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	<title>Institut Veblen / Veblen Institute</title>
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	<description>Faire de la transition &#233;cologique un projet de soci&#233;t&#233;.</description>
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		<title>Institut Veblen / Veblen Institute</title>
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		<title>D&#233;mocratiser l'&#233;conomie </title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Democratiser-l-economie.html</link>
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		<dc:date>2018-01-29T18:08:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Dourgnon &amp; Philippe Fr&#233;meaux</dc:creator>


		<dc:subject>Publications &#224; la Une</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le dernier rapport de l'Idies en partenariat avec l'Institut Veblen coordonn&#233; par Julien Dourgnon avec l'introduction de Philippe Fr&#233;meaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;mocraties de march&#233; font cohabiter deux logiques : l'&#233;galit&#233; des personnes, qui est reconnue en droit, qui marque la fin d'une soci&#233;t&#233; d'ordres. Cette &#233;galit&#233; de droit justifie en retour l'&#233;galit&#233; des parties en mati&#232;re contractuelle que proclame le Code civil. On la retrouve dans le champ politique, quand le suffrage universel est instaur&#233;, qui traduit le fait que chaque personne a le m&#234;me droit &#224; d&#233;cider des affaires publiques, ind&#233;pendamment de sa fortune ou de son niveau d'&#233;ducation.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-Publications-.html" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Article-a-la-Une-+.html" rel="tag"&gt;Publications &#224; la Une&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;mocraties de march&#233; font cohabiter deux logiques : l'&#233;galit&#233; des personnes, qui est reconnue en droit, qui marque la fin d'une soci&#233;t&#233; d'ordres. Cette &#233;galit&#233; de droit justifie en retour l'&#233;galit&#233; des parties en mati&#232;re contractuelle que proclame le Code civil. On la retrouve dans le champ politique, quand le suffrage universel est instaur&#233;, qui traduit le fait que chaque personne a le m&#234;me droit &#224; d&#233;cider des affaires publiques, ind&#233;pendamment de sa fortune ou de son niveau d'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;mocratie dans l'ordre politique, a-d&#233;mocratie dans l'ordre &#233;conomique
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En revanche, dans l'ordre &#233;conomique, l'in&#233;galit&#233; dans l'acc&#232;s au capital, et aux ressources culturelles et sociales permettant d'entreprendre, oppose ceux qui poss&#232;dent les entreprises aux salari&#233;s qui n'ont d'autres choix que de travailler pour le compte d'un autre et se soumettre &#224; son autorit&#233;. Certes, avec l'extension du salariat, cette in&#233;galit&#233; a &#233;t&#233; encadr&#233;e. L'in&#233;galit&#233; structurelle de la relation entre employeur et salari&#233; a &#233;t&#233; reconnue par le droit, avec l'&#233;mergence d'un droit du travail distinct du droit civil, qui admet l'in&#233;galit&#233; des parties et consid&#232;re que le devoir de subordination du salari&#233; &#224; son employeur conf&#232;re en contrepartie &#224; ce dernier un certain nombre de devoirs (ainsi, la responsabilit&#233; de l'accident du travail va &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme relevant exclusivement de l'employeur avec la loi de 1898). Cette logique de protection du faible est en quelque sorte la contrepartie du pouvoir reconnu &#224; l'employeur, au propri&#233;taire. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'extension progressive des droits des salari&#233;s sous l'effet des luttes sociales, de la volont&#233; int&#233;gratrice du patronat et du souci de coh&#233;sion sociale des Etats, a produit un droit du travail consid&#233;rable, qu'il rel&#232;ve de la Loi, des conventions collectives ou des accords d'entreprise. Les d&#233;mocraties de march&#233; ont &#233;galement construit des syst&#232;mes de protection sociale, et plus largement d'un Etat social, qui concourent &#224; assurer &#224; chaque citoyen la possibilit&#233; de vivre dignement &#8211; via la sant&#233;, l'&#233;ducation, le droit &#224; la retraite (et demain, un revenu universel ?). L'Etat social concourt aussi &#224; l'efficacit&#233; de l'&#233;conomie en offrant aux entreprises une main d'&#339;uvre qualifi&#233;e, en bonne sant&#233;, et int&#233;gr&#233;e aux valeurs dominantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parall&#232;lement, l'essor de la grande entreprise et l'extension du salariat &#224; la tr&#232;s grande majorit&#233; de la population active ont transform&#233; la relation employeur salari&#233;. On a vu l'&#233;mergence de nouveaux groupes sociaux &#8211; cadres et professions interm&#233;diaires -, &#224; la fois salari&#233;s, mais aussi d&#233;tenteurs d'une part du pouvoir patronal d&#233;sormais objectiv&#233; par le savoir technique et organisationnel n&#233;cessaire pour faire tourner la grande entreprise. L'entreprise est devenue une soci&#233;t&#233; au sens le plus fort du terme, au-del&#224; du contrat de travail individuel et au-del&#224; de l'accord entre apporteurs de capitaux que reconnait le Code civil. L'entreprise, comme soci&#233;t&#233;, est r&#233;gie par des r&#232;gles l&#233;gales et par des normes qui lui sont propres (que traduit l'essor des sciences du management et de la sociologie des organisations).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mondialisation et n&#233;o-lib&#233;ralisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation, et le retour en vogue de la pens&#233;e n&#233;o-lib&#233;rale qui s'est d&#233;velopp&#233;e en parall&#232;le, ont progressivement remis en cause les &#233;quilibres construits dans la p&#233;riode ant&#233;rieure, m&#234;me si l'Etat social n'a pas r&#233;ellement r&#233;gress&#233; dans la plupart des pays et m&#234;me s'il tend &#224; s'&#233;tendre dans les pays &#233;mergents. La fragmentation des chaines de valeur et la coexistence d'espaces o&#249; les r&#232;gles sociales et de protection des salari&#233;s diff&#232;rent profond&#233;ment ont cependant affaibli la capacit&#233; des normes l&#233;gales et conventionnelles &#224; encadrer la dynamique in&#233;galitaire du capitalisme. La libre circulation des marchandises, des services, et surtout des capitaux, au sein de l'Union europ&#233;enne, et au-del&#224; au niveau mondial, a install&#233; un climat d' hyper-concurrence qui encourage le moins disant social et fiscal. &lt;br class='autobr' /&gt;
La volont&#233; int&#233;gratrice du patronat a pu parfois en limiter les effets, le souci de coh&#233;sion sociale des Etats &#233;galement, qui cherchent &#224; gagner en comp&#233;titivit&#233; tout en maintenant des filets de s&#233;curit&#233; &#233;vitant une trop forte explosion des in&#233;galit&#233;s. Cependant, la capacit&#233; des salari&#233;s &#224; d&#233;fendre leurs acquis s'est affaiblie, d'autant plus que ces acquis ont pr&#233;cis&#233;ment contribu&#233; &#224; affaiblir le sentiment d'appartenance de classe au profit d'un individualisme &#233;galitaire &#8211; chacun son choix, chacun sa chance -. L'&#233;galit&#233; des chances et le droit de s'enrichir sont devenus des valeurs largement partag&#233;es &#224; d&#233;faut d'&#234;tre devenu des r&#233;alit&#233;s, une large partie de la population estimant que les difficult&#233;s des perdants sont de leur propre responsabilit&#233; ou r&#233;sultent d'autres facteurs que la dynamique propre au syst&#232;me &#233;conomique. La persistance du ch&#244;mage de masse ou d'un halo du ch&#244;mage, et d&#233;sormais l'essor du microentrepreneuriat p&#232;sent &#233;videmment fortement sur la capacit&#233; des organisations syndicales &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s, d'autant que ces derniers sont tr&#232;s divis&#233;s (public/priv&#233;, CDI/CDD, cadres/non cadres, hommes/femmes, etc.). Une division qui n'est pas nouvelle, mais la fin de toute perspective historique unificatrice du salariat renforce l'effet de ces divisions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mont&#233;e d'une critique soci&#233;tale
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'insuffisante r&#233;gulation, en raison de l'affaiblissement des contre-pouvoirs syndicaux et des ambigu&#239;t&#233;s des pouvoirs publics, a laiss&#233; un espace vide. Cet espace a donn&#233; une place plus grande &#224; la critique de l'entreprise dans l'espace soci&#233;tal. D'o&#249; l'essor de la RSE, de la notation sociale et environnementale, des ONG qui d&#233;veloppent le devoir de vigilance. Une large action de plaidoyer aupr&#232;s des pouvoirs publics s'est d&#233;velopp&#233;e pour exiger des entreprises qu'elles identifient, pr&#233;viennent et r&#233;parent les impacts nocifs de leurs activit&#233;s sur la soci&#233;t&#233; (reporting extra financier ; devoir de vigilance ; acc&#232;s des victimes &#224; la justice ; etc.) On compte sur l'opinion publique, les actionnaires &#233;thiques ou encore les organisations de consommateurs, pour moraliser le comportement des grandes entreprises qui d&#233;ploient leur activit&#233; au niveau mondial, avec des r&#233;sultats mitig&#233;s. Si le poids pris par les plus grandes entreprises devrait leur conf&#233;rer des responsabilit&#233;s majeures, certaines entreprises semblent s'en moquer &#233;perdument. D'autres ont des comportements qu'on ne peut assimiler uniquement &#224; du social washing ou du green washing, &#224; en juger soit par la qualit&#233; des actions qui sont men&#233;es soit par le volume des fonds engag&#233;s. L'enjeu est donc d'obtenir que toute entreprise respecte un cadre social, sanitaire, fiscal et environnemental qui rend sa production soutenable dans tous les sens du terme. Un cadre qui d&#233;finit &#224; la fois ce qui peut ou non &#234;tre produit et la mani&#232;re dont on le produit. Le champ d'action que se donne la RSE sur ce plan, m&#233;rite d'&#234;tre questionn&#233;. Danone peut-il &#234;tre responsable sur le plan social et environnemental quand cette firme produit de l'eau en bouteille plastique et incite &#224; la surconsommation de produits laitiers gras et sucr&#233;s en lieu et place des fruits en jouant sur des all&#233;gations sant&#233; mensong&#232;res ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Parall&#232;lement, la mont&#233;e des exigences en mati&#232;re sociale et environnementale conduit un nombre &#8211; encore r&#233;duit &#8211; d'entrepreneurs et d'apporteurs de capitaux &#224; vouloir d&#233;velopper des activit&#233;s qui n'ont pas seul but de d&#233;gager des profits mais aussi de satisfaire d'autres objectifs. D'o&#249; le d&#233;veloppement du d&#233;bat sur la d&#233;finition de l'entreprise, et sur l'&#233;mergence de nouveaux statuts permettant d'&#233;tendre l'objet social des soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La place des parties prenantes &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais la question pos&#233;e n'est pas seulement de questionner l'entreprise de l'ext&#233;rieur, en la consid&#233;rant comme une boite noire. Il est aussi d'interroger sa gouvernance, la mani&#232;re dont sont ou non associ&#233;es les diff&#233;rentes parties prenantes, et comment est d&#233;fini son objet social. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'enjeu alors est aussi de savoir dans quelle mesure on s'inscrit dans une logique de contre-pouvoir &#8211; information consultation des travailleurs, d&#233;fense de leurs droits individuels et collectifs, ce que font les IRP (instances repr&#233;sentatives du personnel) en droit fran&#231;ais &#8211; ou si l'on va vers une logique de cod&#233;termination &#8211; mitbestimmung allemande &#8211; ce qui peut aussi se traduire par un d&#233;veloppement de la n&#233;gociation d'entreprise voire une logique d'&#233;conomie du partage, dans un contexte qui demeure cependant tr&#232;s in&#233;galitaire. Les &#233;volutions observ&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es durant le quinquennat de Fran&#231;ois Hollande ont &#233;t&#233; caract&#233;ris&#233;es &#224; la fois par une d&#233;centralisation du dialogue social, associ&#233;e &#224; une att&#233;nuation de la hi&#233;rarchie des normes tandis que des repr&#233;sentants des salari&#233;s &#233;taient int&#233;gr&#233;s aux conseils d'administration des plus grandes entreprises. Les r&#233;centes ordonnances portant r&#233;forme du code du Travail ont encore &#233;largi les domaines o&#249; la norme peut &#234;tre fix&#233;e au sein de l'entreprise, sans pour autant donner plus de pouvoir en contrepartie, aux organisations syndicales. Dans ce contexte, on attend de voir si la loi promise pour 2018, viendra ou non prolonger la dynamique ouverte par les lois Gallois et Rebsamen ouvrant la voie &#224; une cod&#233;termination &#171; &#224; la fran&#231;aise &#187;, si elle viendra introduire un statut de SOSE fran&#231;ais et modifiera les articles du Code Civil d&#233;finissant le contrat de soci&#233;t&#233; pour toutes les entreprises, ce qui suscite d&#233;j&#224; une vive hostilit&#233; des milieux patronaux&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Limites et vertus de l'ESS
