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	<title>Institut Veblen / Veblen Institute</title>
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	<description>Faire de la transition &#233;cologique un projet de soci&#233;t&#233;.</description>
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		<title>Institut Veblen / Veblen Institute</title>
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		<title>&#034;Au-del&#224; du march&#233;&#034; : quelques r&#233;flexions sur la pens&#233;e &#233;conomique de Kaushik Basu. </title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Au-dela-du-marche-quelques-reflexions-sur-la-pensee-economique-de-Kaushik-Basu.html</link>
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		<dc:date>2017-12-19T17:12:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Servet</dc:creator>


		<dc:subject>Publications &#224; la Une</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;ories du d&#233;veloppement</dc:subject>

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&lt;p&gt;Au-del&#224; du march&#233; est un puissant plaidoyer pour le retour de l'action publique et une r&#233;futation &#233;loquente de la &#171; main invisible &#187;des &#233;conomistes, r&#233;futation d'autant plus salutaire qu'elle vient d'un ancien &#233;conomiste en chef de la Banque mondiale et du co-auteur de Stockholm Statement, un document clef qui propose une nouvelle approche du d&#233;veloppement. Comme ce dernier, le livre r&#233;duit cependant les relations marchandes au seul mod&#232;le de concurrence &#171; autor&#233;gulatrice &#187;, et les multiples (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Article-a-la-Une-+.html" rel="tag"&gt;Publications &#224; la Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Inegalites-et-soutenabilite-+.html" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Theories-du-developpement-+.html" rel="tag"&gt;Th&#233;ories du d&#233;veloppement&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L103xH150/arton456-6cfe1.jpg?1774112305' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au-del&#224; du march&#233;&lt;/i&gt; est un puissant plaidoyer pour le retour de l'action publique et une r&#233;futation &#233;loquente de la &#171; main invisible &#187;des &#233;conomistes, r&#233;futation d'autant plus salutaire qu'elle vient d'un ancien &#233;conomiste en chef de la Banque mondiale et du co-auteur de Stockholm Statement, un document clef qui propose une nouvelle approche du d&#233;veloppement. Comme ce dernier, le livre r&#233;duit cependant les relations marchandes au seul mod&#232;le de concurrence &#171; autor&#233;gulatrice &#187;, et les multiples formes d'&#233;conomie solidaire ne trouvent qu'une place marginale dans le renouveau de l'&#233;conomie du d&#233;veloppement qu'il propose. De m&#234;me, l'action collective est pens&#233;e sur une mode plut&#244;t &#233;tatiste et vertical, tandis que les modes de gestion en commun sont absents.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A tous ceux qui pensent que la Banque mondiale se conforme toujours syst&#233;matiquement au paradigme du consensus de Washington&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression d&#233;signe le corpus sous-jacent aux mesures pr&#233;conis&#233;es &#224; partir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et est un vivier de fondamentalistes de la concurrence pure et parfaite, on ne peut que vivement sugg&#233;rer la lecture de &lt;i&gt;Au-del&#224; du march&#233;. Vers une nouvelle pens&#233;e &#233;conomique&lt;/i&gt;. Peut-&#234;tre changeront-ils leur fa&#231;on de voir ; &#224; moins qu'ils supposent que dans cette organisation les id&#233;es critiques restent de beaux discours et ne sont pas suivies d'effets.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette distance entre les mots et les choses, voir : Shahid Yusuf, Angus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'auteur, Kaushik Basu, aujourd'hui professeur &#224; la Cornell University, a &#233;t&#233; &lt;i&gt;chief economist&lt;/i&gt; de la Banque mondiale d'octobre 2012 &#224; juillet 2016. Celui qui occupe ce poste donne une direction intellectuelle &#224; la strat&#233;gie globale de d&#233;veloppement de la Banque et &#224; son programme de recherche &#233;conomique aux niveaux mondial, r&#233;gionaux et nationaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Romer, le successeur en octobre 2016 de Kaushik Basu &#224; ce poste, est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'ouvrage, disponible d&#233;sormais en fran&#231;ais, a &#233;t&#233; publi&#233; en anglais en 2010 par Princeton University Press sous le titre de Beyond the Invisible Hand. Groundwork for a New Economics, juste avant que son auteur n'entre &#224; la Banque mondiale. D&#232;s 2011, une &#233;dition de poche en a &#233;t&#233; publi&#233;e en anglais en Asie. Sa traduction fran&#231;aise l'a &#233;t&#233; six ann&#233;es plus tard, apr&#232;s que cet ouvrage ait &#233;t&#233; traduit en japonais, italien, en russe et en chinois.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traduction en 2013 en italien chez Guiseppe Laterza and Figli (Rome) et en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2016, Kaushik Basu a publi&#233; une &lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/commentary/update-development-policy-inequality-by-kaushik-basu-et-al-2016-12?barrier=accessreg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tribune&lt;/a&gt; intitul&#233;e : A New Year's Development Resolution, avec trois autres anciens chief &#233;conomists de la Banque mondiale (Joseph E. Stiglitz (en poste de 1997 &#224; 2000), Fran&#231;ois Bourguignon en poste de 2003 &#224; 2007 et Justin Yifu Lin (en poste de 2008 &#224; 2012). Elle a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e &#224; partir de leur participation avec neuf autres &#233;conomistes &#224; la r&#233;daction du Stockholm Statement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;#Voir le document diffus&#233; par le Swedish International Development (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ce document propose aux organisations en charge du d&#233;veloppement une approche nouvelle de ces politiques, et un grand nombre des id&#233;es qui y sont soutenues sont en phase avec celles d&#233;fendues par Kaushik Basu dans &lt;i&gt;Au-del&#224; du march&#233;&lt;/i&gt;. On peut penser (voire esp&#233;rer) que la notori&#233;t&#233; de ses co-signataires fera qu'il influencera les politiques de d&#233;veloppement &#224; venir. L'ouvrage personnel de Basu peut ainsi &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un &#233;l&#233;ment pr&#233;paratoire du &#171; Statement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'action publique retrouv&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Kaushik Basu argumente que la &#171; libre concurrence &#187; ne saurait spontan&#233;ment apporter le &#171; bien-&#234;tre &#187; et d&#233;boucher sur le meilleur des mondes ; autrement dit il s'oppose au paradigme de la &lt;i&gt;main invisible&lt;/i&gt; au c&#339;ur des courants encore dominants la science &#233;conomique contemporaine. Il d&#233;fend de fa&#231;on convaincante la n&#233;cessit&#233; de combattre de fa&#231;on volontariste la pauvret&#233; (et les in&#233;galit&#233;s n&#233;es des divers apartheids qu'il illustre &#224; maintes reprises par le syst&#232;me des castes en Inde), tout en r&#233;duisant les in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kaushik Basu a publi&#233; avec Joseph Stiglitz en deux volumes Inequality and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, deux processus qu'il distingue (p. 236). Il reconna&#238;t que certaines interventions drastiques contre celles-ci ont produit une diminution du revenu national, et peut-&#234;tre, dans certains cas, avec les meilleures intentions du monde. Le livre fourmille d'anecdotes percutantes qui illustrent un propos ne se situant pas uniquement &#224; un niveau th&#233;orique ou g&#233;n&#233;ral. Ainsi lorsqu'il remarque (p. 228) que dans les pays en d&#233;veloppement on s'inqui&#232;te plus de l'espace occup&#233; et de la g&#234;ne occasionn&#233;e par les marchands ambulants que par le stationnement des voitures des riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un objectif de critique de la doxa &#233;conomique, et m&#234;me s'il affirme qu'il ne s'agit pas d'un plaidoyer en faveur d'une intervention plus grande de l'&#201;tat (p. 34), il est difficile de ne pas y voir l'affirmation d'un retour de celui-ci, en particulier gr&#226;ce &#224; des politiques fiscales redistributives. &#171; L'&#201;tat a un r&#244;le majeur &#224; jouer dans la r&#233;gulation de l'&#233;conomie de march&#233; et pour essayer de redistribuer une partie de ses fruits &#187; affirme-t-il (p. 218). Un n&#233;cessaire retour d'interventions publiques se trouve aussi affirm&#233; dans le Stockholm Statement. Kaushik Basu met en garde les plus riches contre les risques potentiels d'une explosion sociale si les moins lotis percevaient comme une injustice la situation qui leur est faite. La charge contre le main stream des &#233;conomistes est particuli&#232;rement forte : &lt;i&gt;&#171; Les l&#233;gions d'&#233;conomistes qui d&#233;nient toute l&#233;gitimit&#233; aux revendications de ceux qui manifestent dans les rues de Seattle, Cancun et Washington sont comme ces missionnaires qui accompagnaient autrefois les arm&#233;es d'occupation ; ils tentaient de calmer les rebelles en usant de belles paroles et ignoraient leurs requ&#234;tes qu'ils pr&#233;sentaient comme peu judicieuses et brouillonnes &#187; (p. 31).&lt;/i&gt; Toutefois, l'originalit&#233; la plus forte de l'ouvrage ne r&#233;side pas dans cette recommandation de prendre au s&#233;rieux les critiques de ces contestataires et dans l'argument politique d'un risque de r&#233;bellion des laiss&#233;s pour compte de la mondialisation (car on pourrait r&#233;torquer que les r&#233;volutions sont rarement d&#233;clench&#233;es et men&#233;es par les plus d&#233;munis, m&#234;me quand elles le sont au nom de ceux-ci). Son originalit&#233; la plus forte se trouve dans la conviction affirm&#233;e par l'auteur que les humains ne sont pas par nature &#233;go&#239;stes et soucieux d'avoir toujours plus que leurs cong&#233;n&#232;res et aux d&#233;triments de ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon objectif n'est ici ni de d&#233;velopper la relecture faite par l'auteur de la th&#233;orie des jeux pour appuyer son propos &#8212; qui risque de rebuter nombre des non &#233;conomistes et m&#234;me certains de ceux-ci &#224; la lecture de l'ouvrage &#8212;, ni de r&#233;sumer ses critiques &#224; l'encontre de la pens&#233;e &#233;conomique dominante ; encore moins de contester leur pertinence ou de nuancer la lecture qu'il donne de la &lt;i&gt;Richesse des Nations&lt;/i&gt; d'Adam Smith&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment pour montrer le r&#244;le accord&#233; par Adam Smith &#224; l'&#201;tat contrairement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.On peut au contraire saluer les nombreuses r&#233;f&#233;rences document&#233;es faites &#224; l'histoire de la pens&#233;e &#233;conomique. S'il est possible de reprocher &#224; de nombreux &#233;conomistes d'&#234;tre devenus amn&#233;siques en ignorant leurs anc&#234;tres ce n'est certainement pas cette critique que l'on peut adresser &#224; Kaushik Basu. L'ouvrage para&#238;t parfaitement compl&#233;mentaire de celui de Steve Keen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Steve Keen, 2014, L'imposture &#233;conomique, Paris, &#201;d. de l'Atelier.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pr&#233;fac&#233; &#233;galement par Ga&#235;l Giraud et dont la traduction est publi&#233;e par le m&#234;me &#233;diteur. Ce livre, se situant lui-aussi au c&#339;ur du paradigme de la science &#233;conomique contemporaine, en a relev&#233; quelques fortes inconsistances logiques. Le but de cette recension est, au-del&#224; de finalit&#233;s largement partag&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Michel Servet, 2010, 2010 Le Grand Renversement. De la crise au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui justifient l'int&#233;r&#234;t port&#233; &#224; l'ouvrage et donc un encouragement &#224; sa lecture et &#224; l'int&#233;gration de certaines de ses propositions, de discuter ce qui me para&#238;t des limites tant du diagnostic que des moyens propos&#233;s pour les atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La raret&#233; et les besoins naturalis&#233;s
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le soutien de Kaushik Basu &#224; la lutte contre &#171; la pauvret&#233; &#187; inclut une d&#233;finition de celle-ci par le niveau de revenu ou d'autres crit&#232;res comme l'acc&#232;s &#224; un panel de biens et services. Or cette d&#233;marche, que l'on retrouve dans le Stockhom Statement, objective la &#171; raret&#233; &#187; car celle-ci s'y trouve assimil&#233;e &#224; une sensation en quelque sorte naturelle de manque. Tous les &#233;conomistes n'ont pas subi cette illusion, et ceci d&#232;s le XVIII e si&#232;cle dans la p&#233;riode de constitution progressive de l'&#233;conomie comme champ puis discipline autonome du savoir. La critique contemporaine de la relativit&#233; des besoins a &#233;t&#233; anticip&#233;e par l'anti-physiocrate Jean-Louis Graslin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans son Essai analytique sur la richesse et sur l'imp&#244;t, o&#249; l'on r&#233;fute la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui soutenait que l'on ne peut pas avoir besoin d'un bien dont on ignore l'existence. On peut rapprocher cette id&#233;e de celle, ant&#233;rieure, d'&#201;tienne Bonnot de Condillac affirmant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;dans son Essai sur l'origine des connaissances (publi&#233; en 1746)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que : &lt;i&gt;&#171; &#192; un besoin est li&#233;e l'id&#233;e de la chose pour le soulager&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Daniel Roche, 1989, La culture des apparences, Paris, Fayard, p. 489.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette relativit&#233; sociale et culturelle des besoins, qui fait que &#171; la lutte contre la raret&#233; &#187; ne peut &#234;tre qu'un combat sans issue, a &#233;t&#233; affirm&#233;e par Karl Marx un si&#232;cle apr&#232;s Condillac dans ses Manuscrit de 1844&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Marx, Les Manuscrits de 1844, traduction et pr&#233;sentation par Kostas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; il cite Friedrich Wilhelm Schultz (1797-1860) : &lt;i&gt;&#171; Du fait pr&#233;cis&#233;ment que la production globale augmente et dans la mesure m&#234;me o&#249; elle augmente, les besoins, les d&#233;sirs et les app&#233;tits augmentent aussi et la pauvret&#233; relative peut donc augmenter, tandis que la pauvret&#233; absolue diminue. Le Samo&#232;de&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;peuple de Sib&#233;rie&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; n'est pas pauvre avec son huile de baleine et ses poissons rances, parce que dans sa soci&#233;t&#233; ferm&#233;e, tous ont les m&#234;mes besoins. Mais dans un &#201;tat qui va de l'avant et qui, au cours d'une dizaine d'ann&#233;es par exemple, a augment&#233; sa production totale d'un tiers par rapport &#224; la population, l'ouvrier qui gagne autant au d&#233;but et &#224; la fin des dix ans n'est pas rest&#233; aussi prosp&#232;re, mais s'est appauvri d'un tiers. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wilhem =Schultz, 1843, Die Bewegung der Produktion, Z&#252;rich, p. 65-66.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Aujourd'hui ce type d'approche critique est largement r&#233;pandue en anthropologie, notamment &#224; la suite de travaux de Marshall Sahlins et de la publication de &lt;i&gt;The Original First Affluent Society&lt;/i&gt; (1966) et de &lt;i&gt;Stone-Age Economics&lt;/i&gt; (1974). Mais il reste fort ignor&#233; de la plupart des &#233;conomistes et des politiques de d&#233;veloppement. Le Stockholm Statement affirme dans le premier de ses huit points que la croissance du PNB n'est pas une fin soi. Mais l'assimilation de celle-ci notamment avec l'am&#233;lioration de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, de l'emploi et de la s&#233;curit&#233; montre le long chemin que devraient suivre les &#233;conomistes comme Kaushik Basu et les cosignataires du manifeste de Stockholm pour sortir du paradigme &#233;conomiste de la raret&#233;, des besoins et de l'utilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La financiarisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans Au-del&#224; du march&#233;, le syst&#232;me dominant l'&#233;conomie est pens&#233; comme &#233;tant toujours le &#171; capitalisme &#187;, autrement dit un syst&#232;me productif de valeurs r&#233;elles. L'investissement est repr&#233;sent&#233; d'abord comme visant &#224; financer cette production &#224; travers des pr&#234;ts et des placements boursiers. Semble &#233;chapper &#224; l'auteur que la cr&#233;ation de survaleurs et que les modes d'exploitation se r&#233;alisent aujourd'hui essentiellement par des mouvements financiers, notamment &#224; travers ceux li&#233;s &#224; la gestion des risques, y compris mais pas seulement par les sp&#233;culations sur les devises, sur les mati&#232;res premi&#232;res, sur les fonds de retraite, sur des indices climatiques, etc. De ce point de vue, alors que le salariat et le quasi salariat se sont g&#233;n&#233;ralis&#233;s, la relation salariale directe de &#171; travail &#187; p&#232;se de moins en moins par rapport aux surplus d&#233;gag&#233;s par les jeux financiers de toute esp&#232;ce. Les sp&#233;culations &#224; terme sur les mati&#232;res premi&#232;res agricoles (caf&#233;, cacao, sucre, etc.) subies par les paysanneries des nations dites &#171; en d&#233;veloppement &#187;, le manifestent. Ne sommes-nous pas sortis du &#171; capitalisme &#187; (d&#233;fini par la relation capital/travail) pour entrer dans un type nouveau d'exploitation. La crise de 2007-2008 en est la premi&#232;re manifestation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je d&#233;fends l'id&#233;e d'un actuel au-del&#224; du capitalisme dans J.-M. Servet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La confusion en anglais entre &#171; placement &#187; et &#171; investissement &#187; ne peut &#233;videmment que favoriser l'occultation de ce processus et de cette nouvelle forme d'acapparment du surplus rendu possible par une forme sp&#233;cifique de mutualisation des activit&#233;s humaines. L'auteur a publi&#233; par ailleurs un article sur les pyramides de Ponzi popularis&#233;es si j'ose dire par Bernard Madoff&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;# L'article de Kaushik Basu, &#171; The Whole Economy is rife with Ponzi schemes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.]]. Mais l'on peut penser que son approche est celle du d&#233;r&#232;glement d'un syst&#232;me au lieu d'une interpr&#233;tation de la normalit&#233; actuelle de la financiarisation et de l'exploitation via la finance. Rien d'&#233;tonnant donc que le Stockholm Statement ne consacre &#224; la dimension financi&#232;re que quelques lignes assez conventionnelles (notamment sur les paradis fiscaux).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'opposition entre march&#233; et &#201;tat
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Kaushik Basu reconna&#238;t une pluralit&#233; des normes et donc des morales selon les cultures, que l'on retrouve bien mise en avant dans le Stockholm Statement ; ainsi qu'une pluralit&#233; de finalit&#233;s des actions individuelles (pouvant inclure la recherche fr&#233;n&#233;tique de gains mat&#233;riels ou immat&#233;riels mais aussi, &#224; l'oppos&#233;, la g&#233;n&#233;rosit&#233; et l'altruisme) et une &#233;volution au fil du temps des comportements non homog&#232;nes des individus (le fameux atome des &#233;conomistes). Les normes sociales peuvent, selon lui, se substituer &#224; la loi pour imposer de fait certains comportements b&#233;n&#233;fiques &#224; l'&#233;conomie (p. 218). &lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur reconna&#238;t aussi la pertinence de l'action collective : &lt;i&gt;&#171; Dans de nombreux contextes, les efforts d'individus isol&#233;s sont vains et m&#234;me contre-productifs, mais, si un groupe important se forme autour d'eux, ils r&#233;ussiront tous ensemble &#224; obtenir des r&#233;sultats souhaitables &#187;&lt;/i&gt; (p. 267). Toutefois, cette base critique qu'il d&#233;signe par la belle expression d'&#171; argument des grands nombres &#187; ne va pas jusqu'&#224; enrichir le panel institutionnel des &#233;conomistes par la reconnaissance du r&#244;le pr&#233;sent et surtout potentiel des collectifs constitu&#233;s par les organisations dites de &#171; l'&#233;conomie sociale et solidaire &#187; et les multiples pratiques solidaires de l'&#233;conomie ; celles-ci combinant des logiques d'int&#233;r&#234;ts partag&#233;s et priv&#233;s. Sa proposition vise &#224; ne plus croire aux vertus de l'action individuelle et aux m&#233;canismes autor&#233;gulateurs de la concurrence qui lui sont li&#233;s (autrement dit &#224; rejeter le paradigme de la &#171; main invisible &#187;) et &#224; affirmer un n&#233;cessaire retour de l'intervention collective (= surtout publique), notamment via principalement la fiscalit&#233; et une redistribution pouvant inclure un revenu universel de base re&#231;u par chaque citoyen. Le Stockholm Statement reconna&#238;t dans son point 4 le r&#244;le positif des &#171; coop&#233;ratives, associations et ONG &#187; pour &#233;tablir un &#233;quilibre qualifi&#233; de judicieux avec le march&#233; et l'&#201;tat. Toutefois cette affirmation du r&#244;le important qu'elles peuvent jouer pour promouvoir et maintenir la coh&#233;sion y est accompagn&#233;e d'une singuli&#232;re r&#233;serve selon laquelle &#171; we cannot be unmindful of the fact that local community institutions have been known to be captured by retrogrades forces &#187; (Statement p. 3-4). Surprenante affirmation car elle sous-entend que l'&#201;tat et le march&#233;, eux, ne le seraient jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre fran&#231;ais de l'ouvrage renforce l'impression d'une m&#233;connaissance de la nature marchande d'activit&#233;s associatives, coop&#233;ratives ou mutualistes, pour autant que le march&#233; ne soit pas assimil&#233; &#224; la &#171; libre concurrence &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;# Une belle illustration en est donn&#233;e par Isabelle Hillenkamp dans son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec la traduction du titre anglais (&lt;i&gt;Beyond the Invisible Hand&lt;/i&gt;) par &lt;i&gt;Au-del&#224; du march&#233;&lt;/i&gt;, l'autor&#233;gulation par la concurrence se trouve ainsi confondue avec toutes formes de march&#233;. Or, il existe &#224; travers le temps et l'espace de multiples modes de relations marchandes qui ne peuvent pas &#234;tre r&#233;duites au seul mod&#232;le de la concurrence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Isabelle Hillenkamp, Jean-Michel Servet, 2017, &#171; La trag&#233;die du march&#233;. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La gestion de communs
