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Comment sortir des crises énergétiques à répétition ?

Propositions pour une fiscalité innovante des surprofits pétroliers

Par Madeleine Péron

29 octobre 2026

Alors que la crise énergétique fait flamber les prix des carburants, les majors pétrolières affichent des profits record. Cette note propose un impôt permanent sur leurs superprofits, qui pourrait rapporter jusqu’à 3 milliards d’euros en France et 26,4 milliards en Europe pour protéger les ménages et accélérer la transition.

Depuis février 2026, la France traverse une crise énergétique durable. La flambée des prix des carburants pèse lourdement sur les ménages et les entreprises, tandis que l’État peine à les protéger des spirales inflationnistes. Dans le même temps, le conflit au Moyen-Orient, qui a bloqué 20 % de la production mondiale de pétrole, a fait grimper les marges des grandes compagnies pétrolières : TotalEnergies, Shell, BP et Exxon Mobil enregistrent des profits en forte hausse, alors que leurs coûts d’exploitation n’ont pas évolué.

Cette note revient sur les causes de la hausse des prix des carburant, et analyse le transfert de richesse qui s’opère des ménages vers quelques acteurs très concentrés et leurs actionnaire. Elle met aussi en évidence le cercle vicieux climatique alimentée par la crise : un pétrole cher rentabilise de nouveaux projets d’exploitation fossile. Elle montre qu’il est possible de répondre à cette situation en taxant les profits d’aubaine, de façon plus ambitieuse et plus efficace qu’en 2022, grâce à un impôt robuste aux stratégies d’évasion fiscale.

Elle formule quatre recommandations :

  1. un mécanisme fiscal permanent, déclenché lorsque le prix du baril dépasse un seuil ;
  2. une assiette fondée sur le chiffre d’affaires ou les profits mondiaux consolidés pour lutter efficacement contre les pratiques d’évasion fiscale ;
  3. une action coordonnée au niveau mondial ou européen ;
  4. et l’affectation des recettes aux ménages et entreprises les plus fragilisés ainsi qu’aux politiques de transition et de sobriété.

Selon nos estimations réalisées avec l’International Tax Observatory, ces recettes pourraient atteindre de 600 millions à 2,6 milliards, et de 6,1 milliards à 22 milliards d’euros à l’échelle de l’Union européenne.

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