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;bat vient aussi percuter l'ESS, et plus sp&#233;cialement du mod&#232;le coop&#233;ratif, &#238;lot de d&#233;mocratie dans une &#233;conomie capitaliste, un mod&#232;le qui ne fonctionne qu'aussi longtemps que l'entreprise qui l'adopte est comp&#233;titive&#8230; Trop d'entreprises de l'ESS ont int&#233;rioris&#233; dans leur mode de gouvernance des m&#233;thodes identiques &#224; celles des soci&#233;t&#233;s de capitaux avec lesquelles elles se trouvent en concurrence. Cet isomorphisme institutionnel engendre une banalisation qui limite la capacit&#233; de l'ESS &#224; se pr&#233;senter comme une alternative. A l'inverse, quand elle est exemplaire, elle t&#233;moigne du fait qu'on peut aussi g&#233;rer des entreprises de mani&#232;re efficace tout en donnant plus d'espace &#224; la d&#233;lib&#233;ration collective.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au-del&#224; de l'entreprise &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, la question de la d&#233;mocratie &#233;conomique ne peut se limiter au seul champ de l'entreprise. Elle questionne, nous l'avons dit, la fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale dans l'&#233;conomie s'encastre dans la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re. Elle suppose donc que les enjeux &#233;conomiques soient consid&#233;r&#233;s comme un des objets essentiels de la d&#233;lib&#233;ration d&#233;mocratique. La question pos&#233;e en ce d&#233;but du XXI&#232;me si&#232;cle est donc plus que jamais celle de la l&#233;gitimit&#233; de l'&#233;conomie de march&#233;, du mode d'encastrement du capitalisme dans la d&#233;mocratie. La l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me &#233;conomique, dans sa production mon&#233;taris&#233;e, qu'elle soit marchande ou non marchande, est aujourd'hui est aujourd'hui assur&#233;e par deux m&#233;canismes : la sanction du march&#233; qui refl&#232;te le libre choix du consommateur, la d&#233;pense publique valid&#233;e par le vote des budgets par des assembl&#233;es &#233;lues. Ces deux modes de l&#233;gitimation trouvent vite leur limites, limites li&#233;es &#224; la manipulation des consommateurs, aux in&#233;galit&#233;s dans la distribution du revenu (pauvret&#233; d'un c&#244;t&#233;, consommations ostentatoires de l'autre), limites li&#233;es aux limites &#224; l'affaiblissement des institutions d&#233;mocratiques, en partie due &#224; la mondialisation et aux formes prises par la construction europ&#233;enne. C'est pourquoi derri&#232;re les interrogations concernant la d&#233;mocratie &#233;conomique, c'est bien la question d&#233;mocratique dans son ensemble qui est pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Fr&#233;meaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_316 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.veblen-institute.org/IMG/zip/1801_rapport_idies_democratie_economique_volume_1.pages.zip' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Zip - 1 Mio' type=&#034;application/zip&#034;&gt;&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L64xH64/zip-f045b.svg?1778583501' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-316 '&gt;&lt;strong&gt;D&#233;mocratiser l'&#233;conomie
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_317 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.veblen-institute.org/IMG/zip/1801_rapport_democratie_economique_volume_2_entretiens_5.pages.zip' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Zip - 755.8 kio' type=&#034;application/zip&#034;&gt;&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L64xH64/zip-f045b.svg?1778583501' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-317 '&gt;&lt;strong&gt;D&#233;mocratiser l'&#233;conomie (entretiens)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.idies.org" class="spip_out"&gt;Aller sur le site de l'IDIES &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Donner une assise d&#233;mocratique &#224; la zone euro </title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Donner-une-assise-democratique-a-la-zone-euro.html</link>
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		<dc:date>2017-03-16T18:32:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Fr&#233;meaux</dc:creator>


		<dc:subject>Carousel</dc:subject>
		<dc:subject>Publications &#224; la Une</dc:subject>
		<dc:subject>Politiques mon&#233;taires</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un parlement pour la zone euro : cette proposition permettrait de sortir l'Europe politique de son impasse actuelle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Politiques-monetaires-+.html" rel="tag"&gt;Politiques mon&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L150xH62/arton334-3f5cf.jpg?1774469274' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='62' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un parlement pour la zone euro : cette proposition permettrait de sortir l'Europe politique de son impasse actuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;sentation faite par Thomas Piketty, le 15 mars dernier &#224; la Maison des Mines de Paris, du projet de trait&#233; europ&#233;en propos&#233; par Beno&#238;t Hamon a &#233;t&#233; une tr&#232;s belle le&#231;on d'&#233;conomie politique, propre &#224; ravir tous ceux qui pensent que l'&#233;conomie est une science sociale historiquement situ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thomas Piketty a commenc&#233; par remettre en perspective ce projet, en revenant sur l'&#233;volution de l'Union europ&#233;enne des derni&#232;res d&#233;cennies. Il a ainsi tr&#232;s justement rappel&#233; que la France n'avait cess&#233; de r&#233;clamer un &#034;gouvernement &#233;conomique europ&#233;en&#034; sans donner de contenu pr&#233;cis &#224; cette revendication et que les critiques formul&#233;es &#224; l'&#233;gard du r&#244;le de l'Allemagne au sein de la classe politique s'&#233;taient accompagn&#233;es d'une absence de proposition concr&#232;te en mati&#232;re de gouvernance de la zone euro propre &#224; la rendre plus d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trait&#233;s avaient pr&#233;vu une gouvernance par les r&#232;gles, la Commission &#233;tant charg&#233;e d'en contr&#244;ler l'application. Outre le caract&#232;re totalement inadapt&#233; desdites r&#232;gles, qui n'ont pas permis d'identifier les risques li&#233;s aux d&#233;rapages de la dette priv&#233;e espagnole ou irlandaise, il est apparu clairement, face &#224; la crise, qu'il fallait, pour assurer la p&#233;rennit&#233; de l'euro, disposer d'une capacit&#233; d'agir politique, au-del&#224; de la gouvernance par les r&#232;gles. D&#232;s lors que les &#034;march&#233;s&#034; ne croyaient plus en la p&#233;rennit&#233; de l'euro, ce que traduisaient les taux d'int&#233;r&#234;t diff&#233;rents appliqu&#233;s aux diff&#233;rentes dettes publiques et priv&#233;es selon la nationalit&#233; de leur &#233;metteur &#8211; le fameux spread &#8211;, il a fallu qu'une autorit&#233; politique &#171; rassure &#187; les march&#233;s, en affirmant une volont&#233; partag&#233;e d'assurer la p&#233;rennit&#233; de la zone et cr&#233;e les instruments de nature &#224; la concr&#233;tiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pratique, ce pouvoir a &#233;t&#233; exerc&#233; par l'Eurogroupe, ce sous-ensemble informel du Conseil des ministres de l'Union qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro et, pour les d&#233;cisions les plus structurantes, par le Conseil europ&#233;en, qui rassemble les chefs d'Etat et de gouvernement. Or, l'eurogroupe comme le Conseil europ&#233;en d&#233;lib&#232;rent secr&#232;tement dans un cadre strictement intergouvernemental, ce qui incite chaque Etat &#224; d&#233;fendre une vision &#233;troite de ses int&#233;r&#234;ts nationaux. On a l&#224; un cas classique de la th&#233;orie des jeux o&#249; la d&#233;fense par chacun de ses int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats produit des d&#233;cisions qui desservent au final l'ensemble des participants. Si les Etats ont fini par se mettre d'accord pour mettre en &#339;uvre le M&#233;canisme europ&#233;en de solidarit&#233; (MES) et un d&#233;but d'Union bancaire, on sait que la crise n'a &#233;t&#233; r&#233;ellement calm&#233;e que gr&#226;ce &#224; l'intervention de la Banque centrale europ&#233;enne, seule institution f&#233;d&#233;rale. Mais si la BCE a pu jouer les pompiers, elle n'est pas en mesure de statuer sur les dettes des Etats, ou d'assurer la coordination des politiques budg&#233;taires pourtant n&#233;cessaire pour relancer l'&#233;conomie europ&#233;enne suite &#224; la crise de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion par l'Eurogroupe est donc peu d&#233;mocratique tout en se r&#233;v&#233;lant incapable d'&#234;tre &#224; la hauteur de l'enjeu. Comme l'expliquait hier Thomas Piketty, est-il bien r&#233;aliste d'assigner &#224; la Gr&#232;ce l'obligation de d&#233;gager un exc&#233;dent primaire de 3 % du PIB au cours des cinquante prochaines ann&#233;es ? Qui peut croire qu'un pays dont le Pib a diminu&#233; de 25 % peut rembourser ses dettes ? Tout cela n'est pas raisonnable, ni r&#233;aliste. Si l'attitude des dirigeants allemands a sa logique au vu des engagements souscrits lors de la mise en place de la monnaie unique, on peut aussi penser qu'elle dessert les int&#233;r&#234;ts sup&#233;rieurs de leur pays, qui sont de vivre en paix avec ses voisins dans une Europe prosp&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une priorit&#233; est donc de sortir la gouvernance de la zone euro de cette seule logique intergouvernementale pour lui adjoindre une assembl&#233;e parlementaire sp&#233;cifique &#224; la zone euro o&#249; un d&#233;bat politique transeurop&#233;en sur les politiques &#224; mener pourrait se d&#233;velopper publiquement, en toute transparence. C'est ce que propose Benoit Hamon. Cette assembl&#233;e aurait l'autorit&#233; pour approuver ou rejeter les propositions faites par l'eurogroupe en mati&#232;re de gouvernance de la zone. Parall&#232;lement, on transf&#233;rerait au niveau de la zone euro, l'&#233;tablissement de l'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s, dans son assiette comme dans son taux. Un transfert de souverainet&#233; limit&#233; puisque les diff&#233;rents Etats ont aujourd'hui pour seul levier d'en baisser toujours plus les taux face &#224; la concurrence fiscale de leurs voisins. On mettrait ainsi fin au dumping fiscal ce qui permettrait de r&#233;tablir une imposition significative des firmes transnationales au niveau de l'ensemble de la zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assembl&#233;e propos&#233;e serait constitu&#233;e pour l'essentiel de d&#233;put&#233;s issus des diff&#233;rents parlements nationaux &#8211; en due proportion des diff&#233;rentes familles politiques - et de quelques repr&#233;sentants issus du Parlement europ&#233;en. Le choix d'un parlement &#171; de second degr&#233; &#187;, essentiellement issu des Parlements nationaux, est li&#233; au fait qu'en l'&#233;tat actuel des trait&#233;s, les pouvoirs budg&#233;taires demeurent enti&#232;rement dans les mains des Parlements nationaux. En effet, le Parlement europ&#233;en n'est pas habilit&#233; &#224; lever l'imp&#244;t et se contente d'approuver un projet de budget europ&#233;en - limit&#233; &#224; 1.1 % du Pib europ&#233;en - d&#233;cid&#233; par les Etats-membres. Autre point essentiel : d&#232;s lors que le trait&#233; propos&#233; serait additionnel aux trait&#233;s europ&#233;ens, &#224; l'instar du trait&#233; budg&#233;taire vot&#233; en 2012, il ne n&#233;cessiterait pas l'unanimit&#233; des Etats-membres pour &#234;tre adopt&#233; &#8211; &#224; la diff&#233;rence des r&#232;gles applicables aux modifications des trait&#233;s europ&#233;ens . Thomas Piketty et les juristes qui ont travaill&#233; avec lui sur le projet proposent qu'il puisse entrer en vigueur d&#232;s lors que des pays repr&#233;sentant 75 % de la population de la zone euro l'auraient approuv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut prendre la mesure de l'importance de cette proposition qui renoue avec cette grande tradition qui, de Victor Hugo &#224; Jean Monnet, a fait de la France un des moteurs de la construction europ&#233;enne. Elle rompt avec l'histoire r&#233;cente o&#249; l'on a vu notre pays, pour des raisons internes, se r&#233;v&#233;ler incapable de r&#233;pondre aux appels du pied allemands pour aller de l'avant, et notamment aux propositions formul&#233;es par le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res &#233;cologiste Joshska Fischer, en 2000. En proposant un trait&#233; additionnel entre pays partageant l'euro, Benoit Hamon, candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle fran&#231;aise, rompt avec cette impuissance nationale. Il r&#233;concilie ceux qui, en 2005, comme Thomas Piketty (et l'auteur de ces lignes), avaient vot&#233; oui au projet de trait&#233; constitutionnel, en raison de leur attachement politique au projet europ&#233;en, tout en en mesurant toutes les limites et toutes les insuffisances du trait&#233; propos&#233;, et ceux qui avaient vot&#233; non, bien que sinc&#232;rement europ&#233;ens, estimaient devoir sanctionner un projet sans avanc&#233;es concr&#232;tes sur le plan &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition de Benoit Hamon doit donc rallier tous ceux qui esp&#232;rent en l'Europe. Tous ceux qui n'ont pas oubli&#233; la tragique premi&#232;re moiti&#233; du si&#232;cle pass&#233;, et tous ceux qui estiment que, dans le monde qui vient, l'Europe constitue le cadre pertinent pour conduire les politiques n&#233;cessaires en mati&#232;re &#233;conomique, social et environnemental. Sans m&#234;me parler ici des enjeux en mati&#232;re de d&#233;fense ou d'accueil des r&#233;fugi&#233;s. Comme l'a rappel&#233; Thomas Piketty, Benoit Hamon est le seul qui fasse aujourd'hui une proposition qui trace un futur d&#233;sirable au niveau de l'Union, de nature &#224; r&#233;concilier les peuples avec le projet europ&#233;en. Marine Le Pen et Jean-Luc M&#233;lenchon, m&#234;me si tout les s&#233;pare bien &#233;videmment, ont en commun de d&#233;noncer les insuffisances pr&#233;sentes de l'Union et de l'euro, sans pour autant proposer de r&#233;elle voie de sortie par le haut des difficult&#233;s actuelles. Rien de surprenant de la part de Marine Le Pen, qui d&#233;fend un projet nationaliste de repli illusoire sur l'espace national. En revanche, concernant Jean-Luc M&#233;lenchon, force est de constater que si son plan B de &#171; socialisme dans un seul pays &#187; est largement mis en avant, on reste largement sur notre faim pour ce qui concerne ses propositions de plan A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron et Fran&#231;ois Fillon, pour leur part, sont du c&#244;t&#233; du statu quo. Un statu quo d&#233;sormais intenable au vu des forces centrifuges internes et externes qui s'exercent aujourd'hui sur l'Union. Autant dire que leur r&#233;alisme affich&#233; est tout sauf r&#233;aliste. L'heure est &#224; l'audace, aux propositions positives qui tracent un futur d&#233;sirable au niveau de l'Union. La proposition Hamon n'est sans doute pas parfaite. Elle a vocation &#224; &#234;tre d&#233;battue, en France, et surtout, avec nos partenaires. Elle a cependant le grand m&#233;rite d'&#234;tre sur la table et de relancer le d&#233;bat sur l'avenir de l'Europe de mani&#232;re positive, en un moment historique crucial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Version l&#233;g&#232;rement modfi&#233;e d'une tribune publi&#233; initialement dans Alternatives Economiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;dit photo : ECB_Gideon Benari_Flickr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le revenu de base, d&#233;sormais au c&#339;ur de la primaire socialiste</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Le-revenu-de-base-desormais-au-coeur-de-la-primaire-socialiste.html</link>
