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Avez-vous lu Veblen ?

L’outsider par excellence, qui se tenait de son vivant délibérément en marge du milieu universitaire et de la « bonne société » américaine, Thorstein Veblen n’aurait pas aimé qu’on lui fasse des révérences ou écrive des hagiographies à son sujet. La seule révérence serait peut-être celle d’honorer cet esprit iconoclaste que tous ceux qui le connaissent tant soit peu lui reconnaissent.

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Source : Wikimedia Commons

Thorstein Veblen (1857-1929) reste peu connu dans l’espace francophone, malgré un certain regain d’intérêt pour sa pensée et son œuvre qu’on peut constater depuis une dizaine d’années. Même aux Etats-Unis où il a vécu toute sa vie, il fait aujourd’hui partie de « ces personnage célèbres dont on ne sait finalement pas grand-chose », selon l’expression de l’historien américain Michael C. Behrent : si son nom figure dans les manuels d’histoire économique, au titre d’un des pères fondateurs de l’économie institutionnaliste, c’est souvent de façon assez expéditive ; on y retient sa Théorie de la classe de loisir (1899), sa critique des économistes néoclassiques et ses réflexions sur le rôle des institutions.

Autant sociologue et historien qu’économiste, Veblen voyait en effet l’économie comme enchâssée dans les institutions sociales, allant sur ce plan à contre-courant de ses contemporains qui érigeaient des murs entre la discipline économique « pure » et les autres sciences sociales. C’est de cette posture intellectuelle, à la fois critique et transdisciplinaire, que nous nous sentons redevables et c’est à elle que nous voulons rendre hommage. Elle ne nous enferme pas dans une école de pensée ou un héritage figés.
D’ailleurs, derrière les écrits, il y avait le Veblen en chair et en os, l’éternel outsider, fils d’immigré norvégien installé aux Etats-Unis, à cheval entre la petite communauté paysanne luthérienne dans laquelle il a grandi et la société américaine dans laquelle il ne se reconnaissait pas. Cet « iconoclaste par excellence », pour reprendre la formule de Gilles Dostaler dans l’article repris ci-après, qui « se tenait en marge de la société universitaire comme de la ‘bonne société’ », selon le jugement de Raymond Aron [1], n’aurait de toutes façons pas voulu qu’on lui fasse des révérences ou écrive des hagiographies à son sujet. La seule révérence serait plutôt celle d’honorer cet esprit iconoclaste que tous ceux qui le connaissent tant soit peu lui reconnaissent.

L’équipe de l’Institut

« Thorstein Veblen, pionnier de l’institutionnalisme »

Par Gilles Dostaler

Article paru dans Alternatives Economiques n° 215 - juin 2003. Repris avec l’aimable autorisation de la rédaction.

Critique impitoyable de la société de son temps, Veblen ouvre la voie à l’opposition hétérodoxe contre la domination de la pensée néoclassique.
Thorstein Veblen est l’iconoclaste par excellence. Sa vie autant que son oeuvre sont marquées au coin de l’anticonformisme et de la dissidence. Né en 1857, il est élevé dans une communauté paysanne norvégienne émigrée aux Etats-Unis mais très repliée sur elle-même. Après avoir soutenu une thèse de doctorat inspirée des idées de Kant et de Spencer, il se retire pendant sept ans sur la ferme familiale, où il se plonge dans une mer de livres qu’il dévore à une vitesse prodigieuse. Il ne commence à gagner sa vie qu’à l’âge de 34 ans. Ses comportements insolites, son habillement, ses méthodes d’enseignement peu orthodoxes, sa vie sentimentale orageuse, son hostilité affichée à la religion ont compliqué une carrière académique qui a été ponctuée de non-renouvellements de contrat et de périodes de chômage.
Et pourtant, ses collègues ont su reconnaître la valeur d’une oeuvre qui allie avec brio la critique sarcastique et l’analyse originale, à la frontière de l’économie, de la sociologie et de l’histoire. En 1925, alors qu’il approchait 70 ans, Veblen se vit d’ailleurs offrir le poste prestigieux de président de l’American Economic Association, à condition toutefois qu’il accepte d’en devenir membre ! Egal à lui-même, il déclina cet honneur, en ajoutant qu’on aurait dû le lui offrir lorsqu’il en avait besoin. L’année suivante, il se retirait dans une cabane rustique, dont il construisait lui-même les meubles, sur une colline de la côte californienne.

