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L’Agriculture malade de ses coûts

Le 26 novembre 2025 à l’Académie du Climat

Pourquoi la conversion écologique des agriculteurs français avance-elle si lentement, là où elle ne recule pas ? On pointe souvent du doigt le rôle de la grande distribution mais oublie ChemChina, Dupont, BASF ou encore Bayer, ces grands producteurs des pesticides qui ont tout à gagner à maintenir le statu quo actuel.

Débat organisé à l’occasion de la parution du livre L’Agriculture malade de ses coûts, à l’Académie du Climat, le 26 novembre 2025, de 18h30 à 20h30. Pour vous inscrire cliquez ici

Avec :

  • Sandrine Le Feur, agricultrice, députée à l’Assemblée dans la quatrième circonscription du Finistère (groupe Ensemble pour la République), Présidente de la Commission du Développement Durable et de l’aménagement du territoire.
  • Bernard Del’homme, maître de conférences en gestion à Bordeaux Sciences Agro.
  • Christian Mouchet, ancien professeur d’économie rurale à Agrocampus Ouest.
  • Christophe Alliot, cofondateur du Bureau d’Analyse Sociétale d’Intérêt Collectif (BASIC).
  • Introduction et modération par Wojtek Kalinowski, co-Directeur de l’Institut Veblen

Le monde agricole est plongé dans une crise qui semble sans fin. Les dernières années ont été marquées par de fortes mobilisations des agriculteurs, en France et dans toute l’Europe. Ce mouvement contestataire focalise son mécontentement sur l’aval de la filière (la transformation, la distribution, les consommateurs), sur les normes écologiques et les administrations qui les représentent. À en croire les discours dominants, des prix trop faibles et des règles trop strictes seraient à l’origine du malaise agricole.

Cette lecture « de la ferme à la fourchette » passe sous silence un acteur central, véritable éléphant dans la pièce : l’amont de la filière, c’est-à-dire toute l’agro-industrie – du machinisme à la chimie des pesticides en passant par les engrais et les intrants pétroliers. On pointe du doigt l’oligopole français que constituent Carrefour, Leclerc, Auchan, Système U, Intermarché et quelques autres, mais on reste étonnamment silencieux sur l’oligopole mondial du marché des pesticides, dominé par quatre géants : ChemChina, Dupont, BASF et Bayer. Ce silence en dit long sur la double dépendance – économique et idéologique – des agriculteurs vis-à-vis de l’agro-industrie. Il suffit de consulter les publicités des journaux agricoles où machinisme et biochimie se taillent la part du lion pour comprendre le phénomène : l’aversion des agriculteurs pour l’écologie est nourrie par ces prescripteurs qui, pour leur part, ont tout à perdre d’une écologisation de l’agriculture.

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