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	<title>Institut Veblen / Veblen Institute</title>
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	<description>Faire de la transition &#233;cologique un projet de soci&#233;t&#233;.</description>
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		<title>Institut Veblen / Veblen Institute</title>
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		<title>&#171; L'&#233;conomie comportementale, une impasse pour les politiques de d&#233;veloppement &#187; : entretien avec Jean-Michel Servet</title>
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		<dc:date>2019-10-14T13:17:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Le r&#244;le des experts</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;ories du d&#233;veloppement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A l'occasion du d&#233;bat sur le nouveau prix de la Banque de Su&#232;de en m&#233;moire d'Alfred Nobel, il nous para&#238;t opportun de republier l'interview avec l'&#233;conomiste Jean-Michel Servet, r&#233;alis&#233;e &#224; l'occasion de la parution de son livre &lt;i&gt;L'Economie comportementale en question&lt;/i&gt; aux Editions Charles-L&#233;opold Mayer 2018.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-Publications-.html" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Carousel-+.html" rel="tag"&gt;Carousel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Le-role-des-experts-+.html" rel="tag"&gt;Le r&#244;le des experts&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Theories-du-developpement-+.html" rel="tag"&gt;Th&#233;ories du d&#233;veloppement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L150xH87/arton500-ed087.jpg?1774112305' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A l'occasion du d&#233;bat sur le dernier prix de la Banque de Su&#232;de en m&#233;moire d'Alfred Nobel, il nous a paru opportun de republier l'interview avec l'&#233;conomiste Jean-Michel Servet, r&#233;alis&#233;e &#224; l'occasion de la parution de son livre &lt;i&gt;L'Economie comportementale en question&lt;/i&gt; aux Editions Charles-L&#233;opold Mayer 2018.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article publi&#233; initialement le 11 avril 2018&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A l'occasion nous de la parution du livre de Jean-Michel Servet, L'Economie comportementale en question (Editions Charles-L&#233;opold Mayer 2018), nous avons interrog&#233; l'auteur sur sa vision critique de ce courant d'&#233;conomie. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_337 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L135xH195/servet-2-72714.jpg?1773917629' width='135' height='195' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A l'occasion nous de la parution du livre de Jean-Michel Servet, &lt;a href=&#034;http://www.eclm.fr/ouvrage-395.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Economie comportementale en question&lt;/a&gt; (Editions Charles-L&#233;opold Mayer 2018), nous avons interrog&#233; l'auteur sur les raisons de sa vision critique de ce courant &#233;conomique. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 16 mai, l'Institut Veblen et CESSMA organisent une &lt;a href=&#034;https://www.veblen-institute.org/Table-ronde-A-quoi-sert-l-economie-comportementale.html&#034;&gt;table-ronde&lt;/a&gt; sur le m&#234;me sujet.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inst. Veblen :&lt;/strong&gt; L'&#233;conomie comportementale est souvent pr&#233;sent&#233;e comme une alternative &#224; l'&#233;conomie standard, un retour aux approches empiriques qui tranche avec les mod&#233;lisations abstraites. Et pourtant, vous semblez tr&#232;s critique &#224; son &#233;gard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J-M Servet : &lt;/strong&gt; L'ind&#233;niable succ&#232;s des &#233;conomistes comportementalistes doit &#234;tre inscrit dans le contexte des d&#233;bats qui ont agit&#233; le champ &#233;conomique dans le sillage de la crise de 2007/08. La profession a &#233;t&#233; fortement critiqu&#233;e pour son incapacit&#233; &#224; anticiper et &#224; r&#233;pondre &#224; cette d&#233;flagration &#233;conomique et financi&#232;re. D'un courant peu connu, le nouveau comportementalisme est alors apparu comme promouvant une sorte de &#171; bonne &#187; &#233;conomie. Ses adeptes partent toujours d'une question pratique &#224; r&#233;soudre puis observent les r&#233;actions de &#171; cobayes &#187; humains devant un ordinateur. Ou bien ils restituent les r&#233;sultats d'exp&#233;rimentations de terrain &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; semblables aux &#233;tudes cliniques mises en &#339;uvre pour tester l'efficacit&#233; d'un m&#233;dicament. D'o&#249; une impression de simplicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, si l'on va au-del&#224; de la lecture des comptes-rendus g&#233;n&#233;raux des tests et exp&#233;rimentations, si l'on s'aventure dans les annexes techniques de leurs publications et que l'on entre dans les d&#233;tails du traitement &#233;conom&#233;trique des donn&#233;es recueillies, la complexit&#233; technique resurgit. Pour ces &#233;conomistes, c'est d'ailleurs cet envers du d&#233;cor, cette ma&#238;trise technique, qui rendrait leurs r&#233;sultats plus probants que ceux obtenus par des enqu&#234;tes &#224; caract&#232;re qualitatif des socio-&#233;conomistes par exemple, o&#249; celles d'autres sciences humaines et sociales dont l'objectif premier est la compr&#233;hension de m&#233;canismes et d'effets syst&#233;miques, et non la mesure. La s&#233;duction par les chiffres peut donc s'exercer vis &#224;-vis du grand public, des m&#233;dias et des d&#233;cideurs d'un c&#244;t&#233; et vis-&#224;-vis de sp&#233;cialistes de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant,&lt;strong&gt; en scrutant comment ces &#233;tudes sont r&#233;ellement produites, on d&#233;couvre toute sorte de biais,&lt;/strong&gt; introduits par exemple par les caract&#233;ristiques des &#171; cobayes &#187; &#233;tudi&#233;s devant l'ordinateur, la fa&#231;on dont sont contourn&#233;es les pertes d'effectifs lors des enqu&#234;tes, les caract&#233;ristiques particuli&#232;res des lieux des enqu&#234;tes pouvant les rendre peu repr&#233;sentatifs, les pr&#233;suppos&#233;s implicites des questions pos&#233;es par les enqu&#234;teurs, l'ignorance des particularit&#233;s culturelles des enqu&#234;t&#233;s notamment, etc. Et l&#224;, l'impression de rigueur scientifique s'estompe. M&#234;me si les donn&#233;es recueillies sont trait&#233;es rigoureusement sur le plan statistique, les processus ayant abouti &#224; ces r&#233;sultats restent une v&#233;ritable boite noire. Les &#233;conomistes comportementalistes constatent, ils n'expliquent pas. Et quand ils le font, les pr&#233;suppos&#233;s de leur explication manifestent une grande conformit&#233; &#224; la plupart des dogmes de l'&#233;conomie standard, pr&#233;suppos&#233;s qu'ils pr&#233;tendent pourtant avoir d&#233;pass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on d&#233;cortique ces pr&#233;suppos&#233;s en analysant les questions pos&#233;es et des commentaires des r&#233;sultats obtenus par test ou exp&#233;rimentation, on retrouve un &lt;i&gt;homo &#339;onomicus&lt;/i&gt; revu et corrig&#233; mais toujours en place. Un seul exemple pour l'illustrer : au cours d'une &#233;tude men&#233;e aupr&#232;s de 1300 m&#233;nages pauvres &#224; Ahmedabad en Inde, que je pr&#233;sente dans l'ouvrage (p. 137 sq.), les chercheurs ont pos&#233; la question suivante : &#171; si un ami per&#231;oit 10 000 roupies aujourd'hui et que son fr&#232;re re&#231;oit la m&#234;me somme deux ann&#233;es plus tard, quel est celui qui per&#231;oit le plus ? &#187;. Cette question avait pour objet l'appr&#233;hension de la valeur temps et de la monnaie en g&#233;n&#233;ral. Or presque la moiti&#233; des interrog&#233;s ont r&#233;pondu qu'il n'y avait pas de diff&#233;rence entre le fait de recevoir imm&#233;diatement ou plus tard. Les &#233;conomistes ayant men&#233; ce questionnaire ont conclu &#224; une ignorance pouvant conduire &#224; une mauvaise gestion : en se comportant ainsi, les m&#233;nages d&#233;sign&#233;s comme pauvres n'&#233;taient pas rationnels... Les chercheurs ne se sont pas interrog&#233;s sur les raisons de cette r&#233;ponse, &#233;tonnante