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le biais opposant ou sugg&#233;rant la r&#233;conciliation entre la suppos&#233;e contrainte &#233;tatique ou l'&#233;volution des normes personnelles et la pr&#233;tendue libert&#233; du march&#233; &#233;claire une confusion entre les biens communs et les biens publics&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;# J'ai relev&#233; la m&#234;me confusion chez Jean Tirole. Voir : &#171; Une lecture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'action collective est pens&#233;e surtout comme un m&#233;canisme top down. Or la gestion d'un bien commun (qui peut se situer dans les champs d'activit&#233; les plus vari&#233;s et qui ne rel&#232;ve pas seulement de questions environnementales) se r&#233;alisent par un m&#233;canisme de subsidiarit&#233; ascendante. &#192; chaque niveau, des groupes prennent en charge la gestion de ces biens et services revendiqu&#233;s et reconnus comme &#171; communs &#187;. Ils d&#233;l&#232;guent &#224; un &#233;chelon sup&#233;rieur quand les probl&#232;mes de cette gestion ne peuvent pas &#234;tre r&#233;solus du fait notamment d'int&#233;r&#234;ts contradictoires. Cette revendication d'appropriation par des collectifs que l'on doit bien distinguer de la gestion de biens et services par l'&#201;tat a pris diff&#233;rents visages au fil du temps et des cultures politiques nationales : au XIX e si&#232;cle on parlait d'association et de mutualisme ; au tournant du XIX e et du XX e notamment de &lt;i&gt;socialisme de guilde&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Peu de travaux contemporains lui sont consacr&#233;s. Voir : Gareth Dale, 2016, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme aujourd'hui de pratiques solidaires de l'&#233;conomie ou de bien vivre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isabelle Hillenkamp, Jean-Louis Laville (&#233;d.), 2013, Socio&#233;conomie et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il serait temps que les &#233;conomistes critiques, comme veut l'&#234;tre Kaushik Basu, les reconnaissent &#224; la juste mesure de leurs dimensions alternatives et de la possibilit&#233; d'un autre monde qu'elles ouvrent ; ou qu'ils en argumentent leur rejet mieux que par la r&#233;f&#233;rence &#224; des effets n&#233;gatifs d'identit&#233; de groupe (p. 43).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer tr&#232;s bri&#232;vement les critiques que je viens de formuler, les limites de l'ouvrage de Kaushik Basu se situent principalement dans une insuffisante rupture avec la pens&#233;e &#233;conomique dominante. La simple consultation de l'abondant et tr&#232;s utile index de l'ouvrage (plus de 500 entr&#233;es) le manifeste. En sont absents des termes tels que : commun, association (que l'on ne peut pas r&#233;duire &#224; organisation non gouvernementale &#8211; trois entr&#233;es&#8211; ou &#224; syndicats &#8211; cinq entr&#233;es &#8211;), coop&#233;rative, mutualisme, r&#233;ciprocit&#233;, gratuit, g&#233;n&#233;rosit&#233;, don, &#233;conomie solidaire, interd&#233;pendance, solidarit&#233; (que l'on ne peut pas confondre avec altruisme &#8211;huit entr&#233;es&#8211; ni avec le souci d'autrui, ou le social &#8211;45 entr&#233;es&#8211;), finance ou financiarisation (la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt; fait l'objet d'une seule entr&#233;e), &#233;cologie ou environnement (bien que le th&#232;me est bri&#232;vement abord&#233; dans l'ouvrage). Alors que des termes comme bien-&#234;tre, concurrence, confiance, &#233;conomie, efficacit&#233;, &#233;quilibre, &#201;tat, individualisme, in&#233;galit&#233;s, int&#233;r&#234;t personnel, mondialisation, pauvret&#233;, politique, pr&#233;f&#233;rences, prix, richesses, th&#233;or&#232;me de la main invisible et utilit&#233;, autant d'occurrences traditionnelles en sciences &#233;conomiques, font chacun l'objet de tr&#232;s nombreuses r&#233;f&#233;rences. L'entr&#233;e &#171; comportement &#187; invite &#233;tonnement &#224; ne consulter que celle intitul&#233;e &#171; individualisme &#187;. Pour partir comme Kaushik Basu de la pens&#233;e fondatrice d'Adam Smith, on peut se demander s'il ne fallait pas, comme le firent celui-ci et les premiers &#233;conomistes qui, pour produire des sciences de la soci&#233;t&#233;, rompirent radicalement avec les dogmes dominants de la th&#233;ologie et de la jurisprudence de l'&#233;poque et ne se born&#232;rent pas &#224; perfectionner les savoirs dominants de leur temps. Ce n'est pas en am&#233;liorant la performance des chandelles que l'&#233;lectricit&#233; et ses applications furent d&#233;couvertes&#8230; Apr&#232;s la lecture de &lt;i&gt;Au-del&#224; du march&#233;&lt;/i&gt;, on peut donc s'interroger s'il faut se r&#233;jouir et se contenter d'une bouteille &#224; moiti&#233; pleine ou d&#233;plorer une bouteille &#224; moiti&#233; vide.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'expression d&#233;signe le corpus sous-jacent aux mesures pr&#233;conis&#233;es &#224; partir des ann&#233;es 1980 par la Banque mondiale et le Fonds mon&#233;taire international et soutenues par le gouvernement des Etats-Unis pour pr&#233;tendre r&#233;soudre les d&#233;s&#233;quilibres des &#233;conomies dites &#171; en d&#233;veloppement &#187; gr&#226;ce &#224; des mesures d'inspiration n&#233;olib&#233;rale, telles que la privatisation des entreprises publiques, la diminution des d&#233;penses budg&#233;taires des &#201;tats et l'ouverture du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur cette distance entre les mots et les choses, voir : Shahid Yusuf, Angus Deaton, Kemal Dervis, William Easterly, Takatoshi Ito, Joseph E. Stiglitz, 2009, &lt;i&gt;Development Economics through the decades. A Critical look at 30 years of The World Development Report&lt;/i&gt;, Washington D.C., The World Bank ; et Abhijit Banerjee, Angus Deaton, Nora Lusting, Ken Rogoff, 2006, &lt;i&gt;An Evaluation of the World Bank Research, 1998-2005&lt;/i&gt;, Working Paper, Sept. 24, 2006, 165 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paul Romer, le successeur en octobre 2016 de Kaushik Basu &#224; ce poste, est rapidement entr&#233; en conflit avec les &#233;conomistes de l'institution. Il a diminu&#233; d'un million de dollars le budget du Development Economics Group (DEC), un corps de 600 &#233;conomistes. En mai 2017, apr&#232;s qu'il leur ait demand&#233; de raccourcir la fa&#231;on d'&#233;crire leurs emails et rapports (notamment en r&#233;duisant &#224; 2,6 % la fr&#233;quence de la conjonction &#171; and &#187;&#8230;), leur protestation a entra&#238;n&#233; sa mise de c&#244;t&#233;. Le DEC est maintenant dirig&#233; par Kristalina Georgieva, directrice g&#233;n&#233;rale de la Banque mondiale, qui a pris la responsabilit&#233; du staff dont Paul Romer se trouve donc d&#233;poss&#233;d&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; [[&lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/business/2017/may/26/world-bank-economist-sidelined-after-demanding-shorter-emails-and-reports&amp;nbsp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.theguardian.com/busines...&lt;/a&gt; ; ; &lt;a href=&#034;https://www.letemps.ch/economie/2017/06/05/leconomiste-massacre-petits-chats&amp;nbsp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.letemps.ch/economie/201...&lt;/a&gt; ; ; &lt;a href=&#034;https://www.acast.com/ft-lucy-kellaway/paulromer-s-and-quotaisafalseeconomy&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.acast.com/ft-lucy-kella...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Traduction en 2013 en italien chez Guiseppe Laterza and Figli (Rome) et en chinois &#224; The Oriental Press (Hong Kong) ; en 2014 en russe par la Gaidar Foundation (Moscou) et en espagnol 2014 au Fondo de cultura econ&#243;mica (Mexico) ; en 2016 en japonais chez NTT Publishers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;#Voir le document diffus&#233; par le Swedish International Development Cooperation Agency (SIDA), la coop&#233;ration su&#233;doise &#224; l'origine avec la Banque mondiale de la rencontre : &lt;a href=&#034;https://www.sida.se/globalassets/sida/eng/press/stockholm-statement.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.sida.se/globalassets/si...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Kaushik Basu a publi&#233; avec Joseph Stiglitz en deux volumes &lt;i&gt;Inequality and Growth&lt;/i&gt; en 2015 chez Palgrave Macmillan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Notamment pour montrer le r&#244;le accord&#233; par Adam Smith &#224; l'&#201;tat contrairement &#224; ce que peut laisser penser l'affirmation de Kaushik Basu p. 35 ; propos nuanc&#233; en note 14 p. 43. Voir Giovanni Arrighi, 2009, &lt;i&gt;Adam Smith &#224; P&#233;kin. Les promesses de la voie chinoise&lt;/i&gt;, Paris, Max Milo ; Christian Chavagneux (ed.), 2012, Adam Smith &lt;i&gt;Vive l'&#201;tat&lt;/i&gt;, Paris, Alternatives &#233;conomiques/Les Petits Matins. Cette question est essentielle puisque les n&#233;olib&#233;raux font bien jouer un r&#244;le &#224; l'&#201;tat (contrairement &#224; une critique courante). Mais il s'agit d'un &#201;tat mis au service des march&#233;s alors que pour Adam Smith il doit intervenir par exemple pour la construction des grandes routes et des grands canaux ou pour ne pas abandonner comme ce fut le cas de son temps au Bengale, la gestion d'un pays &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, en l'occurrence la Compagnie des Indes. [[J.-M. Servet, 2015, &#171; Quelques propos sur l'enqu&#234;te d'Adam Smith &#187;, in : Liliane Hilaire-P&#233;rez, Michel Prum et alii, &lt;i&gt;Les Savoirs-Mondes. Mobilit&#233; et circulation des savoirs du Moyen Age au XIX e si&#232;cle,&lt;/i&gt; Presses universitaires de Rennes, p. 331-340.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Steve Keen, 2014, L'imposture &#233;conomique, Paris, &#201;d. de l'Atelier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean-Michel Servet, 2010, 2010 &lt;i&gt;Le Grand Renversement. De la crise au renouveau solidaire&lt;/i&gt;, Paris, Descl&#233;e de Brouwer et 2016 &#171; Solutions liquides. R&#233;sistances dans l'apr&#232;s-capitalisme &#187;, &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, n&#176; mars-avril 2016, p. 216-226.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans son Essai analytique sur la richesse et sur l'imp&#244;t, o&#249; l'on r&#233;fute la nouvelle doctrine &#233;conomique qui a fourni &#224; la Soci&#233;t&#233; royale d'agriculture de Limoges les principes d'un programme qu'elle a publi&#233; sur l'effet des imp&#244;ts indirects, publi&#233; en 1767.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;dans son &lt;i&gt;Essai sur l'origine des connaissances&lt;/i&gt; (publi&#233; en 1746)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Daniel Roche, 1989, &lt;i&gt;La culture des apparences&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, p. 489.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Marx, Les Manuscrits de 1844, traduction et pr&#233;sentation par Kostas Papaioannou in : Karl Marx, Critique de l'&#233;conomie politique, Paris, Ed. UGE, 10/18, p. 96.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;peuple de Sib&#233;rie&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Wilhem =Schultz, 1843, &lt;i&gt;Die Bewegung der Produktion&lt;/i&gt;, Z&#252;rich, p. 65-66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Je d&#233;fends l'id&#233;e d'un actuel au-del&#224; du capitalisme dans J.-M. Servet, 2017, &#8220;L'autre monde&#8230; est d&#233;j&#224; dans celui-ci&#8221;, compte rendu de : Andr&#233; Prone, &lt;i&gt;March&#233;-Monde ou &#201;comunisme&lt;/i&gt; (L'Harmattan, Collection Questions contemporaines), FuturWest, 2016), n&#176;61, hiver 2017, p. 5-13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;# L'article de Kaushik Basu, &#171; The Whole Economy is rife with Ponzi schemes &#187; (Scientific American, June 2014) est paru en fran&#231;ais sous le titre de &#171; Des pyramides de Ponzi dans l'&#233;conomie &#187; dans Pour la Science n&#176;444, octobre 2014 [[&lt;a href=&#034;http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-des-pyramides-de-ponzi-dans-l-apos-economie-33333.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.pourlascience.fr/ewb_pag...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;# Une belle illustration en est donn&#233;e par Isabelle Hillenkamp dans son &#233;tude de l'&#233;conomie populaire et solidaire bolivienne (2013, L'&#233;conomie solidaire en Bolivie : entre march&#233; et d&#233;mocratie, Paris/Gen&#232;ve, Karthala/Graduate Institute) et par Hadrien Saiag &#224; partir de celui des groupes de trueque en Argentine (2016, Monnaies locales et &#233;conomie populaire en Argentine, Paris : &#201;ditions Karthala).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Isabelle Hillenkamp, Jean-Michel Servet, 2017, &#171; La trag&#233;die du march&#233;. Comment tenir compte de la construction sociale des march&#233;s &#187;, Notes et &#201;tudes de l'Institut Veblen pour les r&#233;formes &#233;conomiques, janvier &lt;a href=&#034;http://www.veblen-institute.org/La-tragedie-du-marche.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.veblen-institute.org/La-...&lt;/a&gt;, pr&#233;sentation de l'ouvrage collectif 2015 Le march&#233; autrement. March&#233;s r&#233;els et March&#233; fantasm&#233;, Paris, Garnier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;# J'ai relev&#233; la m&#234;me confusion chez Jean Tirole. Voir : &#171; Une lecture critique de l'&#201;conomie du bien commun de Jean Tirole &#187;, &lt;i&gt;La Revue des Sciences de Gestion&lt;/i&gt;, 51 e ann&#233;e, n&#176;280, juillet-ao&#251;t 2016, p.102-107.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Peu de travaux contemporains lui sont consacr&#233;s. Voir : Gareth Dale, 2016, &lt;i&gt;Reconstructing Karl Polanyi. Excavation and Critique&lt;/i&gt;, London, PlutoPress, p. 22-26, 62, 77.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isabelle Hillenkamp, Jean-Louis Laville (&#233;d.), 2013, &lt;i&gt;Socio&#233;conomie et d&#233;mocratie - l'actualit&#233; de Karl Polanyi,&lt;/i&gt; Toulouse, Eres ; Jean-Louis Laville, &lt;i&gt;L'&#233;conomie sociale et solidaire. Pratiques, th&#233;ories et d&#233;bats&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2016 ; Jean-Louis Laville, Jose Luis Coraggio (&#233;d.), 2016, &lt;i&gt;Les gauches du XXI e si&#232;cle. Un dialogue Nord-Sud&lt;/i&gt;, Paris, Le Bord de l'eau ; Elisabeth Bucolo, Jose Luis Coraggio, Jean-Louis Laville, Geoffrey Pleyers (eds.), 2017, &lt;i&gt;Mouvements sociaux et &#233;conomie solidaire&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de la Fondation de la Maison des Sciences de l'Homme/Descl&#233;e de Brouwer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>Ending Austerity without Leaving the Euro: How Complementary Fiscal Currencies Could Help</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Ending-Austerity-without-Leaving-the-Euro-How-Complementary-Fiscal-Currencies.html</link>
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		<dc:date>2017-05-09T13:34:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#235;l Giraud &amp; J&#233;r&#244;me Blanc &amp; Benjamin Lemoine &amp; Marie Fare &amp; Jean-Michel Servet &amp; Bruno Th&#233;ret &amp; Thomas Coutrot &amp; Vincent Gayon &amp; Wojtek Kalinowski </dc:creator>


		<dc:subject>Carousel</dc:subject>
		<dc:subject>Publications &#224; la Une</dc:subject>
		<dc:subject>Monetary Policy</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Introducing liquidity into a crisis-ridden economy through a complementary currency, backed up by future tax revenue: such a step would make it possible to imagine alternative policies without necessarily calling the common currency into question. It would also bring stability to the Eurozone.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L148xH150/arton344-6d01e.jpg?1773923025' class='spip_logo spip_logo_right' width='148' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introducing liquidity into a crisis-ridden economy through a complementary currency, backed up by future tax revenue: such a step would make it possible to imagine alternative policies without necessarily calling the common currency into question. It would also bring stability to the Eurozone.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Through the extension of credit, private commercial banks have a near monopoly over monetary creation. In the wake of the European Central Bank's massive low-cost liquidity injections into the private banking system, it has become clear that this monopoly has locked the European economy into a deflationary trap. In recessionary periods, commercial banks are structurally incapable of ensuring the countercyclical creation of credit currency aimed at productive sectors. To increase their profits, they rather direct most of their liquidity towards financial markets, thus feeding dangerous speculative bubbles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consequently, many economists and some politicians agree on the need to rescind banks' money-creating privileges. Switzerland will vote on this issue in 2018. Even so, such a reform implies an agreement among EU member states, which, at present, seems unlikely to happen. But what are the alternatives? Leaving the euro? Economists as well as political parties adopt radically different positions on this issue, from defending the status quo of the euro as a single currency to the return to national currencies. In this context, the recent proposals of the French far-right candidate for president, Marine Le Pen, must be discarded because of (among other things) the vagueness and contradictions of her proposal: her late call for a &#8220;common currency&#8221; was based on the ignorance of what the ECU and the European monetary system had been before adopting the euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;More seriously, Syriza's rise to power in Greece in 2015 led to proposals for a different approach, which could have allowed that country to abandon austerity policies without threatening the Eurozone's unity: injecting liquidity into the economy by issuing a fiscal currency that would complement the euro, rather than replacing it. With this strategy, the euro would remain the legal tender in all member states, but would be supplemented by a mechanism for making payments at the national level, consisting of treasury bonds in low denominations&#8212;five to fifty euros&#8212;and valid for limited but renewable periods. Backed up&#8212;like any public debt&#8212;by future tax revenue, these bonds would be denominated in euro-francs and kept at parity with the euro, without necessarily being convertible on currency exchange markets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thus the point is not to issue a currency serving as legal tender, but to issue bills of credit that would pay for civil servants' salaries, social services, and public procurement&#8212;expenses that, in practice, amount to short-term public debt. They would be reciprocally acceptable as tax payments and, thanks to this guarantee, could circulate as means of payment at the national level.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Given current austerity policies, this type of currency should be issued wherever the common currency leads to recession, mass unemployment, rising social insecurity, and the suspension of long-term investment that is essential to the ecological transition. But the common currency/complementary fiscal currency duo is not only a pressing solution, it is also potentially a lasting tool for achieving monetary stability in the Eurozone. Indeed, the reduction of public debt through the self-financing of floating debt and the improvement of foreign exchange balances through import reduction (as the geographically limited circulation of the euro-franc would be an incentive to relocate production) would progressively reduce states' external dependence on international finance as well as on foreign markets, which are the primary reason for instability in many countries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This form of liquidity, issued by states without the mediation of banks, is actually not new. Experiments in combining it with a common currency in a federal-type political system were repeatedly made in the United States in the 1930s and, more recently, in Argentina between 1984 and 2003. These experiments show that, under certain conditions, monetary systems of this kind fulfill their mission of reducing public debt and re-stimulating local economies without creating inflationary tensions or a disconnect between local currencies and the central currency.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Given the current state of European treaties, the strategy we propose is consistent with the principle of subsidiarity, which grants each EU member the ability to take its own initiatives in fiscal and budgetary policy. States would by no means be required to succumb to markets and commercial banks in order to finance themselves, particularly in the short term. Nothing would prevent them from having their own payment systems, providing the latter satisfy requisite conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Creating national fiscal currencies to complement the bank-euro would make it possible to finance public services and to end current austerity policies that threaten the European project itself. This is a realistic policy that could be approved immediately and unilaterally at the national level, and this without violating European treaties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But to ensure the success of the euro-franc (or euro-pesata or euro-drachma), it is not enough for states to guarantee its acceptability by instituting it as a means for paying taxes and by establishing its parity with the euro. The policy must also be supported by a large portion of the population and recognized as a plausible tool for ending austerity. To do so, a fraction of the fiscal currency created could be distributed to small and medium-sized businesses and indebted households as a means of settling their (private) debts. This measure would achieve four goals simultaneously: through a partial debt jubilee, it would bring an end to excessive private debt, which is the primary cause of the recession from which our economy suffers; far from penalizing creditors, it would provide them with security, in a context marked by highly uncertain solvability; it would bring about &#8220;quantitative easing for the people,&#8221; which Mario Draghi acknowledges would re-stimulate Europe's economy and employment; and it would put into circulation a complementary currency at a level at which none of the local currencies that have recently been invented can aspire to.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Of course, other means of ensuring that that this currency is considered trustworthy are perfectly conceivable. We wager that the euro-franc would soon be imitated by our neighbors, which, by the same token, would bring new legitimacy to a euro that was henceforth our shared currency.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Slightly modified version of an op-ed published in the French daily Lib&#233;ration, March 9, 2017. Translated from French by Michael C. Behrent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sortir de l'aust&#233;rit&#233; sans sortir de l'euro&#8230; gr&#226;ce &#224; la monnaie fiscale compl&#233;mentaire</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Sortir-de-l-austerite-sans-sortir-de-l-euro-grace-a-la-monnaie-fiscale.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.veblen-institute.org/Sortir-de-l-austerite-sans-sortir-de-l-euro-grace-a-la-monnaie-fiscale.html</guid>
		<dc:date>2017-03-09T09:11:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Blanc &amp; Benjamin Lemoine &amp; Marie Fare &amp; Dominique Plihon &amp; Jean-Michel Servet &amp; Bruno Th&#233;ret &amp; Thomas Coutrot &amp; Vincent Gayon &amp; Wojtek Kalinowski </dc:creator>


		<dc:subject>Webmaster - Menu principal</dc:subject>
		<dc:subject>Carousel</dc:subject>
		<dc:subject>Politiques mon&#233;taires</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Adoss&#233;s aux recettes fiscales &#224; venir, les bons fiscaux euro-franc seraient maintenus &#224; parit&#233; avec l'euro sans pour autant &#234;tre convertibles.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-En-bref-.html" rel="directory"&gt;En bref&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Menu-principal-+.html" rel="tag"&gt;Webmaster - Menu principal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Carousel-+.html" rel="tag"&gt;Carousel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Politiques-monetaires-+.html" rel="tag"&gt;Politiques mon&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L148xH150/arton331-18fef.jpg?1773923025' class='spip_logo spip_logo_right' width='148' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introduire des liquidit&#233;s dans une &#233;conomie en crise gr&#226;ce &#224; une monnaie compl&#233;mentaire, adoss&#233;e aux recettes fiscales &#224; venir, permettrait d'imaginer d'autres politiques sans pour autant remettre en question la monnaie commune. Cela permettrait une stabilisation de la zone euro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Via les cr&#233;dits qu'elles accordent, les banques commerciales priv&#233;es disposent dans la zone euro d'un quasi monopole de cr&#233;ation de la monnaie. Apr&#232;s les injections massives de liquidit&#233;s &#224; bas co&#251;t de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) au syst&#232;me bancaire priv&#233;, il est clair que ce monopole enferme l'&#233;conomie europ&#233;enne dans une trappe d&#233;flationniste. Dans les p&#233;riodes r&#233;cessives, les banques commerciales sont structurellement incapables d'assurer une cr&#233;ation contracyclique de monnaie de cr&#233;dit destin&#233;e aux secteurs productifs. Pour nourrir leurs profits, elles dirigent l'essentiel de leurs liquidit&#233;s vers les march&#233;s financiers o&#249; elles alimentent de dangereuses bulles sp&#233;culatives. Aussi, de nombreux &#233;conomistes et certains politiques s'accordent sur la n&#233;cessit&#233; de retirer aux banques leur privil&#232;ge de cr&#233;ation de la monnaie, et la Suisse votera sur cette question en 2018. N&#233;anmoins une telle r&#233;forme suppose dans l'Union europ&#233;enne (UE) un accord entre Etats membres qui, dans son &#233;tat actuel, n'est pas pr&#234;t d'aboutir. Que faire d'autre ? Sortir de l'euro ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accession en Gr&#232;ce en 2015 de Syriza au gouvernement a conduit &#224; envisager une autre strat&#233;gie qui, d&#233;cid&#233;e par un Etat, lui permettrait de sortir d'une politique d'aust&#233;rit&#233; sans remettre en cause l'unit&#233; de la zone euro : injecter de la liquidit&#233; par l'&#233;mission d'une monnaie fiscale compl&#233;mentaire &#224; l'euro. Dans cette strat&#233;gie, l'euro est conserv&#233; en tant que monnaie commune de cours l&#233;gal dans tous les Etats membres, mais est compl&#233;t&#233; par un moyen de paiement national constitu&#233; de bons du Tr&#233;sor de faible d&#233;nomination - de 5 &#224; 50 euros - et de dur&#233;e limit&#233;e mais renouvelable. Adoss&#233;s comme toute dette publique aux recettes fiscales &#224; venir, ces bons seraient libell&#233;s en euro-franc, et maintenus &#224; parit&#233; avec l'euro sans pour autant &#234;tre convertibles sur les march&#233;s des changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit donc pas d'&#233;mettre une monnaie ayant cours l&#233;gal, mais de proposer des titres de cr&#233;dit destin&#233;s au r&#232;glement des salaires des fonctionnaires, des prestations sociales et des achats publics, d&#233;penses qui sont de facto de la dette publique de court terme. Ils seraient r&#233;ciproquement accept&#233;s en paiement des imp&#244;ts et, gr&#226;ce &#224; cette derni&#232;re garantie, pourraient circuler en tant que moyens de paiement au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux politiques d'aust&#233;rit&#233; pr&#244;n&#233;es actuellement, il y a urgence &#224; &#233;mettre ce type de monnaie partout o&#249; la monnaie unique conduit &#224; la r&#233;cession, au ch&#244;mage de masse, &#224; la mont&#233;e de l'ins&#233;curit&#233; sociale et &#224; l'abandon des investissements de long terme indispensables &#224; la transition &#233;cologique. Mais le couple monnaie commune - monnaie fiscale compl&#233;mentaire n'est pas seulement une solution d'urgence ; c'est aussi potentiellement un outil durable de stabilisation mon&#233;taire de la zone euro. En effet, la r&#233;duction de la dette publique par autofinancement de la dette flottante et l'am&#233;lioration du solde des &#233;changes ext&#233;rieurs par r&#233;duction des importations (la circulation g&#233;ographiquement limit&#233;e de l'euro-franc inciterait &#224; relocaliser la production) r&#233;duisent la d&#233;pendance ext&#233;rieure des Etats &#224; l'&#233;gard tant de la finance internationale que des march&#233;s ext&#233;rieurs qui sont la source principale de son instabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette forme de liquidit&#233; &#233;mise par les Etats sans passer par les banques n'est pas nouvelle, et sa combinaison avec une monnaie commune dans un syst&#232;me politique de type f&#233;d&#233;ral a &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233;e avec succ&#232;s dans les ann&#233;es 30 aux Etats-Unis et, plus r&#233;cemment, entre 1984 et 2003 en Argentine. Ces exp&#233;riences montrent que, sous certaines conditions, un tel dispositif mon&#233;taire remplit son office de r&#233;duction de la dette publique et de redynamisation de l'&#233;conomie locale, sans cr&#233;er de tension inflationniste ni de d&#233;crochage entre la monnaie locale et la monnaie centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'&#233;tat actuel des trait&#233;s europ&#233;ens, la strat&#233;gie ici propos&#233;e est conforme au principe de subsidiarit&#233; qui reconna&#238;t &#224; tout Etat membre de l'Union la capacit&#233; de prendre des initiatives propres en mati&#232;re de politique fiscale et budg&#233;taire. Les Etats ne sont nullement oblig&#233;s de se soumettre aux march&#233;s et aux banques commerciales pour se financer, surtout &#224; court terme. Rien ne les emp&#234;che de disposer de leurs propres syst&#232;mes de paiement, d&#232;s lors que ceux-ci remplissent les conditions de s&#233;curit&#233; requises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se doter d'une monnaie fiscale nationale - en France, l'euro-franc - compl&#233;mentaire &#224; l'euro bancaire permettrait de financer les services publics et de mettre fin aux politiques d'aust&#233;rit&#233; actuelles qui menacent le projet europ&#233;en lui-m&#234;me. C'est une politique r&#233;aliste qui peut &#234;tre d&#233;cid&#233;e imm&#233;diatement et unilat&#233;ralement au niveau national sans aller &#224; l'encontre des trait&#233;s europ&#233;ens. Mais pour assurer le succ&#232;s de l'euro-franc, il ne suffit pas que l'Etat en garantisse l'acceptabilit&#233; en l'instituant comme moyen d'acquitter des imp&#244;ts et en stabilisant sa valeur &#224; la parit&#233; avec l'euro. Il doit aussi &#234;tre soutenu par une large partie de la population qui le reconnaisse comme un instrument cr&#233;dible de sortie de l'aust&#233;rit&#233;. Pour cela, une fraction des euro-francs cr&#233;&#233;s pourrait &#234;tre distribu&#233;e aux PME et aux m&#233;nages endett&#233;s comme moyen de r&#232;glement de leurs dettes (priv&#233;es). Cette mesure ferait d'une pierre quatre coups : par ce jubil&#233; partiel des dettes, elle mettrait fin &#224; l'exc&#232;s d'endettement priv&#233;, cause principale de la r&#233;cession dont souffre notre &#233;conomie ; loin de p&#233;naliser les cr&#233;anciers r&#233;sidents, elle les s&#233;curiserait, vu le contexte d'une solvabilit&#233; tr&#232;s incertaine ; elle accomplirait le quantitative easing for the people (&#171; assouplissement mon&#233;taire pour les gens &#187;) dont Mario Draghi reconna&#238;t qu'il est de nature &#224; relancer l'&#233;conomie europ&#233;enne et l'emploi ; elle mettrait en circulation une monnaie compl&#233;mentaire &#224; une &#233;chelle qu'aucune des monnaies locales qui s'inventent aujourd'hui ne peut ambitionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, d'autres moyens d'assurer la confiance dans cette monnaie sont parfaitement concevables. Gageons qu'un tel euro-franc ne tarderait pas &#224; &#234;tre imit&#233; par nos voisins, ce qui redonnerait du m&#234;me coup sa l&#233;gitimit&#233; &#224; un euro devenu monnaie commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tribune parue dans &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/debats/2017/03/08/sortir-de-l-austerite-sans-sortir-de-l-euro-grace-a-la-monnaie-fiscale-complementaire_1554260&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lib&#233;ration&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, le 9 mars 2017.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La trag&#233;die du march&#233; </title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/La-tragedie-du-marche.html</link>