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		<dc:date>2017-01-11T11:14:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Fr&#233;meaux</dc:creator>


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		<dc:subject>L'avenir du travail </dc:subject>
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		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le revenu de base a fait irruption dans la campagne pr&#233;sidentielle sous l'impulsion de Beno&#238;t Hamon qui l'a mis au c&#339;ur de son programme, rejoignant ici le candidat d'EELV, Yannick Jadot. Allons voir de plus pr&#232;s cette proposition qui compte de nombreux partisans, aussi bien dans la droite ultra-lib&#233;rale que dans l'&#233;cologie politique et d&#233;sormais dans la gauche radicale-r&#233;formiste-&#233;colo que veut incarner Beno&#238;t Hamon&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; De quoi s'agit-il ? De verser &#224; tous les r&#233;sidents un revenu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Inegalites-et-soutenabilite-+.html" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le revenu de base a fait irruption dans la campagne pr&#233;sidentielle sous l'impulsion de Beno&#238;t Hamon qui l'a mis au c&#339;ur de son programme, rejoignant ici le candidat d'EELV, Yannick Jadot. Allons voir de plus pr&#232;s cette proposition qui compte de nombreux partisans, aussi bien dans la droite ultra-lib&#233;rale que dans l'&#233;cologie politique et d&#233;sormais dans la gauche radicale-r&#233;formiste-&#233;colo que veut incarner Beno&#238;t Hamon&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De quoi s'agit-il ? De verser &#224; tous les r&#233;sidents un revenu inconditionnel afin que nul ne soit enferm&#233; dans la pauvret&#233; dans une soci&#233;t&#233; o&#249; le progr&#232;s technique permet de produire des richesses en abondance. A la diff&#233;rence du revenu de solidarit&#233; active (RSA) et de la prime d'activit&#233;, ou encore des autres minima sociaux, le revenu de base n'est pas vers&#233; aux seules personnes exclues de l'emploi ou aux titulaires de tr&#232;s bas salaires, mais distribu&#233; &#224; tous, aussi bien &#224; Mme Bettencourt qu'au SDF&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les lib&#233;raux, l'instauration d'un revenu de base est un moyen de simplifier radicalement le syst&#232;me de protection sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par rappeler pourquoi certains lib&#233;raux en sont partisans, tels Gaspard Koenig, en France. Pour eux, l'instauration d'un revenu de base est un moyen de simplifier radicalement le syst&#232;me de protection sociale. Remplacer toutes les allocations par un revenu inconditionnel, par un imp&#244;t n&#233;gatif, d&#233;lie &#224; leurs yeux la soci&#233;t&#233; de toute autre responsabilit&#233; &#224; l'&#233;gard des individus qui la composent, &#224; qui il revient ensuite de se d&#233;brouiller seul, en toute libert&#233;. Du coup, plus besoin de salaire minimum, plus besoin d'assurance-ch&#244;mage, plus besoin de prestations familiales et surtout plus besoin des services en charge de les d&#233;livrer et de v&#233;rifier que vous y avez droit. De quoi, au final, faire des &#233;conomies&#8230; Dans cette version, le revenu de base est une sorte de cadeau fait par les &#233;lites &#224; la pl&#232;be afin d'&#233;viter qu'elle se r&#233;volte. Une sorte de version post-moderne du panem et circenses du bas empire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une perspective diff&#233;rente &#224; gauche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le revenu de base, tel que le d&#233;fendent les &#233;cologistes et d&#233;sormais Beno&#238;t Hamon s'inscrit dans une perspective tr&#232;s diff&#233;rente. Le premier avantage d'un revenu de base inconditionnel, pour ses partisans de gauche, est d'&#233;viter d'enfermer les exclus de l'emploi dans un statut d'assist&#233; puisque tout le monde en b&#233;n&#233;ficie. Ensuite, son automaticit&#233; met un terme au non-recours, le fait qu'aujourd'hui des centaines de milliers de personnes qui devraient toucher des minima sociaux n'en b&#233;n&#233;ficient pas, parce qu'ils jugent les d&#233;marches trop complexes ou trop stigmatisantes. Toute personne qui a d&#233;j&#224; vu de pr&#232;s un dossier de demande du RSA comprendra qu'&#234;tre pauvre suppose un haut niveau de qualification&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ses partisans de gauche y voient le moyen dans une soci&#233;t&#233; &#224; haute productivit&#233; et o&#249; la r&#233;volution num&#233;rique devrait encore r&#233;duire l'emploi, d'assurer la dignit&#233; de tous les citoyens. C'est aussi un moyen de changer les rapports de force, sur le march&#233; du travail, sans attendre un toujours promis mais jamais atteint retour au plein emploi, en donnant &#224; chacun la possibilit&#233; de choisir de travailler ou non ou encore de r&#233;duire son temps de travail, alors que trop d'emplois sont mal r&#233;mun&#233;r&#233;s ou se caract&#233;risent par des conditions de travail difficiles&#8230; Les partisans du revenu de base r&#233;cusent l'accusation port&#233;e par la gauche r&#233;formiste qui d&#233;nonce un outil susceptible d'enfermer les ch&#244;meurs dans l'inactivit&#233; et de renforcer le dualisme social. Au contraire, en donnant plus de libert&#233; &#224; tous, ils ne renient pas la soci&#233;t&#233; du travail, mais ils remettent celui-ci &#224; sa juste place, fid&#232;le en cela au projet &#233;mancipateur que porte le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est pas de glorifier le travail, mais de mettre fin &#224; la pr&#233;carit&#233; que suscite le ch&#244;mage de masse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, on est tent&#233; de rappeler aux autres candidats &#224; la primaire de la &#171; belle alliance populaire &#187; (sic) que l'id&#233;al socialiste n'est pas porteur d'une &#233;mancipation par le travail mais d'une &#233;mancipation des travailleurs, ce qui n'est pas du tout la m&#234;me chose. Que le r&#244;le historique de la classe ouvri&#232;re, dans l'imaginaire marxiste, vienne de sa place dans le processus de production est une chose, que son devenir, dans la soci&#233;t&#233; &#224; construire, soit de rester riv&#233;e &#224; sa machine en est une autre. Certes, la construction du socialisme &#171; r&#233;el &#187; s'est longtemps mesur&#233;e, dans les pays communistes, au niveau du taux de croissance et au taux de d&#233;passement du plan quinquennal ! Mais, en v&#233;rit&#233;, toutes les luttes ouvri&#232;res, dans les d&#233;mocraties, ont &#233;t&#233; non seulement des luttes pour l'emploi, pour le pouvoir d'achat, mais aussi pour le temps libre, la journ&#233;e de huit heures, les cong&#233;s pay&#233;s, l'am&#233;lioration des conditions de travail, les 35 heures, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce plan, voir R&#233;inventer le progr&#232;s. Entretiens avec Laurent Berger et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques adress&#233;es au revenu de base sont donc erron&#233;es quand elles tendent, au nom du productivisme, &#224; confondre &#233;mancipation des travailleurs et mise au travail de tous les salari&#233;s potentiels (avec des heures suppl&#233;mentaires nettes d'imp&#244;ts comme le propose d&#233;sormais Manuel Valls oubliant au passage que la loi El Khomri impos&#233;e par son gouvernement permet d'en r&#233;duire le taux de r&#233;mun&#233;ration !). La question n'est pas de glorifier le travail, mais de mettre fin &#224; la pr&#233;carit&#233; que suscite le ch&#244;mage de masse. Et, sur ce plan, si le revenu de base n'est pas la solution, il n'est pas non plus un obstacle &#224; la recherche d'une solution : au risque d'avoir l'air de rouler pour Beno&#238;t Hamon (ou Yannick Jadot, mais celui-ci n'est pas pr&#233;sent &#224; la primaire socialiste), constatons que l'articulation revenu de base et r&#233;duction du temps de travail propos&#233;e par ces deux candidats fait sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La glorification du travail n'a rien de socialiste, et encore moins d'&#233;mancipateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La glorification du travail n'a donc rien de socialiste, et encore moins d'&#233;mancipateur. On sait que, dans le pire des cas, elle a d&#233;bouch&#233; sur les camps du m&#234;me nom. L'URSS avait certes supprim&#233; le ch&#244;mage, mais avait du m&#234;me coup rendu le travail obligatoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, il est difficile de balayer cette proposition d'un revers de main dans une soci&#233;t&#233; qui peine &#224; sortir du ch&#244;mage de masse depuis maintenant pr&#232;s de quatre d&#233;cennies. Et qu'&#224; tout prendre, mieux vaut &#233;videmment un revenu de base qu'une d&#233;rive vers le workfare, c'est-&#224;-dire le travail obligatoire exig&#233; des b&#233;n&#233;ficiaires d'aides sociales, comme le propose un Laurent Wauquiez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; s'assurer que cela ne soit pas la version lib&#233;rale qui s'impose. Or, le revenu de base n'est &#233;mancipateur que s'il s'inscrit dans une soci&#233;t&#233; o&#249; une r&#233;elle &#233;galit&#233; des possibles est &#233;tablie. Ou chacun dispose du niveau de qualification qui lui permet de choisir d'entrer sur le march&#233; du travail ou de vivre chichement de son revenu de base. Bref, pour reprendre les mots d'Amartya Sen, o&#249; chacun a les capabilit&#233;s qui lui permettent d'&#234;tre un citoyen &#224; part enti&#232;re. On peut d'ailleurs se demander si un revenu de base serait encore n&#233;cessaire dans une soci&#233;t&#233; qui satisferait &#224; ces conditions ! Il faut ici entendre la critique adress&#233;e au revenu de base qui consiste &#224; craindre qu'il n'enferme les moins dot&#233;s en qualification dans l'inactivit&#233;, provoquant une dualisation accrue de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;dibilit&#233; du discours de Beno&#238;t Hamon sera donc d'autant plus forte s'il articule sa proposition de revenu de base avec ses autres propositions destin&#233;es &#224; lutter contre l'&#233;chec scolaire, assurer une meilleure prise en charge de la petite enfance ou d&#233;velopper la formation tout au long de la vie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Modalit&#233;s pratiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; discuter des modalit&#233;s pratiques. Le co&#251;t d'un revenu de base de niveau significatif est a priori exorbitant. Certes, une partie des indemnit&#233;s actuelles serait supprim&#233;e en contrepartie, certes une grande partie des sommes vers&#233;es serait r&#233;cup&#233;r&#233;e via l'imp&#244;t progressif. Mais le reste &#224; financer demeure consid&#233;rable ce qui conduit certains &#224; douter de la faisabilit&#233; de la mesure, voire de son int&#233;r&#234;t, compte tenu du risque d'effet d'&#233;viction pour d'autres d&#233;penses publiques qu'il serait souhaitable d'accro&#238;tre en priorit&#233; afin de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, comme on vient de le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie la plus r&#233;aliste est de proposer une mise en &#339;uvre progressive, quitte &#224; remettre &#224; demain la promesse d'universalit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie la plus r&#233;aliste, dans ces conditions, est de se garder de proposer une r&#233;volution fiscale et sociale irr&#233;aliste, et de proposer une mise en &#339;uvre progressive, quitte &#224; remettre &#224; demain la promesse d'universalit&#233;. C'est dans cet esprit que Beno&#238;t Hamon propose, dans un premier temps, de relever significativement le niveau du RSA, pour le ramener en fait au niveau qui &#233;tait le sien lors de l'instauration du RMI par Michel Rocard, et de l'&#233;tendre aux 18 &#224; 25 ans, cr&#233;ant ainsi l'allocation d'autonomie des jeunes promise hier par le candidat Hollande et jamais mise en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; voir comment cette allocation a vocation &#224; &#234;tre financ&#233;e. Une solution serait de supprimer le b&#233;n&#233;fice du quotient familial pour les enfants d&#233;passant l'&#226;ge de 18 ans qui ne serait d&#233;sormais plus &#224; la charge de leurs parents sur le plan fiscal. On peut estimer qu'il serait plus habile politiquement de laisser le choix aux parents de conserver leurs enfants majeurs &#224; leur charge ou non, sachant que l'allocation d'autonomie serait naturellement int&#233;gr&#233;e au revenu imposable du m&#233;nage dans le premier cas. Supprimer le quotient familial pour les enfants de plus de dix-huit ans aurait cependant le m&#233;rite de la clart&#233; et serait un pas suppl&#233;mentaire vers une refonte de la politique familiale. Il serait logique, d&#232;s lors qu'on souhaite instituer un revenu de base universel et inconditionnel, d'&#233;tendre enfin les allocations familiales au premier enfant et de financer notamment cette extension par une baisse du plafond du quotient familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; initialement dans &lt;a href=&#034;http://www.alterecoplus.fr/philippe-fremeaux/revenu-de-base-desormais-coeur-de-primaire-socialiste/00012942&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alterecoplus.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur ce plan, voir R&#233;inventer le progr&#232;s. Entretiens avec Laurent Berger et Pascal Canfin. Les Petits Matins, novembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;inventer le progr&#232;s </title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Reinventer-le-progres.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.veblen-institute.org/Reinventer-le-progres.html</guid>