pour la doxa &#233;conomique o&#249; l'argent d'aujourd'hui vaut plus que l'argent de demain. Or, on peut supposer que les populations en question se trouvent confront&#233;es au paiement de sommes importantes comme les dots de mariage, etc., un montant correspondant dans les familles pauvres &#224; la somme sugg&#233;r&#233;e. Beaucoup pr&#233;f&#232;rent ne pas &#234;tre tent&#233;s de d&#233;penser ; et savoir qu'ils pourront faire face plus tard &#224; telle ou telle obligation gr&#226;ce &#224; elle. L'absence d'une telle interrogation montre qu'au-del&#224; du pragmatisme affich&#233; par ces chercheurs, l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale domine l'argumentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inst. Veblen :&lt;/strong&gt;Vous consacrez un chapitre entier &#224; d&#233;cortiquer un cas particulier, &#224; savoir les exp&#233;rimentations men&#233;es au sein des populations pauvres en Inde et aux pr&#233;conisations qui en sont issues. A travers cet exemple concret, quels principaux probl&#232;mes voyez-vous avec les &#233;tudes dites &#171; cliniques &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J-M Servet : &lt;/strong&gt; Effectivement je n'ai pas voulu en rester &#224; des g&#233;n&#233;ralit&#233;s, et me suis donc plong&#233; dans l'analyse d'une exp&#233;rimentation au sujet de laquelle je pouvais recueillir suffisamment d'informations. J'ai choisi un exemple indien parce que c'est un terrain que je connais par ailleurs ; je suis aussi en contact &#233;troit avec des chercheurs de l'IRD et du CIRAD (en particulier avec Isabelle Gu&#233;rin) qui, si j'ose dire, ont labour&#233; ce terrain, tout comme un certain nombre d'anciens doctorants et amis qui pouvaient r&#233;pondre &#224; mes interrogations sur des points pr&#233;cis.[Gr&#226;ce &#224; Sol&#232;ne Morvant-Roux de l'universit&#233; de Gen&#232;ve, j'ai pu ainsi faire des comparaisons avec des randomisations men&#233;es au Mexique. J'ai &#233;galement consult&#233; un coll&#232;gue anthropologue de la London School of Economics ayant fait de recherches dans la zone concern&#233;e pour mieux conna&#238;tre les pratiques locales.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus consternant, c'est le refus des chercheurs comportementalistes d'entrer en dialogue avec d'autres chercheurs. Par exemple, un chapitre entier de mon ouvrage est consacr&#233; &#224; la critique d'une &#233;tude portant sur l'exp&#233;rimentation des effets de la distribution d'une somme sous forme de cash ou sur un compte. Ccomme l'une des auteurs de l'&#233;tude en question &#233;tait professeure &#224; Gen&#232;ve dans le m&#234;me institut que moi, j'esp&#232;re ainsi que nous pourrions &#233;changer sur son exemple. Je lui ai transmis les critiques techniques que j'avais formul&#233;es. Je n'ai jamais re&#231;u de r&#233;ponse. Des ann&#233;es plus t&#244;t, j'ai essuy&#233; le m&#234;me refus de la part de l'&#233;quipe d'Esther Duflo implant&#233;e en Inde pour y mener ses premi&#232;res randomisations, alors qu'&#224; l'&#233;poque je n'avais aucun &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; fort contre ce type de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple que j'&#233;voque dans le livre concerne la double &#233;tude men&#233;e au Maroc, command&#233;e par l'Agence fran&#231;aise de d&#233;veloppement &#224; la fois &#224; un groupe de chercheurs randomisateurs et &#224; un groupe de socio&#233;conomistes. Les r&#233;sultats des exp&#233;rimentations ont &#233;t&#233; communiqu&#233;s par l'AFD aux socio&#233;conomistes, mais quand ces derniers ont invit&#233; les randomisateurs &#224; d&#233;battre de leurs r&#233;sultats respectifs, ils ont essuy&#233; un refus. Les randomisateurs ont m&#234;me refus&#233; que l'autre groupe soit pr&#233;sent lors de la pr&#233;sentation de leur &#233;tude ! M&#234;me chose dans les publications scientifiques qui ont suivi : les socio-&#233;conomistes citent les randomisateurs alors que ceux-ci ne les citent pas. Le probl&#232;me n'est donc pas personnel, il s'agit de la fa&#231;on dont les nouveaux comportementalistes travaillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer, les limites des travaux des &#233;conomistes comportementalistes me paraissent se situer &#224; trois niveaux. D'abord, elles tiennent &#224; la technique de randomisation ou au choix des &#171; cobayes &#187; &#233;tudi&#233;s devant l'ordinateur. Ensuite, il en va de l'attitude &#171; h&#233;g&#233;monique &#187; des &#233;conomistes par rapport aux autres sciences de la soci&#233;t&#233;. Enfin, il y a une limite id&#233;ologique ; c'est celle de penser &#224; partir de l'individu et d'ignorer les d&#233;pendances au global, d'ignorer les effets syst&#233;miques positifs pour les uns et n&#233;gatifs pour d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu des limites de la m&#233;thode, on peut s'interroger sur le rapport qualit&#233;-co&#251;t de ce type d'enqu&#234;te par rapport &#224; d'autres m&#233;thodes d'investigation. Les budgets de recherche des sciences sociales peuvent-ils se permettre de d&#233;penser un demi-million d'euros pour des r&#233;sultats aussi limit&#233;s, surtout si cela se fait au d&#233;triment d'autres m&#233;thodes, qui sont &#224; mon sens plus utiles pour la soci&#233;t&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais combien de temps durera la s&#233;duction. Il est int&#233;ressant en tout cas de noter que les objets de leurs &#233;tudes &#233;voluent au fil du temps. Ils sont moins d&#233;termin&#233;s par un projet scientifique global que par la demande de certaines institutions publiques ou priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inst. Veblen :&lt;/strong&gt; Si l'&#233;conomie comportementale repr&#233;sente &#224; vos yeux une impasse intellectuelle co&#251;teuse, quelles autres voies pr&#233;conisez-vous pour red&#233;finir les politiques de d&#233;veloppement ? Notamment, pour r&#233;pondre aux d&#233;fis li&#233;s au changement climatique et &#224; la pression croissante sur les ressources ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J-M Servet : &lt;/strong&gt; J'y consacre une partie du dernier chapitre de l'ouvrage. R&#233;pondre aux d&#233;fis essentiels que vous &#233;voquez n&#233;cessitent une pens&#233;e syst&#233;mique qui int&#232;gre les interd&#233;pendances ; donc des connaissances diverses. Cette pens&#233;e doit &#234;tre &lt;i&gt;substantive&lt;/i&gt; au sens de Karl Polanyi, c'est-&#224;-dire que l'accent doit &#234;tre mis sur les articulations permettant de comprendre les contraintes des humains et de leur vivre ensemble. La question n'est &#233;videmment pas nouvelle. On peut remonter &#224; Aristote ou &#224; Platon pour trouver des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse. Si on se limite &#224; l'invention des sciences sociales depuis le XVIIIe si&#232;cle, cette r&#233;flexion doit s'appuyer, vu la multiplicit&#233; des d&#233;marches, sur de v&#233;ritables collaborations interdisciplinaires o&#249; les compatibilit&#233;s et les limites des hypoth&#232;ses de chacun sont pos&#233;es et reconnues. L'interdisciplinarit&#233; n'est pas un magma qui agglom&#232;re les regards et les comp&#233;tences des uns et des autres ; elle se r&#233;alise par la confrontation intellectuelle et les collaborations qui permettent de saisir les apports et les limites de chacun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#8220;Behavioural economics is a dead-end for development policies&#8221;</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Behavioural-economics-is-a-dead-end-for-development-policies.html</link>
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		<dc:subject>The role of experts</dc:subject>
		<dc:subject>Theories of development</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Interview with Jean-Michel Servet, author of ''L'Economie comportemantale en question'' (Editions Charles-Leopold Mayer 2018).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-Blog-.html" rel="directory"&gt;In Short&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Theories-du-developpement-+.html" rel="tag"&gt;Theories of development&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L96xH150/arton501-37b10.jpg?1774112305' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Published initially on April 11, 2018.
