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Emplois et climat : relever le défi des reconversions professionnelles - Le cas du charbon français

Par Celeste Duriez & Julien Hallak

20 septembre 2022

Alors que la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle) reprend son activité, l’Institut Veblen et le Réseau Action Climat publient un rapport sur le cas du charbon en France appelant à une prise de conscience quant à l’accompagnement de la reconversion professionnelle dans les industries impactées par la transition écologique.

Le rapport sera présenté le 5 octobre à l’occasion d’une table-ronde.
Retrouvez l’article du journal Le Monde sur le sujet.

Présentation

Transition écologique, mutations industrielles et emploi

La transition écologique entraîne des mutations industrielles de grande ampleur avec la décarbonation des procédés de production industriels et l’évolution des modes de consommation. Cette transition, si elle crée davantage d’emplois qu’elle n’en supprime, pourra entraîner de nouvelles fermetures de sites et affecter de manière générale l’emploi des travailleurs des secteurs impactés (énergies fossiles, métallurgie, pétrochimie, transport aérien et routier, automobile…).

Nous disposons déjà de retours d’expérience de suppressions d’emplois majeures, pour lesquelles l’Etat s’est mobilisé en accompagnant la fin de l’activité : la fermeture des mines de charbon en France a engendré la suppression de 350 000 emplois très localisés sur une période de soixante ans ; la tentative de fermeture des dernières centrales à charbon (Saint-Avold, Gardanne, Cordemais, Le Havre) qui était annoncée pour 2022 a affecté près de 700 salariés directs, 200 salariés portuaires et 500 salariés sous-traitants.

Les leçons tirées du cas des salariés du charbon en France

“De la fermeture des mines de charbon à celles des centrales, l’Etat s’en est tenu à des compensations essentiellement financières. En plus du reclassement des salariés, il faut agir pour un redéveloppement des territoires compatible avec la transition." - Julien Hallak, Institut Veblen

C’est pourquoi l’accompagnement à la reconversion des travailleurs doit être amélioré. Il faut pour cela s’appuyer sur les compétences des acteurs du territoire, en menant notamment des expérimentations avec des travailleurs volontaires afin de développer des passerelles vers les emplois de la transition. La prise en compte des conséquences de la perte d’emploi de façon globale est nécessaire : impact psychologique, déplacement des familles…tout en ne laissant pas dans l’angle mort la question des sous-traitants.

Cette démarche d’accompagnement à la reconversion a besoin d’être systématisée : il faut offrir la possibilité aux travailleurs d’autres industries fortement émettrices de bénéficier de dispositifs de reclassement augmentés et négociés dans le cadre du dialogue social. Pour cela, une forte implication de l’Etat et des collectivités est nécessaire, notamment pour fixer un cap aux secteurs les plus émetteurs, en imposant une fermeture lorsque l’impératif écologique l’exige.

Un dialogue social et environnemental sur la transition des emplois ne pourra se mettre en place qu’à travers une gouvernance nationale impliquant les acteurs environnementaux, les partenaires sociaux et les pouvoirs publics. La Stratégie Française Energie Climat (SFEC) en préparation ne pourra faire l’impasse sur l’enjeu de la programmation des emplois et compétences et d’anticipation des reconversions.

“Nous avons besoin d’une action publique forte et coordonnée sur le sujet de la transition juste. Il y a urgence à concevoir des stratégies de reconversion plus long-terme pour les travailleurs et pour les territoires”. - Céleste Duriez, Réseau Action Climat

Synthèse du rapport

Rapport complet

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