Critique de la théorie économique
Critique impitoyable et sardonique de la société de son temps, Veblen l’est aussi des théories qui prétendent expliquer cette société, et plus particulièrement de la théorie économique. C’est lui qui forge l’expression "économie néoclassique", pour bien souligner la continuité plutôt que la rupture entre l’économie politique classique et la nouvelle école marginaliste. Comme c’est souvent le cas dans le domaine des idées sociales, Veblen considère que la théorie néoclassique est en retard par rapport à la réalité dont elle pense rendre compte. Abstraite, déductive et statique, elle est incapable d’expliquer la croissance économique et les crises. Elle est fermée aux autres disciplines, telles que la sociologie et l’histoire, alors qu’il faut une approche multidisciplinaire pour comprendre l’évolution sociale et la transformation des institutions. Elle a une conception étriquée de l’être humain, contredite par les enseignements de la biologie, de l’ethnologie et de la psychologie. L’homo oeconomicus est un atome passif, "faisceau de désirs", calculateur de plaisirs et de peines, qui ne correspond à rien de réel.
Critique de l’économie néoclassique, Veblen l’est aussi du marxisme, bien qu’il en soit manifestement plus proche. Il reproche à Marx, comme à son inspirateur Hegel, leur conception déterministe de l’histoire. Il considère que la théorie de la valeur travail et de la plus-value n’est pas adaptée aux complexités de la société industrielle moderne dominée par le machinisme. Il ne croit pas dans la lutte des classes telle que Marx la conçoit. Il considère que le prolétariat ne cherche pas à se révolter, mais qu’il est perverti par les classes supérieures dont il assimile les valeurs et qu’il cherche à imiter.

Instincts, évolution et institutions

Loin d’être un monde d’harmonie et d’équilibre, la société est, depuis l’origine, le théâtre de conflits et de dominations. Loin d’être un calculateur hédoniste et rationnel, l’être humain est mû par des instincts et des pulsions irrationnelles. Ces instincts évoluent avec les transformations qui, partant des communautés primitives, conduisent aux sociétés industrielles modernes. L’un des instincts primitifs les plus importants est l’instinct prédateur, qui mène à l’appropriation du surplus économique par une minorité oisive. Il se manifeste d’abord dans les relations entre les hommes et les femmes. Il oppose ensuite la "classe de loisir", qui s’adonne aux activités sportives, religieuses, à la guerre et au gouvernement, à celle des travailleurs. L’instinct prédateur s’accompagne alors de la propension à la prouesse et à l’exploit, des instincts guerrier et sportif. Dans la société moderne, il prend la forme d’une rivalité pécuniaire qui se traduit par l’étalage de consommations, de loisirs et de gaspillages ostentatoires. Plus on est élevé dans l’échelle sociale, moins on consomme pour satisfaire ses besoins, plus on consomme pour manifester sa supériorité, son pouvoir, sa richesse. On appelle ainsi "biens Veblen" ceux dont la demande baisse lorsque leur prix baisse. A ces pulsions néfastes s’opposent l’instinct artisan, ou laborieux (workmanship), la propension à la curiosité gratuite et l’instinct parental. Ce sont les moteurs du progrès économique, social, scientifique.

Veblen ne croit pas que ces instincts soient l’apanage exclusif d’une seule classe sociale. On les retrouve, à des degrés divers, chez tous les êtres humains. Même les plus pauvres, influencés par la publicité et l’exemple, s’adonnent au loisir et à la consommation ostentatoires.

Admirateur de Darwin, Veblen met, avec les instincts, l’évolution et les institutions au centre de sa vision de la société. Il définit ces dernières, non pas comme des organisations, mais comme"des habitudes mentales prédominantes, des façons très répandues de penser les rapports particuliers et les fonctions particulières de l’individu et de la société" (Théorie de la classe de loisir, page 125). Ce sont des coutumes, des usages, des règles de comportement, des principes juridiques. Ces institutions ont donc une dimension culturelle importante et elles évoluent en s’adaptant à un environnement changeant. Mais elles manifestent, la plupart du temps, un retard par rapport au progrès scientifique et technologique, retard qui est la source principale des problèmes économiques et sociaux.

Critique de l’économie moderne

Cette analyse en termes de dualité, Veblen l’applique à l’étude de l’économie moderne. A l’instinct artisan correspond, dans l’économie moderne, l’industrie. A l’instinct prédateur correspond le monde des affaires. Le progrès industriel est relié à l’avancée des sciences et des techniques. L’industrie moderne se caractérise en particulier par le rôle central du machinisme. Le but de l’activité industrielle est la fabrication de produits, en vue d’améliorer le bien-être de la population. Il se trouve que, dans le capitalisme moderne, les activités productives sont gérées dans le cadre d’entreprises d’affaires. Ces entreprises investissent en vue d’obtenir un gain financier, un profit. Il ne s’agit pas de faire des objets, mais de faire de l’argent.

Rien n’assure que les intérêts de l’industrie et ceux des affaires coïncident, bien au contraire. Il peut ainsi être rentable pour une entreprise, même si c’est antisocial, de freiner la production, d’augmenter indûment les prix, de gaspiller des ressources, de produire des objets inutiles ou nuisibles. Il fut un temps, au moment de l’émergence du capitalisme, où l’entreprise était dirigée par un véritable industriel mû par l’instinct artisan. Désormais, le pouvoir économique est entre les mains de ces prédateurs modernes que sont les capitaines d’industrie et les financiers. Veblen est l’un des premiers à décrire les effets de la séparation entre la propriété et la gestion des entreprises, et l’émergence de la "propriété absentéiste" qui s’impose dans l’après-guerre comme la forme dominante du capitalisme. Les crises économiques et le chômage sont le produit de "ce freinage de l’industrie que la propriété du capital exerce dans le système des prix"(Les ingénieurs et le capitalisme, page 135). L’inflation de crédit et la capitalisation boursière excessive créent une distorsion croissante entre le capital réel, productif, tangible, et le capital monétaire, intangible.