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_337 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L135xH195/servet-2-72714.jpg?1773917629' width='135' height='195' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Michel Servet just published ''L'Economie comportemantale en question'' (Editions Charles-Leopold Mayer 2018), a critical assessment of behavioural economics as it is applied in international development studies and other fields.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inst. Veblen :&lt;/strong&gt; Behavioural economics is often said to offer an alternative to standard economic theory, a return to a more empirical approach. And yet, you seem very critical about it?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J-M Servet : &lt;/strong&gt; Without any doubt, this research community has been very successful in promoting its approach. To understand why, we must go back to the years after the 2007/08 global financial crisis. Mainstream economists came under massive critique for being unable to anticipate the crisis and to address its causes properly. That's precisely when this new behaviourism, until then a little-known academic school of thought, emerged as a promise of some sort of &#171; good &#187; economics. For the new behaviourists, the starting point of academic enquiry is always a concrete, practical problem that needs to be solved. Once they identified the problem, they either study their test subjects in front of their computers or conduct field experiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At first sight, these experiments seem very similar to randomized clinical tests used to test the effectiveness of new medication. The whole procedure might thus seem very straightforward. However, when we go a step further than simply reading the general summary of a test or an experiment, when we take time to dig into technical appendices and especially into econometric explanations of collected data, the whole matter becomes much more complicated.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Behavioural economists claim it's their statistical tools that make their results more convincing than qualitative surveys carried out by socio-economists or indeed any other social science, where the goal is to understand mechanisms and systemic causes and not simply to measure. In behavioural economics, on the other hand, this focus on precise measurements is easily taken for scientific rigour &#8211; by the general public, by the media, by decision-makers, but also by the expert community itself. However, this image of behavioural economics as &#8220;pure science&#8221; fades away as soon as we take a look &lt;i&gt;at how these studies are actually produced&lt;/i&gt;: we then discover all the possible bias induced by the choice of test-persons for instance, or by the way in which some test-persons are replaced within the sample, by the choice of geographical location to carry out the surveys, by implicit presuppositions of questions asked by the interviewers, or simply by experts who know nothing about the cultural setting of the community they are supposed to study.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In sum, no matter how strict the statistical processing of collected data might be, the processes leading up to such results is a true &#8220;black box&#8221;. Behavioural economists &lt;i&gt;state&lt;/i&gt; facts, they don't &lt;i&gt;explain&lt;/i&gt; them. And when they do explain, their assumptions reveal how close they actually are to most mainstream economics dogmas they pretend to reject. You can see it through the questions they ask during the tests, or through the comments they make about their results. The &lt;i&gt;homo &#339;onomicus&lt;/i&gt; might have got a nice facelift here, but it's still the same &lt;i&gt;homo &#339;onomicus&lt;/i&gt;. And behind the facade of &#8220;pragmatism&#8221; lies the same neo-liberal ideology.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inst. Veblen :&lt;/strong&gt; You devote a whole chapter to a specific case study, the randomisation experiments carried out among impoverished populations in India and policy proposals based upon these experiments. What specific issues did you want to raise in this way?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J-M Servet : &lt;/strong&gt; Indeed, I did not want to remain at a level of general critique, I wanted to get concrete. So, I dig into the analysis of an experiment on which I could collect enough information. I chose an Indian one because I've studied this country myself. I also contacted several researchers from the French IRD-Institute (Institut de Recherche pour le Development) and the CIRAD (especially with Isabelle Gu&#233;rin), who know this field very well, just as some of my former PhD students and friends.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thanks to Sol&#232;ne Morvant-Roux from the University of Geneva for instance I (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What's most appalling is the unwillingness of behaviourial researchers to dialogue with other researchers. For instance, in the chapter about India I focus on one single behavioural study, a study which examined the effects of handing out money to poor populations in two different ways: as physical cash or as deposits. I was hoping that, since one of the authors of this study actually works at the same research institute where I used to work, we could easily meet and talk over this particular case. I sent her the text with my technical critique, but I never got any answer. Years earlier, I experienced the same kind of unwillingness from Esther Duflo's team located in India when it was carrying out its first randomizations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bear in mind that this is not a personal issue. In my book I mention another example, a double study in Morocco commissioned by the French Development Agency (AFD). It was carried out by two parallel groups: randomization researchers and socio-economists using other methods. The results of the randomization experiments were sent out by the Afd to the socio-economists. But when these socio-economists invited the randomizers for a meeting to compare their respective findings, the randomizers refused. They even forbid the other group to be present at the presentation of their study! Same scenario with the scientific articles published after the study: the socio-economists cited the randomizers' work, but not the other way around. So, the issue is not personal, the problem lies in the somewhat sectarian way in which new behaviourists choose to work.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In sum, I see three limitations to this approach. First, the randomization technique itself, all the uncertainties linked to the choice of test-persons. Secondly, there is a kind of hegemonic thinking among economists about their relations to other sciences. And finally, the ideology itself, the way in which these researchers think about the individual agent they study: behavioural economists tend to ignore the web of interdependences between the individual and the society as such, just as they ignore all the systemic effects which may be positive for some and negative for others among their test-persons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Considering these methodological limitations, you might wonder if these surveys are really worth the money, given they are so much more expensive than other research techniques. Can social sciences really afford to spend half a million euros for producing such limited results? Especially if it is at the expense of other methods, which are, in my opinion, actually more useful for the society?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I don't know how long the attraction with randomization and clinical test will last. It is interesting to notice, however, that their objects of study evolve over time: they are less determined by a global scientific project than by some public or private institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J-M Servet : &lt;/strong&gt; If behavioural economics is this expensive scientific dead-end as you claim it to be, what other ways would you recommend for redefining development policies? Especially for addressing challenges such as climate change and depletion of natural resources?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J-M Servet : &lt;/strong&gt; I dedicate a part of the last chapter to discuss this question. If we want to address the main issues of our time, we need a systemic thinking capable to integrate interdependences into the scientific method. Which means that our knowledge must necessarily come from various disciplines and various theories. This thinking must be substantive in the meaning of Karl Polanyi, i.e. the emphasis must be on what enables us to understand the constraints impacting human behaviour.&lt;br class='autobr' /&gt;