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		<dc:date>2017-01-04T10:13:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabelle Hillenkamp &amp; Jean-Michel Servet</dc:creator>


		<dc:subject>Notes &amp; Etudes </dc:subject>
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		<dc:subject>Enseignement de l'&#233;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Le r&#244;le des experts</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La coordination marchande est toujours le fruit d'un contexte politique, social et moral sp&#233;cifique. Pour &#233;manciper plut&#244;t qu'opprimer, elle doit reconna&#238;tre cette profonde immersion dans le social et y faire une place aux principes de r&#233;ciprocit&#233;, de redistribution et d'autosuffisance &#224; c&#244;t&#233; de celui de concurrence.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-Publications-.html" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Note-de-l-Institut-Veblen-+.html" rel="tag"&gt;Notes &amp; Etudes &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Carousel-+.html" rel="tag"&gt;Carousel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Article-a-la-Une-+.html" rel="tag"&gt;Publications &#224; la Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Enseignement-de-l-economie-+.html" rel="tag"&gt;Enseignement de l'&#233;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Le-role-des-experts-+.html" rel="tag"&gt;Le r&#244;le des experts&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le march&#233; &#187; n'existe pas en dehors des mod&#233;lisations de la th&#233;orie &#233;conomique standard et de leurs applications id&#233;ologiques. Les march&#233;s r&#233;els sont tr&#232;s divers, et la coordination qui s'y produit est toujours le fruit d'un contexte politique, social et moral sp&#233;cifique. Pour &#233;manciper plut&#244;t qu'opprimer, leur organisation effective doit reconna&#238;tre cette profonde immersion dans le social et le politique, et y faire une place aux principes de r&#233;ciprocit&#233;, de redistribution et d'autosuffisance &#224; c&#244;t&#233; de celui de concurrence. C'est ce que montrent Isabelle Hillenkamp et Jean-Michel Servet &#224; travers six objets souvent &#233;tudi&#233;s en &#233;conomie du d&#233;veloppement : l'endettement, le r&#244;le de la sph&#232;re domestique, la micro-finance, les r&#233;seaux sociaux, l'&#233;valuation des biens et services, enfin la gestion des ressources en commun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un spectre vient r&#233;guli&#232;rement hanter le monde de la pens&#233;e et les soci&#233;t&#233;s, celui du &#171; march&#233; &#187;. Critiqu&#233; et &#233;cart&#233; pendant les trois premiers quarts du XXe si&#232;cle, ce &#171; march&#233; &#187; tir&#233; de la th&#233;orie standard &#8211; abstrait, atemporel et autor&#233;gulateur &#8211; s'est r&#233;impos&#233; avec force &#224; partir des ann&#233;es 1980. La chute du Mur de Berlin et la fin de nombreuses dictatures dans les pays dits nagu&#232;re &#171; du Tiers Monde &#187; avaient pu laisser croire que le march&#233; lib&#233;rait et &#233;tait vecteur, voire synonyme, de d&#233;mocratie. Mis en cause une nouvelle fois par la crise de 2007/08 et l'entr&#233;e de l'&#233;conomie mondiale en r&#233;cession, il est d&#233;j&#224; de retour, souvent pr&#233;sent&#233; comme une id&#233;e neuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-on encore se faire des illusions au sujet du &#171; march&#233; &#187; aujourd'hui, apr&#232;s trente ans d'h&#233;g&#233;monie n&#233;olib&#233;rale et alors que les pr&#233;tendues solutions &#224; la crise actuelle impliquent de plus en plus de r&#233;gressions d&#233;mocratiques face aux exigences d'un nouvel ajustement structurel &#224; destination des pays &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187; ? Si le march&#233; peut &#233;manciper aujourd'hui, ce n'est assur&#233;ment pas comme principe unique appliqu&#233; de fa&#231;on h&#233;g&#233;monique et souvent autoritaire &#224; l'ensemble des soci&#233;t&#233;s humaines. Il ne peut &#234;tre &#233;mancipateur qu'en &#233;tant li&#233; &#224; d'autres principes, eux-m&#234;mes guid&#233;s par un horizon d&#233;mocratique et solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;l&#233;chargez la note ci-apr&#232;s. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_193 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.veblen-institute.org/IMG/pdf/hillencamp_servet.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 230 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1772795840' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-193 '&gt;&lt;strong&gt;La trag&#233;die du march&#233;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;conomisme rampant des &#233;tudes comportementalistes (2) : de l'usage de l'&#233;pargne et de la monnaie</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/L-economisme-rampant-des-etudes-comportementalistes-2-de-l-usage-de-l-epargne.html</link>
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		<dc:date>2016-02-05T16:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Servet</dc:creator>


		<dc:subject>Notes &amp; Etudes </dc:subject>
		<dc:subject>Finance &amp; Soutenabilit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Le r&#244;le des experts</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les pratiques financi&#232;res et mon&#233;taires des &#171; pauvres &#187; sont bien plus sophistiqu&#233;es que les pr&#233;jug&#233;s &#233;conomistes &#224; leur &#233;gard.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-Publications-.html" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Note-de-l-Institut-Veblen-+.html" rel="tag"&gt;Notes &amp; Etudes &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Finance-Soutenabilite-+.html" rel="tag"&gt;Finance &amp; Soutenabilit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Inegalites-et-soutenabilite-+.html" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Le-role-des-experts-+.html" rel="tag"&gt;Le r&#244;le des experts&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L108xH150/arton138-7afff.png?1774121966' class='spip_logo spip_logo_right' width='108' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les limites de l'&#233;conomie comportementale sont particuli&#232;rement manifestes dans l'analyse des pratiques d'&#233;pargne et des usages de la monnaie dans les pays en d&#233;veloppement et les &#233;conomies &#233;mergentes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En t&#233;moigne une exp&#233;rimentation men&#233;e r&#233;cemment en Inde, o&#249; la g&#233;n&#233;ralisation du compte bancaire est cens&#233;e r&#233;duire la pauvret&#233; en &#233;duquant les &#171; pauvres &#187; &#224; des comportements financi&#232;rement et &#233;conomiquement vertueux. Mais les pratiques financi&#232;res et mon&#233;taires de ces &#171; pauvres &#187; sont bien plus sophistiqu&#233;es que les pr&#233;jug&#233;s &#233;conomistes &#224; leur &#233;gard. Le m&#233;conna&#238;tre d&#233;bouche sur des pr&#233;conisations qui risquent d'&#234;tre invalid&#233;es aussit&#244;t l'exp&#233;rimentation termin&#233;e. Il est ainsi essentiel de saisir les jeux &#233;conomiques et sociaux qui poussent les populations &#233;tudi&#233;es &#224; &#171; cloisonner &#187; leurs d&#233;penses et leur &#233;pargne sous des formes diverses, et &#224; pratiquer des modes compl&#233;mentaires d'illiquidit&#233; et de liquidit&#233; des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;INTRODUCTION&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans de nombreux pays en d&#233;veloppement et &#233;mergents, les pouvoirs publics encouragent depuis quelques ann&#233;es les populations &#224; ouvrir un compte dans une banque ou un &#233;tablissement financier. Cette politique est actuellement particuli&#232;rement active en Inde, o&#249; le &lt;i&gt;People Money Scheme &lt;/i&gt; a &#233;t&#233; lanc&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re par le gouvernement de Narendra Modi. La d&#233;marche n'est exceptionnelle que par son ampleur : 18 millions de comptes ouverts en une semaine, plus de 155 millions en neuf mois. Des programmes similaires ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; men&#233;s en Afrique du Sud, avec la Mzansi Initiative en 2004 (six millions de comptes ouverts en quatre ans) , et en Colombie, avec le Programa de Inversi&#243;n Banca de las Oportunidades en 2006. Ce mouvement mondial est activement soutenu par des fondations priv&#233;es et des institutions financi&#232;res internationales, notamment celles regroup&#233;es dans la coalition &lt;i&gt;Better than cash alliance&lt;/i&gt;, qui y voient une mesure clef de l'inclusion financi&#232;re. Ce faisant, elles s'appuient sur les r&#233;sultats de recherches en &#233;conomie comportementale, des exp&#233;rimentations tr&#232;s co&#251;teuses , financ&#233;es bien souvent par les m&#234;mes organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que valent au juste ces exp&#233;rimentations dont la m&#233;thodologie est promue notamment par la Banque mondiale ? Derri&#232;re les apparences d'une d&#233;marche empirique, on d&#233;couvre bien souvent les pr&#233;jug&#233;s de l'&#233;conomisme et la n&#233;gligence des r&#233;alit&#233;s du terrain. Ce qui permet de douter de l'efficacit&#233; des politiques de d&#233;veloppement propos&#233;es. Pour l'illustrer, on prendra ici un exemple r&#233;cent, une exp&#233;rimentation parmi les tr&#232;s nombreuses d'&#233;conomie comportementale men&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es en Inde . De multiples pr&#233;jug&#233;s en font une &#233;tude typique des randomisations men&#233;es par les &#233;conomistes comportementalistes : &#233;conomisme sommaire de la caract&#233;risation dite &#171; psychologique &#187; des comportements ; occultation de l'intrication des dimensions morale, historique, sociale, politique et &#233;conomique dans les actions dites &#171; &#233;conomiques &#187; ; croyance en la sup&#233;riorit&#233; des preuves fournies par des tests plut&#244;t que par des enqu&#234;tes et observations permettant de rep&#233;rer les d&#233;terminants et les logiques des habitudes des populations ; ainsi que traitement de la monnaie comme si elle &#233;tait un bien analogue aux autres, dont les diff&#233;rentes formes seraient parfaitement substituables et dont l'usage produirait les m&#234;mes effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;l&#233;chargez la note ci-apr&#232;s.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#034;L'&#233;conomisme rampant de l'&#233;conomie comportementale&#034; : Recension du &#034;World Development Report&#034; 2015 de la Banque mondiale</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/L-economisme-rampant-de-la-nouvelle-economie-comportementale.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.veblen-institute.org/L-economisme-rampant-de-la-nouvelle-economie-comportementale.html</guid>
		<dc:date>2015-11-18T16:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Servet</dc:creator>


		<dc:subject>Notes &amp; Etudes </dc:subject>
		<dc:subject>Le r&#244;le des experts</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'&#233;conomie comportementale se veut une d&#233;marche empirique et pluridisciplinaire, explique Jean-Michel Servet, au point que certains y ont vu une rupture avec la th&#233;orie &#233;conomique standard. Mais chassez l'&#233;conomisme par la porte, il revient aussit&#244;t par la fen&#234;tre. C'est la conclusion qui s'impose &#224; la lecture de &#171; Mind, Society, and Behavior &#187;, le nouveau rapport sur le d&#233;veloppement publi&#233; par la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les r&#233;f&#233;rences emprunt&#233;es &#224; d'autres disciplines demeurent en r&#233;alit&#233; les postulats n&#233;oclassiques : les st&#233;r&#233;otypes de l'action humaine &#171; normale &#187; tendent &#224; produire des g&#233;n&#233;ralit&#233;s qui annulent les apports des autres sciences sociales. Le rapport ne prend notamment pas en compte les dimensions collectives des situations sociales qui g&#233;n&#232;rent la pauvret&#233;, et passe sous silence l'existence de conflits d'int&#233;r&#234;t et de ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;sistance, de domination et d'exclusion.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-Publications-.html" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Note-de-l-Institut-Veblen-+.html" rel="tag"&gt;Notes &amp; Etudes &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Le-role-des-experts-+.html" rel="tag"&gt;Le r&#244;le des experts&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L104xH150/arton119-3ab7e.jpg?1774121966' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;conomie comportementale se veut une d&#233;marche empirique et pluridisciplinaire, au point que certains y ont vu une rupture avec la th&#233;orie &#233;conomique standard. Mais chassez l'&#233;conomisme par la porte, il revient aussit&#244;t par la fen&#234;tre. C'est la conclusion qui s'impose &#224; la lecture de &#171; Mind, Society, and Behavior &#187;, le nouveau rapport sur le d&#233;veloppement publi&#233; par la Banque mondiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;l&#233;chargez la note ci-apr&#232;s. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_50 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.veblen-institute.org/IMG/jpg/servet.jpg&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 4.2 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L104xH150/servet-0e592c1a-62dbd-dbb95.jpg?1773946162' width='104' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233;s annuellement par la Banque mondiale depuis 1978, les &lt;i&gt;World Development Reports &lt;/i&gt; veulent apporter un regard neuf sur les questions de d&#233;veloppement, et repr&#233;sentent un effort consid&#233;rable en termes de ressources humaines d&#233;di&#233;es &#224; chaque &#233;dition. Dans certains cas, il s'agit de faire le bilan des actions pass&#233;es et de les promouvoir aupr&#232;s des acteurs du d&#233;veloppement et des responsables politiques ; dans d'autres, d'apporter des &#233;clairages nouveaux sur certains aspects du d&#233;veloppement ou sur les m&#233;thodes d'analyse et d'intervention. L'&#233;dition 2015, intitul&#233;e Mind, Society, and Behavior , pr&#233;tend renouveler la &#171; boite &#224; outils &#187; des experts en d&#233;veloppement ; leur approche du terrain et leur gestion des projets. Il s'agit de montrer, &#224; l'aide d'exemples emprunt&#233;s au champ financier, comment r&#233;duire l'incidence de la pauvret&#233; par des mesures visant &#224; augmenter le taux d'&#233;pargne, l'investissent productif ou encore l'assurance contre les risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport est structur&#233; en trois parties. La premi&#232;re distingue trois modes de pens&#233;e : par habitude, c'est-&#224;-dire sans peser les avantages et les inconv&#233;nients d'une d&#233;cision ; par conformit&#233; &#224; des normes sociales en vigueur, qui s'appliquent dans la mesure o&#249; les autres membres du groupe les respectent ; enfin, &#224; l'aide des cat&#233;gories et des mod&#232;les pr&#233;existants qui permettent aux individus d'interpr&#233;ter le monde et d'agir, mais de fa&#231;on conditionn&#233;e par ces mod&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie applique cette interpr&#233;tation successivement aux questions de pauvret&#233;, de prise en charge et d'&#233;ducation des enfants par les familles, &#224; la gestion financi&#232;re des unit&#233;s domestiques, aux r&#233;mun&#233;rations et aux incitations au travail salari&#233;, &#224; la pr&#233;vention des maladies et aux soins m&#233;dicaux, ainsi qu'&#224; des mesures de protection de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re partie est consacr&#233;e aux biais des repr&#233;sentations des experts en d&#233;veloppement, y compris ceux de la Banque mondiale, et au besoin d'adapter les mesures propos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport fait &#233;tat d'un nombre croissant d'exp&#233;rimentations &#171; comportementales &#187;, men&#233;es dans des pays vari&#233;s : pauvres, &#233;mergents et &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;. On ne peut que se r&#233;jouir de cette rupture avec la s&#233;paration traditionnelle des &#233;conomies selon des &#171; stades de d&#233;veloppement &#187;, de l'attention particuli&#232;re port&#233;e au v&#233;cu des populations, &#224; leurs repr&#233;sentations et aux dimensions psychologiques, culturelles et d'autres du comportement humain. Il faut &#233;galement appr&#233;cier l'empirisme revendiqu&#233; par les auteurs et leur reconnaissance du fait que le point de vue des experts n'est pas &#171; neutre &#187; ni sup&#233;rieur &#224; ceux des autres parties prenantes. Tout cela peut donner l'impression que les critiques socio&#233;conomiques ou institutionnalistes ont enfin &#233;t&#233; entendues, et que la sph&#232;re &#233;conomique se trouve d&#233;sormais immerg&#233;e ou encastr&#233;e dans un ensemble de d&#233;terminations plus vaste. La m&#233;thode s&#233;duit d'autant plus qu'elle s'appuie sur des situations &#233;l&#233;mentaires et non des mod&#232;les complexes, et que la d&#233;monstration est d'une simplicit&#233; qui pourrait faire penser &#224; une nouvelle &#233;conomie ou psychologie &#171; pour les nuls &#187; ou pour des &#233;tudiants de premier cycle universitaire. L'observation de terrain y appara&#238;t accessoire car l'exp&#233;rimentation joue un r&#244;le essentiel en servant de preuve principale pour l&#233;gitimer les d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A y regarder de plus pr&#232;s, on s'aper&#231;oit cependant que l'&#233;conomisme y revient par deux biais. D'une part, les fondements et les objectifs des politiques de d&#233;veloppement ne sont jamais discut&#233;s &#8211; ils sont tout simplement suppos&#233;s b&#233;n&#233;fiques, de sorte que l'approche sous-jacente peut &#234;tre qualifi&#233;e de globalement paternaliste. D'autre part, le rapport promeut des st&#233;r&#233;otypes de ce qui doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une action humaine &#171; normale &#187; &#8211; efficace et efficiente &#8211; dans le champ de la production, des &#233;changes, du financement et de la consommation. Les enqu&#234;tes montrent que les individus s'y conforment &#224; des degr&#233;s tr&#232;s variables, et pourtant ces normes ne sont jamais remises en cause dans le rapport ; l'objectif est de transformer les individus en bons consommateurs, en bons &#233;pargnants et, plus g&#233;n&#233;ralement, en bons gestionnaires de ressources rares. En bien de domaines, l'&#233;cart entre le comportement souhaitable et la r&#233;alit&#233; est pr&#233;sum&#233; plus grand chez les pauvres que dans le reste de la population. Le fait que certaines &#171; bonnes &#187; conduites individuelles, en se g&#233;n&#233;ralisant, puissent produire des r&#233;sultats n&#233;fastes pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233; n'appara&#238;t nulle part dans le rapport. Et pourtant, les effets pervers de l'encouragement de l'&#233;pargne avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; point&#233;s par Bernard Mandeville dans sa c&#233;l&#232;bre Fable des abeilles il y a trois si&#232;cles&#8230; En d&#233;pit des ruptures revendiqu&#233;es (pr&#233;sent&#233;es dans la section 2), le rapport se situe ainsi dans la continuit&#233; avec la th&#233;orie &#233;conomique standard (ce qui sera d&#233;montr&#233; dans la section 3), y compris avec l'approche n&#233;olib&#233;rale. En somme, l'&#233;conomie comportementale a finalement &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e au syst&#232;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La finance et la monnaie comme un &#171; commun &#187;</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/La-finance-et-la-monnaie-comme-un-commun.html</link>
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		<dc:date>2015-05-04T15:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Servet</dc:creator>


		<dc:subject>Innovations mon&#233;taires </dc:subject>
		<dc:subject>Notes &amp; Etudes </dc:subject>
		<dc:subject>Biens communs</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si le microcr&#233;dit a &#233;chou&#233; dans son r&#244;le d'outil de lutte contre la pauvret&#233;, explique Jean-Michel Servet, c'est notamment parce que les projets ont rarement &#233;t&#233; g&#233;r&#233;s comme un bien commun. Tirant le&#231;on de cet &#233;chec, l'auteur propose d'appliquer &#224; la finance et &#224; la monnaie les principes de gestion des ressources naturelles &#233;tudi&#233;s par Vincent et Elinor Ostrom. Consid&#233;rer la source du financement comme un commun revient &#224; porter une attention nouvelle sur le fonctionnement des structures et du secteur dans son ensemble.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-Publications-.html" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Systeme-monetaire-+.html" rel="tag"&gt;Innovations mon&#233;taires &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Note-de-l-Institut-Veblen-+.html" rel="tag"&gt;Notes &amp; Etudes &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Biens-communs-+.html" rel="tag"&gt;Biens communs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si le microcr&#233;dit a &#233;chou&#233; dans son r&#244;le d'outil de lutte contre la pauvret&#233;, explique Jean-Michel Servet, c'est notamment parce que les projets ont rarement &#233;t&#233; g&#233;r&#233;s comme un bien commun. Tirant le&#231;on de cet &#233;chec, l'auteur propose d'appliquer &#224; la finance et &#224; la monnaie les principes de gestion des ressources naturelles &#233;tudi&#233;s par Vincent et Elinor Ostrom. Consid&#233;rer la source du financement comme un commun revient &#224; porter une attention nouvelle sur le fonctionnement des structures et du secteur dans son ensemble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De nouvelles formes de partage</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/De-nouvelles-formes-de-partage.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.veblen-institute.org/De-nouvelles-formes-de-partage.html</guid>
		<dc:date>2014-06-18T14:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Servet</dc:creator>


		<dc:subject>Notes &amp; Etudes </dc:subject>
		<dc:subject>Economie sociale et solidaire</dc:subject>
		<dc:subject>Biens communs</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dressant un vaste panorama de nouvelles pratiques collaboratives, Jean-Michel Servet propose dans cet essai la notion des biens communs pour distinguer les formes de partage &#224; caract&#232;re r&#233;ellement solidaire des mod&#232;les &#233;conomiques qui ne le sont pas vraiment, bien qu'ils se r&#233;clament du partage &#224; travers la collaboration.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-Publications-.html" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Note-de-l-Institut-Veblen-+.html" rel="tag"&gt;Notes &amp; Etudes &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Economie-sociale-et-solidaire-+.html" rel="tag"&gt;Economie sociale et solidaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Biens-communs-+.html" rel="tag"&gt;Biens communs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dressant un vaste panorama de nouvelles pratiques collaboratives, Jean-Michel Servet propose dans cet essai la notion des biens communs pour distinguer les formes de partage &#224; caract&#232;re r&#233;ellement solidaire des mod&#232;les &#233;conomiques qui ne le sont pas vraiment, bien qu'ils se r&#233;clament du partage &#224; travers la collaboration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Un jour, &lt;br class='autobr' /&gt;
dit la l&#233;gende, il y eut un immense incendie de for&#234;t. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les animaux terrifi&#233;s, atterr&#233;s, observaient &lt;br class='autobr' /&gt;
impuissants le d&#233;sastre. Seul le petit colibri s'activait, &lt;br class='autobr' /&gt;
allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le &lt;br class='autobr' /&gt;
feu. Apr&#232;s un moment, le tatou, agac&#233; par cette &lt;br class='autobr' /&gt;
agitation d&#233;risoire, lui dit : &#8216;Colibri ! Tu n'es &lt;br class='autobr' /&gt;