		<dc:date>2016-11-22T16:30:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Berger &amp; Pascal Canfin &amp; Philippe Fr&#233;meaux</dc:creator>


		<dc:subject>Webmaster - Menu principal</dc:subject>
		<dc:subject>L'avenir du travail </dc:subject>
		<dc:subject>Carousel</dc:subject>
		<dc:subject>Essais</dc:subject>
		<dc:subject>Politiques sociales</dc:subject>
		<dc:subject>Publications &#224; la Une</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comment redessiner un futur qui fasse envie ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-Publications-.html" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Menu-principal-+.html" rel="tag"&gt;Webmaster - Menu principal&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Carousel-+.html" rel="tag"&gt;Carousel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Essais-+.html" rel="tag"&gt;Essais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Etat-providence-+.html" rel="tag"&gt;Politiques sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Article-a-la-Une-+.html" rel="tag"&gt;Publications &#224; la Une&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L96xH150/arton302-442f0.jpg?1774175956' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le dirigeant d'une organisation syndicale fran&#231;aise dialogue avec le directeur d'une ONG environnementale autour des enjeux de l'indispensable transition &#233;cologique. Un &#233;change essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment redessiner un futur qui fasse envie ? La mondialisation bouscule nos rep&#232;res ; la r&#233;volution num&#233;rique remet en cause les formes traditionnelles du travail ; la croissance est en panne, et sa relance sous sa forme actuelle n'est pas souhaitable en raison des d&#233;g&#226;ts environnementaux qu'elle engendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et si, au fond, ces bouleversements &#233;taient une occasion de renouer avec le progr&#232;s ? Car, oui, il est possible de concilier le progr&#232;s social et la transition &#233;cologique, nous disent Laurent Berger et Pascal Canfin. Sans minimiser les contraintes ni promettre de solutions magiques &#8211; et tout en poursuivant l'objectif d'&#233;mancipation que porte historiquement le mouvement social &#8211;, le dirigeant syndical et le responsable &#233;cologiste apportent une r&#233;ponse &#224; tous ceux qui voient dans l'&#233;cologie une ennemie de l'emploi. Ils proposent des solutions innovantes pour r&#233;inventer une soci&#233;t&#233; &#224; la fois ouverte et protectrice, soutenable et pourvoyeuse de bien-&#234;tre pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ISBN 978-2-36383-214-6&lt;br class='autobr' /&gt;
Date de parution 10 novembre 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
168 p., 14 euros&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lespetitsmatins.fr/collections/reinventer-le-progres/" class="spip_out"&gt;Pour acheter le livre &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Editorial juin 2016 : Rendez-nous la monnaie !</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Editorial-juin-2016-Rendez-nous-la-monnaie.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.veblen-institute.org/Editorial-juin-2016-Rendez-nous-la-monnaie.html</guid>
		<dc:date>2016-06-18T16:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Fr&#233;meaux &amp; Wojtek Kalinowski </dc:creator>


		<dc:subject>Innovations mon&#233;taires </dc:subject>
		<dc:subject>Monnaie &amp; Soutenabilit&#233; </dc:subject>
		<dc:subject>Politiques mon&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avez-vous vu Demain, ce documentaire qui ouvre grand les portes vers l'avenir ? On y d&#233;couvre des femmes et des hommes en train de red&#233;finir la prosp&#233;rit&#233; &#224; l'aide de la monnaie. Revivifiante mais na&#239;ve, cette envie de changer quelque chose alors que tout semble bloqu&#233; ? Eh bien non, en pratique comme en th&#233;orie, les alternatives qui contribuent &#224; transformer notre soci&#233;t&#233; ne manquent pas dans le domaine mon&#233;taire ! La monnaie, c'est compliqu&#233;. &#034;Lorsqu'un &#233;conomiste affirme qu'il a enfin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-En-bref-.html" rel="directory"&gt;En bref&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Systeme-monetaire-+.html" rel="tag"&gt;Innovations mon&#233;taires &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Monnaies-complementaires-+.html" rel="tag"&gt;Monnaie &amp; Soutenabilit&#233; &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Politiques-monetaires-+.html" rel="tag"&gt;Politiques mon&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_69 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.veblen-institute.org/IMG/jpg/couv_petite.jpg&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 31.8 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L125xH150/couv_petite-bfc2d3ad-6cc70-26699.jpg?1774096350' width='125' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avez-vous vu &lt;i&gt;Demain&lt;/i&gt;, ce documentaire qui ouvre grand les portes vers l'avenir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De M&#233;lanie Laurent et Cyril Dion, sorti en 2015.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? On y d&#233;couvre des femmes et des hommes en train de red&#233;finir la prosp&#233;rit&#233; &#224; l'aide de la monnaie. Revivifiante mais na&#239;ve, cette envie de changer quelque chose alors que tout semble bloqu&#233; ? Eh bien non, en pratique comme en th&#233;orie, les alternatives qui contribuent &#224; transformer notre soci&#233;t&#233; ne manquent pas dans le domaine mon&#233;taire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La monnaie, c'est compliqu&#233;. &#034;&lt;i&gt;Lorsqu'un &#233;conomiste affirme qu'il a enfin compris ce que c'est, c'est probablement parce qu'il n'a pas assez r&#233;fl&#233;chi&lt;/i&gt;&#034;, a observ&#233; un jour Herman Daly, lui-m&#234;me &#233;conomiste venu &#224; la monnaie par le biais de l'&#233;cologie. Mais &#224; poser la question aux historiens ou aux anthropologues, on apprend que la monnaie est bien plus ancienne et plus universelle que le capitalisme, et m&#234;me que le march&#233;. Que sa fonction premi&#232;re est de faire soci&#233;t&#233;. H&#233;las, ce n'est pas la monnaie telle que nous la connaissons. Celle-ci g&#233;n&#232;re des crises &#224; r&#233;p&#233;tition et affiche une parfaite indiff&#233;rence &#224; tous les grands d&#233;fis de notre &#233;poque. C'est une monnaie captive : trop de finance, pas assez de r&#233;gulation publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Techniquement, rien n'emp&#234;che de la r&#233;inventer, d&#232;s demain : limiter le poids de la finance, renforcer les banques publiques et red&#233;finir leurs missions, d&#233;centraliser le cr&#233;dit, orienter la monnaie vers des objectifs socialement souhaitables&#8230; Reste &#224; mettre ces id&#233;es au coeur d'un projet politique qui donne envie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement aux propositions de r&#233;forme du syst&#232;me, une multitude d'initiatives r&#233;inventent aujourd'hui la monnaie &#034;par le bas&#034; : monnaies locales, banques de temps, circuits de cr&#233;dit mutuel&#8230; C'est une mani&#232;re l&#224; encore de se r&#233;approprier la monnaie pour la mettre au service des territoires et de la transition &#233;cologique. L'id&#233;e s&#233;duit et les initiatives se multiplient. Reste &#224; r&#233;unir les conditions de leur r&#233;ussite, pour &#233;viter que la vague retombe une fois l'effet de mode pass&#233;. Ce qui suppose de les int&#233;grer &#224; des projets plus globaux de transformation de l'activit&#233; sur les territoires, associant acteurs priv&#233;s, organisations sociales et solidaires et acteurs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montrer les d&#233;rives actuelles du syst&#232;me mon&#233;taire et financier, pr&#233;senter les alternatives et les d&#233;cliner &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles : voici l'ambition du dossier pr&#233;sent&#233; dans ce num&#233;ro, inspir&#233; en partie des travaux de l'Institut Veblen sur le r&#244;le de la monnaie et de la finance dans la transition &#233;cologique. Une transition qui ne se limite pas &#224; la question environnementale au sens &#233;troit, mais interroge tout autant notre mod&#232;le &#233;conomique et social que nos modes de d&#233;cision, bref, la qualit&#233; de notre d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Editorial du dossier &#034;R&#233;inventer la monnaie&#034;, fruit d'un partenariat entre l'Institut Veblen et Alternatives Economiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De M&#233;lanie Laurent et Cyril Dion, sorti en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>V&#233;rit&#233;s et mensonges du discours &#233;conomique</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Verites-et-mensonges-du-discours-economique-141.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.veblen-institute.org/Verites-et-mensonges-du-discours-economique-141.html</guid>
		<dc:date>2016-02-18T16:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Fr&#233;meaux</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement de l'&#233;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Le r&#244;le des experts</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Bernard Maris ne se prenait pas au s&#233;rieux, en revanche, son message l'&#233;tait. A commencer par sa critique radicale de la science &#233;conomique dominante et de sa pr&#233;tention &#224; s'affirmer comme une science exacte, &#224; l'instar de la physique ou de la biologie. Or, &#224; la diff&#233;rence de ces disciplines, o&#249; la m&#234;me exp&#233;rience peut &#234;tre renouvel&#233;e, l'&#233;conomie est une science sociale, historique. Elle peut au mieux observer comment les choses se sont d&#233;roul&#233;es hier et formuler des sc&#233;narios fond&#233;s sur l'analyse des tendances pass&#233;es.L'&#233;conomie est tr&#232;s technique, tr&#232;s complexe mais, dans le m&#234;me temps, c'est de nos emplois, de nos revenus, de nos retraites, de notre monnaie, de notre bien-&#234;tre dont il est question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc particuli&#232;rement regrettable que nombre de nos concitoyens affirment &#034;ne rien comprendre &#224; l'&#233;conomie&#034; et ne pas s'y int&#233;resser, alors qu'il serait hautement souhaitable que chacun puisse s'en saisir afin que les choix &#233;conomiques soient plac&#233;s au coeur du d&#233;bat d&#233;mocratique. Sur ce plan, les m&#233;dias ne font peut &#234;tre pas assez leur travail. L'organisation des r&#233;dactions continue d'opposer service politique et service &#233;conomique. L'information &#233;conomique y est g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233;e comme une mati&#232;re sp&#233;cifique, destin&#233;e aux d&#233;cideurs ou &#233;pargnants, ou comme un domaine tr&#232;s technique, qui peut &#234;tre trait&#233;e objectivement. Or, les analyses et les recommandations que formulent journalistes sp&#233;cialis&#233;s et experts devraient toujours &#234;tre mises en d&#233;bat puisqu'ils passent leur temps &#224; nous expliquer ce qui est possible et surtout, ce qui ne l'est pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout l'enjeu aujourd'hui est donc de remettre l'&#233;conomie &#8211; et son traitement &#8211; &#224; la place qui devrait &#234;tre la sienne : un moyen au service de la soci&#233;t&#233; et non une fin en soi &#224; laquelle celle-ci doit se soumettre. Merci Bernard, de nous l'avoir rappel&#233; sans rel&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.veblen-institute.org/Nouvel-article,291?