This is obviously not a new issue; we could go back to Aristotle or Plato and find some answers! But if we limit the scope to the invention of social sciences since the 18th century, this rethinking of development must be based on true collaboration between various disciplines, where each ones' assumptions and limitations are acknowledged. &#8220;Interdisciplinarity&#8221; does not mean creating a magma of accumulated opinions and results, but rather confrontation and cooperation where each discipline's contribution and limitation will appear.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Translated from French by Marie Laot and Wojtek Kalinowski&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Thanks to Sol&#232;ne Morvant-Roux from the University of Geneva for instance I was able compare this particular study with other randomizations carried out in Mexico. I also consulted an anthropologist colleague from the London School of Economics who carried out his own research on local practices in the same geographical zone in India where the behavioural studies were conducted.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paru en 2018 : &#034;L'&#233;conomie comportementale en question&#034;, par Jean-Michel Servet</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/L-economie-comportementale-en-question.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.veblen-institute.org/L-economie-comportementale-en-question.html</guid>
		<dc:date>2018-03-08T13:22:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Essais</dc:subject>
		<dc:subject>Publications &#224; la Une</dc:subject>
		<dc:subject>Le r&#244;le des experts</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;ories du d&#233;veloppement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Jean-Michel Servet d&#233;construit la rh&#233;torique du &#171; nouveau comportementalisme &#187;, ce mouvement qui repr&#233;sente, selon lui, non seulement une r&#233;gression pour les sciences sociales, mais aussi une mani&#232;re de discipliner les populations pour les amener &#224; agir selon les dogmes d'une &#233;conomie suppos&#233;e efficace. Parce qu'il semble ignorer les origines culturelles et sociales des actions humaines, le nouveau comportementalisme perp&#233;tue des hypoth&#232;ses fondamentales de la th&#233;orie &#233;conomique standard.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-Publications-.html" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Essais-+.html" rel="tag"&gt;Essais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Article-a-la-Une-+.html" rel="tag"&gt;Publications &#224; la Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Le-role-des-experts-+.html" rel="tag"&gt;Le r&#244;le des experts&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Theories-du-developpement-+.html" rel="tag"&gt;Th&#233;ories du d&#233;veloppement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L95xH150/arton487-faee9.png?1774112305' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un nouveau courant de l'&#233;conomie prosp&#232;re depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000. &#192; base d'exp&#233;rimentations, il se propose de cr&#233;er des mod&#232;les pour transformer la conduite des individus par la connaissance des biais qui r&#233;gissent leurs comportements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un nouveau courant de l'&#233;conomie prosp&#232;re depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000. &#192; base d'exp&#233;rimentations, il se propose de cr&#233;er des mod&#232;les pour transformer la conduite des individus par la connaissance des biais qui r&#233;gissent leurs comportements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tenants de ce &#171; nouveau comportementalisme &#187; occupent une position de plus en plus dominante parmi les &#233;conomistes, aupr&#232;s des autorit&#233;s publiques, de grandes fondations, d'entreprises et m&#234;me dans les m&#233;dias. L'apparente simplicit&#233; de leur m&#233;thode, qui pr&#233;tend notamment changer le sort des populations les plus d&#233;munies, redore le blason terni de l'&#233;conomie, ainsi pr&#233;sent&#233;e comme compr&#233;hensible, accessible et utile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Michel Servet d&#233;construit la rh&#233;torique comme la pratique de ce mouvement qui repr&#233;sente, selon lui, non seulement une r&#233;gression pour les sciences sociales, mais aussi une mani&#232;re de discipliner les populations pour les amener &#224; agir selon les dogmes d'une &#233;conomie suppos&#233;e efficace. Parce qu'il semble ignorer les origines culturelles et sociales des actions humaines, le nouveau comportementalisme perp&#233;tue des hypoth&#232;ses fondamentales de l'orthodoxie &#233;conomique, revue et corrig&#233;e par le n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biographie de l'auteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Michel Servet est professeur honoraire de l'Institut des hautes &#233;tudes internationales et du d&#233;veloppement de Gen&#232;ve. Il est chercheur associ&#233; au Centre d'&#233;tudes en sciences sociales sur les mondes africains, am&#233;ricains et asiatiques (universit&#233; Paris Diderot), et &#224; Triangle (&#201;cole normale sup&#233;rieure de Lyon et universit&#233; Lyon 2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Date de parution : 12 avril 2018&lt;br class='autobr' /&gt;
Nombre de pages : 208&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN : 978-2-84377-208-5&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.eclm.fr/ouvrage-395.html" class="spip_out"&gt;Voir sur le site de l'&#233;diteur&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Au-del&#224; du march&#233;&#034; : quelques r&#233;flexions sur la pens&#233;e &#233;conomique de Kaushik Basu. </title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Au-dela-du-marche-quelques-reflexions-sur-la-pensee-economique-de-Kaushik-Basu.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.veblen-institute.org/Au-dela-du-marche-quelques-reflexions-sur-la-pensee-economique-de-Kaushik-Basu.html</guid>
		<dc:date>2017-12-19T17:12:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Servet</dc:creator>


		<dc:subject>Publications &#224; la Une</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;ories du d&#233;veloppement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au-del&#224; du march&#233; est un puissant plaidoyer pour le retour de l'action publique et une r&#233;futation &#233;loquente de la &#171; main invisible &#187;des &#233;conomistes, r&#233;futation d'autant plus salutaire qu'elle vient d'un ancien &#233;conomiste en chef de la Banque mondiale et du co-auteur de Stockholm Statement, un document clef qui propose une nouvelle approche du d&#233;veloppement. Comme ce dernier, le livre r&#233;duit cependant les relations marchandes au seul mod&#232;le de concurrence &#171; autor&#233;gulatrice &#187;, et les multiples (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-En-bref-.html" rel="directory"&gt;En bref&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Article-a-la-Une-+.html" rel="tag"&gt;Publications &#224; la Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Inegalites-et-soutenabilite-+.html" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Theories-du-developpement-+.html" rel="tag"&gt;Th&#233;ories du d&#233;veloppement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L103xH150/arton456-6cfe1.jpg?1774112305' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au-del&#224; du march&#233;&lt;/i&gt; est un puissant plaidoyer pour le retour de l'action publique et une r&#233;futation &#233;loquente de la &#171; main invisible &#187;des &#233;conomistes, r&#233;futation d'autant plus salutaire qu'elle vient d'un ancien &#233;conomiste en chef de la Banque mondiale et du co-auteur de Stockholm Statement, un document clef qui propose une nouvelle approche du d&#233;veloppement. Comme ce dernier, le livre r&#233;duit cependant les relations marchandes au seul mod&#232;le de concurrence &#171; autor&#233;gulatrice &#187;, et les multiples formes d'&#233;conomie solidaire ne trouvent qu'une place marginale dans le renouveau de l'&#233;conomie du d&#233;veloppement qu'il propose. De m&#234;me, l'action collective est pens&#233;e sur une mode plut&#244;t &#233;tatiste et vertical, tandis que les modes de gestion en commun sont absents.