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Qui parle au nom des entreprises ?

Wojtek Kalinowski , 24 août 2026

La transition écologique repose sur des modèles économiques comme l’économie circulaire, l’économie biosourcée ou encore l’économie de la fonctionnalité. Mais aussi et surtout, sur des acteurs prêts à défendre une vision de l’entreprise insérée dans la société et dans les territoires.

Editorial du numéro 111 de l’Economie politique « Repenser l’entreprise à l’heure de la transition »

La vague de simplifications et de dérégulations qui a récemment déferlé en Europe – la série d’« Omnibus » adoptée à toute vitesse par l’Union européenne sous la pression de beaucoup d’Etats membres, dont la France – illustre une nouvelle fois le poids politique considérable d’un petit nombre de grandes entreprises.

Dans le cas du devoir de vigilance ou du reporting environnemental par exemple, des campagnes publiques comme celle du collectif We are Europe ont eu beau montrer que le besoin de déréguler est tout sauf partagé au sein des entreprises, qu’il s’agit d’intérêts spécifiques à quelques secteurs, que certaines entreprises gagnent avec une régulation plus forte, rien n’y a fait. Comme si souvent par le passé, les politiques se sont montrés à l’écoute des plus puissants, expliquant qu’il y allait de l’emploi et de la compétitivité. C’est oublier qu’il y a différentes façons de créer de l’emploi, différentes manières de rester compétitif. Cet exemple rappelle que nos chances de relever le défi écologique dépendent aussi, entre autres, des positions prises par le « monde de l’entreprise » et ses représentants. Et que la transition a besoin d’alliés à la fois sincères et influents.

Quel objet social ?

Quel est au fond l’objet social de l’entreprise ? Sur ce point, différentes visions s’affrontent depuis fort longtemps, dans un combat inégal. D’une part, une vision financière dominante, où il s’agit de créer de la valeur pour les détenteurs du capital, selon la fameuse phrase de l’économiste Milton Friedman : « La responsabilité sociale de l’entreprise consiste à augmenter ses profits. » D’autre part, de nombreuses voix alternatives, venant d’horizons divers, remettent l’entreprise dans la cité. On y retrouve l’économie sociale et solidaire bien sûr, mais aussi beaucoup d’autres acteurs, dans de nombreux secteurs. A l’échelle locale, des entreprises repensent leurs pratiques et cherchent un modèle plus en phase avec les objectifs de durabilité. Elles doivent se frayer un chemin dans un système économique dont les règles les soutiennent très peu, parfois pas du tout. Pour transformer ces règles, il faut de la politique ; pour transformer la politique, il faut travailler l’opinion publique sans relâche et nouer de nouvelles alliances au sein de la société civile.

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