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire la suite de l'article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-En-bref-.html" rel="directory"&gt;En bref&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Enseignement-de-l-economie-+.html" rel="tag"&gt;Enseignement de l'&#233;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Le-role-des-experts-+.html" rel="tag"&gt;Le r&#244;le des experts&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L87xH120/arton141-a2ca2.jpg?1773912296' class='spip_logo spip_logo_right' width='87' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Maris ne se prenait pas au s&#233;rieux, en revanche, son message l'&#233;tait. A commencer par sa critique radicale de la science &#233;conomique dominante et de sa pr&#233;tention &#224; s'affirmer comme une science exacte, &#224; l'instar de la physique ou de la biologie. Or, &#224; la diff&#233;rence de ces disciplines, o&#249; la m&#234;me exp&#233;rience peut &#234;tre renouvel&#233;e, l'&#233;conomie est une science sociale, historique. Elle peut au mieux observer comment les choses se sont d&#233;roul&#233;es hier et formuler des sc&#233;narios fond&#233;s sur l'analyse des tendances pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie est tr&#232;s technique, tr&#232;s complexe mais, dans le m&#234;me temps, c'est de nos emplois, de nos revenus, de nos retraites, de notre monnaie, de notre bien-&#234;tre dont il est question. Il est donc particuli&#232;rement regrettable que nombre de nos concitoyens affirment &#034;ne rien comprendre &#224; l'&#233;conomie&#034; et ne pas s'y int&#233;resser, alors qu'il serait hautement souhaitable que chacun puisse s'en saisir afin que les choix &#233;conomiques soient plac&#233;s au coeur du d&#233;bat d&#233;mocratique. Sur ce plan, les m&#233;dias ne font peut &#234;tre pas assez leur travail. L'organisation des r&#233;dactions continue d'opposer service politique et service &#233;conomique. L'information &#233;conomique y est g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233;e comme une mati&#232;re sp&#233;cifique, destin&#233;e aux d&#233;cideurs ou &#233;pargnants, ou comme un domaine tr&#232;s technique, qui peut &#234;tre trait&#233;e objectivement. Or, les analyses et les recommandations que formulent journalistes sp&#233;cialis&#233;s et experts devraient toujours &#234;tre mises en d&#233;bat puisqu'ils passent leur temps &#224; nous expliquer ce qui est possible et surtout, ce qui ne l'est pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout l'enjeu aujourd'hui est donc de remettre l'&#233;conomie &#8211; et son traitement &#8211; &#224; la place qui devrait &#234;tre la sienne : un moyen au service de la soci&#233;t&#233; et non une fin en soi &#224; laquelle celle-ci doit se soumettre. Merci Bernard, de nous l'avoir rappel&#233; sans rel&#226;che. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;V&#233;rit&#233;s et mensonges du discours &#233;conomique. En hommage &#224; Bernard Maris&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est commun d'ironiser sur la qualit&#233; des pr&#233;visions formul&#233;es par les &#233;conomistes. Faut-il vraiment le leur reprocher ? Non. Car, &#224; la diff&#233;rence des sciences dites exactes, o&#249; la m&#234;me exp&#233;rience peut-&#234;tre renouvel&#233;e, l'&#233;conomiste peut au mieux rep&#233;rer des r&#233;gularit&#233;s, observer comment les choses se sont d&#233;roul&#233;es hier et quand il pr&#233;voit l'avenir, c'est toujours en prolongeant les tendances pass&#233;es. Les hommes font l'histoire, ils ne savent pas l'histoire qu'ils font, comme le disait Raymond Aron. On peut faire la m&#234;me observation pour l'&#233;conomie, qui s'attache &#224; expliquer une mati&#232;re avant tout sociale et historique. On ne peut pr&#233;voir avec certitude ce que seront demain les comportements humains. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur ces bases, le premier grand reproche qui peut &#234;tre fait au discours &#233;conomique dominant, c'est de pr&#233;tendre pouvoir dire quel temps qu'il fait ou fera demain avec autorit&#233;, quitte &#224; expliquer avec la m&#234;me autorit&#233;, apr&#232;s que la r&#233;alit&#233; l'ai contredit, pourquoi &#231;a ne s'est pas pass&#233; comme pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que la science &#233;conomique n'aurait aucun pouvoir pr&#233;dictif ? Evidemment non. En pratique, la capacit&#233; des &#233;conomistes &#224; b&#226;tir des sc&#233;narios plausibles varie &#233;galement selon les faits et hypoth&#232;ses qu'ils retiennent. Ainsi, certains &#233;conomistes critiques avaient parfaitement pr&#233;vu la crise des subprime &#224; l'inverse de la vulgate dominante. Pour autant, si leurs pr&#233;visions se sont r&#233;v&#233;l&#233;es justes a posteriori, ils n'&#233;taient pas non plus en situation de dire exactement quand et o&#249; la crise se d&#233;clencherait, et il a fallu un enchainement sp&#233;cifique de comportements humains en partie impr&#233;visibles pour qu'elle prenne la dimension qui a &#233;t&#233; la sienne. C'est pourquoi, quand un &#233;conomiste est sage, ce qui est assez rare avouons-le, il devrait exprimer toujours de nombreuses r&#233;serves sur la validit&#233; des pr&#233;dictions qu'il formule. &lt;br class='autobr' /&gt;
En pratique, les &#233;conomistes s'efforcent n&#233;anmoins de concevoir des mod&#232;les qui rendent compte de la r&#233;alit&#233; et qui leur permettent de pr&#233;dire l'&#233;volution probable de l'&#233;conomie. A cette fin, ils observent les relations qui s'&#233;tablissent entre diff&#233;rents variables &#8211; consommation, investissement, revenus, fiscalit&#233;, commerce ext&#233;rieur, etc. &#8211; et construisent un outil math&#233;matique destin&#233; &#224; reproduire la dynamique de l'&#233;conomie. La mod&#233;lisation se r&#233;v&#232;le utile quand elle permet d'&#233;clairer les choix politiques en contribuant &#224; &#233;valuer les effets de telle ou telle d&#233;cision ou en permettant &#224; ceux qui nous gouvernent d'utiliser les leviers de la politique &#233;conomique de mani&#232;re anticip&#233;e afin d'influer sur la marche de l'&#233;conomie dans le sens souhait&#233;. Elle trouve cependant vite ses limites, car le comportement des acteurs ne se reproduit jamais parfaitement &#224; l'identique et elle exclut n&#233;cessairement un grand nombre de facteurs qui vous venir perturber la r&#233;alit&#233;. Les mod&#232;les, par nature, reposent toujours sur une hypoth&#232;se de fixit&#233; de toutes les variables qu'ils n'int&#232;grent pas : la plupart des &#233;conomistes travaillent &#034; toutes choses &#233;gales par ailleurs&#034;. C'est pourquoi les faits viennent r&#233;guli&#232;rement contredire les pr&#233;visions m&#234;me les plus sophistiqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une science sociale par&#233;e des vertus de la math&#233;matique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout le probl&#232;me vient d'ailleurs quand le recours &#224; l'outil math&#233;matique se transforme en un artifice destin&#233; &#224; assimiler l'&#233;conomie &#224; une science dite exacte. Or, la v&#233;rit&#233; qu'apporte la math&#233;matisation se limite &#224; la v&#233;rit&#233; de la math&#233;matisation elle-m&#234;me. Elle ne valide en rien les hypoth&#232;ses des mod&#232;les, ni les statistiques qui le nourrissent. Elle tend &#224; passer &#224; la trappe la dimension sociale, historique et donc politique de la discipline et encourage toutes les d&#233;rives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article r&#233;cent a ainsi montr&#233; que pr&#232;s de cinquante pour cent des articles publi&#233;s dans les revues &#233;conomiques les plus prestigieuses sont fond&#233;s sur des s&#233;ries statistiques souvent introuvables, ou tr&#232;s contestables, les faits venant contredire la th&#232;se d&#233;fendue &#233;tant pass&#233; &#224; la trappe. Et il a fallu qu'un &#233;tudiant plus curieux que les autres recherche les donn&#233;es qui fondaient le c&#233;l&#232;bre article de Kenneth Rogoff et Carmen Reinhardt, respectivement professeurs &#224; Harvard et &#224; l'Universit&#233; du Maryland, qui &#233;tablissaient que tout pays dont le niveau de dette publique d&#233;passait les 90 % du PIB &#233;tait condamn&#233; &#224; une croissance faible et durable, pour s'apercevoir que les s&#233;ries retenues par les deux auteurs &#233;taient tronqu&#233;es et qu'en r&#233;tablissant les faits, on obtenait des r&#233;sultats bien diff&#233;rents. On peut ainsi dire, en utilisant la langue officielle de l'&#233;conomie qu'est l'anglais &#171; garbage in, garbage out &#187;. Dit plus clairement, si vous mettez des d&#233;chets dans votre mod&#232;le, il produira des d&#233;chets&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que les &#233;conomistes ne sont pas les seuls chercheurs &#224; ne prendre en compte que les faits qui les int&#233;ressent... Il serait d'ailleurs injuste de r&#233;duire les &#233;conomistes &#224; des sortes de charlatans utilisant l'outil math&#233;matique pour masquer leur incomp&#233;tence comme le faisaient les m&#233;decins de Moli&#232;re avec leur latin de cuisine. Les interrelations entre les faits qu'&#233;tudient les &#233;conomistes sont complexes, et comprendre l'&#233;conomie suppose de ma&#238;triser un ensemble de connaissances techniques &#233;tendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs tout le probl&#232;me : nombre de nos concitoyens affirment &#034;ne rien comprendre &#224; l'&#233;conomie&#034; et ne pas s'y int&#233;resser, alors que son importance est telle qu'il serait hautement souhaitable que chacun puisse s'en saisir afin que les choix &#233;conomiques soient plac&#233;s au c&#339;ur du d&#233;bat d&#233;mocratique. L'&#233;conomie est de fait &#224; la fois tr&#232;s technique, tr&#232;s complexe et, dans le m&#234;me temps, derri&#232;re les courbes, derri&#232;re les termes techniques, c'est de nos emplois, de nos revenus, de nos retraites, de notre monnaie, de notre bien-&#234;tre dont il est question. D'o&#249; l'ambigu&#239;t&#233; de la posture de l'&#233;conomiste, tour &#224; tour, universitaire, conseiller du prince ou des d&#233;cideurs &#233;conomiques et financiers, ou encore pythie au service des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une parole d'autorit&#233; qui ferme l'espace du d&#233;bat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; le statut profond&#233;ment probl&#233;matique de son discours : les r&#233;alit&#233;s qu'il &#233;tudie sont au c&#339;ur de notre vie collective, elles devraient donc &#234;tre constamment mises en d&#233;bat. Mais parce qu'il traite d'une mati&#232;re complexe et dispose d'une r&#233;elle expertise technique, il se voit reconnu comme un scientifique &#233;non&#231;ant une parole incontestable, alors que les recommandations qu'il formule refl&#232;tent toujours, au moins pour partie, ses propres pr&#233;f&#233;rences personnelles, et que, lorsqu'il d&#233;crit le champ des contraintes dans lequel nous sommes plac&#233;s, il tend &#224; leur donner donnant l'apparence de la n&#233;cessit&#233;. Ce faisant, il ferme l'espace o&#249; le d&#233;bat public devrait pouvoir se d&#233;ployer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les limites de la v&#233;rit&#233; et du mensonge dans le discours des &#233;conomistes est donc d'autant plus floue que leur discipline n'est pas seulement une discipline acad&#233;mique ayant vocation &#224; expliquer la r&#233;alit&#233; mais aussi une technique au service des d&#233;cideurs et un discours susceptible d'influer sur les comportements de ceux qui l'&#233;coutent. L'&#233;conomiste peut ainsi formuler des proph&#233;ties en partie autor&#233;alisatrices. Sans exag&#233;rer le pouvoir de la parole, il tend &#224; faire que l'&#233;conomie aille mieux quand il dit qu'elle va mieux, en contribuant &#224; cr&#233;er les conditions de la confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, le discours &#233;conomique entretient un rapport complexe au politique : il se d&#233;fend d'en faire, alors qu'il est au c&#339;ur m&#234;me de ce qui fait son objet : le discours des &#233;conomistes ne consiste-t-il pas &#224; nous expliquer, &#224; longueur de temps, ce qui est possible et, serait-on tent&#233; de dire, surtout ce qui ne l'est pas ! Soyons clair : les contraintes sont une r&#233;alit&#233;, non pas comme contraintes absolues, mais comme effets induits de telle ou telle d&#233;cision. De fait, le discours des &#233;conomistes dominants pare trop souvent de l'apparence de la n&#233;cessit&#233; l'acceptation du monde tel qu'il est - l'&#233;conomiste parle alors de &#034;contraintes incontournables&#034; &#8211; sachant que cette acceptation du monde ne lui interdit pas de nous inviter &#224; mieux nous adapter - l'&#233;conomiste parle alors de la n&#233;cessit&#233; de conduire des &#034;r&#233;formes courageuses&#034;. En clair, flexibiliser encore plus l'emploi, ou r&#233;duire le champ de la protection sociale. Heureusement, le corps social r&#233;siste et oppose lui aussi sa propre contrainte aux politiques qui seraient tent&#233;s de suivre les conseils que leur distillent les &#233;conomistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, le discours &#233;conomique objective tr&#232;s souvent le discours politique quand celui-ci affirme mener &#034;la seule politique possible&#034; ou r&#233;p&#232;te qu'''il n'y a pas d'alternative&#034;. Or, il y a toujours des choix possibles, en mati&#232;re &#233;conomique, des choix qui sont aussi, et toujours, des choix sociaux, des choix politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Economistes et m&#233;dias&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, on peut reprocher &#224; nombre d'&#233;conomistes, quand ils interviennent dans les m&#233;dias, de pr&#233;f&#233;rer