la possibilité de remplacer de manière rentable le moteur à combustion interne (MCI) polluant et d’inaugurer une nouvelle ère de mobilité zéro émission.
Depuis plus d’une décennie, les normes CO₂ de l’UE pour les voitures constituent l’instrument politique le plus efficace pour réduire les émissions du transport routier, améliorer la qualité de l’air et impulser la transformation de l’industrie automobile européenne. Elles ne sont pas seulement un outil climatique. Elles sont devenues l’épine dorsale de la stratégie industrielle européenne pour une mobilité propre, orientant les investissements dans les véhicules électriques, les batteries, les infrastructures de recharge et les capacités de fabrication en Europe. La clarté et la prévisibilité des objectifs ont déclenché des investissements industriels sans précédent et placé l’Europe sur la voie d’une mobilité zéro émission. Ces investissements se concrétisent désormais avec de nouvelles perspectives pour les consommateurs qui souhaitent acquérir des véhicules électriques abordables, à un moment où les prix élevés en avaient éloigné beaucoup d’entre eux du marché des voitures neuves.
Cependant, malgré leur efficacité prouvée, les normes CO₂ de l’UE pour les voitures et les camionnettes ont fait l’objet de pressions soutenues de la part de certains secteurs industriels. En décembre 2025, la Commission européenne a rouvert le règlement et proposé une révision qui en réduirait considérablement l’ambition, en supprimant la date d’élimination progressive et en introduisant de nombreuses nouvelles flexibilités. Ce changement risque d’affaiblir l’un des instruments climatiques les plus efficaces de l’UE, en compromettant les progrès industriels, sociétaux et environnementaux accomplis pour atteindre les objectifs de compétitivité et de résilience de l’UE. À l’heure où les crises climatiques et énergétiques s’intensifient, affaiblir les normes CO₂ pour les voitures serait une grave erreur qui compromettrait l’autonomie stratégique de l’Europe et prolongerait sa dépendance aux combustibles fossiles importés.
Dans l’ensemble, les flexibilités conduiront les constructeurs à reporter leur action, ce qui entraînera une augmentation des émissions et fragilisera la certitude des investissements dans les batteries, les réseaux de recharge et l’ensemble de la chaîne de valeur de la mobilité électrique. Les flexibilités proposées ouvrent la porte aux biocarburants et aux carburants de synthèse, qui n’ont aucun rôle à jouer dans la décarbonation des voitures et des camionnettes et devraient être exclus du règlement. Le calcul de la conformité sur la période 2030-2032 ralentirait en pratique le marché des véhicules électriques au moment précis où il doit se développer rapidement.
Nous appelons donc les gouvernements nationaux à :
- Rejeter tout affaiblissement de l’objectif d’ambition pour 2030, afin d’assurer l’adoption massive et rapide des voitures électriques,
- Soutenir la fin de la vente de voitures et camionnettes neuves à essence et diesel d’ici 2035, afin de garantir que le règlement reste aligné sur les objectifs climatiques et industriels de l’UE.
Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les Ministres, l’expression de notre haute considération.
T&E, BEUC, Eurocities, Polis, ERS, EEB, Fédération internationale des piétons, VCÖ – Mobilität mit Zukunft (Autriche), Bond Beter Leefmilieu (Belgique), Les Chercheurs d’Air (Belgique), Institut Veblen pour les réformes économiques (France), Réseau Action Climat (France), Fondation pour la Nature et l’Homme (France), Canopea (France), Germanwatch (Allemagne), Nabu (Allemagne), DUH (Allemagne), Kyoto Club (Italie), Legambiente (Italie), Nuove Ri-Generazioni (Italie), Greenpeace Italia (Italie), Cittadini per l’aria onlus (Italie), Adiconsum (Italie), Forum Disuguaglianze e Diversità (Italie), Natuur & Milieu (Pays-Bas), Parent in the City Foundation (Pologne), Zero (Portugal), Focus Association for sustainable development (Slovénie), Coalition for sustainable transport policies (KTPP) (Slovénie), Ecologistas en Acción (Espagne), Fundación Ecología y Desarrollo (ECODES) (Espagne), VCS Verkehrs-Club der Schweiz (Suisse), LIVE + BREATHE (Royaume-Uni), Mums for Lungs (Royaume-Uni).