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A tous ceux qui pensent que la Banque mondiale se conforme toujours syst&#233;matiquement au paradigme du consensus de Washington&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression d&#233;signe le corpus sous-jacent aux mesures pr&#233;conis&#233;es &#224; partir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et est un vivier de fondamentalistes de la concurrence pure et parfaite, on ne peut que vivement sugg&#233;rer la lecture de &lt;i&gt;Au-del&#224; du march&#233;. Vers une nouvelle pens&#233;e &#233;conomique&lt;/i&gt;. Peut-&#234;tre changeront-ils leur fa&#231;on de voir ; &#224; moins qu'ils supposent que dans cette organisation les id&#233;es critiques restent de beaux discours et ne sont pas suivies d'effets.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette distance entre les mots et les choses, voir : Shahid Yusuf, Angus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'auteur, Kaushik Basu, aujourd'hui professeur &#224; la Cornell University, a &#233;t&#233; &lt;i&gt;chief economist&lt;/i&gt; de la Banque mondiale d'octobre 2012 &#224; juillet 2016. Celui qui occupe ce poste donne une direction intellectuelle &#224; la strat&#233;gie globale de d&#233;veloppement de la Banque et &#224; son programme de recherche &#233;conomique aux niveaux mondial, r&#233;gionaux et nationaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Romer, le successeur en octobre 2016 de Kaushik Basu &#224; ce poste, est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'ouvrage, disponible d&#233;sormais en fran&#231;ais, a &#233;t&#233; publi&#233; en anglais en 2010 par Princeton University Press sous le titre de Beyond the Invisible Hand. Groundwork for a New Economics, juste avant que son auteur n'entre &#224; la Banque mondiale. D&#232;s 2011, une &#233;dition de poche en a &#233;t&#233; publi&#233;e en anglais en Asie. Sa traduction fran&#231;aise l'a &#233;t&#233; six ann&#233;es plus tard, apr&#232;s que cet ouvrage ait &#233;t&#233; traduit en japonais, italien, en russe et en chinois.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traduction en 2013 en italien chez Guiseppe Laterza and Figli (Rome) et en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2016, Kaushik Basu a publi&#233; une &lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/commentary/update-development-policy-inequality-by-kaushik-basu-et-al-2016-12?barrier=accessreg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tribune&lt;/a&gt; intitul&#233;e : A New Year's Development Resolution, avec trois autres anciens chief &#233;conomists de la Banque mondiale (Joseph E. Stiglitz (en poste de 1997 &#224; 2000), Fran&#231;ois Bourguignon en poste de 2003 &#224; 2007 et Justin Yifu Lin (en poste de 2008 &#224; 2012). Elle a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e &#224; partir de leur participation avec neuf autres &#233;conomistes &#224; la r&#233;daction du Stockholm Statement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;#Voir le document diffus&#233; par le Swedish International Development (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ce document propose aux organisations en charge du d&#233;veloppement une approche nouvelle de ces politiques, et un grand nombre des id&#233;es qui y sont soutenues sont en phase avec celles d&#233;fendues par Kaushik Basu dans &lt;i&gt;Au-del&#224; du march&#233;&lt;/i&gt;. On peut penser (voire esp&#233;rer) que la notori&#233;t&#233; de ses co-signataires fera qu'il influencera les politiques de d&#233;veloppement &#224; venir. L'ouvrage personnel de Basu peut ainsi &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un &#233;l&#233;ment pr&#233;paratoire du &#171; Statement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'action publique retrouv&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Kaushik Basu argumente que la &#171; libre concurrence &#187; ne saurait spontan&#233;ment apporter le &#171; bien-&#234;tre &#187; et d&#233;boucher sur le meilleur des mondes ; autrement dit il s'oppose au paradigme de la &lt;i&gt;main invisible&lt;/i&gt; au c&#339;ur des courants encore dominants la science &#233;conomique contemporaine. Il d&#233;fend de fa&#231;on convaincante la n&#233;cessit&#233; de combattre de fa&#231;on volontariste la pauvret&#233; (et les in&#233;galit&#233;s n&#233;es des divers apartheids qu'il illustre &#224; maintes reprises par le syst&#232;me des castes en Inde), tout en r&#233;duisant les in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kaushik Basu a publi&#233; avec Joseph Stiglitz en deux volumes Inequality and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, deux processus qu'il distingue (p. 236). Il reconna&#238;t que certaines interventions drastiques contre celles-ci ont produit une diminution du revenu national, et peut-&#234;tre, dans certains cas, avec les meilleures intentions du monde. Le livre fourmille d'anecdotes percutantes qui illustrent un propos ne se situant pas uniquement &#224; un niveau th&#233;orique ou g&#233;n&#233;ral. Ainsi lorsqu'il remarque (p. 228) que dans les pays en d&#233;veloppement on s'inqui&#232;te plus de l'espace occup&#233; et de la g&#234;ne occasionn&#233;e par les marchands ambulants que par le stationnement des voitures des riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un objectif de critique de la doxa &#233;conomique, et m&#234;me s'il affirme qu'il ne s'agit pas d'un plaidoyer en faveur d'une intervention plus grande de l'&#201;tat (p. 34), il est difficile de ne pas y voir l'affirmation d'un retour de celui-ci, en particulier gr&#226;ce &#224; des politiques fiscales redistributives. &#171; L'&#201;tat a un r&#244;le majeur &#224; jouer dans la r&#233;gulation de l'&#233;conomie de march&#233; et pour essayer de redistribuer une partie de ses fruits &#187; affirme-t-il (p. 218). Un n&#233;cessaire retour d'interventions publiques se trouve aussi affirm&#233; dans le Stockholm Statement. Kaushik Basu met en garde les plus riches contre les risques potentiels d'une explosion sociale si les moins lotis percevaient comme une injustice la situation qui leur est faite. La charge contre le main stream des &#233;conomistes est particuli&#232;rement forte : &lt;i&gt;&#171; Les l&#233;gions d'&#233;conomistes qui d&#233;nient toute l&#233;gitimit&#233; aux revendications de ceux qui manifestent dans les rues de Seattle, Cancun et Washington sont comme ces missionnaires qui accompagnaient autrefois les arm&#233;es d'occupation ; ils tentaient de calmer les rebelles en usant de belles paroles et ignoraient leurs requ&#234;tes qu'ils pr&#233;sentaient comme peu judicieuses et brouillonnes &#187; (p. 31).&lt;/i&gt; Toutefois, l'originalit&#233; la plus forte de l'ouvrage ne r&#233;side pas dans cette recommandation de prendre au s&#233;rieux les critiques de ces contestataires et dans l'argument politique d'un risque de r&#233;bellion des laiss&#233;s pour compte de la mondialisation (car on pourrait r&#233;torquer que les r&#233;volutions sont rarement d&#233;clench&#233;es et men&#233;es par les plus d&#233;munis, m&#234;me quand elles le sont au nom de ceux-ci). Son originalit&#233; la plus forte se trouve dans la conviction affirm&#233;e par l'auteur que les humains ne sont pas par nature &#233;go&#239;stes et soucieux d'avoir toujours plus que leurs cong&#233;n&#232;res et aux d&#233;triments de ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon objectif n'est ici ni de d&#233;velopper la relecture faite par l'auteur de la th&#233;orie des jeux pour appuyer son propos &#8212; qui risque de rebuter nombre des non &#233;conomistes et m&#234;me certains de ceux-ci &#224; la lecture de l'ouvrage &#8212;, ni de r&#233;sumer ses critiques &#224; l'encontre de la pens&#233;e &#233;conomique dominante ; encore moins de contester leur pertinence ou de nuancer la lecture qu'il donne de la &lt;i&gt;Richesse des Nations&lt;/i&gt; d'Adam Smith&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment pour montrer le r&#244;le accord&#233; par Adam Smith &#224; l'&#201;tat contrairement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.On peut au contraire saluer les nombreuses r&#233;f&#233;rences document&#233;es faites &#224; l'histoire de la pens&#233;e &#233;conomique. S'il est possible de reprocher &#224; de nombreux &#233;conomistes d'&#234;tre devenus amn&#233;siques en ignorant leurs anc&#234;tres ce n'est certainement pas cette critique que l'on peut adresser &#224; Kaushik Basu. L'ouvrage para&#238;t parfaitement compl&#233;mentaire de celui de Steve Keen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Steve Keen, 2014, L'imposture &#233;conomique, Paris, &#201;d. de l'Atelier.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pr&#233;fac&#233; &#233;galement par Ga&#235;l Giraud et dont la traduction est publi&#233;e par le m&#234;me &#233;diteur. Ce livre, se situant lui-aussi au c&#339;ur du paradigme de la science &#233;conomique contemporaine, en a relev&#233; quelques fortes inconsistances logiques. Le but de cette recension est, au-del&#224; de finalit&#233;s largement partag&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Michel Servet, 2010, 2010 Le Grand Renversement. De la crise au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui justifient l'int&#233;r&#234;t port&#233; &#224; l'ouvrage et donc un encouragement &#224; sa lecture et &#224; l'int&#233;gration de certaines de ses propositions, de discuter ce qui me para&#238;t des limites tant du diagnostic que des moyens propos&#233;s pour les atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La raret&#233; et les besoins naturalis&#233;s