pas fou ? Ce n'est pas avec ces gouttes d'eau que tu vas &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;teindre le feu !' Et le colibri lui r&#233;pondit : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8216;Je le sais, mais je fais ma part'. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;small&gt;Pierre Rabhi&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Outre leur dimension contestataire, que peuvent relier des engagements comme la mobilisation contre la privatisation de la distribution d'eau potable &#224; Cochabamba en Bolivie au premier semestre 2000 ou en Italie en juin 2011, le Movimento passe livre pour la gratuit&#233; des transports en commun au Br&#233;sil, les luttes contre les OGM de Monsento, les usines r&#233;cup&#233;r&#233;es d'Argentine, le rassemblement de Seattle en 1999, les World Social Forums altermondialistes &#224; partir de 2001 &#224; Porto Alegre, Mumbai, etc., l'occupation de la place Taksim &#224; Istanbul en 2013, les mouvements des indign&#233;s espagnols ou grecs en mai 2011 et d'Occupy Wall Street &#224; partir de Zuccotti Park &#224; New York en septembre 2011, les op&#233;rations coups de poing de l'association Droit aux logements &#224; Paris ou encore l'opposition &#224; la construction d'un nouvel a&#233;roport nantais sur le site de Notre-Dame-des-Landes ? Ce sont quelques exemples de rassemblements contre la privatisation ou la destruction d'espaces et de biens publics, contre l'extension de la brevetabilit&#233; dans des domaines nouveaux (en particulier dans le champ du vivant) ou de revendications d'un fonctionnement des institutions &#233;conomiques soucieux des besoins de tous1. L'exigence de la reconnaissance du partage2 en constitue un commun d&#233;nominateur. Un slogan comme &#171; tous ensemble, tous &#187; est en ce sens embl&#233;matique. Toutefois, une analyse approfondie r&#233;v&#232;le, au sein des visions du monde de ceux qui y participent, la tension entre la d&#233;fense ou la gestion d'un bien collectif (se faisant depuis le haut par la puissance publique et susceptible d'impliquer un rapport de domination) et la revendication d'une pratique pouvant prendre une forme communautaire dont la dimension, les conditions d'acc&#232;s &#224; la gratuit&#233; et les formes effectives de participation et de contribution sont susceptibles de beaucoup varier. M&#234;me si, pour les rescap&#233;s du fondamentalisme du march&#233;, partager peut passer aujourd'hui pour innovant voire une r&#233;volution pour le XXI e si&#232;cle (Dardot, Laval 2014) ou &#224; l'inverse comme une affectation originale plus efficace des ressources existantes et sans contestation de leur r&#233;partition, il serait difficile d'affirmer que cette forme de solidarit&#233; constitue une id&#233;e neuve et une forme de collaboration entre parties prenantes jusque l&#224; totalement in&#233;dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;g&#233;monie croissante du n&#233;olib&#233;ralisme des ann&#233;es 1980 jusqu'&#224; la crise de 2008, caract&#233;ris&#233; par l'individualisme, la croyance en la sup&#233;riorit&#233; de la concurrence sur toute autre forme d'interd&#233;pendance3, la promotion de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e sur tout autre mode d'usage des biens et la pr&#233;valence de l'accumulation financi&#232;re avaient largement fait oublier l'id&#233;e m&#234;me de partager, au sens de mettre en commun. Mais certaines d&#233;gradations des conditions de vie induites par l'id&#233;ologie du tout march&#233; et de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#233;taient capables de le rendre plus qu'utile ; et son retour pouvait para&#238;tre fruit de la n&#233;cessit&#233;. Une des caract&#233;ristiques du n&#233;olib&#233;ralisme a aussi &#233;t&#233; d'appr&#233;hender les faits de soci&#233;t&#233; essentiellement &#224; partir du primat de la circulation sur la production et sur la r&#233;partition ; d'o&#249; cette emprise grandissante de la finance qui a incarn&#233; de plus en plus une liquidit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e et qui s'est &#233;loign&#233;e du r&#233;el. Pour ce qui est de la solidarit&#233;, penser le don comme &#233;change &#224; travers le don contre-don4 et plus encore du donnant-donnant l'a emport&#233; sur l'id&#233;e de partager (au sens de mettre en commun)5. Le Grand Renversement de 2008 a remis en cause id&#233;ologiquement le dogmatisme du tout march&#233;, et pratiquement sa capacit&#233; &#224; bien gouverner les rapports &#233;conomiques. Mais pour reconna&#238;tre v&#233;ritablement le partage il faut/faudrait repenser l'&#233;conomique &#224; partir d'une probl&#233;matique de production et, ce faisant, red&#233;couvrir en amont la n&#233;cessaire complexit&#233; des droits d'acc&#232;s et d'usage qui socialisent en partie la propri&#233;t&#233;, qui structurent la production et d&#233;terminent la r&#233;partition via cette derni&#232;re. Et les r&#233;sistances au retour &#224; cette pens&#233;e du partage sont consid&#233;rables compte tenu de la croyance persistante chez nombre de d&#233;cideurs en l'efficacit&#233; du n&#233;olib&#233;ralisme mais plus encore de la puissance institu&#233;e des int&#233;r&#234;ts particuliers ainsi contest&#233;s au nom d'un int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour saisir le retour du partage et percevoir aussi ses ambigu&#239;t&#233;s, il serait erron&#233; de s'en tenir aux seules revendications et contestations &#224; r&#233;sonance plan&#233;taire que les slogans comme Un autre Monde est possible ou Nous ne sommes pas des marchandises illustrent. Je prendrai donc aussi en compte la multitude des ruptures de l'agir local, qui se produisent dans la quotidiennet&#233; et dont les vastes rassemblements de protestation peuvent, pour certains d'entre eux, constituer de puissants moteurs de r&#233;plication alors que d'autres, pr&#233;tendues comme expressions du partage, peuvent para&#238;tre surtout comme des projets d'extension des formes n&#233;olib&#233;rales de la marchandisation et de la financiarisation ; et certains les r&#233;aliser effectivement en se trouvant de fait &#224; l'oppos&#233; m&#234;me de l'id&#233;e de partager, entendue comme mettre en commun. L'&#233;conomie du partage se manifeste non seulement par de tels usages mais tout autant &#224; travers des pratiques de don, location, pr&#234;t, participation au capital, usage en commun, &#233;change et vente-achat d'occasion. D'o&#249; les ambigu&#239;t&#233;s qu'elle peut porter et la n&#233;cessit&#233; de relever celles-ci et de construire une grille distinguant les pratiques &#224; caract&#232;re solidaire des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'analyserai d'abord diff&#233;rents types de rapports &#233;conomiques affichant sous diverses appellations et dans de nombreux secteurs le fait de partager comme mode de fonctionnement ou id&#233;al. Puis, je montrerai comment le recours &#224; la probl&#233;matique des communs6 permet de reconna&#238;tre en quoi ces multiples pratiques, en partie nouvelles et s'appliquant &#224; une grande diversit&#233; de secteurs, innovent ou non dans la gestion des ressources et comme modes de production, d'&#233;change, de financement et de consommation en construisant, au-del&#224; d'une affirmation du partage, une interd&#233;pendance des activit&#233;s humaines fond&#233;e sur une effective solidarit&#233;, celle-ci pouvant se r&#233;aliser y compris dans le cadre de pratiques dites &#171; marchandes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Une multiplicit&#233; de pratiques contemporaines l&#233;gitim&#233;es par le partage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de cet article, j'ai fait r&#233;f&#233;rence au partage dans un grand nombre de mouvements sociaux r&#233;cents. Leurs participants ne sont pas les seuls &#224; l'invoquer. De nombreux articles de presse au cours des derniers mois ont mis l'accent sur de nouveaux rapports &#224; la consommation, des formes innovantes d'organisation de la production et de la distribution et des modes de financement originaux en les appr&#233;hendant &#224; partir d'une expression : &#171; &#233;conomie collaborative &#187; ; mais aussi d'autres comme &#171; &#233;conomie circulaire &#187;, &#171; &#233;conomie participative &#187;, &#171; &#233;conomie de la fonctionnalit&#233; &#187;, &#171; &#233;conomie de l'usage &#187;, &#171; mouvement des colibris &#187; ou &#171; &#233;conomie du partage &#187;. Beaucoup des expressions utilis&#233;es, dont le champ se recouvre plus ou moins, sont directement traduites de l'anglais ; ainsi celle d'&#171; &#233;conomie du partage &#187; correspond &#224; &#171; sharing economy &#187;7. De nombreux noms de sites utilisent des expressions anglo-saxonnes, y compris quand leur cible n'est pas anglophone. L'&#171; &#233;conomie positive &#187; du fait de son flou, sans doute volontaire pour s'approprier des id&#233;es &#224; la mode sans innovation remarquable et rassembler sans contester les int&#233;r&#234;ts dominants des plus puissants (qui financent ces r&#233;unions), r&#233;cup&#232;re quelques id&#233;es critiques acceptables. Les rencontres r&#233;guli&#232;rement organis&#233;es autour de cette expression contribuent ainsi &#233;galement &#224; m&#233;diatiser certaines de ces nouveaut&#233;s, parmi d'autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces projets pourraient &#234;tre int&#233;gr&#233;s, mais partiellement, dans le vaste mouvement de l'&#233;conomie sociale et solidaire, qui d&#233;passe le statut des organisations pour les qualifier ainsi &#224; partir de ce qu'elles font8. Partiellement, car certains tenants de l'&#233;conomie collaborative sont tr&#232;s critiques vis-&#224;-vis de l'&#233;conomie solidaire, l'accusant d'&#234;tre un mouvement politique de gauche voire d'extr&#234;me gauche ; ce que de nombreux acteurs de celle-ci ne r&#233;cuseraient pas. &#192; l'inverse, en m&#233;connaissance de cause le plus souvent, des penseurs et militants politiques d'extr&#234;me gauche accusent l'&#233;conomie sociale et solidaire de n'&#234;tre qu'une variante ou adaptation du &#171; capitalisme &#187; ou du &#171; lib&#233;ralisme &#187; (confondus par eux avec toute &#233;conomie de march&#233;). Toutes ces pratiques ont pour objectif une optimisation de l'usage des ressources et des biens ; qu'ils soient mat&#233;riels (voitures, &#233;quipements, logements, terres et capital) ou immat&#233;riels (connaissances et comp&#233;tences). L'&#233;conomie solidaire met centralement en avant les ressources humaines des territoires9 alors que l'&#233;conomie collaborative le fait surtout de l'usage des biens avec une logique pouvant inclure la maximisation des r&#233;mun&#233;rations des initiateurs et bien souvent sans interroger le co&#251;t &#233;cologique d'usages alourdissant l'empreinte &#233;cologique globale des activit&#233;s humaines. La question du partage n'est alors pos&#233;e ni dans sa dimension interg&#233;n&#233;rationnelle, ni en mati&#232;re de r&#233;partition des ressources disponibles. On pourrait donc aussi parler de &#171; pratiques de r&#233;cup&#233;ration &#187;, avec le double sens du mot &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des plateformes web jouent un r&#244;le essentiel dans leur m&#233;diatisation, tant pour ce qui est de l'encouragement g&#233;n&#233;ral de leur essor et de la diffusion des diff&#233;rentes initiatives que de la mise en relation des usagers potentiels dans des secteurs sp&#233;cialis&#233;s. Le site Shareable.net est un de ses principaux m&#233;dia. Pour promouvoir l'&#233;conomie collaborative, Ouishare (voir &lt;a href=&#034;http://ouishare.net/fr/about/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://ouishare.net/fr/about/&lt;/a&gt;) organise de nombreux &#233;v&#232;nements dans une cinquantaine de villes &#224; travers la plan&#232;te ; y compris en France o&#249; le mouvement conna&#238;t une expansion rapide. Le 27 f&#233;vrier 2014, son premier ministre Jean-Marc Ayraud, Fleur Pellerin, ministre d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; l'&#233;conomie num&#233;rique, et Benoit Hamon, ministre d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'&#201;conomie sociale et solidaire et pour la Consommation, ont rencontr&#233; douze de ses principaux leaders fran&#231;ais. OuiShare Fest s'affiche comme le premier &#233;v&#233;nement europ&#233;en en la mati&#232;re avec une deuxi&#232;me &#233;dition tenue &#224; Paris du 5 au 7 mai 2014. On peut citer aussi le Forum de l'&#233;conomie collaborative tenu &#224; Bordeaux les 4 et 5 juillet 2013 ; y &#233;taient inscrites plus de 600 personnes10. Ces manifestations r&#233;v&#232;lent l'int&#233;r&#234;t suscit&#233; et la diversit&#233; des secteurs et des activit&#233;s concern&#233;s puisqu'ils couvrent aussi bien les d&#233;placements, l'alimentation, les &#233;changes de services ou de biens que les loisirs, le travail et le financement.11&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la plupart des partages concernent un objet ou un service particulier, il est possible que se d&#233;veloppe une offre multiple de services ou de biens dans une agglom&#233;ration. C'est le cas &#224; Nantes avec la plate-forme associative Nous and co lanc&#233;e en novembre 2013. Ces promoteurs la pensent comme un site de mise en relation sur le plan local de producteurs, consommateurs, d'entreprises, d'associations et de collectivit&#233;s, sans que des paiements transitent par cette plate-forme et sans qu'elle ne les g&#232;re.12 Il s'agit donc dans ce cas d'un simple site d'annonces. Il est financ&#233; par subventions et par la cotisation des adh&#233;rents (variable selon leur statut). Pour d'autres sites, refusant aussi un pr&#233;l&#232;vement sur les rencontres et les activit&#233;s ainsi facilit&#233;es, le financement provient du b&#233;n&#233;volat et de soutiens publicitaires. La p&#233;rennit&#233; &#233;conomique est dans ce cas plus fragile, mais la volont&#233; de contribution &#224; une transformation sociale est plus forte que celle d'un site dont le principal objet est d'&#233;largir sa client&#232;le et de la solvabiliser par le paiement des utilisateurs et le recours &#224; des publicit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;
A la charni&#232;re entre domesticit&#233;, micro entrepreneuriat et extension de la client&#232;le par des firmes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'exercice actuel du partage (au sens d'une mise en commun) se pratique dans des usages professionnels, dans des usages domestiques ou sociaux, ou bien &#224; leur charni&#232;re. C'est une originalit&#233; par rapport aux cloisonnements dominants des activit&#233;s de production, d'&#233;change et de financement. Chaque fois que le rapport au domestique est &#233;lev&#233; ainsi que les relations de proximit&#233; personnelle fortes, la proportion de femmes y contribuant s'&#233;l&#232;ve ; sans que l'on puisse induire un caract&#232;re genr&#233; de telle ou telle contribution &#224; l'&#233;conomie collaborative. Celle-ci implique des usages collectifs ou priv&#233;s. Certaines pratiques sont de nature interindividuelle ; c'est le cas des mod&#232;les peer to peer (P2P), autrement dit d'&#233;gal &#224; &#233;gal. Le collectif peut se situer &#224; diff&#233;rents &#233;chelons, dans des groupes ou communaut&#233;s de taille tr&#232;s variable. Il ne s'agit donc pas uniquement de microgroupes car plusieurs centaines de milliers de personnes peuvent ou pourraient contribuer &#224; un seul r&#233;seau. Mais, m&#234;me si les relations apparaissent priv&#233;es, il y a n&#233;cessairement r&#233;f&#233;rence au collectif (ne serait-ce que par la plate-forme informatique qui relie les partenaires de la relation et normalise les relations). Toutefois, moins le collectif est effectivement pr&#233;sent, moins le partage est de fait mobilis&#233; au point de devenir un pr&#233;texte pour &#233;tendre une client&#232;le. Dans certains cas, il est m&#234;me possible de se demander, quand le terme &#171; partage &#187; est mis en avant, s'il ne s'agit pas de son d&#233;tournement mercantile ; la seule innovation &#233;tant l'usage du web pour mettre en contact offreurs et demandeurs directement, voire indirectement, en vue d'une &#233;ph&#233;m&#232;re transaction. L'offre via un site n'est pas tr&#232;s diff&#233;rente du d&#233;p&#244;t-vente dans un magasin commercialisant par exemple des habits de marque, de l'&#233;lectrom&#233;nager ou des meubles, des tableaux, des livres ou des bibelots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps consacr&#233; &#224; ce type d'activit&#233;s est favoris&#233; par la diminution de la dur&#233;e du travail salari&#233; et l'allongement, contest&#233; par les politiques conservatrices, de la vie potentiellement active ; un &#171; surtemps &#187; devenu du temps de loisir. Certains sites permettent l'essor d'emplois suppos&#233;s occasionnels. On doit noter ici que le partage peut alors cacher la pr&#233;carisation de l'emploi et le d&#233;veloppement de petits boulots de survie ou apportant des compl&#233;ments de ressources. C'est le cas de la restauration, j'y reviendrais, ou du recrutement d'aides pour un d&#233;m&#233;nagement avec &lt;a href=&#034;http://www.mydemenageur.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.mydemenageur.com/&lt;/a&gt;. Ces employ&#233;s temporaires compl&#232;tent ou remplacent les traditionnels coups de mains entre amis, voisins et familiers en mati&#232;re de d&#233;m&#233;nagement et qui ont pu se d&#233;velopper avec l'essor m&#234;me de la location de v&#233;hicules utilitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux d'&#233;changes de savoirs faisant b&#233;n&#233;ficier r&#233;ciproquement les adh&#233;rents des comp&#233;tences respectives de leurs membres se situent a priori loin du monde de l'entreprise tout comme les multiples syst&#232;mes d'&#233;change local, les time-dollar systems initi&#233;s en Am&#233;rique du nord, les accorderies venus du Qu&#233;bec ou les banche del tempo [banques de temps] en Italie, dont les &#233;changes ont pour finalit&#233; la valorisation des capacit&#233;s personnelles de leurs membres et souvent la solvabilisation de leurs besoins. Leur finalit&#233; g&#233;n&#233;raliste (dans la mesure o&#249; ils sont multi-activit&#233;s) les distinguent d'&#233;changes sp&#233;cialis&#233;s dans une cat&#233;gorie de services ou de biens (h&#233;bergement pour les uns, transport pour d'autres, alimentaire, vestimentaire, mobiliers, etc.) dont je traite ult&#233;rieurement. On peut consid&#233;rer que les syst&#232;mes &#224; monnaie compl&#233;mentaire locale ont pr&#233;figur&#233; beaucoup d'&#233;changes et de partage de biens qui se sont d&#233;velopp&#233;es ensuite &#224; partir de sites sp&#233;cialis&#233;s. Si certaines de ces rencontres ont conserv&#233; l'esprit non (voire anti) lucratif de ces origines, du fait m&#234;me de la r&#233;ciprocit&#233; des activit&#233;s, de nombreuses initiatives de cette &#233;conomie dite collaborative ont pour objectif d'apporter des compl&#233;ments de revenus (voir un revenu tout court) &#224; ceux qui s'y livrent et de b&#233;n&#233;ficier d'une diminution du co&#251;t pour leurs utilisateurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La diff&#233;rence entre objectifs solidaires d'une part et lucratifs d'autre part peut se remarquer &#224; propos de Cookening, une plate-forme qui permet d'accueillir pour un repas chez soi des inconnus. A la diff&#233;rence d'un site de rencontres ou de petites annonces, le site sert d'interm&#233;diaire pour le paiement gr&#226;ce &#224; un d&#233;p&#244;t et au versement &#233;lectronique via une soci&#233;t&#233; dont le si&#232;ge est au Luxembourg. La soci&#233;t&#233; pr&#233;l&#232;ve environ 20 % de la somme acquitt&#233;e pour chaque repas. Ceux-ci sont &#224; des prix &#233;gaux ou sup&#233;rieurs &#224; ceux de restaurants populaires alors que la publicit&#233; faite par les h&#244;tes s'apparente &#224; celle d'un restaurant &#8230; Ce qui n'emp&#234;che pas le site de vanter par ailleurs le charme de la socialisation et de d&#233;couvertes interpersonnelles. Par contre, le site Supermarmite offre des annonces proposant des plats pr&#233;par&#233;s ; le consommateur vient lui m&#234;me les chercher et les r&#232;gle directement &#224; la personne les ayant cuisin&#233;s, sans que le site serve d'interm&#233;diaire pour ce paiement. Cette fabrication de plats ou ce service de repas &#224; domicile peuvent appara&#238;tre comme le d&#233;veloppement de formes de microentrepreneuriat ; exceptionnellement comme une recherche de solidarit&#233; avec ses voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; de partager des outils de bricolage, de jardinage ou d'&#233;quipements m&#233;nagers dont l'usage est peu fr&#233;quent a favoris&#233; l'apparition de sites se pr&#233;sentant comme participant &#224; l'&#233;conomie collaborative. Or, il s'agit simplement d'une location de mat&#233;riels &#224; destination de particuliers et de micro et petites entreprises. Ainsi Zilok et E-loue sont des sites dans lesquels les offreurs de mat&#233;riels et d'outillage sont des particuliers ; mais aussi et sans doute surtout des loueurs professionnels. Cette extension de l'offre peut permettre la r&#233;duction du co&#251;t de d&#233;marrage d'une auto-entreprise. Quant &#224; Ma petite cuisine qui permet &#224; Paris de louer du petit &#233;lectrom&#233;nager il s'agit tout simplement d'un magasin ; et non de l'acc&#232;s r&#233;ciproque de ressources entre particuliers. On sait que louer peut devenir la norme dans le bricolage, le mat&#233;riel de pu&#233;riculture ou m&#233;dical (fauteuil, lit, etc.). Le champ de la location se trouve ainsi &#233;largi. La d&#233;marche peut donc s'&#233;tendre et s'&#233;loigner beaucoup d'un comportement militant visant &#224; la mutualisation des ressources&#8230;. Elle constitue une nouvelle fa&#231;on de consommer pour les utilisateurs et une source de revenus pour les loueurs et les organisateurs des sites. La marque Boulanger sp&#233;cialis&#233;e dans l'&#233;lectrom&#233;nager et le multim&#233;dia a m&#234;me d&#233;velopp&#233; une filiale de location de ce type de produits (Lok&#233;o). Cette strat&#233;gie de diversification de la client&#232;le visant aussi &#224; appara&#238;tre dans le champ de l'&#233;conomie collaborative est donc radicalement diff&#233;rente d'un site de mise &#224; disposition pour un prix modique de sa machine &#224; laver ou de son s&#232;che-linge &#224; un voisin comme &lt;a href=&#034;https://www.lamachineduvoisin.fr/&amp;nbsp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.lamachineduvoisin.fr/&amp;nbsp&lt;/a&gt;;; ce site lanc&#233; par un groupe d'&#233;tudiant-es lillois a essaim&#233; et il compte plus de 2700 lave-linges &#224; disposition dans l'hexagone. L'objectif est de permettre d'un point de vue individuel d'&#234;tre tir&#233; d'embarras par exemple quand sa propre machine tombe en panne ou l'usage (hors lavomatiques) pour ceux qui ne sont pas &#233;quip&#233;s en lave-linge et d'un point de vue collectif la r&#233;duction du nombre total de machines poss&#233;d&#233;s par les particuliers en optimisant l'usage de chacune. Comme il a &#233;t&#233; d&#233;j&#224; signal&#233;, il serait erron&#233; d'imaginer que les usagers sont uniquement des consommateurs. Les fronti&#232;res de l'entreprise s'estompent. Cette &#233;conomie caract&#233;ris&#233;e par une mutualisation de moyens, donc un partage de d&#233;penses, et une coop&#233;ration entre les membres dans l'activit&#233;, concerne aussi les entreprises, et tout particuli&#232;rement les auto-entrepreneurs et les micro-entrepreneurs &#224; travers la mise en place d'espaces de co-working o&#249; des infrastructures et des services sont communs. Dans le domaine de l'informatique c'est le concept des Fab Labs initi&#233;s au Massachusetts Institute of Technology &#224; la fin des ann&#233;es 1990. Il a essaim&#233; depuis dans de nombreux pays alors qu'&#224; la m&#234;me &#233;poque en France et sur un mod&#232;le proche s'&#233;taient mis en place des espaces publics num&#233;riques, tr&#232;s largement analogues dans leurs finalit&#233;s aux makerspaces d'origine am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le degr&#233; de recours au partage est &#233;lev&#233; avec la mise &#224; disposition gratuite de travaux scientifiques par des communaut&#233;s de chercheurs via des sites sp&#233;cialis&#233;s ; il s'agit donc l&#224; aussi d'un usage par des professionnels (m&#234;me si ceux-ci, &#224; la diff&#233;rence des pr&#233;c&#233;dents, quand ils sont salari&#233;s mensualis&#233;s et non des intermittents de la recherche, ne monnayent pas directement en g&#233;n&#233;ral le produit de leurs recherches). La gratuit&#233; est ici d'autant plus forte que les revenus des chercheurs ne d&#233;pendent pas, pour l'immense majorit&#233; d'entre eux, de la perception de droits d'auteur ou d'expertise. Pour les &#339;uvres en num&#233;rique, le &#171; Creative Commons &#187; permet leur diffusion et l'exclusion d'une exploitation commerciale d'une &#339;uvre ainsi accessible. &#171; Copier, distribuer et communiquer le mat&#233;riel par tous moyens et sous tous formats &#187; affirme le site &lt;a href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://creativecommons.org/licenses...&lt;/a&gt;. On peut aussi citer le travail collectif d'&#233;laboration depuis 2001 de l'encyclop&#233;die multilingue Wikipedia dont l'acc&#232;s est gratuit. La production de cette ressource documentaire est collective et anonyme13. Outre le contenu, participe au m&#234;me &#233;tat d'esprit de partage la mise &#224; disposition de logiciels libres (notamment &#224; travers la pratique la plus connue, le General Public Licence &#224; partir de l'usage du copy left s'opposant au copy right). Un nouveau type de licence serait envisageable : si quelqu'un contribue &#224; la production et au d&#233;veloppement de la ressource commune, il peut aussi l'utiliser gratuitement ; en revanche, s'il en profite sans apport, il devrait payer. Dans le syst&#232;me de Community Forge [&lt;a href=&#034;http://communityforge.net/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://communityforge.net/fr&lt;/a&gt;] cr&#233;&#233; pour la gestion des syst&#232;mes d'&#233;change local (plus de 400 sont ainsi structur&#233;s &#224; travers le monde), la mise &#224; disposition du syst&#232;me de gestion est gratuite, avec obligation pour chacun de contribuer &#224; son am&#233;lioration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tout autre domaine, la mise &#224; disposition de &#171; semences paysannes &#187; pour les agriculteurs14 et la commercialisation d'anciennes vari&#233;t&#233;s potag&#232;res et aromatiques non-certifi&#233;es15, &#224; l'intention des jardiniers amateurs principalement, participe au m&#234;me esprit que l'utilisation de logiciels libres. Dans le cas des paysans, il s'agit de d&#233;velopper un mouvement au sein duquel les semences sont donn&#233;es entre agriculteurs et non vendues. Cette gestion des &#171; communs g&#233;n&#233;tiques &#187; s'oppose donc fortement &#224; l'appropriation du vivant qu'induit l'extension de la brevetabilit&#233; dans ce domaine particulier. Je reviendrai en deuxi&#232;me partie sur la revendication de commun ainsi impliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;Un autre rapport aux biens immobiliers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie collaborative touche aussi l'acc&#232;s aux biens immobiliers, &#224; leur propri&#233;t&#233; et &#224; leur occupation. Et l'on rencontre en la mati&#232;re la m&#234;me dualit&#233; entre des pratiques entrepreneuriales et des usages domestiques. Ainsi des actions comme en Wallonie le mouvement Terre-en-vue16, en France Terre de liens17, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni ceux s'inscrivant dans la perspective de Land trust ont pour objectif de faciliter l'acc&#232;s &#224; la terre pour des exploitants agricoles voulant notamment engager des cultures bio, approvisionner des circuits courts de distribution ou favoriser l'autonomie semenci&#232;re, que je viens d'&#233;voquer.