mettre en avant leurs activit&#233;s d'enseignement ou de recherche plut&#244;t que d'annoncer la couleur sur l'origine principale et le montant de leurs revenus. Quand un &#233;conomiste qui partage son temps entre ses charges d'enseignement dans une universit&#233; et ses fonctions de conseil au sein d'une grande banque s'exprime dans les m&#233;dias sur la r&#233;gulation de la finance, on est en effet en droit de se demander s'il le fait avec le souci de prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts de la banque qui l'emploie ou avec celui de mettre ses comp&#233;tences au service de ses concitoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut interdire aux &#233;conomistes d'avoir des activit&#233;s professionnelles autres que leurs engagements acad&#233;miques. Cela leur apporte souvent une connaissance bien plus fine des faits qu'ils &#233;tudient. De fait, en France, la plupart des &#233;conomistes qui alimentent le d&#233;bat public sont bien souvent aussi ceux qui s'impliquent dans la vie &#233;conomique. Reste qu'on peut d&#232;s lors les soup&#231;onner d'&#234;tre sous influence, comme a pu les en accuser le journaliste Laurent Mauduit dans son livre &#171; Les imposteurs de l'&#233;conomie &#187;, paru en 2012. A dire vrai, je ne pense pas que les experts &#233;conomiques soient &#034; vendus au syst&#232;me &#034;, m&#234;me s'ils en tirent profit, ils lui sont tout simplement acquis. Les &#233;conomistes les plus pr&#233;sents dans les m&#233;dias pensent en effet que l'&#233;conomie de march&#233; telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, en d&#233;pit de ses d&#233;fauts, est la seule voie possible. Ce qui n'interdit pas de la r&#233;former &#224; la marge ou de vouloir corriger ses travers, mais &#224; la marge, sans changer ses fondamentaux. Cette proximit&#233; de vues, cette communaut&#233; de croyances, explique qu'ils r&#233;cusent les soup&#231;ons de conflit d'int&#233;r&#234;ts dont on les accuse et qu'ils tiennent en toute bonne foi le discours normalisateur qui est le leur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu majeur, pour la qualit&#233; de notre vie d&#233;mocratique, est plut&#244;t d'assurer un v&#233;ritable pluralisme de l'expertise. Les &#233;conomistes de banque, ou li&#233;s aux banques, p&#232;sent aujourd'hui d'un poids trop important dans le discours public sur l'&#233;conomie. L'existence de l'OFCE, cr&#233;&#233;e &#224; l'initiative de Raymond Barre, concourt au pluralisme. Certains chercheurs, &#224; l'Ecole d'&#233;conomie de Paris, contribuent &#233;galement au d&#233;bat public. Ainsi que quelques think tanks, cependant trop souvent financ&#233;s par les grandes entreprises&#8230; Mais tout cela ne suffit pas. Il faudrait aller plus loin et multiplier les lieux o&#249; une parole experte et r&#233;ellement ind&#233;pendante puisse &#234;tre produite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours convenu tenu par une large majorit&#233; des &#233;conomistes est d'autant plus probl&#233;matique qu'il est peu questionn&#233; par ceux dont ce devrait &#234;tre le travail : les journalistes. Pour des raisons qui tiennent l&#224; encore &#224; la complexit&#233; du discours &#233;conomique, l'&#233;conomie est soit peu trait&#233;e dans les m&#233;dias, soit confi&#233;e &#224; des journalistes sp&#233;cialis&#233;s qui, trop souvent, reproduisent les m&#234;mes discours standards et sont l&#224; encore trop souvent, prisonniers des m&#234;mes conflits d'int&#233;r&#234;ts que les experts, du fait des int&#233;r&#234;ts d&#233;fendus par les m&#233;dias qui les emploient, ou des &#171; m&#233;nages &#187; qu'ils assurent et qui leur permettent d'arrondir leurs revenus de mani&#232;re significative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus souvent cependant, les journalistes en charge de l'&#233;conomie n'ont qu'une faible expertise et laissent donc la parole aux experts, faute de vouloir ou d'avoir le temps de travailler suffisamment les sujets pour se forger leur propre opinion. Qu'importe alors ce que dit l'expert requis, du moment que c'est un bon client qui fait clair et court. Et il n'est pas question de mettre sa parole en d&#233;bat, d'interroger un autre expert dont l'opinion serait diff&#233;rente. L'&#233;conomie, cela ne de discute pas ! Ou sinon, un jour par semaine maximum, comme c'est le cas sur France Inter le vendredi matin, Dominique Seux, journaliste aux Echos, journal patronal et donc tr&#232;s probusiness mais aussi d&#233;sormais engag&#233; politiquement &#224; droite, ayant seul voix au chapitre, sans &#234;tre contredit, du lundi au jeudi&#8230; ce qui signifie concr&#232;tement que la parole dominante sur l'&#233;conomie occupe 90 % du temps de parole hebdomadaire dans le 7/9 de la radio publique. Ce qui est mieux, il est vrai, que sur d'autres chaines o&#249; le 100 % est de rigueur ! Les r&#233;dactions en chef ont ici leur part de responsabilit&#233; : elles r&#233;duisent souvent l'&#233;conomie &#224; un sujet &#034;entreprise&#034;, voire &#034; placements &#034;, au lieu de la consid&#233;rer comme un &#233;l&#233;ment-cl&#233; du d&#233;bat politique qui justifierait qu'on y investisse des moyens significatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'il serait bon de mettre en valeur les diff&#233;rentes solutions possibles, et donc de faire de l'&#233;conomie un enjeu politique, elle est donc rarement mise en d&#233;bat dans les m&#233;dias audiovisuels sinon dans quelques &#233;missions comme &#171; On n'arr&#234;te pas l'&#233;co &#187;, sur le m&#234;me France Inter, dans &#171; Cdans l'air &#187;, sur France 5 ou dans certains programmes sp&#233;cialis&#233;s comme &#171; Cash investigation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, l'organisation des r&#233;dactions oppose l'&#233;conomie &#224; la politique, sachant que seuls les journalistes politiques sont en position de &#034;parler politique&#034; ou d'interroger ceux dont c'est le m&#233;tier. Or, la plupart des journalistes politiques n'ont pas de comp&#233;tences sur le fond des dossiers &#233;conomiques et sociaux. Ils se concentrent sur les rivalit&#233;s de personnes, les petites histoires d'appareil, et quand une question &#233;conomique s'impose dans l'agenda politique, elle n'est que tr&#232;s rarement trait&#233;e sur le fond, en s'effor&#231;ant de comprendre ce qu'il en est, en analysant ce que seraient les implications de tel ou tel choix. Au contraire, l'angle retenu privil&#233;gie une analyse en termes de choix tacticiens : si le pr&#233;sident choisit telle solution, c'est pour se d&#233;marquer de X, ou pour concurrencer Y.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, quand l'absence de sens critique des journalistes s'ajoute &#224; la pr&#233;tention des &#233;conomistes, c'est bien le d&#233;bat d&#233;mocratique qui s'&#233;tiole. Rien d'&#233;tonnant, alors qu'une large partie de nos concitoyens, si l'on exclut ceux qui sont parfaitement satisfaits de l'&#233;tat du monde, estime que rien ne peut changer ou en viennent &#224; vouloir renverser la table.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une science normative &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plus au fond, le soup&#231;on de mensonge qui p&#232;se sur le discours &#233;conomique tient aussi &#224; la nature m&#234;me de la science &#233;conomique contemporaine, telle qu'elle s'est impos&#233;e dans les universit&#233;s et telle qu'elle vient structurer les discours &#233;conomiques dominants. Mon propos n'est pas ici de remettre en cause l'int&#233;r&#234;t de la science &#233;conomique en tant que telle : l'&#233;conomie occupe une place centrale dans nos d&#233;mocraties de march&#233;, et il est donc essentiel de s'y int&#233;resser, d'essayer d'en comprendre le fonctionnement afin d'agir. En revanche, on peut s'interroger sur la posture &#233;pist&#233;mologique qui sous-tend la science &#233;conomique dominante aujourd'hui. Une science, normalement, est l&#224; pour nous permettre de comprendre l'objet qu'elle &#233;tudie. Toute l'histoire de la physique est une longue suite de remise en cause des th&#233;ories existantes, quand il est apparu qu'elles &#233;chouaient &#224; expliquer tel ou tel ph&#233;nom&#232;ne. La communaut&#233; scientifique s'est alors remise au travail afin de concevoir de nouveaux mod&#232;les plus satisfaisants. Tout cela n'est pas lin&#233;aire : la remise en cause d'une th&#233;orie dominante ne va jamais sans quelques difficult&#233;s et quelques conflits, dans la mesure o&#249; elle remet au passage radicalement en cause les positions des uns et des autres au sein du monde acad&#233;mique. Mais, au final, les faits ont le dernier mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science &#233;conomique dominante proc&#232;de bien diff&#233;remment. L'individualisme m&#233;thodologique qui la fonde conduit &#224; attendre du libre fonctionnement des march&#233;s qu'il produise un optimum social. Tout sociologue, tout historien et tout &#233;conomiste h&#233;t&#233;rodoxe sait bien qu'en pratique, les march&#233;s ne sont jamais libres, ils fonctionnent toujours dans un cadre socio-historique donn&#233;. Le monde r&#233;el, m&#234;me dans les soci&#233;t&#233;s les plus lib&#233;rales au plan &#233;conomique, est plein de normes, l&#233;gales ou conventionnelles. Parce que nous ne sommes pas seulement une collection d'individus nouant des contrats les uns avec les autres, mais des &#234;tres sociaux et parce qu'une soci&#233;t&#233; sans r&#232;gle, cela n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, les &#233;conomistes dominants proposent une vision hors sol de la r&#233;alit&#233; qui les conduit quand les faits sociaux viennent contredire leur mod&#232;le, &#224; consid&#233;rer que c'est la r&#233;alit&#233; qui a tort puisqu'elle se refuse &#224; se plier au fonctionnement optimal d&#233;crit dans la th&#233;orie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, confront&#233; &#224; l'existence d'un ch&#244;mage persistant, l'&#233;conomiste standard s'interroge sur ce que serait le bon niveau du SMIC pour atteindre le plein emploi partant du postulat que le travail est une marchandise comme une autre qui s'&#233;change sur un march&#233; et que si elle ne trouve pas &#224; se vendre, c'est qu'elle est trop ch&#232;re. Seuls quelques &#233;conomistes h&#233;t&#233;rodoxes commencent par se demander quel est le niveau de revenu qui permet &#224; une personne humaine de vivre dignement pour s'interroger ensuite, sur ces bases, sur les voies et moyens permettant d'assurer un revenu et un emploi &#224; tous ! De m&#234;me, quand la crise des subprime se produit, les &#233;conomistes dominants consid&#232;rent que la faute ne peut pas &#234;tre li&#233;e &#224; la lib&#233;ralisation des march&#233;s financiers, puisque celle-ci ne pouvait que conduire &#224; un optimum &#233;conomique. Si crise il y a eu, c'est du fait de l'insuffisante transparence de l'information financi&#232;re, au lieu de partir de cette donn&#233;e d'&#233;vidence que l'absence de transparence est une constante de tout march&#233; financier depuis que la finance existe et qu'il est donc n&#233;cessaire de les r&#233;guler pour &#233;viter la reproduction r&#233;guli&#232;re de bulles sp&#233;culatives...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourra me reprocher de d&#233;velopper ici une vision assez caricaturale. Je l'avoue volontiers. La th&#233;orie &#233;conomique contemporaine a ainsi d&#233;velopp&#233; de multiples travaux int&#233;grant les &#034;imperfections des march&#233;s&#034;, dit autrement, elle admet que la r&#233;alit&#233; n'est pas conforme &#224; ce qu'elle devrait &#234;tre et qu'il lui faut en tenir compte. Mais, confront&#233; &#224; cette difficult&#233;, le premier r&#233;flexe des &#233;conomistes demeure de chercher &#224; faire rentrer la r&#233;alit&#233; dans leur mod&#232;le. Prenons la question des externalit&#233;s, c'est-&#224;-dire les co&#251;ts ou b&#233;n&#233;fices engendr&#233;s par une d&#233;cision &#233;conomique qui ne sont pas pay&#233;s ou encaiss&#233;s par ceux qui sont &#224; l'origine de cette d&#233;cision. Exemples : la pollution des rivi&#232;res entrain&#233;e par les nitrates en exc&#232;s dans les terres agricoles ou encore le changement climatique entrain&#233; par l'activit&#233; humaine, qui vient menacer la survie m&#234;me de l'humanit&#233;. L'&#233;conomiste propose face &#224; ces probl&#232;mes d'appliquer le principe pollueur-payeur qui consiste &#224; faire payer les externalit&#233;s n&#233;gatives par celui qui en est la cause. Le principe peut se r&#233;v&#233;ler efficace, pour autant que les politiques osent l'imposer. Mais cette solution trouve vite ses limites : car quel prix donner &#224; la biodiversit&#233; quand l'exploitation des for&#234;ts primaires d&#233;truit des centaines d'esp&#232;ces v&#233;g&#233;tales et animales ? Pour l'&#233;conomiste, chaque ressource utile &#224; un prix, et si cette ressource vient &#224; manquer, son prix s'&#233;l&#232;vera, ce qui incitera ses propri&#233;taires &#224; la prot&#233;ger, et les consommateurs &#224; choisir plut&#244;t une autre ressource alternative tandis que les recherches permettant de lui trouver un substitut deviendront rentables. Le prix de chaque ressource tend ainsi vers son co&#251;t de substitution. Mais quel prix accorder &#224; une plante dont on ignore encore aujourd'hui les vertus potentielles et que nous ne sommes pas capables, techniquement, de reproduire ? Le juste prix d'une telle plante, en bonne logique &#233;conomique, est donc soit nul, soit infini. Autant dire ind&#233;termin&#233;. On voit ici qu'on ne peut toujours fixer un prix &#224; la nature et que seul le recours &#224; la norme et donc &#224; la loi, et donc &#224; la d&#233;mocratie, peut, dans certains cas, permettre de faire face aux d&#233;fis environnementaux auxquels l'humanit&#233; est aujourd'hui confront&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, parce que l'&#233;conomie, comme discipline, est &#224; la fois explicative et prescriptive, elle est logiquement travers&#233;e par les conflits d'int&#233;r&#234;ts et de valeurs qui structurent l'&#233;conomie, comme r&#233;alit&#233; sociale. Il faut donc toujours questionner toute parole d'autorit&#233; &#233;manant d'un &#233;conomiste expliquant sur ce qui est bon pour la soci&#233;t&#233; et la mettre en d&#233;bat. Il faut la questionner sur le plan scientifique, en s'interrogeant sur les m&#233;thodes, la qualit&#233; des sources, etc. Il faut aussi la questionner sur le plan des pr&#233;f&#233;rences politiques implicites qu'elle v&#233;hicule. La d&#233;fense du pluralisme dans le champ &#233;conomique est, dans cette perspective, un enjeu majeur pour la d&#233;mocratie. La d&#233;mocratie suppose que des visions concurrentes de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral soient &#224; m&#234;me de s'affirmer dans l'espace public. Cela doit &#233;videmment s'appliquer au champ &#233;conomique. D'o&#249; l'importance de l'action conduite par &lt;a href=&#034;http://assoeconomiepolitique.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Association fran&#231;aise d'&#233;conomie politique (AFEP)&lt;/a&gt; en faveur du pluralisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>New indicators for new public policies</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/New-indicators-for-new-public-policies.html</link>