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le soutien de Kaushik Basu &#224; la lutte contre &#171; la pauvret&#233; &#187; inclut une d&#233;finition de celle-ci par le niveau de revenu ou d'autres crit&#232;res comme l'acc&#232;s &#224; un panel de biens et services. Or cette d&#233;marche, que l'on retrouve dans le Stockhom Statement, objective la &#171; raret&#233; &#187; car celle-ci s'y trouve assimil&#233;e &#224; une sensation en quelque sorte naturelle de manque. Tous les &#233;conomistes n'ont pas subi cette illusion, et ceci d&#232;s le XVIII e si&#232;cle dans la p&#233;riode de constitution progressive de l'&#233;conomie comme champ puis discipline autonome du savoir. La critique contemporaine de la relativit&#233; des besoins a &#233;t&#233; anticip&#233;e par l'anti-physiocrate Jean-Louis Graslin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans son Essai analytique sur la richesse et sur l'imp&#244;t, o&#249; l'on r&#233;fute la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui soutenait que l'on ne peut pas avoir besoin d'un bien dont on ignore l'existence. On peut rapprocher cette id&#233;e de celle, ant&#233;rieure, d'&#201;tienne Bonnot de Condillac affirmant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;dans son Essai sur l'origine des connaissances (publi&#233; en 1746)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que : &lt;i&gt;&#171; &#192; un besoin est li&#233;e l'id&#233;e de la chose pour le soulager&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Daniel Roche, 1989, La culture des apparences, Paris, Fayard, p. 489.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette relativit&#233; sociale et culturelle des besoins, qui fait que &#171; la lutte contre la raret&#233; &#187; ne peut &#234;tre qu'un combat sans issue, a &#233;t&#233; affirm&#233;e par Karl Marx un si&#232;cle apr&#232;s Condillac dans ses Manuscrit de 1844&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Marx, Les Manuscrits de 1844, traduction et pr&#233;sentation par Kostas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; il cite Friedrich Wilhelm Schultz (1797-1860) : &lt;i&gt;&#171; Du fait pr&#233;cis&#233;ment que la production globale augmente et dans la mesure m&#234;me o&#249; elle augmente, les besoins, les d&#233;sirs et les app&#233;tits augmentent aussi et la pauvret&#233; relative peut donc augmenter, tandis que la pauvret&#233; absolue diminue. Le Samo&#232;de&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;peuple de Sib&#233;rie&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; n'est pas pauvre avec son huile de baleine et ses poissons rances, parce que dans sa soci&#233;t&#233; ferm&#233;e, tous ont les m&#234;mes besoins. Mais dans un &#201;tat qui va de l'avant et qui, au cours d'une dizaine d'ann&#233;es par exemple, a augment&#233; sa production totale d'un tiers par rapport &#224; la population, l'ouvrier qui gagne autant au d&#233;but et &#224; la fin des dix ans n'est pas rest&#233; aussi prosp&#232;re, mais s'est appauvri d'un tiers. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wilhem =Schultz, 1843, Die Bewegung der Produktion, Z&#252;rich, p. 65-66.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Aujourd'hui ce type d'approche critique est largement r&#233;pandue en anthropologie, notamment &#224; la suite de travaux de Marshall Sahlins et de la publication de &lt;i&gt;The Original First Affluent Society&lt;/i&gt; (1966) et de &lt;i&gt;Stone-Age Economics&lt;/i&gt; (1974). Mais il reste fort ignor&#233; de la plupart des &#233;conomistes et des politiques de d&#233;veloppement. Le Stockholm Statement affirme dans le premier de ses huit points que la croissance du PNB n'est pas une fin soi. Mais l'assimilation de celle-ci notamment avec l'am&#233;lioration de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, de l'emploi et de la s&#233;curit&#233; montre le long chemin que devraient suivre les &#233;conomistes comme Kaushik Basu et les cosignataires du manifeste de Stockholm pour sortir du paradigme &#233;conomiste de la raret&#233;, des besoins et de l'utilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La financiarisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans Au-del&#224; du march&#233;, le syst&#232;me dominant l'&#233;conomie est pens&#233; comme &#233;tant toujours le &#171; capitalisme &#187;, autrement dit un syst&#232;me productif de valeurs r&#233;elles. L'investissement est repr&#233;sent&#233; d'abord comme visant &#224; financer cette production &#224; travers des pr&#234;ts et des placements boursiers. Semble &#233;chapper &#224; l'auteur que la cr&#233;ation de survaleurs et que les modes d'exploitation se r&#233;alisent aujourd'hui essentiellement par des mouvements financiers, notamment &#224; travers ceux li&#233;s &#224; la gestion des risques, y compris mais pas seulement par les sp&#233;culations sur les devises, sur les mati&#232;res premi&#232;res, sur les fonds de retraite, sur des indices climatiques, etc. De ce point de vue, alors que le salariat et le quasi salariat se sont g&#233;n&#233;ralis&#233;s, la relation salariale directe de &#171; travail &#187; p&#232;se de moins en moins par rapport aux surplus d&#233;gag&#233;s par les jeux financiers de toute esp&#232;ce. Les sp&#233;culations &#224; terme sur les mati&#232;res premi&#232;res agricoles (caf&#233;, cacao, sucre, etc.) subies par les paysanneries des nations dites &#171; en d&#233;veloppement &#187;, le manifestent. Ne sommes-nous pas sortis du &#171; capitalisme &#187; (d&#233;fini par la relation capital/travail) pour entrer dans un type nouveau d'exploitation. La crise de 2007-2008 en est la premi&#232;re manifestation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je d&#233;fends l'id&#233;e d'un actuel au-del&#224; du capitalisme dans J.-M. Servet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La confusion en anglais entre &#171; placement &#187; et &#171; investissement &#187; ne peut &#233;videmment que favoriser l'occultation de ce processus et de cette nouvelle forme d'acapparment du surplus rendu possible par une forme sp&#233;cifique de mutualisation des activit&#233;s humaines. L'auteur a publi&#233; par ailleurs un article sur les pyramides de Ponzi popularis&#233;es si j'ose dire par Bernard Madoff&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;# L'article de Kaushik Basu, &#171; The Whole Economy is rife with Ponzi schemes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.]]. Mais l'on peut penser que son approche est celle du d&#233;r&#232;glement d'un syst&#232;me au lieu d'une interpr&#233;tation de la normalit&#233; actuelle de la financiarisation et de l'exploitation via la finance. Rien d'&#233;tonnant donc que le Stockholm Statement ne consacre &#224; la dimension financi&#232;re que quelques lignes assez conventionnelles (notamment sur les paradis fiscaux).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'opposition entre march&#233; et &#201;tat