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le changement de rapport &#224; la terre comme facteur de production est aussi illustr&#233; par la cr&#233;ation de jardins collectifs sur des terres d&#233;di&#233;es &#224; des cultures mais aussi par l'apparition d'espaces urbains reconquis pour cr&#233;er des potagers. Il est possible d'en voir un au milieu du campus de l'universit&#233; Pierre Mend&#232;s France &#224; Saint-Martin-d'H&#232;res pr&#232;s de Grenoble ou dans la cour d'une maison d'associations du quartier des P&#226;quis &#224; Gen&#232;ve (Ch&#226;teau Bruyant) en face du si&#232;ge de l'institution onusienne des Droits de l'Homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le logement, le &#171; Community Land Trust &#187; (CLT) est un mod&#232;le social, participatif et anti-sp&#233;culatif d'acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233; fonctionnant aux Etats-Unis depuis les ann&#233;es 1970 &#224; travers plus de 250 unit&#233;s. En 2012, sont apparus les deux premiers CLT europ&#233;ens (&#224; Londres et en R&#233;gion Bruxelles capitale18). Dans la plupart des pays dits &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;, les ann&#233;es post 1968 ont vu fleurir des communaut&#233;s dans des espaces urbains et ruraux19, pouvant inclure des squats20 prenant eux-m&#234;mes des formes communautaires. Ils ont suscit&#233; des pratiques de partage dans la gestion de ces groupes et espaces. Dans certaines villes suisses comme &#224; Lausanne et &#224; Gen&#232;ve, le partage a pu se faire aussi avec les propri&#233;taires d'immeubles acceptant cette occupation gratuite sous condition que les lieux soient &#233;vacu&#233;s quand une construction commencerait ; un petit loyer est alors pr&#233;lev&#233; aupr&#232;s des occupants afin de d&#233;gager des ressources pouvant permettre l'acquisition ou la construction de logements &#224; destination notamment d'&#233;tudiants ou jeunes travailleurs &#224; faibles ressources, habitats ayant eux m&#234;mes un caract&#232;re collectif. En Suisse toujours, la possibilit&#233; de s'appuyer sur une propri&#233;t&#233; coop&#233;rative des habitations a aussi favoris&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1920 des formes collectives d'habitat en en r&#233;duisant le co&#251;t et en permettant sa gestion et usage en commun. Le groupement des coop&#233;ratives d'habitation genevoises r&#233;unit plus de cinquante coop&#233;ratives de ce type offrant en tout environ 5000 logements occup&#233;s par 17 000 personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le partage peut aussi &#234;tre pour certains de ces logements dans l'usage de l'espace habit&#233;, au-del&#224; des habituelles laveries communes ; car il est possible d'y trouver des salles de r&#233;union, des cuisines collectives et m&#234;me des chambres d'amis &#233;vitant de sur-dimensionner les espaces priv&#233;s. Ces habitats &#224; caract&#232;re collectif favorisent aussi par la proximit&#233; du vivre ensemble les coups de main entre proches. L'illustrent &#224; Montreuil pr&#232;s de Paris le projet de Maison de retraite autogestionnaire des Babayagas (ayant statut d'habitation &#224; loyer mod&#233;r&#233;) abouti en 2012 et &#224; Villeurbanne celui du Village vertical, un collectif d'habitants inaugur&#233; en 2013 et qui a adopt&#233; une nouvelle forme coop&#233;rative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au couchsurfing, il permet la mise &#224; disposition d'un canap&#233; dans son salon ou d'une chambre pour un voyageur de passage. Sur un site gratuit ainsi d&#233;sign&#233;, sept millions de membres proposent des h&#233;bergements dans 100 000 villes. On peut aussi citer les &#233;changes d'appartements ou de maisons pendant des vacances ou des p&#233;riodes plus longues. Le plus connu de ces sites pour l'h&#233;bergement de particulier &#224; particulier est Airbnb (site payant cr&#233;&#233; en 2007 en Californie et &#233;tendu &#224; l'ensemble des Etats-Unis, puis atteignant 34 000 villes dans 192 pays). Airbnb a vendu 6 millions de nuit&#233;es dans le monde en 2013. A San Francisco et &#224; New York plus de nuit&#233;es ont &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;es cette ann&#233;e-l&#224; sur Airbnb que dans tous les h&#244;tels r&#233;unis de ces deux villes ; d'o&#249; les accusations de concurrence d&#233;loyale formul&#233;es par des h&#244;teliers21&#8230; Si la publicit&#233; de la plateforme joue sur la dimension solidaire avec des formules du type &#171; Airbnb : travel like human &#187; [&#171; Avec Airbnb, voyagez comme des &#234;tres humains &#187;], dans la presse financi&#232;re, la start-up r&#233;v&#232;le un tout autre visage. Elle s'enorgueillit de pr&#233;lever plus de 10 % de la somme pay&#233;e par les h&#244;tes et de voir son chiffre d'affaires de 180 millions de dollars en 2012 cro&#238;tre aussi rapidement que sa capitalisation boursi&#232;re, de pr&#232;s de 2 milliards de dollars&#8230; Cette croissance peu contr&#244;l&#233;e n'est pas sans probl&#232;me : pour New York le site a &#233;t&#233; oblig&#233; d'enlever plusieurs centaines d'annonces r&#233;f&#233;renc&#233;es car elles se r&#233;v&#233;laient &#234;tre des arnaques et la pratique de louer un logement pour moins de trente jours y serait ill&#233;gal22.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dans les transports&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Outre l'usage de biens fonciers et immobiliers, cette nouvelle forme d'&#233;conomie est de plus en plus pr&#233;sente dans les transports. Le convivial et gratuit autostop, r&#233;pandu avec le boom automobile des ann&#233;es 1960 et la romantique errance de Jack Kerouac dans On the Road, a r&#233;gress&#233; au b&#233;n&#233;fice de nouvelles formes d'organisation de co-voiturage et d'autopartage pour lesquels internet joue un r&#244;le essentiel et qui exigent des contributions mon&#233;taires, fussent-elles r&#233;duites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du &#171; covoiturage &#187; le propri&#233;taire qui se d&#233;place propose les places disponibles dans son v&#233;hicule aux personnes d&#233;sirant effectuer tout ou partie du m&#234;me parcours. BlaBlaCar (ex Covoiturage.fr &#224; la suite de son extension g&#233;ographique hors de France) cr&#233;&#233; en 2006 compte plusieurs millions de membres &#224; travers l'Europe. Carpooling pr&#233;sent dans une dizaine de pays europ&#233;ens affirme permettre le covoiturage de 1,3 million de personnes chaque mois. Intermarch&#233;, Castorama et Ikea proposent &#224; leurs clients de &#171; covoiturer &#187; pour se rendre dans leurs magasins. Notons aussi que le groupe de distribution Wal-Mart a lanc&#233; un syst&#232;me de distribution qui s'appuie sur ses propres clients. Ceux-ci peuvent assurer la livraison d'achats &#224; des personnes habitant leur quartier en &#233;change de promotion. D'o&#249; la r&#233;action tr&#232;s n&#233;gative&#8230; des soci&#233;t&#233;s sp&#233;cialis&#233;es dans la livraison. Des covoitureurs exc&#233;d&#233;s par le virage mercantile du secteur (notamment le paiement en ligne) ont lanc&#233; la plate-forme associative et gratuite Covoiturage-libre.fr qui fonctionne avec des b&#233;n&#233;voles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'&#171; auto-partage &#187;, soit des particuliers mettent &#224; disposition leur v&#233;hicule dont la location est g&#233;r&#233;e par une entreprise, soit une association g&#232;re un parc de v&#233;hicules que les membres peuvent r&#233;server selon leurs besoins. Ce ne sont donc plus seulement les bicyclettes23 dont on partage l'usage gr&#226;ce &#224; des structures organis&#233;es par des municipalit&#233;s24. Si une voiture d'un m&#233;nage reste &#224; l'arr&#234;t entre 92 % et 95 % du temps, il est possible pour un automobiliste propri&#233;taire de son v&#233;hicule d'en optimiser l'usage en proposant de le louer, gr&#226;ce &#224; des plateformes comme Drivy (ancienne d&#233;nomination Voiturelib), Deways ou Buzzcar qui a fusionn&#233; avec CitzenCar (30 % du prix de la location pour ces trois sites), ainsi que Livop (40 % du prix de location pour ce site compte tenu de garanties sup&#233;rieures offertes aux clients pour leur v&#233;hicule25). R&#233;ciproquement, il est ainsi possible de cesser d'&#234;tre propri&#233;taire d'une voiture et de recourir &#224; une association ou soci&#233;t&#233; priv&#233;e mettant &#224; disposition des v&#233;hicules adapt&#233;s &#224; ses besoins &#224; un moment donn&#233; (ce peut l&#224; encore &#234;tre tr&#232;s utile aux micro et auto-entrepreneurs pour favoriser leur d&#233;marrage). Ces v&#233;hicules peuvent aussi &#234;tre mis &#224; disposition par des r&#233;seaux tels que Mobizen &#224; Paris ou Autolib en r&#233;gion parisienne (mis en place par la mairie de Paris avec le groupe Bollor&#233; sur le mod&#232;le des V&#233;lib). Ce syst&#232;me d'autopartage existe aussi sous le nom de Citiz dans une cinquantaine d'agglom&#233;rations fran&#231;aises ; et en Suisse sous celui de Mobility car sharing qui propose des emplacements dans 500 communes helv&#233;tiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2013, un quart des Fran&#231;ais ont utilis&#233; le covoiturage ; 10% l'ont fait r&#233;guli&#232;rement ; 17% ont lou&#233; une voiture, le plus souvent aupr&#232;s d'un loueur professionnel ; mais 22 % sont pass&#233;s par l'autopartage et 21% aupr&#232;s d'un particulier. Toutefois, chacun mesure ce qui s&#233;pare ces formes d'&#233;conomie collaborative des mouvements revendiquant une gratuit&#233; des transports en commun (telle que la pratiquent Ch&#226;teauroux (initi&#233;e par une municipalit&#233; UMP) depuis 2001, Aubagne (initi&#233;e par une municipalit&#233; dirig&#233;e par le parti communiste) depuis 2009, ainsi qu'une vingtaine d'autres villes en France) ou pour le moins une forte diminution de leurs tarifs26. Ces initiatives en mati&#232;re de transport, si elles aboutissent &#224; un accroissement des d&#233;placements, provoquent un alourdissement de l'empreinte &#233;cologique et donc heurtent une autre dimension du partage, celui avec les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;S'approvisionner autrement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nagu&#232;re les meubles, appareils &#233;lectro-m&#233;nagers, jouets, bibelots, habits, etc. dont on voulait se d&#233;barrasser &#233;taient donn&#233;s &#224; des &#339;uvres caritatives ou charitables tels que le Secours catholique (Caritas), Emma&#252;s, les Petits Fr&#232;res des Pauvres, l'Arm&#233;e du Salut, les centres sociaux protestants suisses, le Secours populaire, etc. Ou bien &#233;tait fait appel &#224; une entreprise de vide caves ou greniers, qui revendait ou recyclait les biens ainsi abandonn&#233;s. Ces associations, tout comme les march&#233;s aux puces et magasins de brocanteurs, &#233;taient aussi des lieux o&#249; il &#233;tait possible de s'approvisionner en biens dits &#171; de seconde main &#187;. Donc leur commercialisation &#233;tait pr&#233;sente ; mais &#224; l'un des bouts de la cha&#238;ne seulement ; sauf quand ces biens collect&#233;s &#233;taient redonn&#233;s &#224; des personnes dans le besoin ; et pour partie seulement quand le prix de leur revente &#233;tait tr&#232;s faible afin de permettre &#224; des personnes d&#233;munies d'en b&#233;n&#233;ficier27. Ces pratiques n'ont pas disparu28. Mais dans un grand nombre des nouveaux modes de recyclage des biens (mais pas dans tous), la logique lucrative peut se trouver aussi en amont chez celui ou celle qui c&#232;de le bien. La marchandisation de ce que l'on c&#232;de caract&#233;rise aussi la participation &#224; une yard sale, &#224; un vide-grenier ou autre braderie entre particuliers (dans lesquels peuvent s'immiscer de quasi professionnels). Le site Le bon coin est de ce point de vue embl&#233;matique de ces pratiques de revente via internet o&#249; l'on peut m&#234;me c&#233;der des cadeaux de fin d'ann&#233;e ou d'anniversaire. Toutefois, il serait faux d'imaginer que la d&#233;marche de tous ceux qui postent une annonce est strictement mercantile. Un certain nombre d'objets sont c&#233;d&#233;s &#224; bas prix afin en quelque sorte d'en faire &#171; profiter quelqu'un &#187;, ne pas les &#171; laisser perdre &#187;, &#171; leur donner une nouvelle vie &#187;, etc. Cette d&#233;marche g&#233;n&#233;reuse est au c&#339;ur de la mise &#224; disposition de bo&#238;tes d'&#233;changes entre voisins o&#249; chacun est invit&#233; &#224; donner et &#224; prendre. Ce syst&#232;me existe notamment &#224; Gen&#232;ve sous le nom de Tako (vingt-deux boites en f&#233;vrier 2014) et &#224; Lyon. &#192; Bordeaux depuis 2010 il existe des &#171; boites &#224; lire &#187; pour d&#233;poser et prendre les livres, tout comme dans la communaut&#233; de communes de Chinon, Rivi&#232;re et St Beno&#238;t La For&#234;t (en Indre-et-Loire) sur le mod&#232;le du Little Free Library ; et &#224; travers le monde se pratique l'abandon du livre lu sur un banc public ou un si&#232;ge de transport en commun pour qu'il trouve un nouveau lecteur, qui lui-m&#234;me le transmettra de fa&#231;on tout aussi anonyme (voir &lt;a href=&#034;http://www.bookcrossing.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.bookcrossing.com/&lt;/a&gt;). Trocdepresse participe au m&#234;me &#233;tat d'esprit car son site permet de donner, d'&#233;changer ou de partager des revues et magazines &#224; l'&#233;chelle d'un voisinage (personnes ayant le m&#234;me code postal et donc faisant ainsi connaissance &#224; la diff&#233;rence du don anonyme du bookcrossing).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition entre d'authentiques pratiques de partage et de nouvelles formes de (re)commercialisation s'observe &#224; propos des v&#234;tements. On trouve de multiples objets propos&#233;s sur Myrecyclestuff qui s'affiche comme un site de troc circulaire ; chacun offrant des biens dont il n'a plus usage et affichant ses besoins (notamment en mati&#232;re vestimentaire, mais pas seulement). Il ou elle ne re&#231;oit donc pas imm&#233;diatement quelque chose en &#233;change de ce qu'il ou elle c&#232;de gratuitement. Le m&#234;me principe pr&#233;side au fonctionnement du site &lt;a href=&#034;http://www.co-recyclage.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.co-recyclage.com/&lt;/a&gt; pour une grande diversit&#233; d'objets peuvant ainsi b&#233;n&#233;ficier &#224; quelqu'un d'autre. C'est aussi le cas de la Gratiferia29, foire p&#233;riodique &#224; Montevideo o&#249; tout est gratuit, et du site &lt;a href=&#034;http://www.kiditroc.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.kiditroc.com&lt;/a&gt; permettant de c&#233;der des habits d'enfants et esp&#233;rer recevoir en retour d'un autre visiteur du site un autre lot d'habits. Par contre d'autres sites sont des boutiques en ligne de v&#234;tements, chaussures et bijoux d'occasion. Chez Vide-dressing les habits sont pay&#233;s au site qui per&#231;oit une commission de 10 % ; mais ils sont exp&#233;di&#233;s &#224; l'acheteur par le vendeur. Il affiche plus de 500 000 membres. Par contre Vestiairedecopines fixe apr&#232;s envoi d'une photographie des articles propos&#233;s leur prix, r&#233;ceptionne ceux mis en vente, en re&#231;oit le paiement, les exp&#233;die &#224; l'acheteur et pr&#233;l&#232;ve une commission du 35 % du prix de vente30. Ce site aurait 2,3 millions d'utilisateurs et surtout utilisatrices (dont beaucoup, on peut l'imaginer, doivent &#234;tre occasionnel-le-s). Y sont m&#234;me propos&#233;s des articles de luxe, dignes des ventes aux ench&#232;res vintage, tels qu'un sac Chanel &#224; plus de 3000 euros, un bracelet Cartier &#224; 5300 euros, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces produits de luxe ont peu &#224; voir avec les r&#233;coltes de potagers et de vergers qui sont aussi le support de ce nouveau type de transaction via internet. Les sites de petites annonces gratuites LePotiron.fr et Nos-jardins.fr mettent en relation les particuliers et petits producteurs voulant &#233;couler le surplus de leur potager ou ferme avec des familles cherchant &#224; s'approvisionner en produits frais de leur r&#233;gion. Ces fruits et l&#233;gumes peuvent ainsi &#234;tre vendus, donn&#233;s ou &#233;chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La firme &#171; Le Parfait &#187; a lanc&#233; une plateforme d'&#233;change Bocal en Troc permettant aux particuliers de s'&#233;changer des &#171; conserves faites maison &#187; ; mais aussi de vendre ces bocaux d'occasion. Les exc&#233;dents c&#233;d&#233;s ne sont pas seulement ceux de l'autoproduction car il est possible de mettre ainsi &#224; disposition d'autrui les produits de son frigo sur le point de se p&#233;rimer et de d&#233;velopper dans une entreprise ou immeuble des r&#233;frig&#233;rateurs collectifs (&lt;a href=&#034;https://www.partagetonfrigo.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.partagetonfrigo.fr/&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre ces pratiques de revente et d'achat d'occasion, on doit signaler les pratiques de commandes group&#233;es par un site pour obtenir de meilleures conditions de ventes, comme Buyclub &#224; Gen&#232;ve ou Groupon dans une soixantaine de villes fran&#231;aises pour acqu&#233;rir des biens et services tr&#232;s diversifi&#233;s. La Ruche qui dit oui compte plus de 150 000 membres pour acheter des produits alimentaires locaux de consommation courante aupr&#232;s d'un demi millier de fournisseurs en France ; le consommateur peut diminuer sa d&#233;pense et l'agriculteur accro&#238;tre ses prix de vente en r&#233;duisant les co&#251;ts d'interm&#233;diation (le site pr&#233;l&#232;ve environ 16,7 % de frais). Le Jardin des Charrotons dans le canton de Gen&#232;ve est une coop&#233;rative permettant de se fournir dans une ferme par l'acquisition de parts sociales et le paiement anticip&#233; d'un approvisionnement hebdomadaire31. Son fonctionnement est donc proche de celui en France des AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) apparues en 2003 ; le soucis des consommateurs de soutenir un approvisionnement de proximit&#233; et une agriculture biologique y est consid&#233;rable du fait du lien unissant le groupe des acheteurs et l'unit&#233; productrice32. Cette volont&#233; de partage est accrue quand ceux-ci participent &#224; la commercialisation des produits, et plus encore quand ils contribuent &#224; temps partiel &#224; c&#244;t&#233; de salari&#233;s aux activit&#233;s de production, ou pour le moins de ramassage, comme dans les Cueillettes de Landecy (exploitation dans le canton de Gen&#232;ve sur 1,5 hectare).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, n'oublions pas dans les nouveaux modes d'approvisionnement que nous avons d&#233;j&#224; rencontr&#233;s avec celui en produits alimentaires gr&#226;ce &#224; l'agriculture de proximit&#233;, le commerce &#233;quitable tra&#231;ant de nouveaux rapports Nord-Sud entre producteurs et consommateurs. Toutefois, ses deux formes d'organisation, soit celle de boutiques sp&#233;cialis&#233;es &#224; caract&#232;re militant (comme les Magasins du monde en Suisse romande, Artisans du Monde en France Steun Onderontwikkelde Streken aux Pays-Bas), soit celle de la distribution dans les hyper et supermarch&#233;s de produits ainsi labellis&#233;s (notamment par Max Havelaar)33, nous permettent de retrouver les tensions entre une volont&#233; militante de changement faisant intervenir de nombreux b&#233;n&#233;voles et une volont&#233; de g&#233;n&#233;ralisation de ce type de consommation (au risque soit, pour la premi&#232;re forme de distribution, de toucher un faible public, soit, pour la seconde, d'&#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233; comme strat&#233;gie de diversification de leurs client&#232;les par les grands groupes de la distribution). Le fait que la capacit&#233; d'expertise en mati&#232;re de labellisation soit surtout concentr&#233;e au Nord peut induire que dans la chaine de valeurs la part des paysans producteurs augmente mais que celle des pays producteurs reste globalement la m&#234;me. On notera aussi ici la tension pouvant exister au sein des pratiques solidaires de l'&#233;conomie entre la volont&#233; de privil&#233;gier des circuits courts de distribution (donc des approvisionnements locaux) et celle de permettre un autre d&#233;veloppement dans des communaut&#233;s de pays &#233;loign&#233;s et &#224; faibles revenus ; ce commerce dit &#171; &#233;quitable &#187; pouvant aussi induire une augmentation de l'empreinte &#233;cologique du fait de transport &#224; grande distance34 ; il peut aussi se soucier d'un d&#233;veloppement social sans int&#233;grer ni l'empreinte &#233;cologique du transport, ni les conditions environnementales locales de la production.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La monnaie et la finance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'argent n'&#233;chappe pas &#224; cette red&#233;couverte ou &#224; l'affichage m&#233;diatique du partage. Il y conna&#238;t m&#234;me une tr&#232;s forte dynamique. Il s'op&#232;re tant &#224; travers le d&#233;veloppement de monnaies locales compl&#233;mentaires et d'organisations de microcr&#233;dit que de sites de crowdfunding, proposant aux particuliers de financer des pr&#234;ts r&#233;mun&#233;r&#233;s et des participations au capital d'entreprises, et plus rarement de contribuer au d&#233;marrage ou au d&#233;veloppement de l'entreprise par des avances sur achat ou par des dons. Ainsi, la finance constitue, avec les transports, l'h&#233;bergement et des modes de consommation alternatifs, un des champs privil&#233;gi&#233;s de l'essor de l'&#233;conomie collaborative. L'int&#233;gration du partage para&#238;t ici d'autant plus essentielle que, trop souvent, finance et monnaie sont pens&#233;es, de fa&#231;on erron&#233;e, comme guid&#233;es uniquement par l'app&#226;t du gain. On y retrouve des ambigu&#239;t&#233;s et tensions entre solidarit&#233; et lucrativit&#233;, analogues &#224; celles d&#233;j&#224; relev&#233;es dans de multiples autres secteurs. Ces tensions sont d'autant plus vives que l'&#233;volution du secteur financier ayant affich&#233; comme objectif la solidarit&#233; pour les &#171; pauvres &#187; a &#233;t&#233; consid&#233;rable. Ainsi les principaux acteurs suisses &#224; statut lucratif du microcr&#233;dit35, apparus en soulignant leur volont&#233; de contribuer &#224; la lutte contre la pauvret&#233; et se revendiquant comme des placements socialement responsables, ont de plus en plus insist&#233; sur le caract&#232;re &#171; alternatif &#187; des placements qu'ils offrent, sans nul doute du fait de doutes croissants sur leur impact positif pour ce qui est de la g&#233;n&#233;ration de revenu. Le qualificatif d'&#171; alternatif &#187; doit ici &#234;tre compris non dans le sens qu'il rev&#234;t pour les acteurs des pratiques solidaires de l'&#233;conomie mais comme une d&#233;connexion des &#233;volutions des cours de soci&#233;t&#233;s cot&#233;es notamment permettant une diversification des placements et donc des risques. L'accent est mis sur les b&#233;n&#233;fices &#224; moyen et long terme qu'il est possible ainsi de retirer. Quant au social business, pr&#233;sent&#233; comme un placement sans retour financier sur investissement (mais sans perte) destin&#233; &#224; faire partager des savoir-faire et &#224; inclure dans la soci&#233;t&#233; de consommation des client&#232;les situ&#233;es en bas de la pyramide, donc un objectif a priori g&#233;n&#233;reux de partage, on peut aussi y d&#233;cerner une strat&#233;gie de grandes firmes pour occuper par des produits adapt&#233;s ces nouveaux march&#233;s &#224; fort potentiel de croissance. Elles peuvent ainsi tester de nouveaux proc&#233;d&#233;s de fabrication &#224; moindre co&#251;t et des biens ou services &#224; bas prix, qui seront vendus ailleurs ult&#233;rieurement36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les pr&#234;ts consentis par des particuliers &#224; d'autres m&#233;nages en difficult&#233;, on est sans doute loin de la solidarit&#233; et plus pr&#232;s de la recherche d'une diminution du co&#251;t pour le d&#233;biteur et d'un rendement sup&#233;rieur &#224; la r&#233;mun&#233;ration offerte par les institutions financi&#232;res en mati&#232;re d'&#233;pargne ; ceci &#233;tant permis gr&#226;ce &#224; la r&#233;duction du co&#251;t d'interm&#233;diation par une plateforme. Aux Etats-Unis, Google a pris une participation dans son compatriote Lending Club, leader des pr&#234;ts entre particuliers. 