Pour sortir de cette impasse, Veblen espérait une prise de contrôle de l’industrie par les véritables porteurs de l’instinct artisan, les techniciens et les ingénieurs, alliés aux travailleurs manuels. Il n’expliquait pas, toutefois, comment ce régime de "soviets des techniciens" allait être mis sur pied et fonctionner. Dans les dernières années de sa vie, il était de plus en plus amer et pessimiste face à ce qu’il voyait comme une collusion grandissante entre le monde des affaires, celui de la religion et celui de la guerre. Il ne serait sans doute pas dépaysé s’il ressuscitait aujourd’hui !

Mort relativement isolé, Veblen a eu deux disciples, John R. Commons et Wesley C. Mitchell, qui sont les véritables artisans du courant institutionnaliste dont il peut être considéré comme le père. Principale opposition hétérodoxe à la domination néoclassique aux Etats-Unis, l’institutionnalisme a pris des formes diverses, parfois très différentes des idées de Veblen. Après avoir inspiré le New Deal de Roosevelt, il a connu une longue traversée du désert dans l’après-guerre. Il connaît une résurgence importante depuis les années 60, notamment avec la fondation de l’Association for Evolutionary Economics.

Gilles DOSTALER

Repères biographiques

1857 : naissance le 30 juin à Cato, dans l’Etat américain du Wisconsin, dans une famille d’agriculteurs immigrée de Norvège.
1880 : diplôme du collège Carleton, au Minnesota.
1881 : 1882 : études à l’université Johns Hopkins.
1884 : doctorat en philosophie de l’université de Yale.
1884 : 1891 : sept années de retraite à la ferme familiale.
1888 : mariage avec Ellen Rolfe.
1891 : études en économie à l’université Cornell.
1892 : 1906 : enseignant à l’université de Chicago, où il est secrétaire de rédaction duJournal of Political Economy.
1899 : The Theory of the Leisure Class.
1904 : The Theory of Business Enterprise.
1906 : 1909 : enseignant à l’université de Stanford.
1911 : Ellen Rolfe obtient le divorce.
1911 : 1918 : enseignant à l’université du Missouri.
1914 : The Instinct of Workmanship and the State of Industrial Arts. Epouse Anne Bradley, qui meurt en 1920 après avoir été internée pour troubles mentaux.
1915 : Imperial Germany and the Industrial Revolution.
1918 : employé dans la Food Administration et membre du comité de rédaction du périodique progressiste The Dial. An Inquiry into the Nature of Peace and the Terms of its Perpetuation.
1918 : The Higher Learning in America.
1919 : participe à la fondation, à New York, de la New School for Social Research, où il enseigne occasionnellement jusqu’en 1926. The Vested Interests and the Common Man. The Place of Science in Modern Civilization and Other Essays.
1921 : The Engineers and the Price System.
1923 : Absentee Ownership and Business Enterprise in Recent Times.
1926 : se retire à Palo Alto, en Californie.
1929 : Veblen meurt le 3 août d’une maladie cardiaque.

Par Veblen

- (1899). "The Preconceptions of Economic Science ; Part I". The Quarterly Journal of Economics 13.
- (1899). "The Preconceptions of Economic Science ; Part II". The Quarterly Journal of Economics 13.
- (1899). The Theory of the Leisure Class - An Economic Study of Institutions. New York, Macmillan Company. Tr fr. Théorie de la classe de loisir, éd. Gallimard, 1970.
- (1900). "The Preconceptions of Economic Science ; Part III". The Quarterly Journal of Economics 14.
- (1904). The Theory of Business Enterprise. New York, Charles Scribner’s Sons.
- (1914). The Instinct of Workmanship and the State of the Industrial Arts. New York, Macmillan Company.
- (1918). The Higher Learning in America New York, BW Huebsch.
- (1919). The Vested Interests and the State of the Industrial Arts. New York, BW Huebsch.
- (1921). The Engineers and the Price System. New York, BW Huebsch. Tr. fr. Les ingénieurs et le capitalisme, éd. Gordon & Breach, 1971.
- (1923). Absentee Ownership : Business Enterprise in Recent Times : the Case of America, George Allen & Unwin London.
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Sur Veblen

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Ressources en ligne

« Pertinences et impertinences de Thorstein Veblen : Héritage et nouvelles perspectives pour les sciences sociales », le dossier en ligne de la revue Interventions économiques.

The Veblen Project : l’oeuvre complète de T. Veblen en ligne.


[1« Avez-vous lu Veblen ? », préface de R. Aron pour la traduction française de la Théorie de la classe de loisir (1970).

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