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Kaushik Basu reconna&#238;t une pluralit&#233; des normes et donc des morales selon les cultures, que l'on retrouve bien mise en avant dans le Stockholm Statement ; ainsi qu'une pluralit&#233; de finalit&#233;s des actions individuelles (pouvant inclure la recherche fr&#233;n&#233;tique de gains mat&#233;riels ou immat&#233;riels mais aussi, &#224; l'oppos&#233;, la g&#233;n&#233;rosit&#233; et l'altruisme) et une &#233;volution au fil du temps des comportements non homog&#232;nes des individus (le fameux atome des &#233;conomistes). Les normes sociales peuvent, selon lui, se substituer &#224; la loi pour imposer de fait certains comportements b&#233;n&#233;fiques &#224; l'&#233;conomie (p. 218). &lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur reconna&#238;t aussi la pertinence de l'action collective : &lt;i&gt;&#171; Dans de nombreux contextes, les efforts d'individus isol&#233;s sont vains et m&#234;me contre-productifs, mais, si un groupe important se forme autour d'eux, ils r&#233;ussiront tous ensemble &#224; obtenir des r&#233;sultats souhaitables &#187;&lt;/i&gt; (p. 267). Toutefois, cette base critique qu'il d&#233;signe par la belle expression d'&#171; argument des grands nombres &#187; ne va pas jusqu'&#224; enrichir le panel institutionnel des &#233;conomistes par la reconnaissance du r&#244;le pr&#233;sent et surtout potentiel des collectifs constitu&#233;s par les organisations dites de &#171; l'&#233;conomie sociale et solidaire &#187; et les multiples pratiques solidaires de l'&#233;conomie ; celles-ci combinant des logiques d'int&#233;r&#234;ts partag&#233;s et priv&#233;s. Sa proposition vise &#224; ne plus croire aux vertus de l'action individuelle et aux m&#233;canismes autor&#233;gulateurs de la concurrence qui lui sont li&#233;s (autrement dit &#224; rejeter le paradigme de la &#171; main invisible &#187;) et &#224; affirmer un n&#233;cessaire retour de l'intervention collective (= surtout publique), notamment via principalement la fiscalit&#233; et une redistribution pouvant inclure un revenu universel de base re&#231;u par chaque citoyen. Le Stockholm Statement reconna&#238;t dans son point 4 le r&#244;le positif des &#171; coop&#233;ratives, associations et ONG &#187; pour &#233;tablir un &#233;quilibre qualifi&#233; de judicieux avec le march&#233; et l'&#201;tat. Toutefois cette affirmation du r&#244;le important qu'elles peuvent jouer pour promouvoir et maintenir la coh&#233;sion y est accompagn&#233;e d'une singuli&#232;re r&#233;serve selon laquelle &#171; we cannot be unmindful of the fact that local community institutions have been known to be captured by retrogrades forces &#187; (Statement p. 3-4). Surprenante affirmation car elle sous-entend que l'&#201;tat et le march&#233;, eux, ne le seraient jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre fran&#231;ais de l'ouvrage renforce l'impression d'une m&#233;connaissance de la nature marchande d'activit&#233;s associatives, coop&#233;ratives ou mutualistes, pour autant que le march&#233; ne soit pas assimil&#233; &#224; la &#171; libre concurrence &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;# Une belle illustration en est donn&#233;e par Isabelle Hillenkamp dans son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec la traduction du titre anglais (&lt;i&gt;Beyond the Invisible Hand&lt;/i&gt;) par &lt;i&gt;Au-del&#224; du march&#233;&lt;/i&gt;, l'autor&#233;gulation par la concurrence se trouve ainsi confondue avec toutes formes de march&#233;. Or, il existe &#224; travers le temps et l'espace de multiples modes de relations marchandes qui ne peuvent pas &#234;tre r&#233;duites au seul mod&#232;le de la concurrence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Isabelle Hillenkamp, Jean-Michel Servet, 2017, &#171; La trag&#233;die du march&#233;. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La gestion de communs
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le biais opposant ou sugg&#233;rant la r&#233;conciliation entre la suppos&#233;e contrainte &#233;tatique ou l'&#233;volution des normes personnelles et la pr&#233;tendue libert&#233; du march&#233; &#233;claire une confusion entre les biens communs et les biens publics&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;# J'ai relev&#233; la m&#234;me confusion chez Jean Tirole. Voir : &#171; Une lecture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'action collective est pens&#233;e surtout comme un m&#233;canisme top down. Or la gestion d'un bien commun (qui peut se situer dans les champs d'activit&#233; les plus vari&#233;s et qui ne rel&#232;ve pas seulement de questions environnementales) se r&#233;alisent par un m&#233;canisme de subsidiarit&#233; ascendante. &#192; chaque niveau, des groupes prennent en charge la gestion de ces biens et services revendiqu&#233;s et reconnus comme &#171; communs &#187;. Ils d&#233;l&#232;guent &#224; un &#233;chelon sup&#233;rieur quand les probl&#232;mes de cette gestion ne peuvent pas &#234;tre r&#233;solus du fait notamment d'int&#233;r&#234;ts contradictoires. Cette revendication d'appropriation par des collectifs que l'on doit bien distinguer de la gestion de biens et services par l'&#201;tat a pris diff&#233;rents visages au fil du temps et des cultures politiques nationales : au XIX e si&#232;cle on parlait d'association et de mutualisme ; au tournant du XIX e et du XX e notamment de &lt;i&gt;socialisme de guilde&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Peu de travaux contemporains lui sont consacr&#233;s. Voir : Gareth Dale, 2016, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme aujourd'hui de pratiques solidaires de l'&#233;conomie ou de bien vivre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isabelle Hillenkamp, Jean-Louis Laville (&#233;d.), 2013, Socio&#233;conomie et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il serait temps que les &#233;conomistes critiques, comme veut l'&#234;tre Kaushik Basu, les reconnaissent &#224; la juste mesure de leurs dimensions alternatives et de la possibilit&#233; d'un autre monde qu'elles ouvrent ; ou qu'ils en argumentent leur rejet mieux que par la r&#233;f&#233;rence &#224; des effets n&#233;gatifs d'identit&#233; de groupe (p. 43).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer tr&#232;s bri&#232;vement les critiques que je viens de formuler, les limites de l'ouvrage de Kaushik Basu se situent principalement dans une insuffisante rupture avec la pens&#233;e &#233;conomique dominante. La simple consultation de l'abondant et tr&#232;s utile index de l'ouvrage (plus de 500 entr&#233;es) le manifeste. En sont absents des termes tels que : commun, association (que l'on ne peut pas r&#233;duire &#224; organisation non gouvernementale &#8211; trois entr&#233;es&#8211; ou &#224; syndicats &#8211; cinq entr&#233;es &#8211;), coop&#233;rative, mutualisme, r&#233;ciprocit&#233;, gratuit, g&#233;n&#233;rosit&#233;, don, &#233;conomie solidaire, interd&#233;pendance, solidarit&#233; (que l'on ne peut pas confondre avec altruisme &#8211;huit entr&#233;es&#8211; ni avec le souci d'autrui, ou le social &#8211;45 entr&#233;es&#8211;), finance ou financiarisation (la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt; fait l'objet d'une seule entr&#233;e), &#233;cologie ou environnement (bien que le th&#232;me est bri&#232;vement abord&#233; dans l'ouvrage). Alors que des termes comme bien-&#234;tre, concurrence, confiance, &#233;conomie, efficacit&#233;, &#233;quilibre, &#201;tat, individualisme, in&#233;galit&#233;s, int&#233;r&#234;t personnel, mondialisation, pauvret&#233;, politique, pr&#233;f&#233;rences, prix, richesses, th&#233;or&#232;me de la main invisible et utilit&#233;, autant d'occurrences traditionnelles en sciences &#233;conomiques, font chacun l'objet de tr&#232;s nombreuses r&#233;f&#233;rences. L'entr&#233;e &#171; comportement &#187; invite &#233;tonnement &#224; ne consulter que celle intitul&#233;e &#171; individualisme &#187;. Pour partir comme Kaushik Basu de la pens&#233;e fondatrice d'Adam Smith, on peut se demander s'il ne fallait pas, comme le firent celui-ci et les premiers &#233;conomistes qui, pour produire des sciences de la soci&#233;t&#233;, rompirent radicalement avec les dogmes dominants de la th&#233;ologie et de la jurisprudence de l'&#233;poque et ne se born&#232;rent pas &#224; perfectionner les savoirs dominants de leur temps. Ce n'est pas en am&#233;liorant la performance des chandelles que l'&#233;lectricit&#233; et ses applications furent d&#233;couvertes&#8230; Apr&#232;s la lecture de &lt;i&gt;Au-del&#224; du march&#233;&lt;/i&gt;, on peut donc s'interroger s'il faut se r&#233;jouir et se contenter d'une bouteille &#224; moiti&#233; pleine ou d&#233;plorer une bouteille &#224; moiti&#233; vide.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'expression d&#233;signe le corpus sous-jacent aux mesures pr&#233;conis&#233;es &#224; partir des ann&#233;es 1980 par la Banque mondiale et le Fonds mon&#233;taire international et soutenues par le gouvernement des Etats-Unis pour pr&#233;tendre r&#233;soudre les d&#233;s&#233;quilibres des &#233;conomies dites &#171; en d&#233;veloppement &#187; gr&#226;ce &#224; des mesures d'inspiration n&#233;olib&#233;rale, telles que la privatisation des entreprises publiques, la diminution des d&#233;penses budg&#233;taires des &#201;tats et l'ouverture du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur cette distance entre les mots et les choses, voir : Shahid Yusuf, Angus Deaton, Kemal Dervis, William Easterly, Takatoshi Ito, Joseph E. Stiglitz, 2009, &lt;i&gt;Development Economics through the decades. A Critical look at 30 years of The World Development Report&lt;/i&gt;, Washington D.C., The World Bank ; et Abhijit Banerjee, Angus Deaton, Nora Lusting, Ken Rogoff, 2006, &lt;i&gt;An Evaluation of the World Bank Research, 1998-2005&lt;/i&gt;, Working Paper, Sept. 24, 2006, 165 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paul Romer, le successeur en octobre 2016 de Kaushik Basu &#224; ce poste, est rapidement entr&#233; en conflit avec les &#233;conomistes de l'institution. Il a diminu&#233; d'un million de dollars le budget du Development Economics Group (DEC), un corps de 600 &#233;conomistes. En mai 2017, apr&#232;s qu'il leur ait demand&#233; de raccourcir la fa&#231;on d'&#233;crire leurs emails et rapports (notamment en r&#233;duisant &#224; 2,6 % la fr&#233;quence de la conjonction &#171; and &#187;&#8230;), leur protestation a entra&#238;n&#233; sa mise de c&#244;t&#233;. Le DEC est maintenant dirig&#233; par Kristalina Georgieva, directrice g&#233;n&#233;rale de la Banque mondiale, qui a pris la responsabilit&#233; du staff dont Paul Romer se trouve donc d&#233;poss&#233;d&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; [[&lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/business/2017/may/26/world-bank-economist-sidelined-after-demanding-shorter-emails-and-reports&amp;nbsp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.theguardian.com/busines...