87% de ceux-ci sont du refinancement. De 2007 (date de l'apparition de ce site) &#224; 2014, quatre milliards de dollars ont &#233;t&#233; ainsi apport&#233;s repr&#233;sentant le versement de 379 millions d'int&#233;r&#234;t aux pr&#234;teurs. Lending Club &#233;value la qualit&#233; des emprunteurs (10% des demandes seulement sont retenues et il per&#231;oit 1% du montant du pr&#234;t pour servir d'interm&#233;diaire) ; le taux d'int&#233;r&#234;t acquitt&#233; par l'emprunteur est de 13% (duquel il faut retirer 4% pour d&#233;faillance, ce qui fait un rendement affich&#233; de 8%). On ne peut pas s'emp&#234;cher de penser que ce site fonctionne gr&#226;ce au surendettement des m&#233;nages et &#224; la frilosit&#233; des &#233;tablissements, &#233;chaud&#233;s par la crise des sub-primes, &#224; consentir ces cr&#233;dits. Le taux de croissance de Lending Club est de 100% par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons quelques exemples qui contribuent davantage au financement de projets. Depuis le lancement aux Etats-Unis du site Kickstarter en 2009, plus de 50 000 projets (films, jeux, spectacles musicaux ou autres projets artistiques et technologiques) ont ainsi &#233;t&#233; financ&#233;s par six millions de personnes. Pr&#232;s de la moiti&#233; de ces nouvelles entreprises l'ont &#233;t&#233; au cours des douze derniers mois. Le montant total des fonds r&#233;colt&#233;s atteint un milliard de dollars. Quarante-neuf de ces campagnes ont d&#233;pass&#233; un million de dollars ; avec un pic de plus de 10 millions de dollars pour Pebble, une montre multifonction, notamment connect&#233;e au web ; un projet qui a &#233;t&#233; soutenu par 69 000 investisseurs. Le documentaire vid&#233;o Money&amp;life. A story about money that will change your life (2013) de Katie Teague a &#233;t&#233; financ&#233; par les apports de plus de 350 investisseurs sur ce site. Un artiste a financ&#233; gr&#226;ce &#224; Kickstarter une &#339;uvre peinte sur un mur37 ; elle a &#233;t&#233; d&#233;truite &#224; la fin de l'exposition et ses fragments ont &#233;t&#233; distribu&#233;s aux financeurs en contrepartie de leurs soutiens. Kickstarter pr&#233;l&#232;ve 5% des fonds collect&#233;s pour son fonctionnement, notamment l'emploi de 81 salari&#233;s &#224; Greenpoint, Brooklyn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;My Major Company est le premier site fran&#231;ais &#233;quivalent. Ce site de financement est ouvert depuis 2007. Il affiche le soutien &#224; 42 000 projets pour un montant global de 14 millions d'euros. La plate-forme pr&#233;l&#232;ve 10 % de chacun de ces financements. Un exemple montre que ceux-ci ne recherchent pas tous un bon placement (en terme de rentabilit&#233;) : en quelques semaines, 409 contributeurs ont vers&#233; &#224; un apiculteur du sud ouest, qui avait perdu ses ruches &#224; la suite de la crue d'une rivi&#232;re, 27 378 euros. Pour une participation de 45 euros, les donateurs ont re&#231;u sept pots de miel. Depuis f&#233;vrier 2012, un site propose le financement uniquement d'entreprises &#224; fort impact social, environnemental ou culturel en France : Spear, Soci&#233;t&#233; pour une &#233;pargne activement responsable38. Selon les crit&#232;res d&#233;finissant ces diff&#233;rents impacts, ce site s&#233;lectionne des projets d'entreprises ou d'associations. Ils sont soumis pour &#233;valuation &#233;conomique et financi&#232;re &#224; une des banques partenaires et ensuite ils sont pr&#233;sent&#233;s sur le site pour financement aux &#233;pargnants potentiels. Le versement minimum est de 100 euros ; le montant moyen par projet est lui de 170 000 euros, chaque projet devant avoir 30 % d'apports en capital sous forme de financement personnel, de subventions, de pr&#234;ts d'honneur, etc. On peut parler d'une sorte d'hybridation des ressources correspondant aussi &#224; une forme de partage. En France toujours, Kisskissbankbank, qui compte 138 000 membres, a collect&#233; 6,6 millions d'euros principalement pour des projets artistiques ou associatifs39. Il annonce un taux de r&#233;ussite de 58 % pour ceux-ci. Il fonctionne avec des dons et un projet collecte en moyenne entre 3000 et 5000 euros. Pr&#232;sdechezmoi.com est un site destin&#233; au financement de projets locaux en France. Quant &#224; Bulb in Town, il vise dans l'hexagone aussi un crowdfunding de proximit&#233; pour des projets &#233;galement associatifs ou de petites entreprises, en g&#233;n&#233;ral de faibles montants. Ce site pr&#233;l&#232;ve 5% du montant collect&#233; seulement si le projet atteint son objectif de financement, plus 3 &#224; 3,4 % pour frais de transaction ; le contributeur re&#231;oit des contreparties en rapport avec l'activit&#233; projet&#233;e. Wiseed a la particularit&#233; de faire du crowdfunding pour les startups (d'o&#249; des montants pouvant d&#233;passer 300 000 euros pour un seul projet) mais aussi pour les entreprises &#224; statut coop&#233;ratif. En 2013, ce site a lev&#233; 3 millions d'euros en huit op&#233;rations. Autre nouveaut&#233; sur ce march&#233;, Unilend qui permettra aux particuliers de pr&#234;ter directement &#224; une PME. Il vise le m&#234;me succ&#232;s que le britannique Funding Circle, en ayant pour objectif de capter au moins un milliard d'euros de pr&#234;t dans les cinq prochaines ann&#233;es. On peut citer aussi le cas de Smartangels. La menace des autorit&#233;s publiques que ces sites ne puissent plus pr&#233;lever un pourcentage des sommes ainsi collect&#233;es fait que certains d'entre eux pourraient, pour contourner cette contrainte, se domicilier au Luxembourg. Toutefois, un probl&#232;me plus important encore est pour eux sans doute le faible nombre des op&#233;rations men&#233;es en phase de d&#233;marrage : un site comme Anaxago n'a capt&#233; que 2,2 millions d'euros avec neuf dossiers en un ann&#233;e par exemple. Spear qui emploie quatre salari&#233;s a financ&#233; en deux ans seize projets (quatre d'associations et douze d'entreprises). On peut penser que ceci est insuffisant pour esp&#233;rer une rentabilit&#233; imm&#233;diate. Les avantages fiscaux pour les particuliers qui placent ainsi leurs fonds ne suffisent pas &#224; les attirer en grand nombre. Le peu de dossiers en cours rapport&#233; aux frais fixes de fonctionnement est un probl&#232;me &#233;videmment plus g&#233;n&#233;ral que celui li&#233; &#224; la technique de collecte par site car il se pose aussi de mani&#232;re forte pour les fonds de garantie en microcr&#233;dit comme le FIG &#224; Gen&#232;ve. Mais peut &#234;tre est-il accentu&#233; ici par la relative facilit&#233; de mettre en place un site, et donc par la concurrence qu'ils exercent les uns vis-&#224;-vis des autres. Quant aux projets pr&#233;sent&#233;s aux plateformes de financement privil&#233;giant ceux &#224; caract&#232;re solidaire ou environnemental, nombre par exemple ne r&#233;pondent pas simultan&#233;ment aux crit&#232;res des sites et &#224; une exigence de viabilit&#233; &#233;conomique et financi&#232;re. Beaucoup des op&#233;rations ciblant des startups et des PME sont boucl&#233;es par des business angels, sp&#233;cialistes traditionnels des placements &#224; risque dans de nouvelles entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par comparaison avec Spear ou Kisskissbankbank, le caract&#232;re mercantile du site international Indiegogo est frappant. Ce site de crowfunding est en quatre langues, pour des projets dans 224 pays et territoires et une collecte de fonds en cinq devises. Le pr&#233;l&#232;vement des sommes collect&#233;es (m&#234;me si le projet n'aboutit pas) est de 9 % plus les frais de transactions. Cette recherche de lucrativit&#233; et non de solidarit&#233; est &#233;galement forte chez Particeep qui propose outre le financement de projets de devenir affili&#233; du site et de percevoir ainsi 15 % des revenus qu'il g&#233;n&#232;re. Depuis octobre 2010, Ulule est un site d&#233;clin&#233; en six langues ; ceci lui permet d'afficher un caract&#232;re v&#233;ritablement europ&#233;en. Il a permis le financement de 3050 projets gr&#226;ce &#224; 10 millions d'euros collect&#233;s. Il vient d'absorber deux concurrents, Peopleforcinema et Octopus ; ce qui peut correspondre &#224; une strat&#233;gie capitalistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement international par crowdfunding est pratiqu&#233; par de nombreux sites. C'est le cas de Bluebees, un site fran&#231;ais destin&#233; au financement de petites entreprises dans les pays en d&#233;veloppement, visant le creux de financement entre le microcr&#233;dit et les pr&#234;ts des banques commerciales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;veloppement de cette technique par site de collecte de fonds a boulevers&#233; certaines habitudes du financement solidaire. Prenons l'exemple d'une mutation d'un fonds de capital risque solidaire en une structure &#224; caract&#232;re coop&#233;ratif mobilisant les techniques du crowdfunding. En 2005, Garrigues, un regroupement d'&#233;pargnants, qui finance en France des projets &#224; caract&#232;re solidaire, a cr&#233;&#233; un fonds de capital risque pour l'Afrique francophone avec l'association de solidarit&#233; internationale Tech-Dev, selon les m&#234;mes techniques traditionnelles de mobilisation de ce type d'&#233;pargne par la SIDI ou Oikos, des acteurs historiques du financement solidaire pour le Sud. Huit ann&#233;es plus tard, afin de pouvoir r&#233;unir, en France mais aussi en Afrique, diff&#233;rents types de soci&#233;taires (particuliers, fonds d'investissement et d'&#233;pargne salariale), lui permettant d'accro&#238;tre son capital d'intervention, Tech-Dev a d&#233;cid&#233; de se transformer en une soci&#233;t&#233; coop&#233;rative d'int&#233;r&#234;t collectif, sous le nom de Fadev. L'avantage comparatif de ce fonds de placement &#224; caract&#232;re solidaire par rapport &#224; d'autres est bas&#233; sur les relations qui ont &#233;t&#233; nou&#233;es depuis longtemps avec des partenaires sur le terrain pour pr&#233;s&#233;lectionner les projets, aider leurs responsables &#224; les rendre &#233;ligibles au financement et &#224; r&#233;pondre aux crit&#232;res de Fadev. Chaque &#233;pargnant place dans le fonds et ce dernier prend une participation dans une soci&#233;t&#233;. Parmi les premiers projets retenus, FruitsCam, une entreprise des environs de Yaound&#233;, qui emploie une vingtaine de salari&#233;s pour fabriquer des jus naturels, sirops et des confitures. La participation de 22000 euros du fonds devrait permettre de tripler la production en l'automatisant40. Le r&#244;le d'interm&#233;diaire de Fadev permet, outre la s&#233;lection des projets, un partage des risques entre &#233;pargnants puisque ceux-ci se trouvent r&#233;partis sur plusieurs projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Babyloan est la plus importante plateforme de microcr&#233;dit en Europe avec plus de 16 000 micro-entrepreneurs soutenus dans quinze pays &#224; travers la plan&#232;te (dont, innovation importante, la France &#224; la suite d'un accord avec l'Adie, premier acteur national du microcr&#233;dit) gr&#226;ce &#224; une collecte de 7 millions d'euros de pr&#234;ts solidaires cumul&#233;s aupr&#232;s des internautes. Il existe une trentaine de plateformes de ce type dans le monde. Les ressources issues de ce crowdfunding ne repr&#233;sentent qu'une goutte d'eau pour le secteur du microcr&#233;dit ; mais les sites de financement participatif affichent des taux de croissance &#224; deux voire trois chiffres, ce qui laisse pr&#233;sager que ce crowdfunding cibl&#233; essentiellement au Sud pourrait fortement cro&#238;tre. Leur mod&#232;le est celui de Kiva cr&#233;&#233;e en 2005 aux Etats-Unis, la premi&#232;re plateforme dans le secteur du microcr&#233;dit, qui en fait ne finance pas les emprunteurs finals mais les structures de microcr&#233;dit ouvrant des pr&#234;ts &#224; ceux-ci. Kiva a permis de lever plus d'un demi milliard de dollars de pr&#234;ts pour financer 1,2 million de micro-entrepreneurs dans le monde. Aux &#201;tats-Unis, environ deux habitants sur 1000 pr&#234;tent par l'interm&#233;diaire de cette plateforme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Premi&#232;res conclusions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces innovations dans la consommation, l'h&#233;bergement, les transports, le financement, etc. sont amplement favoris&#233;es par l'usage d'internet qui r&#233;sout certains probl&#232;mes de transfert de l'information et acc&#233;l&#232;re beaucoup sa circulation. Le succ&#232;s des placements par crowdfunding explique largement le mim&#233;tisme du crowdgiving, comme pour le Trailwalker dans lequel un petit groupe mobilise les soutiens d'amis et de proches pour financer l'ONG Oxfam41 ; la solidarit&#233; s'y r&#233;alise &#224; des niveaux multiples : au sein du groupe initiateur, avec les proches et amis de ses membres, dans la relation du groupe avec l'ONG et enfin entre celle-ci et les b&#233;n&#233;ficiaires de ses interventions. L'usage du web a ouvert des potentialit&#233;s fortes pour des rencontres directes entre offres et demandes de biens et services de toute nature et la capacit&#233; d'essor de sites de servir d'interm&#233;diaires pour accro&#238;tre le degr&#233; de confiance de ce type de transactions. Toutefois cette nouvelle &#233;conomie n'est pas seulement un accroissement quantitatif de pratiques qui seraient analogues &#224; l'autostop, le bed-and-breakfast, les petites annonces pour vendre des biens et services ou encore les cr&#232;ches parentales. Celles-ci peuvent aussi &#234;tre revendiqu&#233;es comme une pratique associative de co-activit&#233; quand les parents contribuent eux-m&#234;mes non seulement &#224; la gestion de l'institution mais aussi directement en s'occupant dans ce cadre des enfants d'&#226;ge pr&#233;scolaire de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re ; pour leurs initiateurs, au-del&#224; de la co-production d'un service, il s'agissait aussi d'une &#233;ducation communautaire dans l'esprit post 68, notamment quand elles &#233;taient situ&#233;es dans les locaux m&#234;mes des universit&#233;s. Elles manifestaient le partage des t&#226;ches &#224; accomplir (y compris en s'opposant aux traditionnelles sp&#233;cialisations entre hommes et femmes) mais aussi celui d'exp&#233;riences et de comp&#233;tences ainsi que la transmission de l'organisation &#224; d'autres parents au fur et &#224; mesure que les enfants grandissaient (donc une impossibilit&#233; d'appropriation du service vu sa nature sp&#233;cifique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type de proximit&#233; et le mode de mise en relation ont chang&#233;. L'usage du t&#233;l&#233;phone portable comme moyen de paiement et pour recevoir diff&#233;rents types d'informations ne pourra que favoriser davantage ces pratiques pouvant &#234;tre locales ou &#224; grande distance (par exemple pour l'h&#233;bergement). Mais il serait faux d'imaginer qu'il s'agit seulement de l'effet d'une technique nouvelle de communication permettant d'&#233;tendre le nombre et l'origine des clients potentiels et de payer &#224; distance. Tout d'abord on observe un am&#233;nagement, un contournement, un d&#233;bordement ou une subversion des limites entre entreprises et activit&#233;s domestiques. On peut d'ailleurs comprendre de nombreuses initiatives de l'&#233;conomie collaborative comme la r&#233;alisation pratique de l'id&#233;ologie de l'homo economicus tel que celui-ci est pr&#233;sent&#233; dans l'&#233;conomie pure walrasienne. L'agent &#233;conomique est le support de plusieurs fonctions &#233;conomiques et n'est pas d&#233;termin&#233; par les institutions et appartenances de classe de l'ancien mod&#232;le promu par l'&#233;conomie politique classique reconnaissant les antagonismes et les compl&#233;mentarit&#233;s entre salaire, rente et profit, dans leurs dimensions sociales. Les syst&#232;mes d'&#233;change local avaient &#224; partir des ann&#233;es 1980 et surtout 1990 en Am&#233;rique du Nord et en Europe principalement, engag&#233; une telle &#233;volution vers une multifonctionnalit&#233; des participants par la diversit&#233; des demandes pouvant &#234;tre ainsi satisfaites et des offres pouvant &#234;tre r&#233;gl&#233;es de la sorte. Il s'agit donc aussi d'une extension consid&#233;rable du champ de la mon&#233;tarisation d'activit&#233;s. L'&#233;conomie collaborative transforme des valeurs d'usage, principalement domestiques, en valeurs d'&#233;change42. Mais la mon&#233;tarisation des biens et services qu'elle engendre est de nature tr&#232;s diff&#233;rente si la finalit&#233; est principalement lucrative ou s'il s'agit au contraire de promouvoir des pratiques solidaires et des rapports de r&#233;ciprocit&#233; dans lesquels l'argent fait lien ; et encore plus si ne pr&#233;vaut pas une logique d'accumulation mais une logique d'autosatisfaction. Dans la logique d'accumulation, il y a parfaite compatibilit&#233; avec le projet n&#233;olib&#233;ral o&#249; l'individu maximise son utilit&#233; totale &#224; partir des capacit&#233;s dont il dispose et qui sont reconnues comme propri&#233;t&#233; priv&#233;e par sa capacit&#233; de contracter. &#192; la diff&#233;rence des autres logiques, il ne manifeste de souci pour autrui que si ceci sert ses propres int&#233;r&#234;ts individuels imm&#233;diats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour illustrer le fait que l'usage intensif des possibilit&#233;s offertes par l'informatique ne suffit pas &#224; accro&#238;tre le caract&#232;re de partage, il suffit de comparer le bitcoin et les monnaies compl&#233;mentaires locales. Dans le premier cas, il s'agit essentiellement d'un instrument sp&#233;culatif dont l'usage pour r&#233;gler des transactions est tr&#232;s r&#233;duit et dont la production (par ordinateurs consommant des quantit&#233;s croissantes d'&#233;lectricit&#233; par bitcoin cr&#233;&#233;) et la possession sont principalement recherch&#233;es afin de b&#233;n&#233;ficier d'une &#233;ventuelle plus value. Le projet du bitcoin, tel que pr&#233;sent&#233; par un grand nombre de ses promoteurs, se situe parfaitement dans la lign&#233;e hayekienne d'une d&#233;nationalisation de la monnaie. &#192; l'oppos&#233; de cette privatisation de la monnaie et de cette strat&#233;gie d'accumulation individuelle (gain en partie fictif quand il ne s'agit que de l'accroissement d'un cours sans revente effective), les monnaies locales compl&#233;mentaires permettent de cr&#233;er une dynamique d'interd&#233;pendances entre acteurs locaux, entre consommateurs et producteurs, ainsi que de nouveaux modes d&#233;mocratiques dans leur gestion d'un commun43. On doit remarquer l&#224; encore que les monnaies locales compl&#233;mentaires en privil&#233;giant les circuits courts sont soucieuses des questions environnementales alors que la production de bitcoins est &#233;nergivore. Les organisations &#224; caract&#232;re financier sont rarement soucieuses des probl&#232;mes &#233;cologiques et, quand elles incluent cette probl&#233;matique, leur contribution se r&#233;v&#232;le g&#233;n&#233;ralement limit&#233;e44.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur du partage, entendu comme mise en commun, se trouve un facteur que l'on peut qualifier d'associatif ou mutualiste, qui, comme l'avait mis en avant Pierre Joseph Proudhon (Dardot, Laval 2014 p. 205-214), fait que le produit d'une activit&#233; men&#233;e par une m&#234;me personne pendant une certaine dur&#233;e est inf&#233;rieur au r&#233;sultat de l'activit&#233; simultan&#233;e et coordonn&#233;e d'un groupe de personnes pendant le m&#234;me temps cumul&#233;. La synergie d'un collectif entreprenant d&#233;gage un surplus par rapport &#224; une action individuelle. Une question essentielle est ici de savoir comment celui-ci est distribu&#233; ou appropri&#233; ; ce qui correspond &#224; la reconnaissance ou &#224; l'inverse &#224; la n&#233;gation de ce collectif. Il y a n&#233;gation du collectif lorsque le propri&#233;taire d'une entreprise consid&#232;re la main d'&#339;uvre comme un simple facteur de production et il y a reconnaissance du collectif et donc de quelque chose de commun dans une gestion r&#233;ellement coop&#233;rative. L'ensemble des pratiques dites &#171; collaboratives &#187; rel&#232;ve de quatre logiques diff&#233;rentes. Elles peuvent &#234;tre antith&#233;tiques ou compatibles, et dans ce cas se dynamiser. La premi&#232;re est celle de l'optimisation de l'usage d'un bien que l'on poss&#232;de en en faisant une source de revenus ; sa logique est individuelle et permet au propri&#233;taire de profiter de sa raret&#233; et du besoin qu'&#233;prouvent les autres. La deuxi&#232;me est celle de faire b&#233;n&#233;ficier autrui (gratuitement ou avec contre-partie) de la jouissance de ses biens. La troisi&#232;me est celle d'&#233;viter le gaspillage en relation avec la recherche d'une autosatisfaction collective (notamment par le recyclage et la gestion des d&#233;chets). La quatri&#232;me est celle d'une activit&#233; en association ou coop&#233;ration et la mutualisation des capacit&#233;s. Les deux premi&#232;res logiques s'opposent, l'exercice du droit de propri&#233;t&#233; apparaissant absolu dans la premi&#232;re et limit&#233; par les besoins de tous dans la deuxi&#232;me. Par cons&#233;quent, compte tenu des ambigu&#239;t&#233;s traversant les pratiques dites &#171; collaboratives &#187; et des logiques oppos&#233;es pouvant les structurer, il faut d&#233;passer le simple inventaire de ce qui peut s'apparenter plus ou moins &#224;, ou pr&#233;texter &#234;tre, des formes contemporaines de partage pour comprendre ce qui les r&#233;unit : mais aussi ce qui les oppose et qui peut en fait beaucoup les &#233;loigner du partage. Cela permet de lever les ambigu&#239;t&#233;s que rec&#232;le l'usage de termes &#171; partage &#187; ou &#171; sharing &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2. D&#233;finir le partage &#224; partir du concept de commun&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au sein des pratiques pr&#233;tendues de partage ou le r&#233;alisant, que je viens de pr&#233;senter, l'affichage du souci d'autrui tient pour certaines d'entre elles davantage du moyen de s&#233;duction &#224; fins lucratives que d'une finalit&#233; effectivement recherch&#233;e par souci d'autrui. Pour discriminer celles qui se r&#233;v&#232;lent de plus en plus comme un nouveau visage d'activit&#233;s mercantiles et lucratives, il est possible de les passer au crible de la probl&#233;matique du commun45. Le sens du terme &#171; commun &#187;46 n'est pas ici celui, large, qu'il rev&#234;t le plus couramment chez les philosophes (Dardot, Laval, 2014, p. 25-51, 234-240, 250-283) ; m&#234;me s'il existe des convergences entre les deux47. Il se situe dans le prolongement de celui plus restreint qu'il a pris, notamment chez des &#233;conomistes critiques ou institutionnalistes et des socio&#233;conomistes, &#224; la suite des travaux d'E. Ostrom dans le champ environnemental48. Ce croisement des probl&#233;matiques est d'autant plus important que j'ai relev&#233; &#224; plusieurs reprises que le co&#251;t de l'empreinte &#233;cologique des activit&#233;s &#233;tait exceptionnellement pris en compte par les acteurs de l'&#233;conomie collaborative ; oubliant ainsi largement le partage interg&#233;n&#233;rationnel et la r&#233;partition &#233;quitable des ressources disponibles. L'id&#233;e de commun est caract&#233;ris&#233;e &#224; la suite d'Ostrom de fa&#231;on positive par au moins trois dimensions, qui permettent de l'appr&#233;hender dans une perspective elle-m&#234;me diff&#233;rente et plus porteuse de transformations politiques, sociales et &#233;conomiques que celle des juristes. Elles tiennent aux r&#232;gles qui l'instituent et aux normes des communaut&#233;s (de taille et de dur&#233;e variables) qui la reconnaissent &#224; travers leurs pratiques, &#224; savoir :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la d&#233;mocratie r&#233;gissant les rapports entre les diverses parties prenantes de l'usage ou de la co-production de ces biens et services qui en sont le support ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le soucis des autres (pr&#233;sents et avenir) &#224; travers les conditions de leur renouvellement et donc la recherche d'une soutenabilit&#233; de l'usage ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et le partage, non pas au sens d'une division mais d'un acc&#232;s et d'un usage &#233;tablis en proportion des besoins reconnus de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre territorial de l'inscription de ces trois dimensions est essentiel, &#233;tant donn&#233; qu'elle peut se faire &#224; diff&#233;rents niveaux selon les objets en &#233;tant le support. Je m'attache plus particuli&#232;rement ici &#224; la troisi&#232;me dimension : le partage et &#224; sa d&#233;finition ; entendu que celui-ci ne peut pas se r&#233;aliser ind&#233;pendamment de la reconnaissance des deux autres dimensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voies de communications et le stationnement comme illustration d'une distinction entre communs, biens priv&#233;s et biens publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
La distinction entre communs, biens priv&#233;s et biens publics est une premi&#232;re fa&#231;on d'appr&#233;hender simplement le concept de partage, ind&#233;pendamment des droits de propri&#233;t&#233;. Pour int&#233;grer cette diff&#233;rence en l'appliquant &#224; la vie quotidienne, prenons un exemple v&#233;cu au quotidien : celui de l'acc&#232;s &#224; diff&#233;rentes voies de circulation et de leur coproduction comme espace commun par leur usage hi&#233;rarchis&#233;. Leur acc&#232;s peut &#234;tre totalement libre pour tout v&#233;hicule et pour toute personne. C'est alors un espace public avec un code de la route s'imposant &#224; tous les v&#233;hicules et implicitement aux pi&#233;tons. Toutefois, l'on constate que l'acc&#232;s &#224; cet espace n'est pas totalement libre car il est soumis &#224; certaines r&#232;gles permettant son usage partag&#233;. Dans la plupart des pays par exemple, les pi&#233;tons doivent marcher sur le c&#244;t&#233; gauche de la route alors que les voitures roulent &#224; droite ; il existe une priorit&#233; de la voiture montante par rapport &#224; la voiture descendante, ainsi que diff&#233;rents panneaux indiquant des limitations de vitesse, sens obligatoire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour acc&#233;der &#224; une autoroute, un tunnel ou un pont peut &#234;tre exig&#233; un p&#233;age ; tous ceux qui ne sont pas motoris&#233;s peuvent de ce fait subir une interdiction d'acc&#232;s (c'est le cas sur les autoroutes ou les voies rapides et g&#233;n&#233;ralement dans les tunnels). On peut l'interpr&#233;ter comme une forme de privatisation de cet espace du fait de l'exclusion d'une partie des usagers potentiels. Ce qui montre aussi qu'une privatisation peut s'appliquer &#224; des espaces dont la propri&#233;t&#233; est publique ; et donc que le concept de commun ne r&#233;f&#232;re pas &#224; un statut juridique relatif &#224; la propri&#233;t&#233; d'un bien. La distinction entre propri&#233;t&#233;, possession et appropriation peut ici rev&#234;tir une certaine pertinence &#224; partir du moment o&#249; chacune est comprise comme un faisceau de droits49 individuels et collectifs (Orsi 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pollution atmosph&#233;rique et sonore ainsi que l'encombrement des villes peuvent &#234;tre interpr&#233;t&#233;s comme le r&#233;sultat d'actions individuelles, notamment du fait d'un usage excessif de l'automobile par les m&#233;nages, d&#233;truisant des biens communs. La limitation de l'acc&#232;s aux centres urbains par l'instauration d'un p&#233;age peut constituer un moyen de pr&#233;server ces communs. Ainsi la ville de Milan a introduit en janvier 2012, &#224; la suite d'un r&#233;f&#233;rendum approuv&#233; par 79,1 % des votants, le paiement d'un ticket d'entr&#233;e de 5 euros pour tous les v&#233;hicules, du lundi au vendredi entre 7h 30 et 19h 30 (les voitures &#233;lectriques et les deux roues ne l'acquittent pas et les r&#233;sidents ont droit &#224; quarante passages gratuits par an et ne paient que 2 euros le ticket par passage suppl&#233;mentaire). Depuis le trafic automobile a diminu&#233; de 28 % et l'usage des bus et tramways aux heures de pointe a augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut reconna&#238;tre comme un exemple de partage de l'espace le fait que dans les rues d'une ville, l'acc&#232;s soit reconnu comme &#233;tant possible pour tous ; mais, au lieu de tracer des voies diff&#233;rentes parall&#232;les r&#233;serv&#233;es respectivement aux pi&#233;tons, aux cyclistes, aux transports en commun et aux autres v&#233;hicules, tous ont l'usage d'un m&#234;me espace qui n'est pas mat&#233;riellement divis&#233;. Toutefois, il existe une r&#232;gle de priorit&#233; des pi&#233;tons sur les cyclistes, des cyclistes sur les transports en commun et de ceux-ci sur les v&#233;hicules priv&#233;s. En cas d'accident la responsabilit&#233; de la cat&#233;gorie en quelque sorte sup&#233;rieure est toujours engag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation du partage de l'espace se rencontre aussi en mati&#232;re de stationnement quand, pour garantir un plus large usage &#224; tous (une sorte de renouvellement de la ressource), les conducteurs doivent afficher un disque de stationnement limitant la dur&#233;e de leur stationnement aux heures d'affluence. On rencontre aussi des parkings r&#233;serv&#233;s le jour aux personnes travaillant dans la zone, et la nuit &#224; ceux qui y r&#233;sident (&#224; Grenoble par exemple) ; l'acc&#232;s prioritaire est donc dans ce cas reconnu en fonction des besoins. On voit ainsi dans les exemples relatifs &#224; la circulation, que la ressource &#224; renouveler est la capacit&#233; de se d&#233;placer ou de stationner pour ne pas &#233;chapper &#224; deux extr&#234;mes : l'encombrement absolu ou l'interdiction totale d'acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le partage implique la possibilit&#233; pour ceux reconnus comme membres d'un groupe d'usagers ou de co-producteurs (dont la taille peut varier) d'utiliser et de permettre la reproduction d'une ressource consid&#233;r&#233;e comme rare, institu&#233;e et g&#233;r&#233;e comme un commun. Une ressource est d&#233;finie par un rapport entre des moyens et des fins.