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		<dc:date>2015-10-12T15:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Fr&#233;meaux</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;While introducing the 2015 finance bill, the French government must present this year, for the very first time, a report assessing the past and upcoming public policies through other indicators than Gross Domestic Product (GDP) and its growth. In particular, it must assess their effects on the environment and inequalities. The release of the report follows the adoption by the French Parliament, in April this year, of the law proposal by Eva Sas, MP and member of the French Green Party, marking a first step towards a questioning of the supremacy of the GDP indicator.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-Blog-.html" rel="directory"&gt;In Short&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;While introducing the 2015 finance bill, the French government must present this year, for the very first time, a report assessing the past and upcoming public policies through other indicators than Gross Domestic Product (GDP) and its growth. In particular, it must assess their effects on the environment and inequalities. The release of the report follows the adoption by the French Parliament, in April this year, of the law proposal by Eva Sas, MP and member of the French Green Party, marking a first step towards a questioning of the supremacy of the GDP indicator.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;What exactly do we hold against GDP?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Criticising GDP as the only indicator of a country's good health is not new. It has been carried out by well-known researchers such as Jean Gadrey, Florence Jany-Catrice, Dominique M&#233;da or Patrick Viveret. Even though the work of the Stiglitz Commission (2008 &#8211; 2009) gave to these critics an official recognition, it took six years for the shortfalls of the GDP indicator to be recognized by law. &lt;br class='autobr' /&gt;
What is wrong with GDP? The problem is it only acknowledges the flow of monetary wealth. It does not take into account volunteering nor house work, even though they essentially contribute to our quality of life. When people work endlessly more and don't have any more spare time to take care of themselves or their children, GDP still grows while the quality of life sharply declines!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GDP doesn't take inequalities into account either, even if their great influence on our collective well-being is known, as demonstrated by Richard Wilkinson and Kate Pickett in their book &lt;a href=&#034;http://www.lespetitsmatins.fr/collections/pourquoi-legalite-est-meilleure-pour-tous/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#8220;Why Equality is Better for Everyone&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, published in France in 2013 (Pourquoi l'&#233;galit&#233; est meilleure pour tous, only in French, joint Edition &lt;a href=&#034;http://www.lespetitsmatins.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les petits matins&lt;/a&gt;/&lt;a href=&#034;https://www.veblen-institute.org&#034; class=&#034;spip_out&#034;&gt;Veblen Institute&lt;/a&gt; in partnership with &lt;a href=&#034;http://www.etopia.be/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Etopia&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finally, it doesn't assess the consequences of economic activity on the environment. GDP still grows when greenhouse gas emissions increase, and in with it, climate change. In short, GDP is an obsolete tool for the challenges of today.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;How to choose the right indicators, and by whom? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The answer to that question cannot obviously be left to experts alone. It must be at the centre of the democratic debate. Beyond the debate on the &#8220;correct&#8221; wealth indicators, the purpose of public policies and even the objectives set by our society are at stake. Releasing these complementary wealth indicators is not an end in itself, as reminded by the report from the &lt;i&gt;Institut pour le d&#233;veloppement de l'information &#233;conomique et sociale&lt;/i&gt; (Institute for the development of economic and social information - &lt;a href=&#034;https://www.idies.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Idies&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;), &lt;a href=&#034;https://www.veblen-institute.org&#034; class=&#034;spip_out&#034;&gt;&lt;strong&gt;Veblen Institute&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; and the &lt;i&gt;Fondation de l'Ecologie Politique&lt;/i&gt; (Political Ecology Foundation, &lt;a href='https://www.veblen-institute.org/- www.fondationecolo.org -'&gt;&lt;strong&gt;Fep&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;). They can only make sense if they influence the priorities set by public authorities in order to make economic activity more sustainable and society less unequal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Leaving behind the hegemonic GDP: a collective challenge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As the news headlines report every day, enhancing GDP growth is &lt;i&gt;the&lt;/i&gt; priority of those in charge of public affairs. But the media, the education system and the academics &#8211; first of which, the economists &#8211; bear an equal and heavy responsibility as they influence and shape the public opinion. They play a decisive role in withholding the centrality of GDP and its growth by emphasizing it as the only indicator of our society's progress. A posture justified by mass unemployment, as growth remains synonymous with employment, and employment only linked to access to income. Nevertheless, since return to a strong and sustainable growth is neither desirable nor possible, we desperately need to shift our scope of understanding. It is not serious to rely on a hypothetical return to growth to lower unemployment and guarantee a decent earning to everyone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Our challenge today is to ensure that economic activity, regardless of its performance level, really benefits everyone. It is high time to put back imagination into power. The new law will not get us there, but let us acknowledge that it is a first step in the right direction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Changer de lunettes</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Changer-de-lunettes.html</link>
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		<dc:date>2015-10-12T15:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Fr&#233;meaux</dc:creator>


		<dc:subject>Indicateurs et soutenabilit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement doit pr&#233;senter cette ann&#233;e, en parall&#232;le au d&#233;p&#244;t du projet de loi de finances, un rapport &#233;valuant les politiques publiques pass&#233;es et &#224; venir &#224; l'aune d'autres indicateurs que le seul PIB et sa croissance, et notamment leurs effets sur l'environnement et les in&#233;galit&#233;s. La publication de ce rapport fait suite &#224; l'adoption par le Parlement, en avril 2015, de la proposition de loi d&#233;pos&#233;e par Eva Sas, d&#233;put&#233; &#233;cologiste de l'Essonne, qui marque un premier pas dans la remise en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-En-bref-.html" rel="directory"&gt;En bref&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Indicateurs-et-soutenabilite-+.html" rel="tag"&gt;Indicateurs et soutenabilit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.veblen-institute.org/local/cache-vignettes/L87xH120/arton112-63cd0.jpg?1773912316' class='spip_logo spip_logo_right' width='87' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement doit pr&#233;senter cette ann&#233;e, en parall&#232;le au d&#233;p&#244;t du projet de loi de finances, un rapport &#233;valuant les politiques publiques pass&#233;es et &#224; venir &#224; l'aune d'autres indicateurs que le seul PIB et sa croissance, et notamment leurs effets sur l'environnement et les in&#233;galit&#233;s. La publication de ce rapport fait suite &#224; l'adoption par le Parlement, en avril 2015, de la proposition de loi d&#233;pos&#233;e par Eva Sas, d&#233;put&#233; &#233;cologiste de l'Essonne, qui marque un premier pas dans la remise en cause de l'h&#233;g&#233;monie du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que reproche-t-on exactement au PIB ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique du PIB comme seul indicateur de la bonne sant&#233; du pays, ne date pas d'aujourd'hui. Elle a &#233;t&#233; port&#233;e par des personnalit&#233;s comme Jean Gadrey, Florence Jany-Catrice, Dominique M&#233;da, ou encore Patrick Viveret. Les travaux de la commission Stiglitz, r&#233;unie en 2008-2009, lui ont ensuite donn&#233; une reconnaissance officielle, mais il a fallu attendre cette ann&#233;e pour que les insuffisances du PIB soient inscrites dans la loi. Quel est le probl&#232;me ? Il est que le PIB ne compte que les flux de richesse mon&#233;taires. Il ne prend en compte ni le b&#233;n&#233;volat, ni le travail domestique, qui concourent pourtant de mani&#232;re essentielle &#224; notre qualit&#233; de vie. Quand les gens travaillent toujours plus et n'ont plus le temps de s'occuper d'eux-m&#234;mes ou de leurs enfants, le PIB augmente alors qu'on vit tous moins bien ! Le PIB ne dit rien non plus des in&#233;galit&#233;s, dont on sait qu'elles ont une influence majeure sur le bien-&#234;tre collectif comme l'ont d&#233;montr&#233; Richard Wilkinson et Kate Pickett dans leur livre &lt;a href=&#034;http://www.lespetitsmatins.fr/collections/pourquoi-legalite-est-meilleure-pour-tous/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pourquoi l'&#233;galit&#233; est meilleure pour tous &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, publi&#233; en France en 2013 (chez &lt;a href=&#034;http://www.lespetitsmatins.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les petits matins&lt;/a&gt;/&lt;a href=&#034;https://www.veblen-institute.org&#034; class=&#034;spip_out&#034;&gt;Institut Veblen&lt;/a&gt; en partenariat avec &lt;a href=&#034;http://www.etopia.be/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Etopia&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;). Enfin, il ne prend pas en compte les cons&#233;quences de l'activit&#233; &#233;conomique sur l'environnement. Le PIB cro&#238;t quand les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre augmentent, et avec elle, le changement climatique. Bref, il est devenu totalement inadapt&#233; aux d&#233;fis d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment (et qui doit) choisir les bons indicateurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix des indicateurs a une dimension technique. Mais il est aussi, voire surtout, profond&#233;ment politique. La question n'est pas seulement &#171; que compte-t-on ? &#187; mais &#171; qu'est-ce-qui compte vraiment ? &#187;. La r&#233;ponse ne peut &#233;videmment pas &#234;tre laiss&#233;e aux seuls experts et doit &#234;tre au centre du d&#233;bat d&#233;mocratique. Derri&#232;re le d&#233;bat sur les &#034; bons &#034; indicateurs de richesse, ce sont bien les finalit&#233;s de l'action publique, et au-del&#224;, les objectifs que se donnent notre soci&#233;t&#233;, qui sont en cause. La publication de ces indicateurs de richesse compl&#233;mentaires n'est donc pas une fin en soi comme le souligne le rapport que l'Institut pour le d&#233;veloppement de l'information &#233;conomique et sociale - &lt;a href=&#034;https://www.idies.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;l'Idies&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; - &lt;a href=&#034;https://www.veblen-institute.org&#034; class=&#034;spip_out&#034;&gt;&lt;strong&gt;l'Institut Veblen&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.veblen-institute.org/- www.fondationecolo.org -'&gt;&lt;strong&gt;la Fondation de l'&#233;cologie politique&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; viennent de publier. Elle n'a de sens que si elle influe sur les priorit&#233;s que se donne la puissance publique afin de rendre l'activit&#233; &#233;conomique plus soutenable et la soci&#233;t&#233; moins in&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sortir de l'h&#233;g&#233;monie du Pib : un enjeu collectif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire cro&#238;tre le PIB &#8211; l'actualit&#233; nous le rappelle tous les jours &#8211; est LA priorit&#233; de nos gouvernants. Pour autant, les m&#233;dias, le syst&#232;me &#233;ducatif et la communaut&#233; universitaire &#8211; &#224; commencer par les &#233;conomistes &#8211; ont aussi une lourde responsabilit&#233; du fait de leur influence sur la formation de l'opinion. Ils participent &#224; entretenir la centralit&#233; du PIB et de sa croissance comme seul indicateur du progr&#232;s de notre soci&#233;t&#233;. Une posture que vient justifier le ch&#244;mage de masse, la croissance demeurant synonyme d'emploi et l'emploi, d'acc&#232;s au revenu. Or, d&#232;s lors que le retour &#224; une croissance forte et durable n'est ni souhaitable, ni possible, il faut imp&#233;rativement changer de lunettes car il n'est pas s&#233;rieux de compter sur un hypoth&#233;tique retour de la croissance pour faire baisser le ch&#244;mage et assurer un revenu d&#233;cent &#224; tous. Notre d&#233;fi aujourd'hui est de s'assurer que l'activit&#233; &#233;conomique, ind&#233;pendamment de son niveau, profite effectivement &#224; tous. Il est donc plus que temps de remettre l'imagination au pouvoir. La loi Sas n'y suffira pas m&#234;me si c'est un premier pas qu'il faut saluer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vers un Fonds Vert pour les collectivit&#233;s locales des pays en d&#233;veloppement</title>