&lt;/a&gt; ; ; &lt;a href=&#034;https://www.letemps.ch/economie/2017/06/05/leconomiste-massacre-petits-chats&amp;nbsp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.letemps.ch/economie/201...&lt;/a&gt; ; ; &lt;a href=&#034;https://www.acast.com/ft-lucy-kellaway/paulromer-s-and-quotaisafalseeconomy&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.acast.com/ft-lucy-kella...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Traduction en 2013 en italien chez Guiseppe Laterza and Figli (Rome) et en chinois &#224; The Oriental Press (Hong Kong) ; en 2014 en russe par la Gaidar Foundation (Moscou) et en espagnol 2014 au Fondo de cultura econ&#243;mica (Mexico) ; en 2016 en japonais chez NTT Publishers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;#Voir le document diffus&#233; par le Swedish International Development Cooperation Agency (SIDA), la coop&#233;ration su&#233;doise &#224; l'origine avec la Banque mondiale de la rencontre : &lt;a href=&#034;https://www.sida.se/globalassets/sida/eng/press/stockholm-statement.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.sida.se/globalassets/si...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Kaushik Basu a publi&#233; avec Joseph Stiglitz en deux volumes &lt;i&gt;Inequality and Growth&lt;/i&gt; en 2015 chez Palgrave Macmillan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Notamment pour montrer le r&#244;le accord&#233; par Adam Smith &#224; l'&#201;tat contrairement &#224; ce que peut laisser penser l'affirmation de Kaushik Basu p. 35 ; propos nuanc&#233; en note 14 p. 43. Voir Giovanni Arrighi, 2009, &lt;i&gt;Adam Smith &#224; P&#233;kin. Les promesses de la voie chinoise&lt;/i&gt;, Paris, Max Milo ; Christian Chavagneux (ed.), 2012, Adam Smith &lt;i&gt;Vive l'&#201;tat&lt;/i&gt;, Paris, Alternatives &#233;conomiques/Les Petits Matins. Cette question est essentielle puisque les n&#233;olib&#233;raux font bien jouer un r&#244;le &#224; l'&#201;tat (contrairement &#224; une critique courante). Mais il s'agit d'un &#201;tat mis au service des march&#233;s alors que pour Adam Smith il doit intervenir par exemple pour la construction des grandes routes et des grands canaux ou pour ne pas abandonner comme ce fut le cas de son temps au Bengale, la gestion d'un pays &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, en l'occurrence la Compagnie des Indes. [[J.-M. Servet, 2015, &#171; Quelques propos sur l'enqu&#234;te d'Adam Smith &#187;, in : Liliane Hilaire-P&#233;rez, Michel Prum et alii, &lt;i&gt;Les Savoirs-Mondes. Mobilit&#233; et circulation des savoirs du Moyen Age au XIX e si&#232;cle,&lt;/i&gt; Presses universitaires de Rennes, p. 331-340.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Steve Keen, 2014, L'imposture &#233;conomique, Paris, &#201;d. de l'Atelier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean-Michel Servet, 2010, 2010 &lt;i&gt;Le Grand Renversement. De la crise au renouveau solidaire&lt;/i&gt;, Paris, Descl&#233;e de Brouwer et 2016 &#171; Solutions liquides. R&#233;sistances dans l'apr&#232;s-capitalisme &#187;, &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, n&#176; mars-avril 2016, p. 216-226.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans son Essai analytique sur la richesse et sur l'imp&#244;t, o&#249; l'on r&#233;fute la nouvelle doctrine &#233;conomique qui a fourni &#224; la Soci&#233;t&#233; royale d'agriculture de Limoges les principes d'un programme qu'elle a publi&#233; sur l'effet des imp&#244;ts indirects, publi&#233; en 1767.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;dans son &lt;i&gt;Essai sur l'origine des connaissances&lt;/i&gt; (publi&#233; en 1746)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Daniel Roche, 1989, &lt;i&gt;La culture des apparences&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, p. 489.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Marx, Les Manuscrits de 1844, traduction et pr&#233;sentation par Kostas Papaioannou in : Karl Marx, Critique de l'&#233;conomie politique, Paris, Ed. UGE, 10/18, p. 96.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;peuple de Sib&#233;rie&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Wilhem =Schultz, 1843, &lt;i&gt;Die Bewegung der Produktion&lt;/i&gt;, Z&#252;rich, p. 65-66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Je d&#233;fends l'id&#233;e d'un actuel au-del&#224; du capitalisme dans J.-M. Servet, 2017, &#8220;L'autre monde&#8230; est d&#233;j&#224; dans celui-ci&#8221;, compte rendu de : Andr&#233; Prone, &lt;i&gt;March&#233;-Monde ou &#201;comunisme&lt;/i&gt; (L'Harmattan, Collection Questions contemporaines), FuturWest, 2016), n&#176;61, hiver 2017, p. 5-13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;# L'article de Kaushik Basu, &#171; The Whole Economy is rife with Ponzi schemes &#187; (Scientific American, June 2014) est paru en fran&#231;ais sous le titre de &#171; Des pyramides de Ponzi dans l'&#233;conomie &#187; dans Pour la Science n&#176;444, octobre 2014 [[&lt;a href=&#034;http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-des-pyramides-de-ponzi-dans-l-apos-economie-33333.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.pourlascience.fr/ewb_pag...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;# Une belle illustration en est donn&#233;e par Isabelle Hillenkamp dans son &#233;tude de l'&#233;conomie populaire et solidaire bolivienne (2013, L'&#233;conomie solidaire en Bolivie : entre march&#233; et d&#233;mocratie, Paris/Gen&#232;ve, Karthala/Graduate Institute) et par Hadrien Saiag &#224; partir de celui des groupes de trueque en Argentine (2016, Monnaies locales et &#233;conomie populaire en Argentine, Paris : &#201;ditions Karthala).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Isabelle Hillenkamp, Jean-Michel Servet, 2017, &#171; La trag&#233;die du march&#233;. Comment tenir compte de la construction sociale des march&#233;s &#187;, Notes et &#201;tudes de l'Institut Veblen pour les r&#233;formes &#233;conomiques, janvier &lt;a href=&#034;http://www.veblen-institute.org/La-tragedie-du-marche.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.veblen-institute.org/La-...&lt;/a&gt;, pr&#233;sentation de l'ouvrage collectif 2015 Le march&#233; autrement. March&#233;s r&#233;els et March&#233; fantasm&#233;, Paris, Garnier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;# J'ai relev&#233; la m&#234;me confusion chez Jean Tirole. Voir : &#171; Une lecture critique de l'&#201;conomie du bien commun de Jean Tirole &#187;, &lt;i&gt;La Revue des Sciences de Gestion&lt;/i&gt;, 51 e ann&#233;e, n&#176;280, juillet-ao&#251;t 2016, p.102-107.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Peu de travaux contemporains lui sont consacr&#233;s. Voir : Gareth Dale, 2016, &lt;i&gt;Reconstructing Karl Polanyi. Excavation and Critique&lt;/i&gt;, London, PlutoPress, p. 22-26, 62, 77.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isabelle Hillenkamp, Jean-Louis Laville (&#233;d.), 2013, &lt;i&gt;Socio&#233;conomie et d&#233;mocratie - l'actualit&#233; de Karl Polanyi,&lt;/i&gt; Toulouse, Eres ; Jean-Louis Laville, &lt;i&gt;L'&#233;conomie sociale et solidaire. Pratiques, th&#233;ories et d&#233;bats&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2016 ; Jean-Louis Laville, Jose Luis Coraggio (&#233;d.), 2016, &lt;i&gt;Les gauches du XXI e si&#232;cle. Un dialogue Nord-Sud&lt;/i&gt;, Paris, Le Bord de l'eau ; Elisabeth Bucolo, Jose Luis Coraggio, Jean-Louis Laville, Geoffrey Pleyers (eds.), 2017, &lt;i&gt;Mouvements sociaux et &#233;conomie solidaire&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de la Fondation de la Maison des Sciences de l'Homme/Descl&#233;e de Brouwer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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