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au del&#224; de la rivalit&#233; dans les usages&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La plupart des acc&#232;s &#224; des ressources et leurs co-productions et usages sont plus complexes que ceux des voies de circulation. Leur utilisation par les uns concurrence, plus ou moins, les usages (qui peuvent &#234;tre multiples) faits par d'autres. Du fait de cette rivalit&#233;, les ressources sont vuln&#233;rables. Elles le sont :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; aux d&#233;gradations du fait de leur sur-utilisation mettant en p&#233;ril leur renouvellement,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; aux comportements de free-riding (passager clandestin en usant sans contribuer &#224; la production ou payer, ou en ne respectant pas les r&#232;gles &#233;tablies ou les normes promues),&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; et &#224; leur monopolisation (dont les privatisations par enclosures constituent une figure de l'exclusion).&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette concurrence des int&#233;r&#234;ts conduit &#224; ce que l'on d&#233;signe comme &#171; trag&#233;die du libre acc&#232;s &#187;, pour traduire tragedy of commons, le titre de l'article de Garett Harding publi&#233; en 1968, sans souscrire &#224; ses conclusions favorables &#224; la solution qu'il pr&#244;ne : leur privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance ou l'institution d'un commun suppose donc :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la d&#233;finition de son groupe de co-producteurs ou d'usagers (multiples et interd&#233;pendants) et en cons&#233;quence la fixation de fronti&#232;res (avec une ouverture plus ou moins grande &#224; l'ext&#233;rieur) et la pr&#233;cision des r&#244;les, fonctions ou qualit&#233;s de chacun au sein de cet espace,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la connaissance des conditions d'acc&#232;s, d'appropriation, d'exclusion, de distribution, de pr&#233;l&#232;vement et de reproduction de cette ressource,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; le contr&#244;le de son usage et des capacit&#233;s d'en tirer des revenus,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; l'arbitrage d'&#233;ventuels conflits dans l'activit&#233; commune ou l'utilisation,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la capacit&#233; de s'adapter aux changements,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; l'introduction d'une &#233;chelle de sanctions et de modes de r&#233;pression de ceux ne se conformant pas aux r&#232;gles et aux normes collectivement accept&#233;es (Ostrom, Basurto 2013 p. 7, 9, 11, 19, Weinstein 2013). Ces normes sont des valeurs promues en prescrivant des actions ou des r&#233;sultats, et d'une certaine fa&#231;on le permettent ou y obligent. Ces r&#232;gles autorisant ou au contraire interdisant sont des formes d'organisation comportant des sanctions lorsque des actions prohib&#233;es sont commises et constat&#233;es ou que les prescriptions ne sont pas respect&#233;es. Elles sont donc les unes et les autres constitutives et r&#233;gulatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe donc pas de commun par nature ; ce qui explique aussi pourquoi la domination de l'id&#233;ologie et de l'organisation n&#233;olib&#233;rale a engendr&#233; leur restriction ; ce qui a pu &#234;tre qualifi&#233; de &#171; nouvelles enclosures &#187;. Les modes de possession et leurs r&#233;gimes d'&#233;change peuvent varier (Chanteau, Labrousse, 2013 p. 26) ; d'o&#249; l'insuffisance de l'opposition public/priv&#233; ou gratuit/payant. Priment l'acc&#232;s &#224; et l'usage des flux engendr&#233;s par la ressource, sa production ou reproduction et sa gestion. La division entre administration et march&#233; est tout aussi inad&#233;quate compte tenu notamment des multiples formes de march&#233; qui ne peuvent pas se r&#233;duire &#224; une soumission au seul principe de concurrence contrairement &#224; l'analyse qu'en fait Laurence Fontaine (2014) dans son apologie sans nuance du march&#233; et la tr&#232;s large confusion qu'elle commet non seulement entre concurrence et march&#233; mais aussi entre public, collectif et commun50. L'arrangement institutionnel contr&#244;lant les flux de cette ressource est contingent &#224; un contexte qui le manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La dimension collective des communs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse d'une division, d'un fractionnement, d'un morcellement ou d'un d&#233;membrement, que le mot &#171; partage &#187; peut sugg&#233;rer, il s'agit d'une mise en commun ou d'une reconnaissance du caract&#232;re d'un bien dont la dimension collective pr&#233;existe et a &#233;t&#233; reconnue (donc n'est pas automatique et spontan&#233;e) ou qui a &#233;t&#233; produite et institu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile d'imaginer la cr&#233;ation de communs ou leur reconnaissance sans le support de mouvements sociaux ou des efforts coop&#233;ratifs ; d'o&#249; leur dimension politique (Allaire 2013 p. 4, 26), qu'illustre bien en Italie en 2011 le mouvement ayant conduit au rejet par r&#233;f&#233;rendum de la privatisation de la distribution de l'eau puis sur cette base &#224; Naples sa remunicipalisation (Dardot, Laval, 2014 p. 522-526). Le coop&#233;rativisme, le mutualisme, l'associativisme, le solidarisme51 et de nombreuses formes du socialisme dit &#171; utopique &#187; ont constitu&#233; un extraordinaire effort pour mettre en place dans les champs de la production, des &#233;changes, du financement et de la consommation des pratiques instituant &#224; des degr&#233;s divers des communs que, pendant des si&#232;cles, l'organisation en m&#233;tiers et du commerce et des droits communaux notamment dans l'Europe d'Ancien R&#233;gime avait repr&#233;sent&#233;s ; des formes de march&#233; l&#224; encore non syst&#233;matiquement soumises &#224; une logique de concurrence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les actuels communs ne sont pas de simples survivances du pass&#233; ; m&#234;me si l'on peut plus facilement en trouver des exemples dans les mondes ant&#233;-industriels et ant&#233;-capitalistes qu'aujourd'hui, notamment au sein des communaut&#233;s paysannes (Orsi 2013 p. 5-8, Sabourin 2012). C'est une dimension permanente de tout ce qui touche &#224; ces dimensions souvent appr&#233;hend&#233;es de fa&#231;on atrophi&#233;e comme l'&#233;conomie des soci&#233;t&#233;s. Pour les contemporains, elle interpelle fortement la question d'une gestion d&#233;mocratique ou non des richesses par les parties prenantes. La difficult&#233; essentielle ici tient &#224; ce que les formes de socialisme (ou autoproclam&#233;es comme tel) qui se sont d&#233;velopp&#233;es au XXe si&#232;cle ont pour l'essentiel tendu &#224; confondre commun et biens publics ; ceux-ci &#233;tant g&#233;r&#233;s par le haut au nom d'un int&#233;r&#234;t suppos&#233; g&#233;n&#233;ral. Cette appropriation bureaucratique52, excluant tr&#232;s largement de leur gestion tant les travailleurs directement impliqu&#233;s dans leur production que les utilisateurs, et les effets de domination induits, ont rendu d'autant plus ais&#233;e leur privatisation quand l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale est devenue h&#233;g&#233;monique. La r&#233;sistance &#224; cette sorte d'expropriation ne pouvait qu'&#234;tre tr&#232;s faible puisque l'implication du plus grand nombre &#233;tait r&#233;duite &#224; celle de consommateurs et d'usagers passifs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des champs d'application multiples&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toutes choses &#233;gales par ailleurs, selon le caract&#232;re renouvelable ou &#233;puisable, tangible ou intangible, mat&#233;riel ou immat&#233;riel, ce qui a &#233;t&#233; dit dans de nombreux travaux sur les communs &#224; propos de l'eau, des for&#234;ts, des ressources halieutiques ou de p&#226;turages (Ostrom 2002, 2005 ; Baron, Petit, Romagny 2011, Perret, Paranque, Achir, 2014 parmi beaucoup d'autres) est de plus en plus appliqu&#233; &#224; la sant&#233; humaine et animale (Zinsstag 2011), au patrimoine g&#233;n&#233;tique, aux biens culturels, aux connaissances scientifiques ou traditionnels, aux logiciels et &#224; la propri&#233;t&#233; intellectuelle (Coriat 2013), &#224; l'habitat (Chanteau, Labrousse 2014 note 32 p. 37), aux moyens de transport et aux infrastructures collectives comme &#224; la monnaie et &#224; la finance (Meyer 2012, Servet 2014a, b)53 ou &#224; l'&#233;conomie solidaire (Chanteau, Labrousse, 2013 p. 24, Errembault 2012). Ainsi sont reconnues et d&#233;pass&#233;es les divisions de la soci&#233;t&#233; ; ou celles-ci sont comprises comme le moteur de nouveaux mouvements sociaux. Pierre Dardot et Christian Laval (2014) appr&#233;hendent le commun comme une r&#233;volution au XXIe si&#232;cle. Ceci se r&#233;alise par la collaboration de leurs acteurs qui pensent et constatent que la rivalit&#233; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s et l'absence de limite &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e ne peuvent qu'engendrer un bien-&#234;tre inf&#233;rieur pour le plus grand nombre. Tout particuli&#232;rement lorsqu'on se trouve face &#224; des biens dont le co&#251;t marginal de production est d&#233;croissant (c'est le cas de la plupart des biens culturels reproductibles et diffusables par les r&#233;seaux informatiques ou de l'usage de brevets).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aborder dans de multiples domaines les rapports sociaux &#224; partir de la grille du partage permet aussi de montrer que ce n'est pas tel ou tel type de comportement (en l'occurrence &#233;go&#239;ste et calculateur ou, &#224; l'inverse, g&#233;n&#233;reux) qui conditionne les fa&#231;ons de penser, les pr&#233;f&#233;rences et les habitudes. Les cadres institutionnels (organisations, r&#232;gles et normes) d&#233;finissant et reconnaissant les communs d&#233;terminent celles-ci (Weinstein, 2013 : 15). Cette institution ou reconnaissance du partage (selon l'appr&#233;hension qui vient d'en &#234;tre faite) joue d&#232;s lors un r&#244;le essentiel pour comprendre le d&#233;veloppement des modes d'interd&#233;pendance des activit&#233;s humaines que sont les principes de r&#233;ciprocit&#233; ou d'autosuffisance comme institutionnalisation de formes de solidarit&#233; ou celui de pr&#233;l&#232;vement-redistribution comme institutionnalisation de la protection (Sabourin 2012, Servet 2009, 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche permet aussi de d&#233;passer l'opposition souvent trac&#233;e entre march&#233; et communs. Comme le souligne Gilles Allaire (2013 p. 2 sq.) non seulement aucune production mais aussi aucun march&#233; ne saurait exister sans l'acc&#232;s des participants &#224; des ressources partag&#233;es. Les syst&#232;mes de march&#233; comme &#233;conomies marchandes mobilisent des biens priv&#233;s, des biens publics et des communs. Le reconna&#238;tre est diff&#233;rent d'affirmer que ces derniers introduisent une troisi&#232;me voie entre march&#233; et &#201;tat par la d&#233;finition de biens et services sp&#233;cifiques, ou plut&#244;t selon l'approche d'Ostrom entre tout march&#233; et tout &#201;tat (Chanteau, Labrousse, 2013 p. 22, 24, 28). Ces trois types d'usage (correspondant &#224; des r&#233;gimes de propri&#233;t&#233; et &#224; des modes d'appropriation, de possession et de gestion divers et ne devant pas &#234;tre confondus avec des statuts juridiques (Orsi 2013)) sont ainsi indispensables tant au fonctionnement effectif des march&#233;s qu'&#224; la fourniture des biens du domaine public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La grille de lecture des communs permet de distinguer des formes de partage &#224; caract&#232;re solidaire de pratiques qui se r&#233;clament du partage &#224; travers la collaboration des acteurs mais qui n'ont rien de solidaire ; ou du moins de reconna&#238;tre des degr&#233;s de solidarit&#233; plus ou moins &#233;lev&#233;s. Il est donc temps de revenir &#224; mon point de d&#233;part, la revendication du partage au sein de mouvements sociaux contestataires. Cette dimension d&#233;passe donc tr&#232;s largement les innovations que r&#233;v&#232;le l'&#233;conomie dite &#171; collaborative &#187; car ils se situent &#224; un niveau de globalit&#233; sup&#233;rieure &#224; celles-ci et, m&#234;me lorsque leur agir est local, l'intensit&#233; de l'exigence de partage y est beaucoup plus forte que dans cette derni&#232;re. Ils s'opposent &#224; l'approche n&#233;olib&#233;rale de l'&#233;conomie alors que celle-ci peut parfaitement se r&#233;v&#233;ler compatible avec certaines initiatives de l'&#233;conomie collaborative visant une bonne gestion des ressources dont chacun individuellement dispose, voire constituer un nouveau mode d'exploitation des besoins d'autrui par la valorisation de son patrimoine. Les d&#233;bats actuels sur le revenu inconditionnel ou universel d'existence (au del&#224; des diverses appellations pouvant correspondre &#224; des approches diff&#233;rentes) ou sur le salaire minimum renvoient aussi &#224; la question du partage des ressources cr&#233;&#233;es dans une soci&#233;t&#233; (au sens &#233;troit et large du terme). On le voit &#224; travers ceux qui veulent frontalement supprimer le salaire minimum ou au contraire l'adapter comme en France en proposant un &#171; sous smic &#187; pour les jeunes par exemple, et donc individualiser de plus en plus fortement les r&#233;mun&#233;rations, au nom d'une hypoth&#233;tique incitation au travail ou efficacit&#233; dans la gestion des ressources ; vis-&#224;-vis de laquelle une partie m&#234;me du patronat &#233;met des doutes en la d&#233;crivant, non sans raison, comme &#233;tant r&#233;trograde, de l'esclavagisme a-t-on pu lire &#224; ce propos. Proposition aussi &#224; l'inverse de la votation propos&#233;e en Suisse en mai 2014 sur l'&#233;tablissement d'un salaire minimum de 4000 francs (soit environ 3200 euros par mois) ou bien la limitation d'un plafond aux r&#233;mun&#233;rations les plus &#233;lev&#233;es (qui a fait aussi l'objet d'un r&#233;f&#233;rendum en mars 2013 pour les entreprises c&#244;t&#233;s en bourse et en novembre 2013 pour toutes les entreprises). Ce sont diverses fa&#231;ons de se situer dans une perspective de partage. On le per&#231;oit bien d'ailleurs en observant la position de ceux qui s'opposent le plus farouchement &#224; cette derni&#232;re initiative ou soutiennent une diminution du salaire minimum en se situant pro ou prou dans le sillon du n&#233;olib&#233;ralisme. Pendant le quart de si&#232;cle de son h&#233;g&#233;monie, celui-ci a &#233;t&#233; un fossoyeur du partage. Toutefois si l'on s'attache aux acteurs ou clients tant de l'&#233;conomie dite &#171; collaborative &#187; que &#171; solidaire &#187;, pour ne retenir que ces deux expressions de retrouvailles explicites du partage, il serait faux d'imaginer que ces nouvelles fa&#231;ons de vivre et de vivre ensemble (ce vivre impliquant non seulement la consommation mais aussi le travail notamment) seraient le plus d&#233;sir&#233;es par et revendiqu&#233;es par ceux que l'on pourrait penser en avoir davantage besoin ; &#224; savoir les plus mat&#233;riellement d&#233;munis subissant fortement la r&#233;duction de leur pouvoir d'achat en situation de crise et une d&#233;gradation de leurs conditions d'existence en particulier du fait de nombreuses privatisations de services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons que les tenants de l'&#233;conomie collaborative qui affichent des valeurs de partage s'attachent exceptionnellement aux probl&#232;mes dits &#171; de pauvret&#233; &#187;, de &#171; pr&#233;carisation &#187; ou &#171; d'exclusion &#187; ; ils d&#233;fendent plut&#244;t un mieux vivre ensemble (cet ensemble pouvant r&#233;unir toutes les cat&#233;gories de la population, ce qui &#233;limine toute stigmatisation) ; le plus souvent il n'est pas question de co-produire mais simplement d'accro&#238;tre les ressources dont ils peuvent disposer en partageant les leurs &#224; travers des formes d'&#233;change. Ce ne sont pas les plus n&#233;cessiteux qui r&#233;clament davantage ces droits et notamment la consommation d'objets d'occasion. Quand ils y ont recours, g&#233;n&#233;ralement ils le subissent surtout parce que, le plus souvent, ils ne remettent pas en cause les normes dominantes du consum&#233;risme. La majorit&#233; se situent plut&#244;t dans une logique redistributive de protection, avec en particulier des revenus de substitution permettant d'acc&#233;der &#224; certains &#233;l&#233;ments du mode de vie standard dans leur soci&#233;t&#233;, que dans une recherche de solidarit&#233;s actives supposant la r&#233;ciprocit&#233;. L'essor de v&#233;ritables pratiques de partage s'appuie sur la collaboration de groupes, et &#224; travers ceux-ci sur des personnes, qui pensent au-del&#224; de leurs int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats et individuels (en particulier de fa&#231;on &#233;vidente pour ce qui constitue les dimensions interg&#233;n&#233;rationnelles du partage).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la logique de la &#171; soci&#233;t&#233; de consommation &#187; semble avoir produit une de ses limites. En favorisant l'obsolescence technique acc&#233;l&#233;r&#233;e des produits et la diffusion d'une obsolescence symbolique et psychologique par la publicit&#233; de nouvelles gammes des m&#234;mes produits54, les entreprises ont fortement contribu&#233; &#224; changer le rapport de leurs clients aux objets et ont favoris&#233; &#224; la fois un mouvement d'appropriation de certaines marques par des groupes de clients55 et un d&#233;tachement des consommateurs par rapport au caract&#232;re durable des biens. Le caract&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re des biens de consommation a atteint un tel degr&#233; que les habits import&#233;s &#224; bon march&#233; peuvent de moins en moins &#234;tre r&#233;utilis&#233;s par les organisations caritatives. Rien d'&#233;tonnant donc que pour des fins strictement lucratives des firmes s'engagent aujourd'hui dans un nouveau march&#233;, celui de l'&#233;conomie dite &#171; collaborative &#187; et r&#233;cup&#232;rent en partie, si l'on peut dire, un fonds de commerce de l'&#233;conomie solidaire. Les consommateurs acqui&#232;rent de moins en moins la propri&#233;t&#233; de biens durables et davantage des fonctions ou des usages. Le t&#233;l&#233;phone portable dont la dur&#233;e de vie est limit&#233;e est de ce point de vue embl&#233;matique. De m&#234;me, les m&#233;nages n'acqui&#232;rent qu'exceptionnellement des meubles en bois massifs destin&#233;s &#224; durer et &#224; &#234;tre transmis de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration ; les consommateurs de plus en plus individualis&#233;s ach&#232;tent des &#233;l&#233;ments qu'ils savent qu'ils jetteront ou m&#234;me que, selon leur usage et l'&#233;volution de leurs contraintes de vie, ils revendront, &#233;ventuellement en les bradant ; ce qui peut objectivement induire une forme de partage&#8211; mais qui constitue des pratiques bien souvent tr&#232;s &#233;loign&#233;es de la solidarit&#233; entendue comme souci des autres et encore moins comprise personnellement et collectivement comme une reconnaissance du besoin des autres (Lasida 2011). Il est possible aussi de se demander si cette apparente d&#233;sali&#233;nation de la propri&#233;t&#233; mat&#233;rielle par le partage dans l'usage ne produit pas une expropriation de masse. Les m&#233;nages acceptent d'&#234;tre d&#233;poss&#233;d&#233;s au profit du versement de rentes permanentes et d'un renforcement des droits de propri&#233;t&#233; de ceux qui contr&#244;lent cet usage. C'est le cas lorsqu'on ne d&#233;tient plus des disques ou K-7 (pour visionner des films et des reportages ou &#233;couter des extraits musicaux) mais que l'on n'acquiert seulement le droit d'acc&#233;der &#224; un site ; un droit qui n'est pas transmissible (par don, vente ou h&#233;ritage) et qui risque de s'&#233;teindre par obsolescence technique ou disparition du fournisseur d'acc&#232;s. Partager l'usage est donc bien l&#224; r&#233;cup&#233;r&#233; ; il l'est non dans une perspective de solidarit&#233; mais comme un processus de previous accumulation56 permettant l'enrichissement cumulatif des plus puissants gr&#226;ce &#224; un nouveau mode d'expropriation massive de la population.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Livres et articles cit&#233;s &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Allaire Gilles, &#171; Les communs comme instrastructure institutionnelle de l'&#233;conomie marchande &#187;, Revue de la regulation,14/2e semester/automne 2013 : Autour d'Ostrom : communs, droits de propri&#233;t&#233; et institutionnalisme m&#233;thodologique, 35 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Auroi Claude, Sch&#252;mperli Younossian Catherine, (ed.), 2001, Le commerce durable. Vers de plus justes pratiques commerciales entre le Nord et le Sud, Gen&#232;ve, IUED.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Baron Catherine, Petit Olivier, Romagny Bruno, 2011, &#171; Le courant des &#171; Common-Pool Resources &#187; : un bilan critique &#187;, in : T. Dahou, M. Elloumi F. Molle, M. Gassab et B. Romagny (ed.), Pouvoirs, Soci&#233;t&#233;s et Nature au Sud de la M&#233;diterran&#233;e, Paris/Tunis, Editions INRAT/IRD/Karthala, pp. 29-51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Blanc J&#233;r&#244;me (ed.), 2006, Rapport Exclusion et Liens financiers 2005-2006. Monnaies sociales, Paris, Economica&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Chanteau Jean-Pierre, Labrousse Agn&#232;s, 2013, &#8220;L'institutionnalisme m&#233;thodologique d'Elinor Ostrom : quelques enjeux et controverses&#8221;, Revue de la regulation, 14/ 2e semester/ automne 2013, 38 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Coriat Benjamin (ed.), 2013, Colloque Propri&#233;t&#233; et communs. Les nouveaux enjeux de l'acc&#232;s et de l'innovation partag&#233;e. S&#233;minaire Paris, 25-26 avril 2013. Organis&#233; dans le cadre du projet PROPICE (Propri&#233;t&#233; Intellectuelle, Communs et Exclusivit&#233;) soutenu par l'Agence Nationale de la Recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Coriat Benjamin, 2013, &#171; Le retour des communs. Sources et origines d'un programme de recherche &#187;, Revue de la regulation, 14/ 2e semester/ automne 2013 : Autour d'Ostrom : communs, droits de propri&#233;t&#233; et institutionnalisme m&#233;thodologique].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cova Bernard, Paranque Bernard, 2013, &#171; Value Capture and Brand Community Management &#187;, Journal of Brand Management, vol.20, n&#176;3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cova Bernard, Paranque Bernard, 2014, &#8220;Brand Surfeits and Value Slippage&#8221;, Marseille, Kedge Business School, document de travail, 40 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dacheux &#201;ric, Goujon Daniel, 2011, Principes d'&#233;conomie solidaire, Paris, Ellipses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dardot Pierre, Laval Christian, 2014, Commun. Essai sur la r&#233;volution au XXIe si&#232;cle, Paris, La D&#233;couverte,597 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Draperi Jean-Fran&#231;ois, 2011, L'&#233;conomie sociale et solidaire : une r&#233;ponse &#224; la crise ? Capitalisme, territoires et d&#233;mocratie, Paris, Dunod.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dupr&#233; Denis, Servet Jean-Michel, 2014, &#171; Les monnaies locales, des anti-bitcoin &#187;, Le Temps (Gen&#232;ve), 26 f&#233;vrier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Errembault Ghislain (ed.), 2012, Les Biens communs : Comment (co)g&#233;rer ce qui est &#224; tous, Actes du Colloque du 9 mars 2012, Etopia, Oikos, GreenEuorpean Fouandation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Forcella Davide, 2012, Payments for environmental services and microfinance : proyecto Cambio in Nicaragua, M&#233;moire de master, Universit&#233; Libre de Bruxelles/Cerm&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fr&#233;meaux, Philippe, 2012, Quel potentiel de d&#233;veloppement pour l'&#233;conomie sociale et solidaire ? Fondation Charles-L&#233;opold Mayer pour le Progr&#232;s de l'Homme/Caisse des D&#233;p&#244;ts et Consignations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Gueslin Andr&#233;, 1987, L'Invention de l'&#233;conomie sociale, Paris, &#201;ditions Economica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Hart Keith, Laville Jean-Louis, David Cattani Antonio (ed.), 2010, The Human Economy, Boston/Cambridge/Oxford, Polity Press.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lasida Elena, 2011, Le Go&#251;t de l'autre. La crise, une chance pour r&#233;inventer le lien, Paris, Albin Michel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Laville Jean-Louis, 2010, Politique de l'association, Paris, Seuil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laville Jean-Louis, et alii, (dir.), [nouvelle &#233;d. 2006], Dictionnaire de l'autre &#233;conomie, Paris, Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Meyer Camille, 2012, Les finances solidaires comme biens communs durables : &#233;tude de cas de la Banque communautaire de d&#233;veloppement Palmas (Br&#233;sil), Universit&#233; libre de Bruxelles, Facult&#233; des sciences sociales et politiques, Master en sciences de la population et du d&#233;veloppement, 127 p. [&lt;a href=&#034;http://new.lucpire.eu/prix-vanthournout-2012/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://new.lucpire.eu/prix-vanthour...&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nanteuil Matthieu de, 2011, &#171; Une &#233;conomie politique de la singularit&#233; &#187;, SociologieS [En ligne &lt;a href=&#034;http://sociologies.revues.org/3592&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://sociologies.revues.org/3592&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Orsi Fabienne, 2013, &#171; Elinor Ostrom et les faisceaux de droits : l'ouverture d'un nouvel espace pour penser la propri&#233;t&#233; commune &#187;, Revue de la regulation, 14/ 2e semester/ automne 2013 : Autour d'Ostrom : communs, droits de propri&#233;t&#233; et institutionnalisme m&#233;thodologique, 28 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ortellado Pablo, 2014, &#171; L'antiparti : autonomie et strat&#233;gie lors du d&#233;veloppement du movimento passe livre &#187;, Les Temps modernes, [&#224; para&#238;tre]&lt;br class='autobr' /&gt;
