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IA mania : peut-on reprendre le contrôle ?

L’Economie politique n°110 mai-juin-juillet 2026

26 mai 2026

L’IA est partout dans le débat public, oscillant entre promesses de révolution et craintes d’apocalypse. Or, derrière la technologie se cachent des choix politiques inquiétants, et une industrie presque comme les autres, qui pèse sur les travailleurs et la planète. Ce numéro, réalisé en partenariat avec Data for Good, dépasse les prophéties et les faux-semblants pour revenir au factuel : où en est réellement le déploiement de ces technologies, de leurs impacts sur la société, l’économie, le travail ? Quelles marges de manœuvre nous reste-t-il pour réguler, encadrer, interdire certains usages ? Car face à la mania de l’IA, la question n’est pas ce qu’elle va faire de nous, mais bien ce que nous voulons faire d’elle.

– Voir sur le site de l’éditeur (prochainement).
– Sur la plateforme Cairn (prochainement).
– En librairie à partir du jeudi 28 mai.

– Inscrivez-vous à la soirée de lancement et à la table ronde, autour du numéro.

C’est une des industries les plus délirantes de notre siècle : alors que ce besoin n’existait presque pas il y a deux ans, chaque semaine apporte son lot d’intelligence artificielle, de data centers, d’investissements pour installer toujours plus de puissance de calcul et de stockage, d’énergie pour faire tourner les modèles, de pression pour l’adopter dans tous les aspects de la vie économique ou sociale. Depuis quelques années, de grandes quantités d’argent et de temps ont été massivement investies pour développer ces technologies, sans que la question de ce qu’on y gagne vraiment soit posée.

Personne ne veut rater le train de l’IA, surtout pas la France et son président, qui répond au « Drill, baby, drill » de Donald Trump par « Plug, baby, plug » (Emmanuel Macron, le 11 février 2025). Fort de son électricité peu carbonée, le pays déroule le tapis rouge aux investisseurs, dans une forme de frénésie. Il compte entre près de 350 data centers opérationnels début 2026 et une capacité installée atteignant plus de 714 MW fin 2024, et vise les 500 data centers et 2,3 GW d’ici à 2030. Plus de la moitié des investissements directs étrangers enregistrés en 2025 (67 milliards d’euros) concernent des centres de données concentrés sur une poignée de grands projets numériques.

Pour attirer encore les investissements, une nouvelle loi de simplification prévoit de déréguler l’installation des data centers en les qualifiant de projets d’intérêt majeur – une catégorie aux contours si larges (transition énergétique, numérique, etc.) qu’elle finit par tout englober et permet de s’affranchir d’un certain nombre de règles environnementales et de processus de délibération démocratique. Ce projet de loi est déjà cité comme un modèle à généraliser au niveau européen. A Bruxelles justement, les géants de la tech ont développé une intense activité de lobbying afin de peser sur les (dé)réglementations en cours.

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