		<link>https://www.veblen-institute.org/Vers-un-Fonds-Vert-pour-les-collectivites-locales-des-pays-en-developpement.html</link>
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		<dc:date>2015-10-05T15:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benoit Faucheux &amp; Philippe Fr&#233;meaux</dc:creator>


		<dc:subject>Notes &amp; Etudes </dc:subject>
		<dc:subject>Finance &amp; Soutenabilit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#8211; Face au d&#233;fi du d&#233;r&#232;glement climatique, les collectivit&#233;s des pays en d&#233;veloppement sont en premi&#232;re ligne. C'est au niveau des territoires que doivent s'inventer et se mettre en oeuvre la majeure partie des solutions &#224; l'adaptation et &#224; l'att&#233;nuation du d&#233;r&#232;glement climatique. Sachant que les territoires les plus affect&#233;s sont les moins responsables du d&#233;r&#232;glement, les collectivit&#233;s des pays riches ont un devoir de solidarit&#233; internationale &#224; leur &#233;gard. C'est la raison qui a conduit (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-Publications-.html" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Note-de-l-Institut-Veblen-+.html" rel="tag"&gt;Notes &amp; Etudes &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Finance-Soutenabilite-+.html" rel="tag"&gt;Finance &amp; Soutenabilit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Face au d&#233;fi du d&#233;r&#232;glement climatique, les collectivit&#233;s des pays en d&#233;veloppement sont en premi&#232;re ligne. C'est au niveau des territoires que doivent s'inventer et se mettre en oeuvre la majeure partie des solutions &#224; l'adaptation et &#224; l'att&#233;nuation du d&#233;r&#232;glement climatique. Sachant que les territoires les plus affect&#233;s sont les moins responsables du d&#233;r&#232;glement, les collectivit&#233;s des pays riches ont un devoir de solidarit&#233; internationale &#224; leur &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est la raison qui a conduit le Conseil R&#233;gional d'Ile de France a confier &#224; l'Institut Veblen la mission d'&#233;tudier la possibilit&#233; de mettre en place une voie d'acc&#232;s pour les autorit&#233;s locales des pays en d&#233;veloppement aux financements internationaux, dans le contexte de la Conf&#233;rence Internationale sur le changement climatique de d&#233;cembre 2015 &#224; Paris. Nous nous sommes ici plac&#233;s du point de vue des besoins des autorit&#233;s locales des pays en d&#233;veloppement, tout en essayant d'identifier comment des coop&#233;rations d&#233;centralis&#233;es avec des collectivit&#233;s de pays riches pourraient soutenir leur mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'&#233;tude identifie tout d'abord les types d'action d'att&#233;nuation et d'adaptation que les autorit&#233;s locales des pays en d&#233;veloppement peuvent &#234;tre amen&#233;es &#224; mettre en place et analyse leurs conditions de succ&#232;s. Elle pr&#233;cise ensuite leurs besoins d'accompagnement-ing&#233;nierie et de financements et r&#233;alise un panorama des financements existants. C'est sur ces bases qu'elle formule des hypoth&#232;ses de dispositifs de financement, qui font ensuitel'objet d'une analyse sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>The future of work and the ecological transition</title>
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		<dc:date>2015-02-04T16:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Fr&#233;meaux</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;duction du temps de travail</dc:subject>

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&lt;p&gt;The transition to a genuinely sustainable economy appears today as an absolute necessity. We must not only greatly reduce greenhouse gas emissions in order to limit the extent of climate change, but also reduce the drain on the planet's non-renewable resources and put an end to the degradation of the ecosystems that are the very foundation of human life. The challenge is now to make these constraints desirable for all. The seminar organized Tuesday 27th of January &#8211; at the initiative of (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/-En-bref-.html" rel="directory"&gt;En bref&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.veblen-institute.org/+-Reduction-du-temps-de-travail-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;duction du temps de travail&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;The transition to a genuinely sustainable economy appears today as an absolute necessity. We must not only greatly reduce greenhouse gas emissions in order to limit the extent of climate change, but also reduce the drain on the planet's non-renewable resources and put an end to the degradation of the ecosystems that are the very foundation of human life. The challenge is now to make these constraints desirable for all.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The seminar organized Tuesday 27th of January &#8211; at the initiative of the Veblen Institute, the magazine Project and the Coll&#232;ge d'&#233;tudes mondiales' Chaire Reconversion &#233;cologique, travail, emploi et politiques sociales (Chair in Ecological Reconversion, Labor, Employment and Social Policies), headed by &lt;strong&gt;Dominique Meda&lt;/strong&gt; &#8211; helped to advance the issue by bringing together a large number of stakeholders (policy makers, employment and vocational training specialists, trade unionists, local actors and of course, researchers and academics). The goal was to reflect together on the employment consequences of an ambitious ecological transition policy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In a society where income is derived from employment and the level of employment is closely correlated to the level of activity ; it is permissible to worry when we are told that we need to consume and produce less !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Main conclusion of this day : the level of employment that will result from future changes remains largely undefined&lt;/strong&gt;. Existing modeling studies on the subject can be used to test the impact of a given measure, explained &lt;strong&gt;Xavier Timbea&lt;/strong&gt; of the Observatoire fran&#231;ais des conjonctures &#233;conomiques (OFCE - French Observatory of Economic Conditions). However, they cannot measure the impact of a systematic transformation that would specifically change the implicit regularities that underpin these models. In fact, at medium to long term, the level of employment is the result of multiple social and conventional arrangements that, as History has thought us, can change radically.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Other sectoral studies, presented by &lt;strong&gt;Philippe Quirion&lt;/strong&gt; of the Centre international de recherch&#233; sur l'environnement et le d&#233;veloppement (CIRED - International Center for Researchon Environment and Development) or &lt;strong&gt;Thomas Gaudin&lt;/strong&gt; and &lt;strong&gt;Gael Callonnec&lt;/strong&gt; of the Agence de l'environnement et de la ma&#238;trise de l'&#233;nergie (ADEME - Environment and the Energy Management Agency), allow to measure the impact of an ambitious energy transition. However, lacking macroeconomic closure, they leave relatively open the question of the final effects on the level of employment. In fact, and as illustrated by C&#233;cile Jolly's intervention, France Strategy's policy makers reason more along a &#8220;continuation of past trends&#8221; logic. A line of thought well suited to a vision of the future in which &#8220;business as usual&#8221; logics still dominate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The statistical services of the State nevertheless endeavor to accurately measure current evolutions &#8211; a task that is complicated by the inadequate character of the employment and qualification nomenclatures. The quantification of green jobs is also subject to question. By listening to &lt;strong&gt;Sophie Margontier&lt;/strong&gt; of the Commissariat g&#233;n&#233;ral au d&#233;veloppement durable (CGDD - General Commission for Sustainable Development), it was found that these statistical services readily mix up new jobs linked to the emergence of another sustainable economy &#8211; that of organic farming and renewable energy &#8211; with jobs whose number could be led to decline as the economy becomes more sustainable &#8211; jobs linked to the recovery and treatment of waste, including nuclear waste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In fact, as recalled by &lt;strong&gt;Jean Gadrey&lt;/strong&gt;, adapting to the challenges of climate change opens the door to multiple new activities. Strong examples of this include construction sector craftsmanship, renewable energies, organic farming, recycling and services related to the development of an economy of functionality. If, in the same movement, we took advantage of the ecological constraints to move towards a more inclusive, more democratic, more egalitarian society &#8211; where the economy is at the service of individual and collective well-being &#8211; other sources of employment would undoubtedly flourish, including all the activities related to care work.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Up to us to handle the indispensable reconversions. And, on this level, the difficulties linked to the ecological transition clearly emerged from this day of discussion. More specifically, they include the imitations and difficulties of the employment, training and career path securing policies that have been implemented for the past forty years, in a context mass unemployment and growing heterogeneity of employment situations. The need for action at the local level, in a form that is not limited to a deconcentration of national policies, was emphasized by &lt;strong&gt;Marie-Pierre Establie d'Argenc&#233;&lt;/strong&gt; of the Alliance Villes Emploi, &lt;strong&gt;Eric Kniaz&lt;/strong&gt; of the Nord-Pas-de-Calais Regional Council and &lt;strong&gt;Geoffroy de Schutter&lt;/strong&gt; of &#233;coconseil.be. The present union leaders &#8211; &lt;strong&gt;Bernard G&#233;rin&lt;/strong&gt; of the French trade-union FCE-CFDT and &lt;strong&gt;Joel Decaillon&lt;/strong&gt;, former vice president under the French trade-union CGT, the European Trade Union Confederation and President of Lasaire &#8211; called for a more flexible system for job-linked social protection and benefits, thus allowing workers to change jobs more readily without risking to loose their job-linked benefits and social protection. They also highlighted the difficulties associated to securing reconversions given the gaps in income, working conditions and in status between the lost jobs and the recovered ones. For their part, &lt;strong&gt;Nathalie Tessie&lt;/strong&gt; of the CGDD and &lt;strong&gt;Paul Santelmann&lt;/strong&gt; of the Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA - Association for Adult Vocational Training), highlighted the limitations of current policies in light of these issues &#8211; whether it be securing career paths for employees, or providing the transitioning sectors the skilled workers they need.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is understandable in these circumstances that &lt;strong&gt;Julien Dourgnon&lt;/strong&gt;, from the magazine Alternatives Economiques, had to advocate for the establishment of an unconditional basic income for all. He argued that the return to full employment expected of an ecological transition, involving redistribution of employment and reduction of working time, is still far from certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Translated from French by Julien Moity &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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