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Notre mission : faire de la transition écologique un projet de société

L’Institut Veblen œuvre pour une société soutenable dans laquelle le respect des limites physiques de la planète va de pair avec une organisation sociale plus solidaire et une économie plus démocratique qu’aujourd’hui.

Notre conviction est qu’avec l’entrée dans l’âge de l’anthropocène, c’est l’humanité tout entière qui fait face à un choix inédit : s’engager dans la transition vers un autre modèle tant qu’il en est encore temps, ou continuer à foncer dans le mur comme si de rien n’était, en attendant les conséquences catastrophique de la pénurie des ressources, des atteintes à la biodiversité et du changement climatique. Nous voulons peser sur ce choix décisif dont dépendra le bien-être des générations actuelles et à venir. Nous voulons le faire sur le plan des idées et des politiques publiques, en montrant qu’il est possible d’affranchir nos sociétés d’un régime de croissance devenu insoutenable, qu’un changement de cap est non seulement nécessaire mais également souhaitable, et que c’est l’enlisement actuel qui menace le bien-être social.

Cette approche de la transition écologique implique forcément un vaste champ de thèmes et de savoirs. L’Institut se focalise sur les enjeux économiques, en définissant ces enjeux de trois façons.

Premièrement, nous pensons qu’il est nécessaire de renouveler la pensée économique elle-même. Qu’on le veuille ou non, les politiques formulées en réponse aux menaces écologiques font appel aux concepts et aux préconisations issus de la théorie économique dominante. Or celle-ci est particulièrement mal adaptée à la tâche. De par sa légitimité sociale, en grande partie assise sur une prétendue objectivité scientifique – revendiquée notamment sur la base d’une utilisation souvent contestable d’outils mathématiques –, cette théorie économique dominante forme un véritable obstacle intellectuel sur le chemin de la société durable. Pour le dépasser, nous travaillons étroitement avec les chercheurs qui développent des approches alternatives, que ce soit dans le domaine des modélisations, de la macroéconomie et des indicateurs de richesse.

Deuxièmement, la transition écologique a besoin de politiques publiques qui ne la réduisent pas à un simple « verdissement » du système actuel. Pour remporter la bataille des idées, il faut être en mesure de définir les adaptations concrètes de l’économie telle qu’elle est aujourd’hui : quelle politique de l’emploi permettra d’aller vers une société post-croissance, et avec quel pouvoir d’achat ? Quel système monétaire et financier pourra y contribuer ? Quel sera le nouvel équilibre entre le marché, l’Etat et d’autres acteurs dans la production des biens et services ? Quelles sont les nouvelles façons de consommer, de produire, de travailler, de vivre ensemble ? Quel sera le rôle de la participation citoyenne ? C’est en apportant des réponses à ces questions et d’autres encore que l’on pourra passer du stade des discours incantatoires à une mobilisation politique structurée.

Troisièmement, ce travail de proposition ne saurait faire économie des savoirs techniques venant des secteurs concernés : transports, énergie, agriculture, habitat, systèmes de production, etc. Notre ambition n’est pas d’être spécialistes de tous ces domaines mais de les maîtriser assez pour saisir leurs interdépendances, et de savoir impliquer les spécialistes dans un travail tourné vers les propositions de réforme. C’est un élément indispensable pour bien répondre aux défis identifiés dans le point précédent.

Le pari de l’Institut Veblen est d’essayer d’établir des ponts entre ces trois champs que sont la réflexion académique sur l’économie, la définition des politiques publiques et l’expertise technique sectorielle. Des ponts sur le plan de la réflexion, des ponts également entre les différents acteurs qui travaillent à ces différents niveaux. Notre vision de la transition écologique est partagée par nombre de citoyens : chercheurs, experts, responsables de la société civile et même certains politiques. Une compétence clef de l’Institut est de parvenir à travailler avec tous ces acteurs sans vouloir se substituer à aucun, et de faire émerger une vision cohérente à la place des approches sectorielles et des expertises cloisonnées qui dominent encore le débat. Pour renforcer les réseaux qui se forgent déjà et pour en initier des nouvelles, il faut être en mesure de travailler en réseau avec des univers professionnels très différents, sans prétendre d’être le « centre » autour duquel tous les autres acteurs gravitent.

Au sein de ces réseaux d’acteurs travaillant à des échelles différentes, l’essentiel de l’apport de l’Institut est donné dans les trois définitions des enjeux économiques données plus haut, dans l’idée qu’une vision plus claire et mieux articulée des politiques de la transition permettra de mobiliser le soutien politique nécessaire. Une partie centrale de cette « clarification » concerne l’impact des politiques proposées sur le bien-être social : quels sont les éléments clefs sur lesquelles construire une offre politique audible ? Une autre, l’articulation plus fine des régulations « par le haut » et de l’expérimentation « par le bas » : le rôle des initiatives citoyennes, des nouvelles formes de production, etc.

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