Ostrom Elinor, 2005, Understanding Institutional Diversity, Princeton/Oxford, Princeton University Press, XV-355 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ostrom Elinor, Dietz Thomas, Dolsak Nives, Stern Paul C., Stonish Susan, Weber Elke U (ed.), 2002, The Drama of the commons, Washington DC, National Academy Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ostrom Elinor, Basurto Xavier, 2013, &#8220;Fa&#231;onner des outils d'analyse pour &#233;tudier le changement institutionnel&#8221;, Revue de la regulation, 14/ 2e semester/ automne 2013, 32 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Perret C&#233;cile, Paranque Bernard, Achir Mohamed, 2014, L'organisation sociopolitique des villages kabyles : une gouvernance sp&#233;cifique des ressources naturelles, Notes de Recherche n&#176;14, Chamb&#233;ry, IREGE, Universit&#233; de Savoie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Polanyi Karl, [1977] . 2011, La subsistence de l'Homme [The Livelihood of Man, New York / San Francisco / London : Academic press], traduction par Bernard Chavance, Paris, Flammarion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quijoux Maxime, 2011, &#171; Usines r&#233;cup&#233;r&#233;es d'Argentine : des mobilisations ouvri&#232;res &#224; dimension locale &#187;, Cahiers des Am&#233;riques latines, n&#176;66, p. 91-105 [En &lt;a href=&#034;lignehttp://cal.revues.org/463&#034; class=&#034;spip_out&#034;&gt;lignehttp://cal.revues.org/463&lt;/a&gt;]].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revue de la regulation, 14/ 2e semester/ automne 2013 : Autour d'Ostrom : communs, droits de propri&#233;t&#233; et institutionnalisme m&#233;thodologique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sabourin &#201;ric, 2012 Organisations et soci&#233;t&#233;s paysannes. Une lecture par la r&#233;ciprocit&#233;, Versailles, Ed. Quae/Inra, 263 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Salin Pascal, 2000, Lib&#233;ralisme, Paris, Odile Jacob.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Servet Jean-Michel, 2010 Le Grand Renversement. De la crise au renouveau solidaire, Paris, Descl&#233;e de Brouwer, 265 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2011, &#171; La microfinance : une finance au service du d&#233;veloppement durable ? &#187;, Cahiers fran&#231;ais, n&#176;361, mars-avril, Comprendre les march&#233;s financiers, p. 23-26&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2012a, &#171; Le social business et la soci&#233;t&#233; de consommation pour les pauvres. Comment une nouvelle philanthropie pr&#233;tend solvabiliser le bas de la pyramide &#187;, in : Gu&#233;rin Isabelle, Selim Monique (ed.), &#192; quoi et comment d&#233;penser son argent. Hommes et Femmes face aux mutations globales de la consommation en Afrique, Asie, Am&#233;rique latine et Europe, Paris, L'Harmattan, p. 15-39.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2012b, Compte-rendu de Karl Polanyi, La subsistance de l'Homme. La place de l'&#233;conomie dans l'histoire et dans la soci&#233;t&#233; dans &#338;conomia &#8211; History / Methodology / Philosophy, Vol.2, n&#176;4, d&#233;cembre 2012, p. 538-543&lt;br class='autobr' /&gt;
2013a, &#171; Le Chicago Plan revisit&#233; par les monnaies compl&#233;mentaires, le microcr&#233;dit solidaire et les tontines &#187;, in : Hours Bernard, Ould-Ahmed P&#233;pita (ed.), Dette de qui, dette de quoi ? Une &#233;conomie anthropologique de la dette, Paris L'Harmattan, p. 45-71.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2013b, &#171; Monnaie : quand la dette occulte le partage &#187;, Revue Fran&#231;aise de Socio Economie, 2013/2, n&#176;12, p. 125-147.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2014, Compte-rendu de Laurence Fontaine, 2014, Le March&#233;. Histoire et usages d'une conqu&#234;te sociale, Paris, Gallimard &#224; para&#238;tre dans L'Homme et la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Swaton Sophie, 2011, Une entreprise peut-elle &#234;tre &#8216;sociale' dans une &#233;conomie de march&#233;, Charmey, Suisse, Les &#233;ditions de L'H&#232;be.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Warnier Jean-Pierre, 2011, &#171; Biens ali&#233;nables, biens inali&#233;nables et dette de vie. Autour de Annette Weiner &#187;, Contribution au S&#233;minaire Souverainet&#233; mon&#233;taire, Paris, document de travail, ouvrage &#224; para&#238;tre sous la direction de Bruno Th&#233;ret, 25 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Weinstein Olivier, 2013, &#171; Comprendre les &#8216;communs' : Elinor Ostrom, la propri&#233;t&#233; et la nouvelle &#233;conomie institutionnelles &#187;, in : Coriat 2013, Colloque Propri&#233;t&#233; et communs. Les nouveaux enjeux de l'acc&#232;s et de l'innovation partag&#233;e. S&#233;minaire Paris, 25-26 avril 2013 [repris dans Revue de la regulation, 14/ 2e semester/ automne 2013 : Autour d'Ostrom : communs, droits de propri&#233;t&#233; et institutionnalisme m&#233;thodologique].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Zinsstag J., Schelling E., Waltner-Toews D., Tanner M., 2011, &#171; From &#8216;one medecine' to &#8216;one health' and systemic approaches to health and well-being &#187;, Preventive Veterinary Medecine 101148-156.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Notes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;1 J'ai &#233;crit cet article parall&#232;lement &#224; la pr&#233;paration des s&#233;ances du s&#233;minaire Introduction &#224; une critique de la soci&#233;t&#233; de march&#233; et &#224; ses alternatives solidaires, donn&#233; &#224; l'IHEID de Gen&#232;ve aux printemps 2013 et 2014 (voir &lt;a href=&#034;http://graduateinstitute.ch/home/study/courses/courses-2013-2014/DE079.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://graduateinstitute.ch/home/st...&lt;/a&gt;). Je remercie pour leur contribution &#224; cette r&#233;flexion devenue ainsi collective tou-te-s les &#233;tudiant-e-s y ayant particip&#233;, ainsi que Tom Moerenhout, assistant d'enseignement du master interdisciplinaire en &#233;tudes du d&#233;veloppement, pour son appui sans faille &#224; son organisation et ses suggestions. Voir en note 31 ci-dessous les r&#233;f&#233;rences de la vid&#233;o pr&#233;sent&#233;e par un des &#233;tudiants pour ce s&#233;minaire. Remerciements aussi pour leurs nombreuses suggestions &#224; Isabelle Hillenkamp, Bernard Paranque et Marlyne Sahakian ainsi qu'&#224; Wojtek Kalinowski et Juliette Simont.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 &#171; Partager &#187; doit &#234;tre compris ici non au sens de diviser et de d&#233;membrer mais avec celui d'&#171; avoir sa part &#224; (quelque chose) en m&#234;me temps que d'autres. &#187; autrement dit se solidariser (Le Petit Robert de la langue fran&#231;aise, ed. 2006, p. 1854 col. 1, article &#171; Partager &#187;). En anglais, to share pr&#233;sente la m&#234;me ambigu&#239;t&#233; avec le double sens d'une part de to portion out et de to divide up et d'autre part de to participate in, de to take part in et de to have a role in.&lt;br class='autobr' /&gt;
3 Par la r&#233;f&#233;rence &#224; la concurrence et non &#171; au march&#233; &#187; on doit comprendre que les march&#233;s prennent des formes multiples dont certains supportent des pratiques solidaires de l'&#233;conomie.&lt;br class='autobr' /&gt;
4 L'illustrent une majorit&#233; des travaux r&#233;unis par les bulletins du Mauss (1982-1988) puis &#224; partir de 1989 la Revue du Mauss, Mouvement anti-utilitariste dans les Sciences Sociales anim&#233; par Alain Caill&#233;. N&#233; en proximit&#233; forte avec l'anthropologie &#233;conomique de Karl Polanyi, il a &#233;t&#233; de plus en plus en plus soumis, en r&#233;duisant son analyse autour de la m&#233;taphore du don, &#224; ce que Karl Polanyi lui-m&#234;me a d&#233;nonc&#233;, &#224; propos de Marcel Mauss, comme &#233;tant une vision catallactique de l'organisation &#233;conomique des soci&#233;t&#233;s (voir Polanyi 1977 trad. 2011 p. 172). Pour une critique voir aussi Warnier 2011 et Servet 2013b)&lt;br class='autobr' /&gt;
5 Servet 2013b.&lt;br class='autobr' /&gt;
6 Sur l'usage du singulier et du pluriel voir ci dessous note 45.&lt;br class='autobr' /&gt;
7 L'expression &#171; sharing economy &#187; offre 1,4 million d'entr&#233;es sur Google ; &#171; &#233;conomie du partage &#187; 153 000.&lt;br class='autobr' /&gt;
8 Sur cette mutation voir parmi les nombreuses publications qui lui sont consacr&#233;es : Laville 2006, Hart 2010, Swaton 2011, Dacheux 2011, Fr&#233;meaux 2012. Dardot, Laval 2014, comme beaucoup, ne saisissent pas cette diff&#233;rence essentielle apparue entre l'&#171; &#233;conomie sociale &#187; et l'&#171; &#233;conomie sociale et solidaire &#187; en faisant r&#233;f&#233;rence &#224; une diff&#233;rence de statut de l'&#233;conomie sociale et solidaire d'avec les autres types d'entreprises individuelles ou capitalistes (p. 497). D'une part, toutes les associations, mutuelles et coop&#233;ratives ne fonctionnent pas selon un principe de solidarit&#233;. D'autre part, les entreprises dites &#171; solidaires &#187; ne sont pas uniquement des associations, mutuelles et coop&#233;ratives. Elles peuvent avoir des statuts qui sont ceux d'entreprises &#224; capitaux et &#224; fins lucratives mais fonctionnant diff&#233;remment. C'est le cas par exemple de la SIDI (dans le champ du financement international solidaire) ou d'Habitat et humanisme (pour la construction en France d'habitations pour des publics exclus) ayant pris le statut de soci&#233;t&#233; en commandite par actions ; ou de certaines activit&#233;s financi&#232;res dans les pays en d&#233;veloppement notamment initi&#233;es par les acteurs de la th&#233;ologie de lib&#233;ration qui ont adopt&#233; elles aussi le statut de soci&#233;t&#233;s par actions pour &#233;viter avec une forme coop&#233;rative de subir des pressions de repr&#233;sentants des gouvernements, qui auraient d&#251; y si&#233;ger.&lt;br class='autobr' /&gt;
9 D'o&#249; la traduction du Dictionnaire de l'Autre &#233;conomie consacr&#233; &#224; l'&#233;conomie solidaire sous le titre anglais de Human Economy Hart, Laville, Cattani, 2010 .&lt;br class='autobr' /&gt;
10 Voir sur le site &lt;a href=&#034;http://www.bordeaux-economie-collaborative.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.bordeaux-economie-collab...&lt;/a&gt; de nombreuses vid&#233;os des intervenants sont pr&#233;sent&#233;es/&lt;br class='autobr' /&gt;
11 Beaucoup d'exemples cit&#233;s ici sont fran&#231;ais. Ce choix tient d'une part &#224; l'impossibilit&#233; en un temps relativement court, notamment compte tenu de la forte dynamique et diversit&#233; du secteur, d'avoir une vision beaucoup plus &#233;tendue et d'autre part, du fait m&#234;me de la densit&#233; fran&#231;aise &#233;lev&#233;e. M&#234;me pour la France, les cas &#233;voqu&#233;s ne repr&#233;sentent qu'une fraction tr&#232;s incompl&#232;te du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;br class='autobr' /&gt;
12 Les chambres de l'&#233;conomie sociale et solidaire jouent en partie un r&#244;le analogue de mise en contact en permettant des approvisionnements privil&#233;gi&#233;s entre leurs adh&#233;rents. C'est sur une logique de ce type que veut s'appuyer Apr&#232;s, la chambre genevoise, n&#233;e en 2004 et forte de plus de 250 membres collectifs (associations, coop&#233;ratives, fondations et entreprises) pour mettre en place une monnaie locale compl&#233;mentaire. Voir : &lt;a href=&#034;http://www.monnaiegrandgeneve.org/mcgdge/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.monnaiegrandgeneve.org/m...&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
13 Voir les crit&#232;res d'admission des articles dans &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://fr.wikipedia.org&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
14 Le R&#233;seau Semences Paysannes r&#233;unit plus de soixante-dix organisations, toutes impliqu&#233;es dans des initiatives de promotion et de d&#233;fense de la biodiversit&#233; cultiv&#233;e et des savoir-faire associ&#233;s. Outre la coordination et la consolidation des initiatives locales, ce r&#233;seau travaille &#224; la promotion de modes de gestion collectifs et de protection de ces semences. &lt;a href=&#034;http://www.semencespaysannes.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.semencespaysannes.org/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
15 Ce qui a provoqu&#233; des attaques de l'association Kokopelli par exemple devant les tribunaux par les compagnies semenci&#232;res. Voir son site &lt;a href=&#034;https://kokopelli-semences.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://kokopelli-semences.fr/&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
16 Voir son site &lt;a href=&#034;https://www.terre-en-vue.be/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.terre-en-vue.be/&lt;/a&gt; et sa pr&#233;sentation par Maaten Roels, 2012, &#171; Construire un autre syst&#232;me : les biens communs produits collectivement, in : Ghislain Errembault, Les Biens communs : Comment (co)g&#233;rer ce qui est &#224; tous, Actes du Colloque du 9 mars 2012, Etopia, Oikos, GreenEuropean Fouandation (p. 29-34) p. 31-33.&lt;br class='autobr' /&gt;
17 Il s'agit &#224; la fois d'une association fran&#231;aise regroupant dix-neuf associations locales, d'une fondation reconnue d'utilit&#233; publique et d'une entreprise d'investissement foncier solidaire au capital de 33 millions d'euros et regroupant 8400 actionnaires et 2700 donateurs. Depuis sa cr&#233;ation en 2003, Terre de liens a permis d'acqu&#233;rir en France 89 fermes repr&#233;sentant 2200 hectares Voir : &lt;a href=&#034;https://www.terredeliens.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.terredeliens.org&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
18 Sur l'exp&#233;rience belge, voir : &lt;a href=&#034;http://communitylandtrust.wordpress.com/about/en-un-peu-plus-de-mots/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://communitylandtrust.wordpress...&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
19 Un des rares communaut&#233;s agricoles et artisanales de cette p&#233;riode &#224; avoir surv&#233;cu est celle de Longo Mai fond&#233;e dans les Alpes de Haute Provence et qui a connu des duplications &#224; l'&#233;tranger.&lt;br class='autobr' /&gt;
20 Voir l'ensemble des sites de type Squat !net diffusant des informations sur les squats, plus particuli&#232;rement en Europe.&lt;br class='autobr' /&gt;
21 La r&#233;gion flamande a mis en place en avril 2014 une s&#233;rie de mesures de contr&#244;le de s&#233;curit&#233;, fiscal, etc. risquant de limiter son essor ; celle de Bruxelles s'appr&#234;te &#224; en faire de m&#234;me. Voir : &lt;a href=&#034;http://www.lalibre.be/lifestyle/magazine/le-couchsurfing-et-airbnb-dans-la-tourmente-535129093570aae038ba8782&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lalibre.be/lifestyle/mag...&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
22 Voir &lt;a href=&#034;http://www.nytimes.com/2014/04/23/technology/albany-judge-hears-case-against-airbnb.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.nytimes.com/2014/04/23/t...&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
23 A noter que l'usage des v&#233;los individuels mobilise aussi le partage &#224; travers la cr&#233;ation de centres de r&#233;paration de cycles sous la supervision d'un sp&#233;cialiste ; g&#233;n&#233;ralement ces centres fournissent de l'outillage et des pi&#232;ces (de r&#233;cup&#233;ration).&lt;br class='autobr' /&gt;
24 A Gen&#232;ve le syst&#232;me de mise &#224; disposition gratuite pendant quatre heures des bicyclettes ne fonctionne que l'&#233;t&#233; (Gen&#232;veroule). En l'absence d'abonnement, il est tr&#232;s largement ouvert aux touristes mais ne comporte que sept points d'acc&#232;s. Le projet initi&#233; en 2007 de cr&#233;ation dans l'agglom&#233;ration genevoise de 150 stations avec &#224; disposition 1500 v&#233;los a &#233;t&#233; bloqu&#233; en janvier 2013 par la majorit&#233; politique communale de droite. La proposition fait l'objet, ainsi que dans cinq autres villes en Suisse, d'une votation en cours (B&#226;le, Lucerne et St-Gall l'ont d&#233;j&#224; accept&#233;).&lt;br class='autobr' /&gt;
25 Je remercie Kieran Connoly qui m'a aimablement inform&#233; des sp&#233;cificit&#233;s de la plateforme qu'il a fond&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
26 Sur le Movimento passe livre br&#233;silien qui depuis la revolta do buzu &#224; Salvador (Bahia) en 2003 touche aujourd'hui une cinquantaine de ville dans le pays, et s'est entendu &#224; la lutte contre la corruption et &#224; des revendications en mati&#232;re de sant&#233; et d'&#233;ducation, voir Ortellado 2014.&lt;br class='autobr' /&gt;
27 On peut ici citer les exemples de Realise la deuxi&#232;me entreprise d'insertion du canton de Gen&#232;ve ou Envie en France. Ces deux entreprises ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es en 1984. Dans les deux cas il y a partage par l'emploi de travailleurs en situation de forte pr&#233;carit&#233; ; mais aussi par ceux qui acqui&#232;rent les ordinateurs dans le premier cas, et qui dans le deuxi&#232;me cas s'&#233;quipent en appareils &#233;lectriques ou &#233;lectroniques dans une des quarante-deux entreprises constituant le r&#233;seau Envie. Les acqu&#233;reurs le font pour b&#233;n&#233;ficier d'un produit d'occasion de qualit&#233;, pour soutenir l'insertion de travailleurs ou parce qu'ils recherchent un produit moins cher ; ou pour un peu de ces trois raisons.&lt;br class='autobr' /&gt;
28 On peut noter que lorsque GISA, l'association des &#233;tudiant-e-s d'IHEID Gen&#232;ve agr&#233;&#233;e par le direction de l'&#233;tablissement, organise un flea market de fin d'ann&#233;e universitaire des objets (livres, v&#234;tements, etc.) dont les &#233;tudiant-e-s veulent se d&#233;faire, ils/elles ont la possibilit&#233; soit de les vendre eux/elles m&#234;mes en en gardant le b&#233;n&#233;fice, soit de les donner &#224; l'association organisatrice qui les vend et verse les sommes ainsi recueillies &#224; Pro Mundo, une ONG. Ce qui illustre une nouvelle fois l'articulation entre int&#233;r&#234;t personnel et partage, ainsi que des strat&#233;gies individuelles multiples et potentiellement contradictoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
29 Voir sa pr&#233;sentation sur &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=jXUBKSTbwR0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=jXUB...&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.dragonecologista.com.ar/gratiferia.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.dragonecologista.com.ar/...&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
30 A noter que dans les boutiques de d&#233;p&#244;t vente d'objets de ce type le pr&#233;l&#232;vement peut &#234;tre de 50 %.&lt;br class='autobr' /&gt;
31 Voir aussi les deux reportages r&#233;alis&#233;s par Vincent Verzat, &#233;tudiant en Master en Affaires internationales IHEID pour le s&#233;minaire Introduction &#224; la critique de la soci&#233;t&#233; de march&#233; et &#224; ses alternatives solidaires, au printemps 2013 sur les jardins de Cocagne &#224; Gen&#232;ve : - Au champs : &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=FvqwmkRKifY&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=Fvqw...&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au March&#233; : &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=GT_7yKAr6V0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=GT_7...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32 Le souci d'un approvisionnement de qualit&#233; a &#233;t&#233; au c&#339;ur de la cr&#233;ation des teikei au Japon dans les ann&#233;es 1960 et des Communities Supported Agriculture initi&#233;es en 1985 aux Etats-Unis et r&#233;pandues aujourd'hui sous diff&#233;rentes appellations dans un grand nombre de pays .&lt;br class='autobr' /&gt;
33 Parmi les nombreuses publications consacr&#233;es au commerce &#233;quitable voir : Auroi Sch&#252;mperli Younossian 2001 et Mondes en d&#233;veloppement n&#176;160, 2012/4.&lt;br class='autobr' /&gt;
34 Toutefois, si l'on compare l'empreinte &#233;cologique de mangues vendues en Suisse et import&#233;es par avion du Cameroun par rapport &#224; celle de pommes helv&#233;tiques, locales donc mais conserv&#233;es en frigo apr&#232;s la r&#233;colte, la premi&#232;re peut &#234;tre inf&#233;rieure &#224; la seconde.&lt;br class='autobr' /&gt;
35 Le pays r&#233;alise environ un quart des placements de ce type &#224; travers la plan&#232;te gr&#226;ce &#224; des soci&#233;t&#233;s comme Responsability, Blue Orchard et Symbiotics.&lt;br class='autobr' /&gt;
36 J'ai analys&#233; les limites et les &#233;checs du social business dans Servet 2012a.&lt;br class='autobr' /&gt;
37 Il est possible de voir l'&#339;uvre sur &lt;a href=&#034;https://www.kickstarter.com/hello?ref=foote&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.kickstarter.com/hello?r...&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
38 Je remercie Valentine de Dreuille, charg&#233;e de la communication et des relations avec les &#233;pargnants &#224; Spear, pour les informations communiqu&#233;es sur le fonctionnement du fonds.&lt;br class='autobr' /&gt;
39 Voir le projet de l'association Solid'Art Maurienne pour mettre en place un vaste ensemble min&#233;ral de l'artiste Kroust avec implication de la population locale dans son implantation : &lt;a href=&#034;http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/la-bibliotheque-minerale-suspendue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.kisskissbankbank.com/fr/...&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
40 &lt;a href=&#034;http://www.fadev.fr/projet/3-fruitscam-jus-de-fruits-naturels&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.fadev.fr/projet/3-fruits...&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
41 Voir l'exemple de la page &lt;a href=&#034;http://oxfamtrailwalker2014.alvarum.com/solideserrants2014&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://oxfamtrailwalker2014.alvarum...&lt;/a&gt; o&#249; figure comme pour tout crowdfunding le projet, le montant de collecte vis&#233;, le suivi du financement et une date butoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
42 Cf. L'analyse par Karl Marx des formes de la valeur et de la transformation des marchandises en argent dans la section 1 du premier livre du Capital. Voir ci-dessous note 56.&lt;br class='autobr' /&gt;
43 Dupr&#233; Servet, 2014.&lt;br class='autobr' /&gt;
44 Pour le cas du microcr&#233;dit voir Servet, 2011. Forcella (2012) &#233;tudie un exemple de lien microcr&#233;dit et protection de l'environnement dans le cas de l'&#233;levage au nord-ouest du Nicaragua.&lt;br class='autobr' /&gt;
45 Dardot Laval 2014 pr&#233;conisent le singulier pour mettre l'accent sur le rapport ainsi cr&#233;&#233; entre les usagers et non sur les biens. Toutefois, dans leur ouvrage cette pr&#233;conisation para&#238;t ne pas toujours &#234;tre appliqu&#233;e ; cet usage du pluriel est justifi&#233; dans le Post-scriptum de fin volume : &#171; On s'autorisera en revanche &#224; parler des communs [soulign&#233; par les auteurs] pour d&#233;signer non pas ce qui est commun, mais ce qui est pris en charge par une activit&#233; de mise en commun, c'est-&#224;-dire ce qui est rendu [soulign&#233; par les auteurs] commun par elle. &#187; (p. 581). Il en sera de m&#234;me ici compte tenu de l'impression d'anglicisme provoqu&#233;e par l'usage au singulier et o&#249; le terme &#171; partage &#187; est privil&#233;gi&#233; pour d&#233;signer les pratiques, les normes et les r&#232;gles.&lt;br class='autobr' /&gt;
46 Je remercie Isabelle Hillenkamp pour ses suggestions apr&#232;s lecture d'une premi&#232;re mouture de ce texte sur le partage et les communs.&lt;br class='autobr' /&gt;
47 Voir la r&#233;flexion interdisciplinaire men&#233;e en ce sens autour du philosophe Patrice Meyer-Bisch &#224; l'universit&#233; de Fribourg sur le capital culturel (&lt;a href=&#034;http://www.unifr.ch/ses/pdf/cours/SeminaireECO_SP2014.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.unifr.ch/ses/pdf/cours/S...&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
48 Ostrom 2002, 2005 et le num&#233;ro Revue de la regulation, 14/ 2e semester/ automne 2013 paru sous le titre Autour d'Ostrom : communs, droits de propri&#233;t&#233; et institutionnalisme m&#233;thodologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
49 L'ultra lib&#233;ral Pascal Salin (2000 p. 144) ne reconnaissant que la &#171; propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187; individuelle assimile la propri&#233;t&#233; publique ou collective comme un non propri&#233;t&#233; et est dans l'incapacit&#233; de comprendre les sp&#233;cificit&#233;s du fait associatif en affirmant de mani&#232;re p&#233;remptoire que : &#171; l'association [&#8230;] n'est pas fond&#233;e sur la d&#233;finition pr&#233;cise de droits de propri&#233;t&#233;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
50 Servet 2014.&lt;br class='autobr' /&gt;
51 Laville 2010 et sa lecture par Nanteuil 2011, Dardot, Laval 2014, Gueslin Andr&#233;, 1987, Draperi 2011.)&lt;br class='autobr' /&gt;
52 Le socialisme r&#233;el impos&#233; notamment &#224; la suite de la victoire des bolch&#233;viques en Russie a &#233;vacu&#233; tr&#232;s largement la probl&#233;matique des communs en &#233;tablissant une soci&#233;t&#233; de commandement par le haut. Le basculement qui s'est op&#233;r&#233; tr&#232;s rapidement au d&#233;but des ann&#233;es 1920 avec la fin de la double direction des entreprises sovi&#233;tiques (dualit&#233; du repr&#233;sentant des travailleurs et du repr&#233;sentant de l'&#201;tat) au nom d'une pr&#233;tendue efficacit&#233; a &#233;t&#233; bien analys&#233; par Wilhelm Reich dans Psychologie de masse du fascisme [1933, trad. Paris Payot, 1972]. Voir aussi les propositions du dissident est-allemand Rudolf Bahro pour une transformation de la gestion des entreprises socialistes dans L'Alternative, Paris, Stock, 1979, cit&#233; par Dardot Laval 2014 p. 487-488.&lt;br class='autobr' /&gt;
53 A l'initiative de Bernard Paranque et de Roland Perez, le congr&#232;s 2014 de l'Association fran&#231;aise d'&#233;conomie (Paris, ENS Cachan, 2-4 juillet) a ouvert un atelier consacr&#233; &#224; La finance comme bien commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
[&lt;a href=&#034;http://afep2014.sciencesconf.org/resource/page/id/10&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://afep2014.sciencesconf.org/re...&lt;/a&gt;]&lt;br class='autobr' /&gt;
54 Voir Serge Latouche, 2013, Bon pour la casse. Les d&#233;raisons de l'obsolescence programm&#233;e, Les liens qui lib&#232;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
55 Voir en ce sens l'analyse par Cova Paranque 2013 du marketing tribal ou communautaire et l'appropriation de ce surplus par les d&#233;tenteurs des droits des marques. Il est possible de rapprocher l'affichage des marques par des consommateurs de l'&#233;conomie collaborative, au sens o&#249; l&#224; encore une valeur d'usage est ainsi transform&#233;e en une valeur d'&#233;change et le surplus d&#233;gag&#233; par une action collective de consommateurs est accapar&#233; par les propri&#233;taires de la marque et par ceux qui en contr&#244;lent l'approvisionnement. Ce partage d'une culture commune par ces consommateurs se trouve aussi r&#233;cup&#233;r&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
56 Sur le processus d'&#171; expropriation originelle &#187; on lira avec grand int&#233;r&#234;t la traduction par Jean-Pierre Lefebvre de l'avant dernier chapitre du livre 1 du Capital de Karl Marx (Paris, Les Nuits rouges, 2001).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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